09.11.2009
Grève du RER, Gatignon à Europe-Ecologie, Berlin 20 ans après... il y a des jours comme ça…
Il y a des jours comme ça, où l’on aurait beaucoup de choses à dire, et aussi des jours où on ne saurait pas ce qui est le plus important et par où commencer. Et aussi des jours où parce qu’il y a tout cela, on n’aurait pas le temps. C’est le cas aujourd’hui. Alors je commencerai par ce qui m’a empêché d’avoir du temps.
Aujourd’hui 9 novembre 2009, Jean-Paul Huchon, le président de la région Ile-de-France a beau jeu de dénoncer « la gestion sociale interne à l’entreprise » et regrette « qu’une réorganisation au rabais pousse les syndicats à l’action ». Une bonne occasion pour lui de s’en prendre à Pierre Mongin, le président de la RATP, et on peut effectivement s’étonner que plus de deux ans après que le STIF ait voté la suppression de l’interconnexion* et du changement de conducteur RATP-SNCF en juillet 2007, la mise en place de ce changement soit l’une des raisons invoquées pour la grève d’aujourd’hui, qui paralyse les deux artères cardinales des transports en commun de la métropole, dont on peut rappeler comme le fait le Parisien ce matin qu’elles transportent 1 million de voyageurs par jour pour le RER A et 700.000 pour le RER B. Des chiffres que les médias commencent heureusement à prendre en compte et qui montrent à quel point il n’y a pas d’offre alternative, si ce n’est malheureusement la voiture. Et une nouvelle fois, une petite équation : comment faire entrer 1 million de voyageurs du RER A dans une ligne 1 du métro qui sature déjà à 600.000 voyageurs par jour… Et pour ceux qui comme le président de la République pensent qu’aujourd’hui, quand il y a une grève personne ne s’en aperçoit, voici une petite brève tirée des la page entreprise du Monde de ce soir.‘La gare Saint-Lazare saturée suite à la grève dans le RER. La Gare SNCF de Paris-Saint-Lazare était « saturée » dans la matinée du lundi 9 novembre, conséquence indirecte de la grève qui touche les lignes A et B du RER. « Nous avons récupéré 100 trains supplémentaires qui s’ajoutent aux 300 que nous avons habituellement le matin », explique Guillaume Ancel, directeur des lignes Transilien de Paris-Saint-Lazare, ajoutant : « C’est comme si toute la population de la ville de Lyon [650 000 habitants] passait dans une gare longue de 210 mètres », a-t-il ajouté. Juste pour continuer avec les ordres de grandeur…
Aujourd’hui 9 novembre 2009, Stéphane Gatignon, le maire encore PCF de Sevran envoie une lettre aux habitants de sa ville et s’exprime dans Libération pour annoncer qu’il sera candidat aux élections régionales sur la liste d’Europe Ecologie, et « pourquoi pas ? » Comme il le concède dans Libération comme tête de liste en Seine-Saint-Denis. Plutôt une bonne nouvelle en ces temps de crispation gauche droite dans le débat sur le Grand-Paris, parce que Stéphane Gatignon est capable de pragmatisme sans pour autant renier ses convictions et ses engagements. Et c’est le même Stéphane Gatignon qui peut écrire qu’il faut « face au projet de Nicolas Sarkozy, installer un Grand Paris démocratique fondé sur le suffrage universel, un service public efficace et l’égalité fiscale » mais qui sait aussi ne pas fermer les portes et écrire que « depuis 2001, nous administrons la commune en nous battant quotidiennement pour défendre nos projets, au sein de l’ANRU ou en discutant avec le ministre Christian Blanc sur le Grand-Paris, par exemple. » Dans sa lettre aux habitants de Sevran, Stéphane Gatignon dit s'engager à "combattre les inégalités entre territoires... combattre pour l'égalité fiscale... combattre pour le mieux vivre ensemble... et combattre la ghettoïsation...", et il sait de quoi il parle. En espérant redonner très rapidement la parole à Stéphane Gatignon, que les lecteurs de Paris est sa banlieue connaissent déjà bien.
Aujourd’hui 9 novembre 2009, c’est le 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin. Il y a 20 ans, je n’étais pas à Berlin, qui semble pourtant avoir été le rendez-vous le plus couru de tout l’UMP d’aujourd’hui. Non, il y a 20 ans, le 9 novembre 1989, j’écoutais France Info en rentrant en voiture de Vélizy, et dans les embouteillages du soir, j’écoutais en direct, avec émotion, ces nouvelles incroyables, énormes de ces rassemblements autour du mur, la nouvelle que des manifestants étaient sur le mur. Je me souviens parfaitement de ce soir, comment peut-on l’oublier. Mais ce soir 9 novembre 2009, je suis fatigué du barnum médiatique autour de cette commémoration. Je ne comprends pas pourquoi Radio France diffuse le même programme sur toutes ces chaînes et impose, quelle démocratie hertzienne, le même programme affligeant à ses auditeurs. Mais qu’a-t-on à faire ce soir des états d’âmes de Pierre, Paul ou Jacques, si important qu’ils méritent que l’on supprime les infos sur France Info, paradoxe absolu, la censure pour saluer le retour à la liberté. Ne se serait-il rien passé de plus important aujourd’hui que la chute de dominos de polystyrène devant la porte de Brandebourg ! Alors pour saluer les 20 ans de la chute du mur de Berlin, appelons ce soir de nos vœux la chute des autres murs, ceux de Corée, de Chypre, d’Israel, des Etats-Unis, et puis plus sournois, car invisibles à part quelques barbelés à Ceuta, ceux qui séparent le Sud du Nord, les ventres creux des ventres pleins.
* à propos de l'interconnexion, on peut relire la note STIF et Grand-Paris, ou de l'absurdité comme principe de gouvernement ;-)
Jean-Paul Chapon
Illustration sur les murs parue dans Le Monde daté du 10-11-O9 et donc parue "aujourd'hui, 9 novembre 2009"
23:08 Publié dans 1.2 - Les transports à Paris intra-extra muros, 2 - Société, vous, moi, nous... et la banlieue aus, 3 - Un peu d'actualité, 4 - politique, politiques... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : stéphane gatignon, sevran, europe écologie, grève, rer, ratp, ile-de-france, huchon, jean-paul huchon, berlin
29.04.2009
Grand-Paris Jour J : "Le Grand-Paris cessera d'être une agglomération pour devenir une ville quand on ne parlera plus de banlieues"
Lors du rendu des 10 équipes d'architectes à la Cité de l'Architecture en mars, Mike Davis de l'équipe Rogers, m'avait dit que pour lui, Nicolas Sarkozy était convaincu et avait vraiment une vision métropolitaine. En réaction à chaud à son discours (enfin la deuxième partie), je dois avouer que j'ai ressenti la même chose et que son discours était plutôt convaincant.
On reviendra en plus en détail sur les projets annoncés, les 70.000 logements annuels, les 8 pôles d'excellence, les 35 milliards et le détail des projets de transports (ceux de la région "pas remis en cause" + les 130 km de Christian Blanc), les financements, mais d'abord quelques points relevés avant de partir pour l'ouverture de l'exposition consacrée au dix projets à la Cité de l'Architecture.
D'abord cette phrase qui montre que les idées avancent. "Le Grand-Paris cessera d'être une agglomération pour devenir une ville quand on ne parlera plus de banlieues". Pour moi tout est dit dans la compréhension du fait métropolitain. Reste à l'appliquer, mais pour une fois, je veux bien y croire.
A propos de la ville durable, des déplacements et de la pollution, à noter "ce qui ne va pas, c'est qu'on dit aux gens, abandonnez votre voiture et dans 40 ans, on construira les transports qui vous permettront de la remplacer !"
Et sur le fait métropolitain, la question des transports prend parfois une valeur symbolique. Pourquoi la métropole n'aurait pas une offre équivalente à Paris intra-muros, et aussi ce "nous ne pourrons pas faire l'économie d'une réflexion sur la tarification unique", le geste fondateur pour le Grand-Paris que Roland Castro avait proposé en mars à la Cité de l'Architecture.
Alors il faut accélérer, "nous allons faire le Grand-Paris en dix ans", nouveaux système de transports et grandes infrastructures avec un début des travaux avant la fin 2012, et le dépot d'un projet de loi en octobre.
La question de la gouvernance est repoussée, mais pas entièrement, dans une main tendue aux élus et une demi-menace : "l'Etat est décidé à partager le pouvoir, à une condition : qu'il ne soit pas paralysé". Et s'il dit "le Grand-Paris, c'est la France d'après la crise, qui n'appartient à aucun clan, mais qui appartient à tout le monde", il annonce des Etats Généraux du Grand Paris pour le début 2010.
Alors pourquoi je commence à y croire ce soir : d'abord peut-être qu'ayant raté le début du discours, je n'ai pas entendu les considérations sur le beau, rappelant ce qui m'avait agacé dans le l'appel à concours, avec l'évocation de la laideur des entrée de ville. Peut-être aussi parce que j'ai entendu le président urbaniste parler de l'ordinaire, et je me souviens avoir écrit que s'il cherchait la beauté de ville, il devrait essayer de découvrir la beauté de l'ordinaire. Mais surtout, et là Nicolas Sarkozy n'y est pas pour grand-chose (quoique ;-), c'est parce que j'ai vu en direct son discours retransmis sur iTélé, parce que tout le journée France-Info consacre son antenne au Grand-Paris, parce qu'aujourd'hui le débat devient enfin grand-public et sort de la seule sphère des élus et des experts que je dénonçais récemment.
Bon, tout n'est pas gagné pour autant, je reste sur ma faim pour la gouvernance, et la création d'un Grand-Paris, ville unifiée et unique aux institutions efficaces, cohérentes et démocratiques. La Conférence Métropolitaine a ouvert la voie, Paris-Métropole prend le relais, mais comme je l'ai écrit récemment à Pierre Mansat, dont je salue le travail avec Bertrand Delanoë et quelques autres élus, véritables, Philippe Laurent, Stéphane Gatignon ou Bernard Gauducheau, sans oublier Philippe Dallier, il faut en 2009 retrouver l'audace qui en 2001 a permis à Paris de changer d'attitude vis-à-vis de la banlieue, et réciproquement. Mais comme je l'écris souvent, aujourd'hui ne boudons pas notre plaisir.
à suivre...
Jean-Paul Chapon
18:12 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 3 - Un peu d'actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
26.04.2009
Carte postale de banlieue, avec ouverture dominicale et glissement sémantique ;-)
Je n'avais pas du tout l'intention de publier quelque chose ce dimanche, même si j'avais pris la photo à tout hasard hier matin, samedi 25 avril en allant faire notre pélerinage hebdomadaire ou preque au centre commercial de Val de Fontenay ;-) Et puis, France-Info, Itélé ou LCI me passent en boucle l'annonce du projet de loi de Brice Hortefeux, le ministre du travail du gouvernement Sarkozy sur le travail du dimanche.
Alors ce soir, je ne résiste pas à l'envie de faire le parallèle entre ces deux photos, prises au même endroit avec 5 mois d'écart. La mise en page est la même, pas très recherchée mais efficace. Le style est le même, pas très recherché non plus mais informatif. En fait un seul mot a disparu, glissement sémantique du mot ouverture appliqué à une grande surface. Exceptionnelle pour qualifier l'ouverture n'est plus nécessaire quand il qualifie une ouverture même pas dominicale, mais un jour simplement férié...
Jean-Paul Chapon
05.04.2009
Grand-Paris : après Vélib', le Marathon de Paris en banlieue ?
Chassez le naturel, il revient au galop et en l’occurrence dans une foulée marathonienne. C’est ce que l’on pourrait dire ce matin en regardant la carte du parcours du Marathon de Paris 2009. Bertrand Delanoë, le maire de Paris et son adjoint à Paris-Métropole Pierre Mansat ont beau se féliciter d’avoir franchi le périphérique pour aller inaugurer cette semaine l’arrivée de Vélib’ à Boulogne, ils n’auront pas eu à refaire cet effort pour suivre le Marathon, qui arrive tout de même à vaincre le périphérique à l’Ouest et à l’Est de la capitale pour un petit passage par les bois de Boulogne et de Vincennes, respectivement dans le 16ème et le 12ème arrondissement de Paris, restons raisonnable tout de même!
Vraiment étonnant en cette période où la question du Grand-Paris fait débat, que chacun y va de ses professions de foi, plus grand-parisien ou paris-métropolitain que moi, tu meurs ;-) Et quel symbole d’étroitesse et d’entre soi, de manque d’audace et de vision métropolitaine, comme semblent vouloir le dire ces cartes où Paris flotte dans le vide, comme pour superbement ignorer tout ce qui se situe autour. Construire le Grand-Paris, ce n’est pas seulement réfléchir à sa gouvernance et écouter les réflexions de 10 cabinets d’architectes internationaux. Bertrand Delanoë osait dire un jour que Paris était plus grand que Paris. En tout cas, cela ne semble pas être le cas pour le Paris du sport. Comment justifier aujourd’hui ce parcours aux allures de Cityrama soigneusement réservé aux 20 arrondissements du petit Paris, alors que le Tour de France ne craint pas de passer dans les pays voisins Allemagne, Belgique, Italie, Espagne et même de partir de Londres il y a deux ans ?
Alors le Marathon de Paris ne pourrait-il pas aller de Sceaux à Bobigny ou de Sèvres à Clichy-sous-bois ? Ce serait un beau symbole pourtant de partir du 92, traverser la capitale et finir au cœur du 93 ? Et s’il faut du télégénique pour vendre les images, la métropole n’en manque pas. Il suffit d’ouvrir les yeux et la regarder, de la basilique Saint-Denis aux bords de Marne, du Mont-Valérien au Parc de Sceaux, et du Château de Vincennes à la Grande-Arche, il y a aussi de quoi faire de belles images. Car construire le Grand-Paris, c’est accepter l’idée que tous ses paysages font la métropole et que tous les habitants de cette métropole en sont les citoyens, tous au même titre, ceux du petit Paris des 20 arrondissements, des départements de couronne, des villes nouvelles, bref de toute la métropole qui est une et qui est la Ville d’aujourd’hui. On dit qu’il faut faire de la pédagogie pour faire comprendre ce qu’est la métropole de Paris et lui donner une réalité, mais cela demande aussi de sortir des seules réflexions entre politiques, experts et happy few. Alors rendez-vous pour un Marathon de Paris 2010 en banlieue ;-)
Jean-Paul Chapon
15:45 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 3 - Un peu d'actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20.12.2008
Vendée Globe versus Afrique-Canaries-Lampedusa, ou "Selon que vous serez puissant ou misérable"...
"Il a serré les dents, il a été courageux, et c'est la fin du calvaire pour Yann Elies ", le journaliste d'iTélé vient de lancer le sujet ce soir. Yann Eliès est sauvé, la frégate militaire australienne, avec son équipement médical, a mis moins de temps que prévu, son copain Marc Guillemot est resté là, et il y avait déjà beaucoup d'émotion ce matin sur France-Info. Les journalistes tentaient de nous faire vivre quasi en temps réel le sauvetage du marin breton "qui souffre le martyre depuis deux jours". Tant mieux, sincèrement et humainement, tant mieux, mais je finis par trouver obscène cet étalage d'émotion "en direct" ou presque, exploité sans modération ce soir pour animer un 20h00 de premier jour de vacances, tout de même plus intéressant qu'une nouvelle crise ministérielle belge... Devant les moyens mis en oeuvre pour sauver le skipper de Generali, le bateau sponsorisé par un grand groupe d'assurances, je ne peux m'empêcher de penser à tous ces bateaux, barques et rafiots qui tentent de traverser l'Atlantique, de l'Afrique vers les Canaries, ou la Méditerranée, de l'Afrique vers Lampedusa. Pas de skipper copain qui vient pour aider, pas de radio pour prévenir d'un problème, car prévenir, c'est le retour direct vers les côtes africaines au mieux (?) ou vers les centres de rétention européens au pire (?). Et en général, faute de radio et de support course, ni de copain sympa, ce sont des corps noyés que l'on retrouve sur les plages d'Afrique, des Canaries, de Lampedusa, ou des cadavres dans les barques.
Triste parallèle, triste parabole, de ce que veut dire encore aujourd'hui le déséquilibre Nord-Sud. Le reportage d'iTélé conclut sur le fait que Generali, le bateau au budget certainement non négligeable, continue sa route sans skipper. Pas de souci, les équipes techniques vont venir le récupérer. Et combien de boat people africains seraient sauvés si on laissait couler Generali ?
Demain, je reviens sur le Grand-Paris... ou en tout cas j'essaie ;-)
Jean-Paul Chapon
Et pour un autre genre d'émotion, on peut lire ce qu'écrit Jean Ziegler ou encore le HCR.
22:34 Publié dans 3 - Un peu d'actualité | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
16.11.2008
Le Congrès de Reims, ou de la confusion entre Bizet et Rossini ;-)
Ils ont fait le Voyage à Reims, certains s’attendaient à rejouer les Pêcheurs de Perles,
mais finalement, Voyage à Reims oblige, Rossini l’emporte sur Bizet, et c’est sur un remake de la fin du 1er acte de l’Italienne à Alger que semble se refermer le rideau du Congrès de Reims du PS...
... l'humour de Rossini en moins ;-)
Plus sérieusement, entre suicide collectif et "arrêtez le massacre", je n'arrive toujours pas à m'habituer à la cérémonie mortifère des congrès de mon parti, le Parti Socialiste. Jeudi je voterai, et vendredi aussi (on imagine mal un résultat du premier coup). J'avais voté pour la motion C, celle de Benoît Hamon, moins par conviction que par envie de rajeunissement, de changement, et de rappel à gauche. Mais je ne suis vraiment pas sûr de continuer à adhérer au PS. Peut-être que cette catharsis doit être poussée jusqu'au bout, jusqu'à la fin de ce concept dont le PS n'arrive plus à se sortir, qui confond parti au fonctionnement le plus démocratique avec la plus stérile guerre des égos ? A venir bientôt sur Paris est sa banlieue, quelques commentaires sur le livre de Stéphane Gatignon, maire de Sevran, "A ceux que la gauche désespère". Une lecture qui redonne envie de s'investir dans le combat politique !
Jean-Paul Chapon
13:30 Publié dans 3 - Un peu d'actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
09.11.2008
Semaine faste pour le Grand-Paris : naissance de Paris-Métropole, embellie sur le SDRIF, et première ligne de métro champêtre...
Mise à jour du 10 novembre 2008 *
Semaine professionnelle une nouvelle fois chargée qui me tient loin de Paris est sa banlieue. Il est temps de revenir à la Conférence Métropolitaine et au lancement de Paris-Métropole, sans oublier tout de même un petit mot sur le SDRIF et un détour par le Plateau de Saclay pour y saluer les étonnantes pensées de Monsieur Blanc...
A la mairie du 20ème arrondissement de Paris, où on était mercredi 5 novembre dans une ambiance assez « Yes, we can !», en ce matin d’élection de Barack Obama, et même « Yes, we did !» comme le fera remarquer l’un des élus. Et effectivement, ils l’on fait et ont enfin donné des statuts et un nom au Syndicat Mixte Ouvert d’Etudes annoncé quelques mois plus tôt lors des Assises de la Métropole. Et si l’un des participants sans doute emporté par l’émotion déclarera « nous avons acté la disparition de la banlieue, avec une approche qui ne se fera pas en cercles concentriques, mais avec un développement polycentrique, c’est un grand changement dans l’histoire du cœur de l’Ile de France », le syndicat mixte s’appellera bien Paris-Métropole et aura son siège à Paris ;-) Et si l’ambiance était très « Yes, we can !», un coup d’œil sur les participants à cette session de la Conférence Métropolitaine montre à quel point il y a du boulot, parmi les quelque 70 élus de Paris et de sa banlieue, pas un noir, un arabe, et peut-être 5% de femmes (ou alors j’ai mal vu)…
"Enfin" peut-on écrire à propos de ces statuts, car ce mercredi matin, on sentait chez certains le même sentiment d’urgence qu’il y a un mois, sentiment exacerbé par le fait que les statuts étant là, il faut passer à du concret. Et comme le faisait remarquer l’un des élus présents, c’est maintenant que « le plus dur commence... enfin on quitte les statuts, enfin on passe de comment nous défendons nos institutions à comment nous répondons aux attentes de nos concitoyens », certains trouvant d’ailleurs que ces statuts arrivent même un peu tard. Et il est vrai que face à l’accélération du mouvement imprimée par le Président de la République Nicolas Sarkozy sur la question du Grand-Paris, le nouveau syndicat Paris-Métropole a intérêt à continuer à mettre les bouchées double pour être à l’heure des rendez-vous de l’Etat en position d’interlocuteur valable. Car si les statuts et le périmètre sont là, reste à remplir ce périmètre, et la tache risque ne pas être si simple. Un échange lors de la conférence de presse montre bien que le consensus n’est pas d’une solidité à toute épreuve. Ainsi lorsque Mireille Ferri, vice-présidente Verte de la région, se félicite d’avoir avec Paris-Métropole un lieu qui permette de s’opposer à l’Etat, si ce dernier s’en prend par exemple à la décentralisation, comme dans la « petite musique que nous fait entendre de temps en temps le secrétaire d’Etat » (ndlr : Christian Blanc), immédiatement Bernard Gauducheau, maire Nouveau Centre de Vanves, répond que Paris-Métropole est « une structure ouverte à l’ensemble de l’échiquier politique », et que « les élus de la majorité ne pourraient s’associer à un lieu qui se transformerait en lieu de contre-pouvoir ! » Et à une question sur la faible présence de représentant de l’UMP à cette session de la Conférence Métropolitaine, après une première réponse biaisée d’un des participants, le même Bernard Gauducheau répond qu’il ne « pratique pas la langue de bois » et qu’une des raisons d’être de la Conférence Métropolitaine « était de se donner les moyens de faire adhérer les collectivités toutes tendances confondues et de ne pas créer un syndicat des frustrés qui se réunissent pour essayer de piquer du pognon aux autres. » Le maire de Nogent, l’UMP Jacques JP Martin, tentera d’atténuer la réponse de son collègue de Vanves, rappelant qu’à part certains téméraires comme lui-même, au début de la Conférence Métropolitaine deux ans auparavant, il n’y avait pratiquement pas de réprésentants de droite. Et de rappeler que pour lui ce qui comptait n’était pas la présence physique dans le 5 novembre au matin, mais l’adhésion à Paris-Métropole, démarche validée par le secrétaire général de l’UMP. « Je ne connais pas de crèche de gauche, ou de crèche de droite, de RER A de gauche ni de RER A de droite » ajoute le maire de Nogent, en mentionnant le collectif de 40 maires, de droite et de gauche, des villes traversées par la ligne du RER A qui s’organisent pour faire avancer les attentes de leurs concitoyens. Et ce dernier de finir en précisant que le Conseil Général du 92 se prononcera sur l’adhésion au Syndicat Mixte avant la fin de l’année. C’est d'ailleurs ce que devrons faire les 200 et quelques collectivités auxquelles seront envoyés les statuts. Certaines ont déjà dit oui, mais des non ne sont pas à exclure…
Difficile enfin de ne pas mentionner Pierre Mansat, adjoint du maire de Paris chargé des relations avec les collectivités territoriales, qui d’accord avec les remarques des maires de Vanves et de Nogent, souligne que s’il s’agit d’un processus lent, c’est un processus positif, avec une obligation, celle d’être « complètement pluraliste » pour que Paris-Métropole représente la diversité politique et géographique de la métropole parisienne, et de conclure sur l’urgence lui aussi, « il faut travailler vite, la Conférence Métropolitaine existe et peut travailler encore avant la mise en place du syndicat mixte. »
Un mot sur le SDRIF, et sur un apparent rapprochement entre la région à travers son président Jean-Paul Huchon, et le gouvernement à travers son Premier ministre François Fillon. Un accord serait possible, Jean-Paul Huchon ayant déclaré qu’il « prend acte que le Premier Ministre juge possible que la poursuite de la procédure d’approbation du schéma, en cohérence avec les débats sur le Grenelle 2 ».
Le Parisien du 5 novembre titrait lui sur « l’embellie entre Huchon et Fillon », Sébastien Ramnoux concluant son article sur une remarque du nouveau préfet de région Daniel Canepa, à propos du 2% de croissance annuel tare rédhibitoire du SDRIF pour Christian Blanc, "« Ce qui était modeste il y a six mois, devient aujourd’hui ambitieux » a relevé malicieusement Daniel Canepa "
Et puisque c’est dimanche, on ne peut pas finir sans parler de Christian Blanc et de son Grand-Paris, ou du moins du Plateau de Saclay en attendant mieux. Au bout de huit mois de cogitation, Christian Blanc nous a livré l'aménagement du Plateau de Saclay, comme le fait remarquer Sibylle Vincendon dans Libération. Pas sûr qu'un ou même deux mandats de Nicolas Sarkozy suffisent pour couvrir l'ensemble du Grand-Paris sans parler de la Région-Capitale. Paradoxe de l'homme sage silencieux du gouvernement. Ce qui est une solution dépassée depuis 15 ans pour les millions d'habitants de la zone dense de la petite couronne qui vit une embolie permanente faute de moyens de transports en commun, est la solution dès qu’il s’agit de desservir quelques dizaines de milliers d'étudiants (de haut niveau, d'accord) et les 40.000 habitants d'une hypothétique ville nouvelle à 20 kilomètre du périphérique. Pour la zone dense, nous n’avions rien compris, c’est la voiture électrique la solution, pas le métro, mais pour des facs et une ville nouvelle dans les champs, ce n'est plus la voiture, électrique ou non et Christian Blanc prévoit métro automatique, transports en site propre et même funiculaire ! Pour plus de détails sur l'aménagement du Plateau de Saclay et sa "Silicon Valley à la française", reportez vous aux différents articles consacrés au sujet : il vous suffit de taper "Christian Blanc et Saclay" dans Google Actualité. Sinon, vous pouvez aussi aller sur le site du secrétaire d'Etat au développement de la Région-Capitale ("rubrique : espace presse / chrono : conférence de presse de Christian Blanc du 6 novembre") comme une de ses conseillères m'a « spécialement » conseillé de le faire. Dommage, malgré les demandes et prises de contact, les blogueurs ne sont pas encore les bienvenus aux conférences de presse de Christian Blanc. Le gouvernement fait la promotion d'internet et du web 2.0, mais ce qui est vrai pour Eric besson, ne l'est apparemment pas pour Christian Blanc. Mais peut-être considère-t-il que les blogueurs ont déjà 15 ans de retard ;-)
* "Concertation bizarre, phrases énigmatiques, stratégie opaque : le secrétaire d'Etat déconcerte tout le monde et déçoit certains". Il faut lire dans Libération Le Grand Paris, le grand bazar de Christian Blanc, analyse signée par Sibylle Vincendon sur la méthode du secrétaire d'Etat au développement de la Région Capitale, coincé entre la complexité du jeu politique, les orientations du président de la république et peut-être aussi son propre égo qui l'empêche d'accepter que d'autres puissent avoir raison avec lui. "Le secrétariat d'Etat à la Région Capitale est un ministère amer" conclut Sibylle Vincendon.
Jean-Paul Chapon
05.11.2008
Les larmes de Jesse Jackson
Victoire de Barack Obama, 4 novembre 2008 
Aujourd’hui s’est tenu dans la mairie du 20ème arrondissement de Paris une séance très importante de la Conférence Métropolitaine. Les statuts de Paris-Métropole, le Syndicat Mixte Ouvert annoncé aux Assises de la Métropole de juin dernier, ont été adoptés, le mouvement est enfin lancé et comme l’a souligné Pierre Mansat l’adjoint au maire de Paris, en charge des relations avec la banlieue et de Paris-Métropole, « le défi est maintenant devant nous ». Je reviendrai dans les jours qui viennent sur cette nouvelle séance.
Car aujourd’hui, c’était avant tout le jour de la victoire de Barack Obama aux élections présidentielles américaines. Ma sœur Christine, devenue citoyenne américaine, m’a réveillé ce matin pour m’annoncer la nouvelle. « Dans la rue, c’est une ambiance électrique d’excitation, un peu comme les enfants à Noël », m’a-t-elle dit. En revanche, déception et inquiétude avec l’adoption de la proposition 8 et le risque de remise en cause du mariage gay en Californie, pour lequel elle a fait du « picketing » en brandissant une pancarte, aux côtés de notre amie Elisa, qui avait célébré son mariage avec Michelle il y a quelques mois.
Mais l’image qui me restera de cette extraordinaire victoire de Barack Obama, et de la prochaine arrivée d'un noir à la Maison Blanche, c’est celle des larmes de joie et d'émotion, celles du révérend Jesse Jackson, mais aussi celles de tous les anonymes aperçus dans les reportages télé. Je ressens aujourd’hui la même émotion que le soir où rentrant du travail en voiture, j’écoutais à la radio en direct la prise d’assaut du mur de Berlin. Un très grand jour pour la démocratie aux Etats-Unis, et partout dans le monde. Et puis bravo les Américains ! je ne suis pas sûr qu'on serait capable d'un tel vote en France...
Jean-Paul Chapon
la photo de Jesse Jackson (Photograph: Joe Raedle/Getty Images ) a été empruntée au site Rediff News
20:56 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 3 - Un peu d'actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
12.09.2008
Carte postale de Paris, avec visite papale
20:29 Publié dans 3 - Un peu d'actualité, 8 - Cartes postales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.08.2008
Poker menteur autour du SDRIF ? ou quand « Madame Ferri » et le Secrétaire d’Etat au développement de la région-capitale échangent des amabilités à l’université d’été du MEDEF…
Mise à jour du 1er septembre
Retour dans le Grand-Paris en passant par la case MEDEF, ou plus exactement par l’université d’été du MEDEF. Ces journées d’été ont cette année pour thème Voir en Grand, avec de nombreux ateliers et tables rondes, et je dois avouer que la surprise est grande devant la richesse et la diversité des thèmes abordés. Un dernier point pour saluer l’initiative du MEDEF : les blogueurs invités pour la deuxième année, libres de participer ou non au « live blogging », d’assister aux ateliers de leur choix et de discuter avec les participants. Mon seul regret est de n'avoir pu rester que le premier jour, je m'organiserai mieux l'an prochain ;-)
Tout commence par un rêve, dans ce débat sur les nouvelles mégapoles françaises*. Le modérateur demande en effet à Christian Blanc, le Secrétaire d’Etat au développement de la région-capitale, et si vous aviez un rêve aujourd’hui ? Christian Blanc finit par répondre que oui, il a un rêve, il croit que Paris peut être une ville-monde, capitale de l’art de vivre, de l’intelligence, une intelligence généreuse et critique, une capitale de la connaissance, du respect des autres, de la capacité à admettre la diversité et la différence, une capitale de la beauté et « pour faire plaisir à Madame Ferri, une capitale où on respire un air pur ». Et visiblement, ce sera le seul moment où Christian Blanc aura en tête l’idée de faire plaisir à Mireille Ferri la vice-présidente (les Verts) de la région Ile-de-France, cheville ouvrière de la révision du SDRIF, le Schéma Directeur de la Région Ile-de-France. A Madame Ferri devrait-on écrire, car c’est ainsi que Christian Blanc l’appellera durant toute cette table ronde, alors que je n’ai pas eu l’impression qu’il donne du Monsieur Collomb au maire de Lyon, auquel il rendra d’ailleurs un chaleureux hommage, le faisant applaudir par la salle après une intervention de ce dernier.
Pourtant au début, tout était bien parti, courtoisement dirait-on. Christian Blanc évoque son travail avec la cinquantaine de personnes de son équipe, à partir de travaux et de documents « élaborés par la Région » derrière lesquels on croit reconnaître le SDRIF, et il répète une nouvelle fois que « d’ici la fin de l’année nous aurons des choses très concrètes à proposer », et que l’an prochain suivront d’autres propositions pour le développement de la région-capitale, y compris sur "sa gouvernance". Donc rien de bien nouveau jusque là. Le débat fait ensuite le tour de chaque participant de la table ronde, avec des interventions fortes comme celles des maires socialistes de Lyon, Gérard Collomb et de Grenoble, Michel Destot, qui se font avec brio et conviction les hérauts du fait métropolitain, déclenchant à plusieurs reprises les applaudissements de l’assistance, une riche intervention aussi de Jean-Pierre Farandou* et de Pierre Mongin*, sur lesquelles je reviendrai dans une autre note, pour ne pas allonger celle-ci.
Vient le tour de Mireille Ferri, qui parle de la modification de la mobilité, de la crise énergétique, se demande comment y donner une réponse métropolitaine, affirme la nécessité de freiner l’étalement urbain, marque sa différence sur Métrophérique (à voir dans une prochaine note) et en guise de conclusion déclare que contrairement à ce que pense Christian Blanc, l’objectif de croissance de 2% par an pour l’Ile-de-France (après une moyenne de 1,7% par an sur les 20 dernières années) n’est pas « récessif ».
Nouveau tour de table, et réponse du berger à la bergère. Christian Blanc résume pour l’auditoire du MEDEF, peut-être moins familier avec les péripéties du SDRIF que l’étape suivante sera le 25 septembre prochain, jour où le document sera soumis au vote de l’assemblée régionale, document que l’exécutif dit avoir retravaillé depuis l’avis favorable de la commission de l’enquête publique en juin dernier, et pour lequel il affirme avoir une majorité. Restera ensuite à le transmettre à l’Etat qui n’aura qu’à le cosigner, avant transmission au Conseil d’Etat. Et là, Christian Blanc sans se départir de son calme, signale que pour lui, « il y a quelque chose qui ne va pas. Si cette procédure de mise devant le fait accompli continue, l’Etat n’approuvera pas le document. » Et de poursuivre, « si notre travail qui sera achevé à la fin de l’année comme contribution de l’un de deux partenaires n’est pas pris en compte, ça ne va pas. » Expliquant alors, « soyons clair, le document que Madame Ferri a pour l’essentiel piloté, avec talent, est un schéma d’intentions, avec une philosophie de développement durable, mais qui présente à nos yeux une grande difficulté, notamment il est insuffisant en terme de développement économique. Madame Ferri, comment voulez-vous que l’on approuve un document dont l’objectif est de faire 2% de croissance par an sur 20 ans ! » Le Secrétaire d’Etat parlera alors du développement des métropoles urbaines, moteurs de la croissance qui se caractérisent par une création de richesse supérieure aux moyennes nationales de leur pays. Pour lui, l’objectif serait que « Paris-Métropole ait un objectif de croissance deux fois supérieur à la moyenne nationale. » Et de conclure « il n’y aura pas d’intransigeance, car c’est tout à fait inacceptable, et certainement une grande majorité de l’Assemblée régionale sera d’accord pour regarder à nouveau la question de la croissance. »
Bref, tout en saluant la qualité du travail du SDRIF, il demande à ce que le document soit enrichidu travail de ses équipes pour passer d’un « schéma d’intentions » à un « schéma directeur », et « s’il n’y a pas d’accord, Madame Ferri, ce sera non. Si c’est ce que vous cherchez, vous en porterez la responsabilité. »
Ambiance à la tribune de l’Université d’été du MEDEF, mais pour une fois qu’on n’est pas dans la langue de bois… Mireille Ferri passe alors à l’offensive, accusant Christian Blanc et l’Etat de ne pas répondre à ses invitations à travailler ensemble, notamment lorsqu’elle organise le 23 juillet un comité de pilotage, sur le SDRIF auquel le préfet de Région, représentant de l’Etat ne vient pas. « L’Etat ne s’est pas présenté » martèle Mireille Ferri, « nous avons écrit et nous sommes disponibles pour intégrer les propositions de l’Etat jusqu’à début septembre. » Et Mireille Ferri passe ajoute, « vous avez des rêves, mais ils sont un peu flous. » Et sur la croissance « nous ne sommes pas dans une économie planifiée, je ne sais pas décréter une croissance de 5% à la place de celle à 1,9 % que nous avons eue. » et elle demande "légèrement" énervée à Christian Blanc que ses propos aient un écho « loin de la caricature » qu’il fait et de « ses effets de tribune. » Re-ambiance…On sent que ça ne gaze pas à ce point entre Christian Blanc et Madame Ferri...
Il reviendra à Christian Blanc de conclure la table ronde, et ce sera pour lui l’occasion de rendre un hommage appuyé aux socialiste Gérard Collomb et Michel Destot en déclarant « Ils sont en France ceux qui ont le mieux compris comment il est possible de tirer vers le haut des notions de développement économique, social et de dignité sociale, environnemental » ; et revenant à la région-capitale, « tout n’est pas réglé », nous allons travailler pour présenter aux élus de la région « et je suis persuadé que je peux faire confiance aux élus de droite, du centre et de gauche, et on pourra aller très loin, y compris avec Madame Ferri », qui cette fois n’apprécie pas le trait et se fâche.
Alors partie de poker menteur autour du SDRIF, avec un net raidissement des protagonistes au moment où les échéances se rapprochent ? Ou alors les lignes seraient-elles entrain de bouger ? On sait que depuis qu'il a été nommé, Christian Blanc consulte tous les acteurs du débat francilien, qui disent à peu près tous ressortir satisfaits de ces rencontres. Assisterait-t-on comme le laisse entendre à demi-mot Christian Blanc à des changements de positions sur le SDRIF, passant d’un soutien sans faille relevant d’une étroite application de la discipline de groupe, à une attitude plus ouverte ou critique envers un document qui est loin de convaincre tout le monde, y compris à gauche (mais en général, ce ne sont que des commentaires off, à part quelques courageux élus). Christian Blanc expliquera encore après le débat ce qu’il reproche au SDRIF : "un document d’écologistes où la croissance est quelque chose que l’on subit » alors qu’il devrait être un document dans lequel on cherche à optimiser les atouts de la région pour aider le développement économique.
Paradoxalement le SDRIF, certainement un des sujets qui intéresse le moins le grand public qui l’ignore à peu près totalement, sera un des plus longs et vifs affrontement entre le gouvernement et la gauche. Et pour ajouter de l’huile sur le feu, la perspective des régionales n’arrange rien. A gauche, on est circonspect en attendant la fin des péripéties judiciaires du président de la région, Jean-Paul Huchon, et à droite, on se bouscule au portillon des candidatures, déjà trois ouvertement déclarées au sein du seul Gouvernement ;-) Alors comment interpréter ce débat, dans lequel la violence de l’affrontement avec Mireille Ferri contraste avec l’hommage rendu aux deux maires socialistes, symbole peut-être d’une communauté de vues, qui ne s’arrête peut-être pas aux élus de Rhône-Alpes ? Qui croire, lorsque l’une explique qu’elle a multiplié les invitations non répondues et que l’autre répond le contraire ?
Les colonnes de Paris est sa banlieue sont ouvertes et bientôt, Mireille Ferri devrait y préciser son point de vue, en attendant Christian Blanc ?
à suivre…
* Les nouvelles mégapoles françaises : du grand Paris, au grand Marseille, en passant par le grand Lyon, les grands Lille, Strasbourg, Toulouse…
Intervenants :
· Christian Blanc, secrétaire d'Etat chargé du développement de la Région Capitale
· Patrick Blanc, chercheur au CNRS, inventeur du mur végétal · Roland Castro, architecte-urbaniste
· Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon et président de la communauté urbaine de Lyon
· Philippe Dallier, sénateur de Seine-Saint-Denis (qui s'est excusé)
· Michel Destot, président de l’Association des maires des grandes villes de France et maire de Grenoble
· Jean-Pierre Farandou, directeur général et délégué de SNCF Proximité
· Mireille Ferri, vice-présidente du Conseil régional d'Ile-de-France
· Jean-Michel Michaux, président de l'Institut Scientifique et Technique de l'Animal en Ville
· Pierre Mongin, président de la RATP
· Pierre Simon, président de la CCI de Paris
Animateur : Frédéric Ferrer, Maître de conférence à l’ESCP-EAP et journaliste radio-TV
** Gurvan Le Guellec, journaliste au Nouvel Observateur était également présent mercredi 27 septembre, et je vous conseille de lire son analyse sur son blogue Le Grand-Paris du site de ParisObs.
Jean-Paul Chapon















