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13.05.2010

Inaugurer une ligne de bus en banlieue, c'est moins glamour qu'un tram sur les maréchaux, ou le bruit des uns et le silence des autres

pas-de-service.1273764440.jpg Ce matin, on peut lire dans Le Parisien le témoignage de la chauffeur de bus agressée à Aulnay. Elle raconte le crachat, puis les coups qui pleuvent, sa fille qui a tout vu, et la fille qui dit que « c’est difficile de voir sa mère se faire taper ». C’est dur à lire aussi, et c’est révoltant. Pourquoi cette agressivité et cette violence, pour un arrêt de bus, ou un détour ? Comment la société en arrive là et qu'espérer de ces jeunes qui n’ont pas d’autre schéma mental et social que la violence ? Alors on lit dans Libération du 11 mai par exemple que l’Etat a décidé pour répondre à cette violence et cette insécurité, de mettre en place « une police des transports dédiée à la sécurité dans les bus de Seine-Saint-Denis… », et le couplet habituel de la CGT « l’Etat continue de privilégier le court terme plutôt que de créer des unités de police territoriale dans les quartiers… » Et dans Le Parisien du 12, sur une double page, Brice Hortefeux, le ministre de l’intérieur campe une posture martiale sur double page. A propos du Tremblay-en-France et de la sécurisation des bus par la police il déclare : « On va faire de Tremblay un exemple ! On ne reculera pas d’un centimètre, nous resterons le temps qu’il faudra, nous prendrons toutes les mesures nécessaires, avec détermination et obstination. J’y suis déjà allé trois fois, j’y retournerai. Ce combat sera très dur, mais nous allons le gagner. Parallèlement, il faudra mettre d’autres moyens en place, comme la video-protection, afin de mieux assurer la sécurité des conducteurs de bus comme des passagers. » Mais pas de bus supplémentaires parmi les mesures envisagées.

arret-reporte.1273764416.jpg Dommage, car la lecture de l'article que Libération consacre à l'attaque du bus d'Aulnay, sans donner raison ou même excuser l’attitude des trois jeunes filles, donne une clé qui permet peut-être de mieux comprendre une autre origine de cette violence. « Cet acte de violence pourrait être lié au changement de l’itinéraire du 610. Depuis près de trois semaines, à partir de 19 heures, les bus ne desservent plus la gare des Beaudottes, à Sevran, où plusieurs attaques contre des bus ont eu lieu récemment, notamment des caillassages. Selon la TRA, les trois passagères, qui voulaient se rendre à l’hôpital Robert-Ballanger, à proximité de la gare, auraient piqué un coup de sang contre la conductrice qui appliquait les consignes de sa direction. "La modification des itinéraires est une question très sensible", indique un responsable du CIF (Courriers d’Ile-de-France), une compagnie qui dessert le même secteur. "Quand le bus dépose des passagers à quelques centaines de mètres de l’arrêt habituel, cela passe. Mais, quand les gens doivent marcher deux kilomètres pour rallier la gare RER, ça provoque des réactions de colère et peut entraîner de sérieux problèmes pour les chauffeurs." » On pourrait aussi lire l'interview du sociologue Laurent Mucchielli dans Le Parisien du 11, "Il y a un processus de ghettoïsation qu'aucun gouvernement n'est parvenu à enrayer... L'amélioration de la vie dans les quartiers n'a jamais été une priorité malgré les discours..." Il ne s’agit pas ici d’excuser la violence, mais de comprendre que cette violence, répond aussi à une autre violence, celle de l’exclusion et de l’enclavement. J’entends d’ici les réactions et je m’attends à des commentaires violents, mais il est parfois confortable de juger, sans savoir ou subir. Et on pourrait d’ailleurs se demander pourquoi les attaques contre les bus ont lieu à certains endroits et pas à d’autres, pourquoi ces banlieues du 93 ou du 91, pourquoi ces cités et pas Neuilly ou le 7ème arrondissement de Paris… Fadela Amara, experte en banlieue, avec son plan Espoir-Banlieue qui patine pourrait peut-être apporter une réponse ?

Mais voilà, aujourd’hui la question des transports en Ile-de-France se résume à une bagarre entre un gouvernement de droite autiste et une région de gauche revancharde, un bras de fer stérile autour de deux projets, le Grand-Huit du Grand-Paris de le secrétaire d'Etat à la région-capitale Christian Blanc contre Arc-Express du président de la région Jean-Paul Huchon, alors que comme le demande le MEDEF, les deux projets devraient être combinés avec des arguments de bon sens, notant par exemple que le projet du Gouvernement « ne profite pas ou peu à l'hyper-centre de la région (sauf le prolongement de la ligne 14) ni même au coeur d'agglomération (75-92-93-94)…alors que celui-ci regroupe sur 5% du territoire francilien plus de 50% de la population régionale, 70% des emplois et enregistre 90% des déplacements de la région. »

temps-d-attente.1273764464.jpg Et il est visiblement aussi difficile d’apporter une réponse intelligente, libre de toute approche partisane à la question des transports, qu’il est difficile de le faire pour la gouvernance de la métropole, l’un et l’autre allant de pair. Il faut dire que dans les transports parisiens, au STIF par exemple, c’est le règne de l’idéologie mal placée ou de l'écologisme de façade, du culte du tram présentée comme la panacée des transports urbains à celui des navettes fluviales, comme le désastreux et inutile Voguéo, en passant par Vélib’ ! C’est ainsi qu’on peut lire dans Le Parisien du 12 mai que Voguéo, la navette fluviale entre Maisons-Alfort et la Gare d’Austerlitz à Paris, réussit le tour de force de transporter en moyenne 340 voyageurs par… jour et qu’en presque deux ans, il a réussi selon le STIF a transporter 290.000 voyageurs. Et 340 voyageurs par jour pour un coût annuel de 4,6 millions d’euros ça met tout de même (avec un calcul plus symbolique que sérieux) le passage à 37€ pour 20 minutes entre Maisons-Alfort et Gare d’Austerlitz. On peut lire d’ailleurs que pour faire progresser de 43% le nombre de passagers au cours des premiers mois de 2010(soit en moyenne 5 à 6 passagers par bateau selon le témoignage d’un usager ;-) , le STIF n’a pas hésité à faire passer la cadence de 20 à 15 minutes aux heures de pointe et à abaisser le tarif en rendant le trajet accessible au forfait 1-2 de Passe Navigo quand Maisons-Alfort est en zone 3. Mon bus 124 a lui une fréquence de 25 minutes aux heures de pointe… Plus de bus, plus fréquents, plus de lignes, une desserte plus serrée, voilà une réponse qu'il faudrait apporter aux plus vite en banlieue.

Avant de conclure, je voudrais tout de même dire ma déception vis à vis des Verts ou d’Europe Ecologie. Lors de la campagne des régionales, Cécile Duflot avait dit que si elle était élue, sa première mesure en matière de transports serait la mise en place en urgence de 60 lignes de bus express en banlieue. Il est peut-être temps de rappeler ces engagements et ne pas laisser une seule réponse sécuritaire à la question des transports, même s'il ne faut pas éluder ce point . Dans l’exécutif régional, le Vert Jean-Vincent Placé, est 2ème vice-président chargé des transports et de la mobilité, quant au Vert Pierre Serne, il préside la Commission Offre de Transport au STIF. Alors c’est peut-être le moment de se faire entendre, car l’isolement et l’enclavement sont aussi une violence, une violence faite par la société à une partie d’elle-même. Et qu’ils ne disent pas « on vient juste d’arriver », la chanson que Jean-Paul Huchon chante depuis des années. Une prise de position et de parole ne demande pas des années pour être audible. La droite s’en fiche, ne s’intéresse qu’à son Grand-Huit arc-bouté sur un projet, et pour le reste s’en remet au tout sécuritaire sans intelligence.

Mais il est vrai qu’inaugurer une ligne de bus de banlieue, c’est moins glamour que de le faire sur le tram des maréchaux ou sur Voguéo…

Jean-Paul Chapon

02.04.2010

Un peu de bon sens dans le Grand-Paris

philippe-dallier1257066542.1270226003.jpg Je cite rarement un communiqué de presse tel quel, mais celui que Philippe Dallier, sénateur UMP du 93, et auteur d'un rapport sur le Grand-Paris, vient de publier aujourd'hui le mérite.

"Philippe Dallier a déposé 13 amendements sur le Projet de Loi du Grand Paris qui sera examiné à compter du 6 avril au Sénat.

Ces amendements ont pour objectif de positionner la région Ile-de-France et le syndicat Paris-Métropole comme interlocuteurs privilégiés de l'Etat.

Il n'est en effet plus possible de continuer dans les formes et dans le climat actuel. L'Etat et les collectivités locales doivent parvenir à un accord. Il faut que chacun fasse un pas en avant.

C'est pourquoi l'un des amendements déposés a pour objectif de supprimer la disposition qui prévoyait de mettre fin au débat public sur le projet arc-express.

L'opposition frontale entre la Région et l'Etat est préjudiciable au projet de l'Etat comme à celui de la Région.

Les franciliens vivent une situation particulièrement difficile en matière de transports, il faut leur apporter des solutions."

Enfin un peu de respect pour les parisiens, de l'intra-muros et de banlieue, un peu de raison et de bon sens dans tout ce cirque politicien indigne ;-)

Jean-Paul Chapon

28.03.2010

Grand-Paris, le cirque continue

i-vitelloni.1269797205.jpg " Notre victoire, c'est aussi le rejet du Grand Paris du président de la République " déclare Jean-Paul Huchon au soir de sa victoire aux régionales. De son côté, Bertrand Delanoë, le maire de Paris, déclare « Les Franciliens ont sanctionné la démarche de l'Etat, technocratique, hyper centralisée, peu respectueuse de la légitimité des élus locaux. Le choix exprimé par le suffrage universel devrait, en toute logique, entraîner le retrait du projet de loi actuel. » Gonflé, à la limite de la mauvaise foi et du cynisme quand on sait que personne n’a porté le débat sur le Grand-Paris de façon sérieuse avant et pendant la campagne.

Selon un sondage TNS-Sofres de janvier publié par le JDD, si 68% des franciliens ont entendu parler d’une façon ou d’une autre du débat sur le Grand-Paris, et seulement 19% des franciliens connaissaient le projet de métro automatique de Christian Blanc. Et depuis, les électeurs tant de droite que de gauche n’ont entendu parler des projets de transports que dans le cadre hyper objectif d’une campagne électorale… de quoi se faire une idée !

Et comme avec le Grand-Paris, la comédie n’est jamais avare de mauvais rebondissements, pour répondre à la charge des deux élus socialistes de la région Ile-de-France et du petit Paris, pardon de Paris intra-muros ;-) un amendement ajouté au texte de loi sur le Grand-Paris adopté par le Sénat « stipule qu'il sera mis fin à la procédure de débat public engagée pour "un projet de rocade par métro automatique en Ile-de-France", dès le lendemain de la publication de la loi sur le Grand Paris ». Un partout la balle au centre. Le cirque continue autour du Grand-Paris. Lamentable…

C’est sur ce magnifique échange du plus bas niveau politicien, le niveau qui semble devoir être de rigueur dès que la question du Grand-Paris est abordée, pas le Grand-Paris de Christian Blanc, de Sarkozy ou de Delanoë, mais celui de ses 11 millions de parisiens. C’est donc sur ce magnifique échange que Paris est sa banlieue jette l’éponge et se retire du débat. Dans son commentaire de ma note précédente, Lupus écrit que "le temps d’une ville ne peut pas satisfaire l’impatience d’un blogueur", c'est vrai, mais aussi un blogueur ne peut pas influer sur ce temps, surtout lorsque ceux qui pourraient l’aider à le faire s’y refusent, comme les journalistes dans leur superbe ignorance, qui ne citeraient jamais un blog mais préfèrent le lire, s'en inspirer de temps en temps et jusqu’à parfois le pomper parfois... Bref, le débat reste aux seuls professionnels, politiques, experts et médias, les citoyens en sont exclus à commencer par les blogueurs. Et l’on s’étonnera de l’abstention électorale ;-)

Voilà c’est dit, Paris est sa banlieue va-t-il fermer ? Difficile à décider après plus de 5 ans. Mais ce qui est sûr, c'est que ce blog va changer, et que je vais petit à petit en reprendre possession, le faire évoluer, ouvrir peut-être une deuxième saison, une nouvelle série de "Desperate banlieusard", avec de nouveaux des photos des chats et du jardin, plus de nouvelles de ma mère et de sa maladie d’Alzheimer, plus de coups de gueule politiques, même s’ils ne concernent pas le Grand-Paris…

à suivre...

Jean-Paul Chapon

24.03.2010

Carte postale post-électorale, avec périphérique et entreprise 2.0, mais sans Grand-Paris ni métropole

peripherique.1269462907.jpg

Plus d'une semaine sans publier de note. Pas le temps, les lecteurs de Paris est sa banlieue commencent à connaître le refrain et à savoir le décrypter. Pas le temps, c'est vrai. Ma vie professionnelle évolue, se densifie et finalement me passionne. C'est une chance, et la passion passe du Grand-Paris à l'entreprise 2.0, avec des résultats plus rapides, malgré les difficultés énormes de cette véritable révolution culturelle, mais tellement facile à atteindre que la vaine tentative de faire bouger les immobilismes corporatistes de la vie (?) politique de la métropole parisienne.

Mais les lecteurs habitués de Paris est sa banlieue savent aussi que ces longues absences sont la marque de l'abattement et la tentation du renoncement. La réélection de Jean-Paul Huchon à la tête de la région Ile-de-France équivaut à un enterrement de première classe. La métamorphose un peu honteuse d'une Europe-Ecologie prometteuse et indépendante en parti des Verts supplétif résigné du PS (malgré les tentatives d'un Daniel Cohn-Bendit, ou encore de Stéphane Gatignon ou Eva Joly) nous ramène à la triste réalité politicienne. Entre le ridicule "rejet du Grand-Paris" (de Christian Blanc) par les électeurs qui n'en ont quasi jamais entendu parler, asséné par un Huchon tout regonflé comme une baudruche et le dernier communiqué acide et revanchard du maire de Paris Bertrand Delanoë qui veut que le gouvernement retire son projet de loi sur le "Grand-Paris" (le projet de métro de Christian Blanc, le toujours malgré les rumeurs et son silence secrétaire d'Etat au développement de la région capitale), bref devant autant de stupide mauvaise foi politicienne l'envie est violente de tout laisser là en plan et de fermer une bonne fois pour toute, malgré la frustration, Paris est sa banlieue. Je suis conscient que je ne suis pas de taille pour lutter, je n'ai pas les bonnes cartes en main, je n'ai aucun soutien, la presse ne relaie pas les blogs, et je ne fais pas partie de la bonne caste qui a le droit de donner son avis. Bref, un terrible ras-le-bol :-(

Alors, ce soir je n'ai ni le temps ni l'envie de faire le nécessaire débriefing de ces régionales. Et d'ici à la fin de la semaine, l'entreprise 2.0 me conduira un peu trop loin du Grand-Paris en me laissant trop peu de temps pour Paris est sa banlieue. Ce sera pour le week-end, peut-être, sous réserve de ma visite auprès de ma mère. Une fois de plus, les lecteurs de Paris est sa banlieue connaissent cette donnée si chère et si triste. Et la photo direz-vous ? elle fait partie de ces photos que j'aime prendre dans mes parcours du périphérique, d'Est en Ouest et d'Ouest en Est, quand je ne prends pas le RER, ni le métro. Et puis il y a toujours cette symbolique du "périph", de la frontière dure qui n'est pas encore près de tomber, ni dans les têtes, ni dans les faits.

à suivre ?

Jean-Paul Chapon

16.03.2010

Passe Navigo à tarif unique, ouverture dominicale et abstention forcée

cecile-duflot-montreuil-16.1268769952.jpg Une petite note rapide pour ne pas rester sur la question de la note précédente. D'abord une bonne nouvelle sur la question du passe Navigo à tarif unique. Europe Ecologie et Cécile Duflot n'ont pas cédé et l'ont imposé à Jean-Paul Huchon tête de liste PS et président sortant et de la région et du STIF, autorité organisatrice des transports, qui y était opposé. Cela marque la position de relative faiblesse de Huchon et c'est un signe très encourageant pour la métropole. Le tarif unique du passe Navigo est effectivement comme l'avait déclaré Cécile Duflot "un enjeu social, environnemental et citoyen."

Voici le paragraphe du texte de l'accord programmatique Ile-de-France reçu aujourd'hui par Paris est sa banlieue. "Pour les transports les socialistes, leurs partenaires et Europe Ecologie conviennent qu’après une étude approfondie, une tarification unique du Passe Navigo sera mise en oeuvre, à mi-mandat, dans le cadre du plan de modernisation des transports publics franciliens, permettant de développer, en même temps que la modernisation et l’extension du réseau, le sentiment et d’appartenance régionale. Un ticket « Week-end » sera mis en place pour les familles."

L'abstention interroge, choque ou scandalise beaucoup, mais pas vraiment tout le monde. Ce soir Lyne Cohen-Solal (PS), adjointe au Maire de Paris chargée du commerce, de l’artisanat, des professions indépendantes et des métiers d’art, publie un communiqué pour dénoncer l'ouverture dimanche 21 mars, jour du deuxième tour des régionales, des "quatre grands magasins parisiens du Printemps, des Galeries Lafayette, du BHV et du Bon Marché (qui) seront ouverts de 10h à 20h dans le cadre de diverses opérations de promotions commerciales". Elle "tient à condamner de la manière la plus ferme le maintien de cette décision d’ouverture dominicale par ces employeurs au mépris de l’opposition exprimée par les instances représentatives du personnel lorsqu’elles ont été consultées comme la loi l’exige. D’autre part, elle regrette que le Préfet de Paris ait quant à lui validé cette ouverture et oblige ainsi la mobilisation sur leur lieu de travail des salariés de ce secteur de la distribution, rendant ainsi presque impossible l’exercice de leurs droits électoraux. Ce d’autant plus que la plupart des salariés de la distribution ne réside pas dans la Capitale." Tellement symbolique de la France de Nicolas Sarkozy, tellement symbolique du double langage et du cynisme devenu la norme gouvernementale aujourd'hui, faute de travailler plus pour gagner plus, dépenser plus pour voter moins. Sans commentaires...

Jean-Paul Chapon

15.03.2010

Carte postale d'entre deux tours, avec Passe Navigo, plat de lentilles et drapeau français

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Ce soir c'est fait, on annonce la signature d'un accord entre le PS et Europe-Ecologie. Ce soir on n'en sait pas beaucoup plus, si ce n'est que l'accord national laisse pour l'instant la Bretagne en dehors. Mais qu'en est-il de l'Ile-de-France, Paris est sa banlieue oblige. Et surtout qu'en est-il de la mesure la plus symbolique et la plus porteuse d'avenir à savoir le Passe Navigo au tarif unique de 65€ ? Mesure symbolique et porteuse d'avenir, parce qu'elle préfigure la création d'un Grand-Paris ou d'une métropole réunifiée autour des ses transports, comme le Zollverein avait préfiguré l'unification de l'Allemagne. Ce pass navigo, c'est la seule mesure concrète que Cécile Duflot avait présentée lors du meeting de lancement de campagne à Montreuil. Faut-il rappeler ce qu'elle déclarait alors ? "Je vais maintenant vous donner un exemple dans une région que je connais bien. Et vous m’autoriserez pour cela à reprendre quelques minutes ma casquette francilienne. Nous nous battrons pour mettre en place en Ile-de-France une “carte transports à tarif unique”, sur l’ensemble de la région. Pour ses 11 millions d’habitants. Il s’agit à la fois d’un enjeu social, environnemental et citoyen."

C'était un bel engagement, "social, environnemental et citoyen" ! Mais face à un Jean-Paul Huchon, dont les transports ne sont pas le fort, son ignorance du prix du ticket de métro pour lui Président du STIF qui le fixe en est la meilleure preuve, et face à un président sortant de la région Ile-de-France qui réalise un plutôt mauvais score du PS à 25% quand nombre de président(e)s sortant(e)s PS sont entre 30 et 40%, Cécile Duflot va-t-elle renoncer à cet engagement pour un plat de lentilles ou quelques vice-présidences ? La politique reprend ses droits entre les deux tours... Il serait dommage d'y laisser son âme.

En attendant, une vue du Grand-Palais et de sa verrière restaurée, magnifique le soir. Je la vois souvent en sortant du boulot, comme ce soir, et comme me disait il n'y a pas longtemps un de mes collègues préférés, c'est un des endroits où le drapeau français est le plus beau. C'est vrai. Alors une belle illustration en temps de campagne régionale, et tout de même un peu nationale ;-)

à suivre...

Jean-Paul Chapon

14.03.2010

Carte postale électorale, sans conviction mais avec devoir citoyen

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Voter, voter malgré tout. Et pourtant…

Le taux de participation au premier tour des élections régionales en métropole s'élevait dimanche vers 12H00 à 16,07 % contre 18,48 % au premier tour des régionales de 2004, a annoncé le ministère de l'Intérieur… Les électeurs boudaient franchement les urnes dans les Bouches-du-Rhône (15,95 % contre 21,80 %) et dans la plupart des départements d'Ile-de-France comme dans l'Essonne (14,57 % contre 16,4 %), le Val d'Oise (13,3 % contre 16,15 %), davantage encore dans les Yvelines (12,86 % contre 20,83 %). (AFP)

Etonnant ? pas vraiment. Après une campagne électorale, ni locale, ni nationale, mais les deux mêlés avec confusion et polémiques, avec un scrutin régional où l’on vote par listes départementales, au moment où une réforme territoriale prévoit que la prochaine fois on élira en même temps le conseiller régional et le cantonal, comme pour ajouter un peu plus à cette confusion autour d’un scrutin aux enjeux peu lisibles, que les citoyens ont du mal à comprendre, majoritaire et proportionnel à la fois, régional et départemental… Et pour l’Ile-de-France, une campagne qui a bien soigneusement évité de parler du Grand-Paris, comme pour montrer que tout se passait en dehors des urnes, alors pourquoi aller voter ?

Mais pourtant. Voter, voter malgré tout. La vie citoyenne n'a pas de prix...

Jean-Paul Chapon

03.03.2010

Grand-Paris et régionales : "On est favorable à une métropole parisienne... la carte des intercommunalités est dysfonctionnante !" Interview de Cécile Duflot, tête de liste Europe-Ecologie en Ile-de-France

Et en guise de sous-titre, cette déclaration de la tête de liste Europe-Ecologie en Ile-de-France : "Redonner à tout le monde, sa place dans la métropole !" Cécile Duflot répond à Paris est sa banlieue, sur la banlieue justement et le Grand-Paris qui finira peut-être par trouver sa place dans la campagne dans la dernière ligne droite.

interview-cecile-duflot.1267596274.jpgConstruction en zones inondables ? ne pas tenir un double langage. Pass navigo à 65€ ? un acte de solidarité auquel les parisiens sont sensibles sans repli égoïste. Le STIF ? il doit être un lieu d'impulsion et de coordination. Quant au bilan transport de la région ? On peut dire que l'Etat n'a rien fait, mais ça ne suffit pas, il faut aller plus vite et plus fort, une critique voilée de la gestion passée. L'urgence : 60 lignes de bus express, puis rapprocher les lieux de travail et de résidence, le maillage et le cadencement. Le Grand-Huit de Christian Blanc, une réponse du passé, comme les lignes de RER qui ont abouti a avoir La Défense à l'Ouest et les habitants à l'Est et des lignes A et 1 saturées. Le péage ? pas une solution adaptée, la circulation automobile a déjà diminué de 20% dans Paris, maintenant il faut s'occuper de la banlieue, où il y a des gens coincés dans leur voiture et des gens dépendants des transports en commun. Violence urbaines ? une ambiguïté phénoménale, avec d'un côté un discours très sécuritaire, mais en même temps on diminue le nombre de postes de fonctionnaires de police et de gendarmerie. Le tout sans oublier le retour de l'agriculture urbaine, que remise sur le tapis par certains architectes de la consultation sur le Grand-Paris.

Sur le Grand-Paris et surtout sur la gouvernance de ce Grand-Paris, Cécile Duflot se déclare favorable à une métropole parisienne. Pour elle le chantier essentiel, c'est la solidarité, il y a des inégalités aberrantes, et il faut faire évoluer les institutions sur un modèle métropolitain avec des élus au suffrage universel. La carte des intercommunalités est dysfonctionnante pour Cécile Duflot, et une prise de position contre les syndicats urbains. Elle appelle à une évolution avec fermeté mais en douceur, sans a priori et surtout en garantissant le maintien des services publics actuellement du ressort des départements. Cécile Duflot explique que Europe-Ecologie est la seule formation politique à avoir un programme de coopération inter-régionale. Quant à la réforme des collectivités du gouvernement, elle est stupide parce qu'elle va à l'encontre de la décentralisation.

Et la banlieue ! Cécile Duflot se sent profondément "banlieusarde", appartenant à cette banlieue qu'elle décrit comme un endroit vivant, innovant et en mouvement contrairement à ce que l'on a tendance à croire, un lieu d'où émerge une volonté de revanche aussi, dans le bon sens du terme. Ce n'est pas Paris est sa banlieue qui la contredira ;-)

 

* * * * *

Tout d'abord une question liée à l'actualité et à la tempête Xynthia sur les constructions en zone inondable. Nicolas Sarkozy dans son discours sur le Grand-Paris du 29 avril 2009 proposait de "rendre constructibles les zones inondables avec des habitations adaptées". Les événements du week-end éclairent cette proposition d'un jour plus tragique. Qu'en pensez-vous ?

La première mesure que vous avez annoncée est le tarif unique des transports à 65€. D'un point de vue symbolique, c'est un message fort. Mais d'un point de vue concret comment ferez-vous si vous êtes élue et que direz-vous à ceux dont le tarif va augmenter. Et quid de l'effet ciseaux aux limites de la région ?

Que pensez-vous du bilan transport de la région ? Valérie Pécresse veut faire un audit du STIF ? Vous si vous êtes élue, que ferez vous du STIF ? Souhaitez-vous le transformer ? Arc-Express, Orbival, Grand-Huit ou société du Grand-Paris ? Comment vous situez-vous par rapport aux différents projets de transports en commun, notamment sur le Grand-Huit qui intéresse votre tête de liste dans le 93 Stéphane Gatignon ?

Place de la voiture. La limitation à 5O kmh sur le périphérique ressurgit, vous êtes pour ? Et le péage urbain ? Vous avez déclaré qu'il n'est pas adapté à la région parisienne, mais si on pense non pas à un péage à l'entrée de Paris, ce qui n'a pas de sens, mais dans les zones de l'hyper-centre, celles où le tarif du stationnement est déjà une discrimination avec par exemple tarif horaire de stationnement à 3,60€ en surface ou 28€ la journée en souterrain et où l'alternative en transport existe, par exemple le centre,le 8ème et 17ème, l'axe Neuilly-La Défense ? Et sur les autortoutes franciliennes qu'elle est votre position ?

Nicolas Sarkozy relance le Grand-Paris le grand absent paradoxal du débat des régionales alors que la question est pourtant centrale. Mais il a toujours le même absent, c'est la gouvernance. Et quitte à parler de métropole et de gouvernance, que pensez-vous du projet de réforme des collectivités territoriales ?

Luc Chatel a annoncé des états-généraux sur la violence en milieu scolaire en avril, c'est à dire après les régionales. La violence scolaire et la délinquance urbaine s'invitent sans surprise dans la campagne, peut-être moins fort que les autres années. Mais la violence existe à l'école et dans la ville. Comment jugez-vous cette situation qui pose un réel problème et que proposez-vous ?

Daniel Cohn-Bendit propose lui d'organiser des états-généraux de la banlieue. On a déjà beaucoup de choses, le plan Espoir-banlieue de Fadela Amara, dont il vaut mieux ne pas parler. Nicolas Sarkozy veut créer une agora de la métropole, qui pourrait s'appuyer sur Paris-Métropole, le syndicat mixte de Bertrand Delanoë... Pourtant, en banlieue ce sont des actions concrètes qu'il faut ?

Et pour finir, une question "libre". La banlieue, c'est quoi pour vous ?

La dernière question que je n'avais pas initialement décidé de poser s'est imposée naturellement lors de la conversation qui a suivi l'interview, et on a décidé de reprendre la caméra. Pour revenir sur la notion de métropole, une problèmatique nouvelle semble s'imposer, celle de l'agriculture urbaine, un thème intéressant développé par certains des architectes de la consultation sur le Grand-Paris.

Entretien enregistré à Paris, le 2 mars 2010

Jean-Paul Chapon

27.02.2010

Touche pas à mon Grand-Paris, ou le débat des Happy Few ;-)

Je n’aime pas réagir à chaud et encore moins sur un texte que je n’ai pas lu. Mais je ne peux pas m’empêcher de réagir non pas sur le contenu, non lu, mais sur cette nouvelle scène de la comédie du pouvoir qui se joue entre le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et le président de la république, Nicolas Sarkozy, sur l’air du Grand-Paris, avec pour choeur les journalistes. Vendredi, Bertrand Delanoë se fend d’un communiqué vengeur contre une interview de Nicolas Sarkozy dans la revue AA, l’Architecture d’Aujourd’hui. Le maire de Paris déclare : « le Président de la République a choisi de s’exprimer à nouveau sur l’enjeu du Grand Paris, à deux semaines du 1er tour des élections régionales et au moment précis où il convoque à l’Elysée les têtes de listes franciliennes de l’UMP pour « recadrer» leur campagne. Cette intervention directe dans la campagne contredit manifestement ses propos récents, quand il rejetait l’hypothèse même d’une telle immixtion. Il est particulièrement regrettable que ce changement de pied brutal se fasse en instrumentalisant la question majeure du Grand Paris. Depuis 2001, en effet, j’ai la conviction - et nos actes le prouvent - que ce dossier ne progressera qu’en cherchant à dépasser la logique un peu étroite des clivages partisans.

»

Le Parisien, Libération, Le Monde, le Figaro, tout le monde y va de son commentaire sur le débat entre les deux protagonistes, auquel s’est joint Jean-Paul Huchon.

Touche pas à mon Grand-Paris ! Il est amusant de voir Bertrand Delanoë s’irriter de ce qu’il qualifie d’instrumentalisation du Grand-Paris, parce que Nicolas Sarkozy en parle pendant la campagne des régionales, alors que son adjoint chargé du sujet, Pierre Mansat, se lamente de l’absence du Grand-Paris dans le débat des régionales en Ile-de-France. Amusant aussi de lire dans ce communiqué les états d’âme de Bertrand Delanoë, sur la condescendance de l’Etat vis-à-vis de Paris intra-muros. « Sur ce sujet décisif il serait temps que l’Etat rompe avec une forme de condescendance vis-à-vis de Paris – évoqué dans cette interview comme le "petit Paris", comparé à Venise et qu’il faudrait "réinventer", formules particulièrement inadaptées pour une Capitale qui a gagné 70 000 habitants en 10 ans, dont le PIB représente à lui seul 10 % de la richesse nationale et qui a engagé un formidable chantier de renouvellement urbain et de réalisations architecturales. » Allons, allons, Paris est sa banlieue qualifie souvent le Paris des 20 arrondissements de Petit-Paris, et n’est certainement pas le seul. Il faudrait plutôt que Bertrand Delanoë se demande pourquoi cette expression rencontre du succès. Mais amusant aussi de voir que le maire de Paris se console du fait qu’à en lire son communiqué et les reprises des journalistes, Paris-Métropole, le syndicat mixte d’études qui a succédé à la Conférence métropolitaine et qui rassemble une centaine de collectivités devrait devenir pour Nicolas Sarkozy « la préfiguration d’ "une future assemblée métropolitaine" » comme l’écrit Sibylle Vincendon dans Libération.

Mais voilà, pour savoir ce qu’à bien pu dire, ou plutôt signer Nicolas Sarkozy (Sibylle Vincendon précise que cette « démonstration d’érudition » est le résultat d’ « un entretien réalisé par écrit » ;-), et bien il faudra attendre mardi et ne pas se ruer comme je l’ai fait dans les quelques librairies référencées comme distributeurs de cette rare et précieuse revue. D’accord le communiqué commençait par « dans une interview à paraître mardi prochain », avertissement repris par la plupart des quotidiens, mais que j’ai sauté dans une lecture trop rapide. Et apparemment, je ne suis pas le seul, car à la librairie du Moniteur, on me dit que tout le monde leur demande la revue aujourd’hui. Je leur explique pourquoi, car eux en revanche n’ont pas lu le communiqué de Delanoë ni ses reprises dans la presse.

Alors ce soir, clap de fin pour une nouvelle scène de la comédie du Grand-Paris. Une scène qui a été réservée aux Happy Few, ceux qui savent et qui ont les choses avant, les politiques qui préparent leur scène et se renvoient la réplique, et la presse tel le coryphée antique qui vient expliquer l’action au public, passif, puisque comme le commun des mortels, il n’a pas accès encore et doit patienter (les abonnés sont peut-être servis plus tôt, mais c’est epsilonnesque) pour à son tour se faire une opinion. Mais pour eux, les Happy Few, surtout ne pas attendre, internet est déjà un danger qui les menace, et le temps est trop précieux pour rater une occasion, d'ailleurs le spectacle ne supporterait pas les longueurs. Et lorsque le public pourra s'informer lui-même, une autre nouvelle scène du spectacle aura déjà été jouée qui remplacera la précédente, et le public continuera à regarder ce spectacle que les acteurs, politiques et médias, continueront à donner entre eux.

Quant au débat sur le Grand-Paris, je ne sais plus, si on peut encore rêver l'ouvrir vraiment à tous un beau jour, et surtout à tous ceux qui sont concernés, les parisiens, grands et petits. Le rendez-vous des régionales est raté, alors que le Grand-Paris est un sujet central qui concerne directement quelques millions d'électeurs. Mais ouvrir un débat à tous ? Soyons sérieux et gardons notre identité française, celle des Happy Few ;-)

Jean-Paul Chapon

23.02.2010

Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, surtout dans le RER ;-)

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"Suite à l'impossibilité de fermeture des portes, je demande à tous les voyageur de descendre du train. Le train va repartir sans voyageurs". C'est mardi soir, fin d'une journée de travail dans un RER qui sans être saturé est déjà très chargé, malgré cette période de vacances. Il est autour de 19h30. Sur le quai de la station Gare de Lyon du RER A, les annonces se multiplient jusqu'à un superbe, "les voyageurs doivent évacuer le train" ! Et voilà, le train repart, vide, avec ses portes qui ne ferment plus. Le haut-parleur continue d'annoncer les trains, pour Torcy, pour Marne-la-vallée et conclut sur "le prochain train pour Boissy est à Etoile", puis "à Auber". Je reprends un train et descends à Vincennes, changement sur le même quai en attendant de reprendre un train en direction de Boissy. Le quai est bondé, la rame qui arrive aussi. C'est une de ces équations régulières de la RATP, du STIF et des transports en Ile-de-France : soit x une rame pleine et y une autre rame pleine, comment faire pour que x + y = x et x + y = y avec x et y différents de 0 mais beaucoup plus proches de la saturation, ou comment faire rentrer les passagers de deux rames bondées dans une seule rame ? Le résultat, c'est une bousculade, un entassement, des mains qui essaient de s'accrocher qui au plafond, qui à son voisin ou sa voisine, des coups de coudes, de bras, de genoux, de mauvaise humeur, mais aussi de résignation. Jean-Paul Huchon, candidat PS à sa succession aux régionales se félicite de son bilan en matière de transports ? Grand bien lui fasse, mais dommage qu'il ne vienne pas dans le RER A dans de telles circonstances pour en convaincre les usagers !

Jean-Paul Chapon

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