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18.12.2010

"Paris est sa banlieue" déménage ;-)

Vous voulez comprendre l'actualité du Grand-Paris, sa difficile création, découvrir et aimer la métropole parisienne, du Petit-Paris de Delanoë au Grand-Paris, avec ses banlieues, la Ville de 11 millions de Grand-Parisiens qui attendent d'être enfin reconnus, alors continuez de lire Paris est sa banlieue

Paris est sa banlieue a une nouvelle adresse ! http://parisbanlieue.wordpress.com

19.07.2010

"Paris est sa banlieue" arrête sa parution sur 20minutes.fr qui néglige les blogs :-(

Nouvelle version de Paris est sa banlieue http://parisbanlieue.wordpress.com

J'ai arrêté la publication de "Paris est sa banlieue", il y a plus de deux mois. Disparition des "blogs de ville" de la Une des lecteurs, ligne éditoriale plus que contestable entre raccoleur et populiste, et promesses non tenues comme la création d'éditions locales où les blogs auraient eu une part prépondérante. La rédaction de 20minutes m'avait même invité pour en parler ! Paroles, paroles. Ce soir je publie cette note parce que je découvre que plus de trois mois après, une des mes notes fait toujours la une ! Quelle réactivité, quelles mises à jour ! Quel triste constat.
J'ai aimé 20minutes qui était un gratuit différent, avec une vrai équipe éditoriale et qui méritait qu'on s'y intéresse. Un gratuit à lire dans le métro, et qui perpétuait l'envie de lire. Malheureusement, 20minutes.fr suit une mauvaise dérive. Et je ne regrette pas d'avoir fermé la version 20minutes.fr de mon blog, "Paris est sa banlieue".

Changez vos bookmarks si nécéssaire ;-)

A bientôt,

Jean-Paul Chapon

06.06.2010

Paris est sa banlieue arrête sa publication sur 20minutes.fr...

mais continue dans sa version d'origine sur Lemonde.fr http://parisbanlieue.blog.lemonde.fr

Changez vos bookmarks si nécéssaire ;-)

Dernière note : Verts et Pass Navigo à tarif unique, ou les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent

A bientôt,

Jean-Paul Chapon

02.06.2010

Paris est sa banlieue arrête sa publication sur 20minutes.fr...

mais continue dans sa version d'origine sur Lemonde.fr http://parisbanlieue.blog.lemonde.fr

Changez vos bookmarks si nécéssaire ;-)

Nouvelle note, Entre Grand-Paris et Paris-Métropole, entre Arc-Express et Grand-Paris, l'indifférence générale

A bientôt,

Jean-Paul Chapon

25.05.2010

Paris est sa banlieue arrête sa parution sur 20minutes.fr

mais continue dans sa version d'origine sur Lemonde.fr http://parisbanlieue.blog.lemonde.fr

Nouvelle note, Conseil National des villes : banlieues de droite contre banlieues de gauche ?

A bientôt,

Jean-Paul Chapon

22.05.2010

Paris est sa banlieue arrête sa publication sur 20minutes.fr

mais continue dans sa version d'origine sur Lemonde.fr http://parisbanlieue.blog.lemonde.fr

Nouvelle note, Du Grand Paris au Grand Gâchis...

A bientôt,

Jean-Paul Chapon

13.05.2010

Inaugurer une ligne de bus en banlieue, c'est moins glamour qu'un tram sur les maréchaux, ou le bruit des uns et le silence des autres

pas-de-service.1273764440.jpg Ce matin, on peut lire dans Le Parisien le témoignage de la chauffeur de bus agressée à Aulnay. Elle raconte le crachat, puis les coups qui pleuvent, sa fille qui a tout vu, et la fille qui dit que « c’est difficile de voir sa mère se faire taper ». C’est dur à lire aussi, et c’est révoltant. Pourquoi cette agressivité et cette violence, pour un arrêt de bus, ou un détour ? Comment la société en arrive là et qu'espérer de ces jeunes qui n’ont pas d’autre schéma mental et social que la violence ? Alors on lit dans Libération du 11 mai par exemple que l’Etat a décidé pour répondre à cette violence et cette insécurité, de mettre en place « une police des transports dédiée à la sécurité dans les bus de Seine-Saint-Denis… », et le couplet habituel de la CGT « l’Etat continue de privilégier le court terme plutôt que de créer des unités de police territoriale dans les quartiers… » Et dans Le Parisien du 12, sur une double page, Brice Hortefeux, le ministre de l’intérieur campe une posture martiale sur double page. A propos du Tremblay-en-France et de la sécurisation des bus par la police il déclare : « On va faire de Tremblay un exemple ! On ne reculera pas d’un centimètre, nous resterons le temps qu’il faudra, nous prendrons toutes les mesures nécessaires, avec détermination et obstination. J’y suis déjà allé trois fois, j’y retournerai. Ce combat sera très dur, mais nous allons le gagner. Parallèlement, il faudra mettre d’autres moyens en place, comme la video-protection, afin de mieux assurer la sécurité des conducteurs de bus comme des passagers. » Mais pas de bus supplémentaires parmi les mesures envisagées.

arret-reporte.1273764416.jpg Dommage, car la lecture de l'article que Libération consacre à l'attaque du bus d'Aulnay, sans donner raison ou même excuser l’attitude des trois jeunes filles, donne une clé qui permet peut-être de mieux comprendre une autre origine de cette violence. « Cet acte de violence pourrait être lié au changement de l’itinéraire du 610. Depuis près de trois semaines, à partir de 19 heures, les bus ne desservent plus la gare des Beaudottes, à Sevran, où plusieurs attaques contre des bus ont eu lieu récemment, notamment des caillassages. Selon la TRA, les trois passagères, qui voulaient se rendre à l’hôpital Robert-Ballanger, à proximité de la gare, auraient piqué un coup de sang contre la conductrice qui appliquait les consignes de sa direction. "La modification des itinéraires est une question très sensible", indique un responsable du CIF (Courriers d’Ile-de-France), une compagnie qui dessert le même secteur. "Quand le bus dépose des passagers à quelques centaines de mètres de l’arrêt habituel, cela passe. Mais, quand les gens doivent marcher deux kilomètres pour rallier la gare RER, ça provoque des réactions de colère et peut entraîner de sérieux problèmes pour les chauffeurs." » On pourrait aussi lire l'interview du sociologue Laurent Mucchielli dans Le Parisien du 11, "Il y a un processus de ghettoïsation qu'aucun gouvernement n'est parvenu à enrayer... L'amélioration de la vie dans les quartiers n'a jamais été une priorité malgré les discours..." Il ne s’agit pas ici d’excuser la violence, mais de comprendre que cette violence, répond aussi à une autre violence, celle de l’exclusion et de l’enclavement. J’entends d’ici les réactions et je m’attends à des commentaires violents, mais il est parfois confortable de juger, sans savoir ou subir. Et on pourrait d’ailleurs se demander pourquoi les attaques contre les bus ont lieu à certains endroits et pas à d’autres, pourquoi ces banlieues du 93 ou du 91, pourquoi ces cités et pas Neuilly ou le 7ème arrondissement de Paris… Fadela Amara, experte en banlieue, avec son plan Espoir-Banlieue qui patine pourrait peut-être apporter une réponse ?

Mais voilà, aujourd’hui la question des transports en Ile-de-France se résume à une bagarre entre un gouvernement de droite autiste et une région de gauche revancharde, un bras de fer stérile autour de deux projets, le Grand-Huit du Grand-Paris de le secrétaire d'Etat à la région-capitale Christian Blanc contre Arc-Express du président de la région Jean-Paul Huchon, alors que comme le demande le MEDEF, les deux projets devraient être combinés avec des arguments de bon sens, notant par exemple que le projet du Gouvernement « ne profite pas ou peu à l'hyper-centre de la région (sauf le prolongement de la ligne 14) ni même au coeur d'agglomération (75-92-93-94)…alors que celui-ci regroupe sur 5% du territoire francilien plus de 50% de la population régionale, 70% des emplois et enregistre 90% des déplacements de la région. »

temps-d-attente.1273764464.jpg Et il est visiblement aussi difficile d’apporter une réponse intelligente, libre de toute approche partisane à la question des transports, qu’il est difficile de le faire pour la gouvernance de la métropole, l’un et l’autre allant de pair. Il faut dire que dans les transports parisiens, au STIF par exemple, c’est le règne de l’idéologie mal placée ou de l'écologisme de façade, du culte du tram présentée comme la panacée des transports urbains à celui des navettes fluviales, comme le désastreux et inutile Voguéo, en passant par Vélib’ ! C’est ainsi qu’on peut lire dans Le Parisien du 12 mai que Voguéo, la navette fluviale entre Maisons-Alfort et la Gare d’Austerlitz à Paris, réussit le tour de force de transporter en moyenne 340 voyageurs par… jour et qu’en presque deux ans, il a réussi selon le STIF a transporter 290.000 voyageurs. Et 340 voyageurs par jour pour un coût annuel de 4,6 millions d’euros ça met tout de même (avec un calcul plus symbolique que sérieux) le passage à 37€ pour 20 minutes entre Maisons-Alfort et Gare d’Austerlitz. On peut lire d’ailleurs que pour faire progresser de 43% le nombre de passagers au cours des premiers mois de 2010(soit en moyenne 5 à 6 passagers par bateau selon le témoignage d’un usager ;-) , le STIF n’a pas hésité à faire passer la cadence de 20 à 15 minutes aux heures de pointe et à abaisser le tarif en rendant le trajet accessible au forfait 1-2 de Passe Navigo quand Maisons-Alfort est en zone 3. Mon bus 124 a lui une fréquence de 25 minutes aux heures de pointe… Plus de bus, plus fréquents, plus de lignes, une desserte plus serrée, voilà une réponse qu'il faudrait apporter aux plus vite en banlieue.

Avant de conclure, je voudrais tout de même dire ma déception vis à vis des Verts ou d’Europe Ecologie. Lors de la campagne des régionales, Cécile Duflot avait dit que si elle était élue, sa première mesure en matière de transports serait la mise en place en urgence de 60 lignes de bus express en banlieue. Il est peut-être temps de rappeler ces engagements et ne pas laisser une seule réponse sécuritaire à la question des transports, même s'il ne faut pas éluder ce point . Dans l’exécutif régional, le Vert Jean-Vincent Placé, est 2ème vice-président chargé des transports et de la mobilité, quant au Vert Pierre Serne, il préside la Commission Offre de Transport au STIF. Alors c’est peut-être le moment de se faire entendre, car l’isolement et l’enclavement sont aussi une violence, une violence faite par la société à une partie d’elle-même. Et qu’ils ne disent pas « on vient juste d’arriver », la chanson que Jean-Paul Huchon chante depuis des années. Une prise de position et de parole ne demande pas des années pour être audible. La droite s’en fiche, ne s’intéresse qu’à son Grand-Huit arc-bouté sur un projet, et pour le reste s’en remet au tout sécuritaire sans intelligence.

Mais il est vrai qu’inaugurer une ligne de bus de banlieue, c’est moins glamour que de le faire sur le tram des maréchaux ou sur Voguéo…

Jean-Paul Chapon

11.05.2010

Carte postale de Normandie, avec éoliennes et sans Grand-Paris

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Paris est sa banlieue s'est mis au vert le temps d'un week-end, en Normandie. Pas dans un Grand Paris qui irait jusqu'au Havre, non, plutôt dans le Grand Dieppe, entre Luneray et Veules-les-Roses. L'occasion de vérifier que si un Grand Paris allant jusqu'au Havre peut faire du sens au niveau régional et surtout national en termes d'aménagement du territoire, il n'en va pas de même au niveau métropolitain, comme on le vérifie le dimanche en fin d'après-midi aux abords de la (région-)capitale : le périmètre de saturation du réseau autoroutier devrait servir de guide aux grands penseurs de la métropole. Dimanche, ça commençait entre Mantes et Pontoise... On y reviendra bientôt, c'est promis, peut-être pour jeter un éclairage différent aux autoroutes sans éclairage...

Mais aussi l'occasion de voir enfin de près ces éoliennes tant décriées ces derniers temps et débattues dans le cadre du Grenelle 2, les lobbys sont tout de même forts ! Donnant des prises de positions tellement étonnantes comme ces journalistes sur RTL dans l'émission On refait le monde, qui vouent aux gémonies les éoliennes, laides, bruyantes, dangereuses, pour finir par un acte de foi dans l'énergie propre, à savoir l'énergie nucléaire. Bref, pour une fois, ces éoliennes, je pouvais les voir de près et même de très près et surtout les écouter. Au pied du mât de l'éolienne, ça fait woushhhh, et encore woushhh au passage de chaque pale. Et puis il y a aussi un bruit électrique, une sorte de signal étouffé et continu. Mais en même temps, il y a le bruit du vent, et à 500 mètres, plus de bruit, si ce n'est celui du vent. Pour le reste, côté esthétique, je dois avouer que je les trouve belles, ces éoliennes. Bien sûr, elle sont là, dans le paysage. Comme le sont aussi les lignes à haute tension suivies à plusieurs reprises dans le trajet le long des routes et autoroutes. Ou comme le Pont du Gard, qui finalement n'est qu'une construction utilitaire désaffectée, un aqueduc à sec qui barre une superbe vallée. Mais avec le temps, on s'habitue, a dit le poète ;-)

la-gaillarde-eoliennes-2.1273607158.jpg la-gaillarde-eolienne-route.1273607235.jpg la-gaillarde-eoliennes-5.1273607743.jpg la-gaillarde-eoliennes-3.1273607181.jpg

A suivre bientôt, demain ou jeudi au plus tard, avec une colère rentrée et pas assez de temps à consacrer à Paris est sa banlieue, un commentaire sur les bus, la sécurité et la banlieue...

Jean-Paul Chapon

06.05.2010

Megalopolis est en kiosque et Paris est sa banlieue est dedans ;-)

Le numéro 2 de Mégalopolis vient de sortir, disponible en kiosque. Et dans le numéro 2, Paris est sa banlieue pour une billet d'humeur en page Métropole, Entre vocabulaire et politique

megalo2couvsmall.1273170339.jpg A la veille des régionales, le JDD publiait un sondage TNS-SOFRES : seuls 41% des français avaient entendu parler du débat sur le Grand Paris. Pour 32% c’était vaguement et pour 9% précisément, à peine supérieurs pour les Parisiens. Mais de quel Grand Paris parle-t-on ? D’une métropole façon Grand Londres. D’une ville réunifiée avec ses dix millions d’habitants où l’on aurait gommé le mot banlieue, fait tomber la barrière mentale du périphérique ? Non, quand on évoque le Grand Paris, on parle vocabulaire et on fait de la politique à la française.

Le Grand Paris du sondage, c’est un projet de loi du gouvernement, une boucle de métro de 130 km de long avec des zones de développement. Le Grand Paris, c’est aussi le terme utilisé par Nicolas Sarkozy, le président urbaniste lorsqu’il découvre la métropole dans ses discours à Roissy ou à Chaillot ou qu’il demande à dix cabinets internationaux d’architectes de plancher sur la ville-monde de l’après-Kyoto. Une question de vocabulaire, et une question de politique. Car le Grand Paris, c’est de droite. A gauche lorsqu’on pense Grand Paris, on dit Paris Métropole. Mais Paris Métropole, ce n’est pas le Grand Paris, c’est un syndicat mixte d’études qui après un an d’existence peine à rassembler une centaine de collectivités. Il faut dire que la droite, à quelques exceptions près, boycotte Paris Métropole, jusqu’à vouloir lancer une association rivale « Ile-de-France Métropole ». Vous n’y comprenez rien ? C’est normal. Le sujet est embrouillé à loisir par les uns comme par les autres, et au final le débat est confisqué entre politiques et experts. C’est la même chose avec les projets de métro. A droite c’est le Grand-Paris, le métro aussi appelé Grand-Huit en raison de son tracé. A gauche, c’est Arc-Express, ou encore Orbival dans le 94. Tout le monde s’accorde enfin sur l’état d’urgence des transports dans la métropole, mais chaque camp y va de son projet. Un seul point en commun aux deux, gauche et droite, personne ne veut parler de gouvernance ou des institutions dont il faudrait doter ce Grand Paris pour lui donner une existence réelle et une gestion cohérente de part et d’autre du périf.

Alors, imaginons qu’un jour tous les habitants du Grand Paris, de Paris et de ses banlieues, réunifiés dans une métropole enfin solidaire, que tous ces « grands parisiens » soient appelés à élire au suffrage universel direct leurs représentants et le président ou pourquoi pas le maire du Grand Paris, il y a fort à parier que les résultats du sondage seraient bien différents.

Jean-Paul Chapon

25.04.2010

Carte postale de BHV ou quand le Grand Bruxelles menace de faire éclater la Belgique

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La crise belge ouverte par la démission de son gouvernement jeudi 22 avril dernier est un nouveau rebondissement de la querelle communautaire entre Flamands néerlandophones et Wallons francophones. Et il est vrai que pour qui visite la Belgique, il y a toujours une incompréhension devant la dureté des positions de part et d’autre de la ligne qui partage le pays, rien dans l’autre langue, et seul Bruxelles est bilingue. Je me souviens par exemple d’un ubuesque trajet en train de Liège à Bruxelles où après chaque arrêt la langue des annonces changeait, passant du français au néerlandais, puis à nouveau au français et encore au néerlandais, la ligne zigzagant de part et d’autre de la frontière linguistique, le tout pour aboutir à une annonce enfin bilingue en arrivant à Bruxelles. On peut comprendre l’origine de cette opposition, le riche passé Wallon et le mépris pour les pauvres Flamands du Nord, puis le retournement économique, avec une Wallonie appauvrie et une Flandre plus dynamique et conquérante qui ne veut pas avoir à supporter le sud francophone du pays. Pourquoi pas, une solution fédérale semblait être la réponse, mais une réponse qui montre bien ses limites, car elle cristallise la séparation communautaire. La Belgique est encore un pays jeune, et fragile. Mais il y a le cas de Bruxelles, et aujourd’hui le problème BHV, c’est à dire l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

Le journal Le Soir a publié vendredi 23 avril un supplément de 12 pages consacré à la crise. La dernière page est consacrée à une explication du problème BHV, un cas qui devrait intéresser les lecteurs de Paris est sa banlieue, car il pose la question d’une métropole, des solidarités et du jeu politique (politicien ?) au péril de l’unité nationale de la Belgique.

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« L’arrondissement électoral et judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde couvre les communes de Bruxelles et 35 communes du Brabant flamand. Sa particularité est donc d’être à cheval sur deux entités, Bruxelles et la province du Brabant flamand, et surtout d’être traversé par la frontière linguistique. Les francophones y ont le droit de voter et d’être jugés dans leur langue. Le problème, c’est qu’en 2002, le gouvernement a réorganisé les arrondissements électoraux pour donner à tous la taille d’une province. Sauf pour l’arrondissement de Louvain et BHV. En 2003, la Cour d’arbitrage, saisie par les nationalistes flamands, n’a pas contesté le fait qu’un arrondissement puisse s’étaler sur deux Régions mais elle a constaté l’anomalie de cet arrondissement par rapport aux autres qui ont la taille d’une province. Cet arrêt est interprété par les Flamands comme une obligation de scinder.. » Les Flamands veulent donc scinder cet arrondissement en deux, d’un côté les communes flamandes dans un arrondissement flamand Hal-Vilvorde et de l’autre côté les communes de Bruxelles qui deviendraient un arrondissement. Et Le Soir explique qu’il s’agit de mettre un terme à la francisation de la périphérie bruxelloise, en coupant les ponts entre les francophones de Flandre et Bruxelles. Il s’agirait continue le quotidien francophone belge de « faire en sorte que la frontière linguistique devienne une réelle frontière d’Etat ».

Les Francophones de leur côté veulent « sauvegarder les droits acquis des francophones en périphérie. Comme le droit de voter ou d’être jugé en français. Ils veulent aussi préserver les droits des francophones habitant dans les six communes à facilités de s’exprimer en français dans leurs relations avec l’administration communale, d’avoir des écoles, des clubs sportifs francophones. Or ils constatent que ces habitants font de plus en plus l’objet de tracasseries et de discriminations de la part de la Région flamande (attribution des logements, inspection flamande des écoles, circulaire Peeters…). Autrement dit, que les facilités accordées aux francophones sont de moins en moins respectées ». Et Le Soir ajoute que les francophones « craignent que la scission de BHV et, avec elle, le clivage de la frontière linguistique enferme définitivement Bruxelles en territoire flamand » du coup, ils demandent en contrepartie de la scission de BHV de préserver et même « bétonner » les facilités, et d’étendre ces facilités dans des communes à fort peuplement francophone.

Puis on arrive dans le dur territorial, avec la proposition d’ « un élargissement de Bruxelles pour éviter son enclavement en Flandre. Concrètement, cela signifierait annexer des communes de la périphérie sud (les plus riches) pour rendre Bruxelles financièrement viable et non plus dépendante du gouvernement fédéral et des autres Régions. Ou plus simplement créer un « corridor » – même réduit à quelques centaines de mètres – à Rhode-Saint-Genèse pour établir un lien territorial entre la Région wallonne et Bruxelles. » Autant la question de la viabilité financière de Bruxelles peut se comprendre. Mais le plus ahurissant est certainement la proposition de corridor et la logique d’encerclement de la ville. Les Flamands voudraient en enclavant Bruxelles, garder la ville comme une possible capitale d’un Etat flamand explique Le Soir. Les Francophones voudraient la création d’un corridor pour relier physiquement Bruxelles à la Wallonie. La continuité territoriale est elle nécessaire à ce point pour garantir des droits ? La Belgique est une démocratie, ce n’est pas dans un pays en guerre, même froide. Ce n’est pas Berlin-Ouest isolé en RDA, Sarajevo en guerre ou Chypre divisée entre grecs et turcs. C’est simplement la Belgique, un des membres fondateur de l’Union Européenne. Un pays ouvert, créatif, et qu’on croirait tolérant lorsqu’on se promène dans les rues cosmopolites d’Anvers. Tout cela est attristant et encore plus atterrant. Je n’ai pas de parti pris dans cette crise, et je ne connais pas assez la réalité belge pour juger, les uns ou les autres. Mais en rentrant d’une petite semaine passée à Anvers, ville flamande que j’aime et d’une semaine de travail avec mes collègues belges que j’apprécie, la lecture du dossier du Soir m’a profondément choqué, et m’a renvoyé au Grand Paris, aux affrontements stériles et égoïstes, à l’incapacité de voir l’intérêt général, de la ville, de la métropole, de ses habitants, des citoyens et ici d’un pays.

Pour finir, voici les premières lignes de l'éditorial de ce numéro spécial du Soir. "La Belgique ce matin est toujours debout. Ou du moins ses restes. Son corps tuméfié. Elle respire mais par saccades, profitant du petit intervalle d’air qu’on lui a laissé jusqu’à jeudi prochain. Elle se relève et repart à l’attaque mais le cœur n’y est pas. Est-ce d’ailleurs raisonnable d’y croire encore ?" écrit Béatrice Delvaux, rédactrice en chef du Soir, en ouverture de cet éditorial qui fait la une de ce numéro spécial, titré Ce pays a-t-il encore un sens ?

Un dernier commentaire, je viens de réaliser en regardant la photo de la devise belge, "l'Union fait la force", prise dans la gare centrale d'Anvers, que c'est la seule chose écrite en français que j'ai vu pendant mon séjour à Anvers. En même temps, on pourrait se demander pourquoi, au-delà de l'origine historique de cette devise, elle n'est pas écrite dans les deux langues...

Sur le dossier BHV dans Le Soir

Jean-Paul Chapon

 
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