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16.03.2010

Passe Navigo à tarif unique, ouverture dominicale et abstention forcée

cecile-duflot-montreuil-16.1268769952.jpg Une petite note rapide pour ne pas rester sur la question de la note précédente. D'abord une bonne nouvelle sur la question du passe Navigo à tarif unique. Europe Ecologie et Cécile Duflot n'ont pas cédé et l'ont imposé à Jean-Paul Huchon tête de liste PS et président sortant et de la région et du STIF, autorité organisatrice des transports, qui y était opposé. Cela marque la position de relative faiblesse de Huchon et c'est un signe très encourageant pour la métropole. Le tarif unique du passe Navigo est effectivement comme l'avait déclaré Cécile Duflot "un enjeu social, environnemental et citoyen."

Voici le paragraphe du texte de l'accord programmatique Ile-de-France reçu aujourd'hui par Paris est sa banlieue. "Pour les transports les socialistes, leurs partenaires et Europe Ecologie conviennent qu’après une étude approfondie, une tarification unique du Passe Navigo sera mise en oeuvre, à mi-mandat, dans le cadre du plan de modernisation des transports publics franciliens, permettant de développer, en même temps que la modernisation et l’extension du réseau, le sentiment et d’appartenance régionale. Un ticket « Week-end » sera mis en place pour les familles."

L'abstention interroge, choque ou scandalise beaucoup, mais pas vraiment tout le monde. Ce soir Lyne Cohen-Solal (PS), adjointe au Maire de Paris chargée du commerce, de l’artisanat, des professions indépendantes et des métiers d’art, publie un communiqué pour dénoncer l'ouverture dimanche 21 mars, jour du deuxième tour des régionales, des "quatre grands magasins parisiens du Printemps, des Galeries Lafayette, du BHV et du Bon Marché (qui) seront ouverts de 10h à 20h dans le cadre de diverses opérations de promotions commerciales". Elle "tient à condamner de la manière la plus ferme le maintien de cette décision d’ouverture dominicale par ces employeurs au mépris de l’opposition exprimée par les instances représentatives du personnel lorsqu’elles ont été consultées comme la loi l’exige. D’autre part, elle regrette que le Préfet de Paris ait quant à lui validé cette ouverture et oblige ainsi la mobilisation sur leur lieu de travail des salariés de ce secteur de la distribution, rendant ainsi presque impossible l’exercice de leurs droits électoraux. Ce d’autant plus que la plupart des salariés de la distribution ne réside pas dans la Capitale." Tellement symbolique de la France de Nicolas Sarkozy, tellement symbolique du double langage et du cynisme devenu la norme gouvernementale aujourd'hui, faute de travailler plus pour gagner plus, dépenser plus pour voter moins. Sans commentaires...

Jean-Paul Chapon

15.03.2010

Carte postale d'entre deux tours, avec Passe Navigo, plat de lentilles et drapeau français

grand-palais.1268685662.jpg

Ce soir c'est fait, on annonce la signature d'un accord entre le PS et Europe-Ecologie. Ce soir on n'en sait pas beaucoup plus, si ce n'est que l'accord national laisse pour l'instant la Bretagne en dehors. Mais qu'en est-il de l'Ile-de-France, Paris est sa banlieue oblige. Et surtout qu'en est-il de la mesure la plus symbolique et la plus porteuse d'avenir à savoir le Passe Navigo au tarif unique de 65€ ? Mesure symbolique et porteuse d'avenir, parce qu'elle préfigure la création d'un Grand-Paris ou d'une métropole réunifiée autour des ses transports, comme le Zollverein avait préfiguré l'unification de l'Allemagne. Ce pass navigo, c'est la seule mesure concrète que Cécile Duflot avait présentée lors du meeting de lancement de campagne à Montreuil. Faut-il rappeler ce qu'elle déclarait alors ? "Je vais maintenant vous donner un exemple dans une région que je connais bien. Et vous m’autoriserez pour cela à reprendre quelques minutes ma casquette francilienne. Nous nous battrons pour mettre en place en Ile-de-France une “carte transports à tarif unique”, sur l’ensemble de la région. Pour ses 11 millions d’habitants. Il s’agit à la fois d’un enjeu social, environnemental et citoyen."

C'était un bel engagement, "social, environnemental et citoyen" ! Mais face à un Jean-Paul Huchon, dont les transports ne sont pas le fort, son ignorance du prix du ticket de métro pour lui Président du STIF qui le fixe en est la meilleure preuve, et face à un président sortant de la région Ile-de-France qui réalise un plutôt mauvais score du PS à 25% quand nombre de président(e)s sortant(e)s PS sont entre 30 et 40%, Cécile Duflot va-t-elle renoncer à cet engagement pour un plat de lentilles ou quelques vice-présidences ? La politique reprend ses droits entre les deux tours... Il serait dommage d'y laisser son âme.

En attendant, une vue du Grand-Palais et de sa verrière restaurée, magnifique le soir. Je la vois souvent en sortant du boulot, comme ce soir, et comme me disait il n'y a pas longtemps un de mes collègues préférés, c'est un des endroits où le drapeau français est le plus beau. C'est vrai. Alors une belle illustration en temps de campagne régionale, et tout de même un peu nationale ;-)

à suivre...

Jean-Paul Chapon

14.03.2010

Carte postale électorale, sans conviction mais avec devoir citoyen

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Voter, voter malgré tout. Et pourtant…

Le taux de participation au premier tour des élections régionales en métropole s'élevait dimanche vers 12H00 à 16,07 % contre 18,48 % au premier tour des régionales de 2004, a annoncé le ministère de l'Intérieur… Les électeurs boudaient franchement les urnes dans les Bouches-du-Rhône (15,95 % contre 21,80 %) et dans la plupart des départements d'Ile-de-France comme dans l'Essonne (14,57 % contre 16,4 %), le Val d'Oise (13,3 % contre 16,15 %), davantage encore dans les Yvelines (12,86 % contre 20,83 %). (AFP)

Etonnant ? pas vraiment. Après une campagne électorale, ni locale, ni nationale, mais les deux mêlés avec confusion et polémiques, avec un scrutin régional où l’on vote par listes départementales, au moment où une réforme territoriale prévoit que la prochaine fois on élira en même temps le conseiller régional et le cantonal, comme pour ajouter un peu plus à cette confusion autour d’un scrutin aux enjeux peu lisibles, que les citoyens ont du mal à comprendre, majoritaire et proportionnel à la fois, régional et départemental… Et pour l’Ile-de-France, une campagne qui a bien soigneusement évité de parler du Grand-Paris, comme pour montrer que tout se passait en dehors des urnes, alors pourquoi aller voter ?

Mais pourtant. Voter, voter malgré tout. La vie citoyenne n'a pas de prix...

Jean-Paul Chapon

03.03.2010

Grand-Paris et régionales : "On est favorable à une métropole parisienne... la carte des intercommunalités est dysfonctionnante !" Interview de Cécile Duflot, tête de liste Europe-Ecologie en Ile-de-France

Et en guise de sous-titre, cette déclaration de la tête de liste Europe-Ecologie en Ile-de-France : "Redonner à tout le monde, sa place dans la métropole !" Cécile Duflot répond à Paris est sa banlieue, sur la banlieue justement et le Grand-Paris qui finira peut-être par trouver sa place dans la campagne dans la dernière ligne droite.

interview-cecile-duflot.1267596274.jpgConstruction en zones inondables ? ne pas tenir un double langage. Pass navigo à 65€ ? un acte de solidarité auquel les parisiens sont sensibles sans repli égoïste. Le STIF ? il doit être un lieu d'impulsion et de coordination. Quant au bilan transport de la région ? On peut dire que l'Etat n'a rien fait, mais ça ne suffit pas, il faut aller plus vite et plus fort, une critique voilée de la gestion passée. L'urgence : 60 lignes de bus express, puis rapprocher les lieux de travail et de résidence, le maillage et le cadencement. Le Grand-Huit de Christian Blanc, une réponse du passé, comme les lignes de RER qui ont abouti a avoir La Défense à l'Ouest et les habitants à l'Est et des lignes A et 1 saturées. Le péage ? pas une solution adaptée, la circulation automobile a déjà diminué de 20% dans Paris, maintenant il faut s'occuper de la banlieue, où il y a des gens coincés dans leur voiture et des gens dépendants des transports en commun. Violence urbaines ? une ambiguïté phénoménale, avec d'un côté un discours très sécuritaire, mais en même temps on diminue le nombre de postes de fonctionnaires de police et de gendarmerie. Le tout sans oublier le retour de l'agriculture urbaine, que remise sur le tapis par certains architectes de la consultation sur le Grand-Paris.

Sur le Grand-Paris et surtout sur la gouvernance de ce Grand-Paris, Cécile Duflot se déclare favorable à une métropole parisienne. Pour elle le chantier essentiel, c'est la solidarité, il y a des inégalités aberrantes, et il faut faire évoluer les institutions sur un modèle métropolitain avec des élus au suffrage universel. La carte des intercommunalités est dysfonctionnante pour Cécile Duflot, et une prise de position contre les syndicats urbains. Elle appelle à une évolution avec fermeté mais en douceur, sans a priori et surtout en garantissant le maintien des services publics actuellement du ressort des départements. Cécile Duflot explique que Europe-Ecologie est la seule formation politique à avoir un programme de coopération inter-régionale. Quant à la réforme des collectivités du gouvernement, elle est stupide parce qu'elle va à l'encontre de la décentralisation.

Et la banlieue ! Cécile Duflot se sent profondément "banlieusarde", appartenant à cette banlieue qu'elle décrit comme un endroit vivant, innovant et en mouvement contrairement à ce que l'on a tendance à croire, un lieu d'où émerge une volonté de revanche aussi, dans le bon sens du terme. Ce n'est pas Paris est sa banlieue qui la contredira ;-)

 

* * * * *

Tout d'abord une question liée à l'actualité et à la tempête Xynthia sur les constructions en zone inondable. Nicolas Sarkozy dans son discours sur le Grand-Paris du 29 avril 2009 proposait de "rendre constructibles les zones inondables avec des habitations adaptées". Les événements du week-end éclairent cette proposition d'un jour plus tragique. Qu'en pensez-vous ?

La première mesure que vous avez annoncée est le tarif unique des transports à 65€. D'un point de vue symbolique, c'est un message fort. Mais d'un point de vue concret comment ferez-vous si vous êtes élue et que direz-vous à ceux dont le tarif va augmenter. Et quid de l'effet ciseaux aux limites de la région ?

Que pensez-vous du bilan transport de la région ? Valérie Pécresse veut faire un audit du STIF ? Vous si vous êtes élue, que ferez vous du STIF ? Souhaitez-vous le transformer ? Arc-Express, Orbival, Grand-Huit ou société du Grand-Paris ? Comment vous situez-vous par rapport aux différents projets de transports en commun, notamment sur le Grand-Huit qui intéresse votre tête de liste dans le 93 Stéphane Gatignon ?

Place de la voiture. La limitation à 5O kmh sur le périphérique ressurgit, vous êtes pour ? Et le péage urbain ? Vous avez déclaré qu'il n'est pas adapté à la région parisienne, mais si on pense non pas à un péage à l'entrée de Paris, ce qui n'a pas de sens, mais dans les zones de l'hyper-centre, celles où le tarif du stationnement est déjà une discrimination avec par exemple tarif horaire de stationnement à 3,60€ en surface ou 28€ la journée en souterrain et où l'alternative en transport existe, par exemple le centre,le 8ème et 17ème, l'axe Neuilly-La Défense ? Et sur les autortoutes franciliennes qu'elle est votre position ?

Nicolas Sarkozy relance le Grand-Paris le grand absent paradoxal du débat des régionales alors que la question est pourtant centrale. Mais il a toujours le même absent, c'est la gouvernance. Et quitte à parler de métropole et de gouvernance, que pensez-vous du projet de réforme des collectivités territoriales ?

Luc Chatel a annoncé des états-généraux sur la violence en milieu scolaire en avril, c'est à dire après les régionales. La violence scolaire et la délinquance urbaine s'invitent sans surprise dans la campagne, peut-être moins fort que les autres années. Mais la violence existe à l'école et dans la ville. Comment jugez-vous cette situation qui pose un réel problème et que proposez-vous ?

Daniel Cohn-Bendit propose lui d'organiser des états-généraux de la banlieue. On a déjà beaucoup de choses, le plan Espoir-banlieue de Fadela Amara, dont il vaut mieux ne pas parler. Nicolas Sarkozy veut créer une agora de la métropole, qui pourrait s'appuyer sur Paris-Métropole, le syndicat mixte de Bertrand Delanoë... Pourtant, en banlieue ce sont des actions concrètes qu'il faut ?

Et pour finir, une question "libre". La banlieue, c'est quoi pour vous ?

La dernière question que je n'avais pas initialement décidé de poser s'est imposée naturellement lors de la conversation qui a suivi l'interview, et on a décidé de reprendre la caméra. Pour revenir sur la notion de métropole, une problèmatique nouvelle semble s'imposer, celle de l'agriculture urbaine, un thème intéressant développé par certains des architectes de la consultation sur le Grand-Paris.

Entretien enregistré à Paris, le 2 mars 2010

Jean-Paul Chapon

27.02.2010

Touche pas à mon Grand-Paris, ou le débat des Happy Few ;-)

Je n’aime pas réagir à chaud et encore moins sur un texte que je n’ai pas lu. Mais je ne peux pas m’empêcher de réagir non pas sur le contenu, non lu, mais sur cette nouvelle scène de la comédie du pouvoir qui se joue entre le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et le président de la république, Nicolas Sarkozy, sur l’air du Grand-Paris, avec pour choeur les journalistes. Vendredi, Bertrand Delanoë se fend d’un communiqué vengeur contre une interview de Nicolas Sarkozy dans la revue AA, l’Architecture d’Aujourd’hui. Le maire de Paris déclare : « le Président de la République a choisi de s’exprimer à nouveau sur l’enjeu du Grand Paris, à deux semaines du 1er tour des élections régionales et au moment précis où il convoque à l’Elysée les têtes de listes franciliennes de l’UMP pour « recadrer» leur campagne. Cette intervention directe dans la campagne contredit manifestement ses propos récents, quand il rejetait l’hypothèse même d’une telle immixtion. Il est particulièrement regrettable que ce changement de pied brutal se fasse en instrumentalisant la question majeure du Grand Paris. Depuis 2001, en effet, j’ai la conviction - et nos actes le prouvent - que ce dossier ne progressera qu’en cherchant à dépasser la logique un peu étroite des clivages partisans.

»

Le Parisien, Libération, Le Monde, le Figaro, tout le monde y va de son commentaire sur le débat entre les deux protagonistes, auquel s’est joint Jean-Paul Huchon.

Touche pas à mon Grand-Paris ! Il est amusant de voir Bertrand Delanoë s’irriter de ce qu’il qualifie d’instrumentalisation du Grand-Paris, parce que Nicolas Sarkozy en parle pendant la campagne des régionales, alors que son adjoint chargé du sujet, Pierre Mansat, se lamente de l’absence du Grand-Paris dans le débat des régionales en Ile-de-France. Amusant aussi de lire dans ce communiqué les états d’âme de Bertrand Delanoë, sur la condescendance de l’Etat vis-à-vis de Paris intra-muros. « Sur ce sujet décisif il serait temps que l’Etat rompe avec une forme de condescendance vis-à-vis de Paris – évoqué dans cette interview comme le "petit Paris", comparé à Venise et qu’il faudrait "réinventer", formules particulièrement inadaptées pour une Capitale qui a gagné 70 000 habitants en 10 ans, dont le PIB représente à lui seul 10 % de la richesse nationale et qui a engagé un formidable chantier de renouvellement urbain et de réalisations architecturales. » Allons, allons, Paris est sa banlieue qualifie souvent le Paris des 20 arrondissements de Petit-Paris, et n’est certainement pas le seul. Il faudrait plutôt que Bertrand Delanoë se demande pourquoi cette expression rencontre du succès. Mais amusant aussi de voir que le maire de Paris se console du fait qu’à en lire son communiqué et les reprises des journalistes, Paris-Métropole, le syndicat mixte d’études qui a succédé à la Conférence métropolitaine et qui rassemble une centaine de collectivités devrait devenir pour Nicolas Sarkozy « la préfiguration d’ "une future assemblée métropolitaine" » comme l’écrit Sibylle Vincendon dans Libération.

Mais voilà, pour savoir ce qu’à bien pu dire, ou plutôt signer Nicolas Sarkozy (Sibylle Vincendon précise que cette « démonstration d’érudition » est le résultat d’ « un entretien réalisé par écrit » ;-), et bien il faudra attendre mardi et ne pas se ruer comme je l’ai fait dans les quelques librairies référencées comme distributeurs de cette rare et précieuse revue. D’accord le communiqué commençait par « dans une interview à paraître mardi prochain », avertissement repris par la plupart des quotidiens, mais que j’ai sauté dans une lecture trop rapide. Et apparemment, je ne suis pas le seul, car à la librairie du Moniteur, on me dit que tout le monde leur demande la revue aujourd’hui. Je leur explique pourquoi, car eux en revanche n’ont pas lu le communiqué de Delanoë ni ses reprises dans la presse.

Alors ce soir, clap de fin pour une nouvelle scène de la comédie du Grand-Paris. Une scène qui a été réservée aux Happy Few, ceux qui savent et qui ont les choses avant, les politiques qui préparent leur scène et se renvoient la réplique, et la presse tel le coryphée antique qui vient expliquer l’action au public, passif, puisque comme le commun des mortels, il n’a pas accès encore et doit patienter (les abonnés sont peut-être servis plus tôt, mais c’est epsilonnesque) pour à son tour se faire une opinion. Mais pour eux, les Happy Few, surtout ne pas attendre, internet est déjà un danger qui les menace, et le temps est trop précieux pour rater une occasion, d'ailleurs le spectacle ne supporterait pas les longueurs. Et lorsque le public pourra s'informer lui-même, une autre nouvelle scène du spectacle aura déjà été jouée qui remplacera la précédente, et le public continuera à regarder ce spectacle que les acteurs, politiques et médias, continueront à donner entre eux.

Quant au débat sur le Grand-Paris, je ne sais plus, si on peut encore rêver l'ouvrir vraiment à tous un beau jour, et surtout à tous ceux qui sont concernés, les parisiens, grands et petits. Le rendez-vous des régionales est raté, alors que le Grand-Paris est un sujet central qui concerne directement quelques millions d'électeurs. Mais ouvrir un débat à tous ? Soyons sérieux et gardons notre identité française, celle des Happy Few ;-)

Jean-Paul Chapon

23.02.2010

Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, surtout dans le RER ;-)

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"Suite à l'impossibilité de fermeture des portes, je demande à tous les voyageur de descendre du train. Le train va repartir sans voyageurs". C'est mardi soir, fin d'une journée de travail dans un RER qui sans être saturé est déjà très chargé, malgré cette période de vacances. Il est autour de 19h30. Sur le quai de la station Gare de Lyon du RER A, les annonces se multiplient jusqu'à un superbe, "les voyageurs doivent évacuer le train" ! Et voilà, le train repart, vide, avec ses portes qui ne ferment plus. Le haut-parleur continue d'annoncer les trains, pour Torcy, pour Marne-la-vallée et conclut sur "le prochain train pour Boissy est à Etoile", puis "à Auber". Je reprends un train et descends à Vincennes, changement sur le même quai en attendant de reprendre un train en direction de Boissy. Le quai est bondé, la rame qui arrive aussi. C'est une de ces équations régulières de la RATP, du STIF et des transports en Ile-de-France : soit x une rame pleine et y une autre rame pleine, comment faire pour que x + y = x et x + y = y avec x et y différents de 0 mais beaucoup plus proches de la saturation, ou comment faire rentrer les passagers de deux rames bondées dans une seule rame ? Le résultat, c'est une bousculade, un entassement, des mains qui essaient de s'accrocher qui au plafond, qui à son voisin ou sa voisine, des coups de coudes, de bras, de genoux, de mauvaise humeur, mais aussi de résignation. Jean-Paul Huchon, candidat PS à sa succession aux régionales se félicite de son bilan en matière de transports ? Grand bien lui fasse, mais dommage qu'il ne vienne pas dans le RER A dans de telles circonstances pour en convaincre les usagers !

Jean-Paul Chapon

19.02.2010

D’Evry à Sevran, de Paris-Métropole en états-généraux des banlieues, un 18 février de campagne avec Grand-Paris ?

debat-ee-sevran.1266605867.jpg Hier 18 février, deux tables rondes à Sevran prévues dans le cadre d'un meeting Europe-Ecologie, la première avec Cécile Duflot sur le thème Paris-Banlieue et la seconde avec Daniel Cohn-Bendit sur celui de Banlieue-Banlieue. Donc après-midi à Sevran, et j’espérais enfin pouvoir donner tord à ceux qui comme Pierre Mansat (ou moi ;-) se plaignent de l’absence du Grand-Paris et surtout de sa gouvernance, de la campagne des régionales. Mais difficile de faire un compte-rendu, les tables rondes n’en étaient pas vraiment, les horaires non plus, certaines prises de positions tellement caricaturales que je préfère ne pas trop y revenir, sauf à souligner le décalage abyssal entre certains candidats - Robert Lion hors concours - et les banlieues (ou avec la ville extra-muros, au-delà du périphérique). Et difficile une nouvelle fois de donner tort à Pierre Mansat...

 

Pour autant, ce 18 février était une journée placée sous le signe du Grand-Paris, sous toutes ses formes. D’abord, le matin, c’était Paris-Métropole qui se réunissait à Evry pour parler « clusters », les pôles d’excellence que Christian Blanc veut essaimer tout autour de Paris. Réunion confidentielle, sans communiqué de presse, « on finira bien par en faire un » me dit un participant qui s’étonne de l’absence de Paris de la réunion, quant à la région, toujours selon ce témoin, Jean-Paul Huchon son président s’est pointé en extrême fin de séance. Bref, une séance de Paris-Métropole sans Paris ni région ou presque, avec affrontements très vifs autour des prises de positions pour ou contre « la vue » ou « la vision » du secrétaire d’Etat au développement de la région-capitale et son Grand-Paris. Le Grand-Huit fait de plus en plus de vagues…

europe-ecologie-sevran-18-0.1266605924.jpg Justement, ce même 18 février, ce même Christian Blanc rencontrait les élus de l’association Orbival, la portion Val-de-Marne de Métrophérique-Arc-Express, la rocade de banlieue à banlieue. « Ce rendez-vous a été un succès pour l’action menée par l’association Orbival. Son travail a réellement été pris au sérieux » a déclaré enthousiaste Christian Favier, PCF, président du Conseil Général du 94 et responsable de l’association Orbival, comme le rapporte aujourd'hui Le Parisien. Donc les maires de Vitry, Champigny, Maisons-Alfort, Bry, Nogent, Villejuif, Arcueil, et les 1ers adjoints de Fontenay-sous-bois, Saint-Maur et Alfortville ont passé deux heures avec Christian Blanc, pour essayer de faire coïncider le projet Orbival avec le Grand-Huit de Christian Blanc, ce même Grand-Huit, décrié par les débateurs de Sevran, « inacceptable, on nous prend pour des cons, ça ne se rattache à rien qui existe déjà, reprise en main bonapartiste pour ne pas dire napoléonienne », seul Stéphane Gatignon, le maire PCF de Sevran qui a rejoint Europe-Ecologie, et hôte du débat, prendra la défense du projet, qui passe par sa ville et permettra un accès direct à Roissy. Non pas parce qu’il défend un projet qui ne viserait que la compétition internationale entre Paris, Londres et Tokyo, mais parce que la ligne donnera l'accès direct à un grand bassin d’emploi aux habitants de Sevran. Il faut aussi regarder la réalité et ne pas rester dans la caricature. La réalité qui viendra d’ailleurs sous la forme d’une délégation d’employés de Baboo qui ferme à Sevran, du discours de la déléguée CGT, et encore plus de l’émotion de Stéphane Gatignon lorsqu’il rappelle que c’est dans cette même salle défaite qu’au mois d’août dernier, lors de la cérémonie pour les victimes de l’incendie qui avait fait 5 morts, pas un seul représentant de l’Etat n’était présent, « il y a des formes d’humiliations qui sont absolument insupportables », un Stéphane Gatignon qui rappellera aussi que « l’échec de la métropole parisienne est d’abord celui de la gauche, qui depuis le début a zappé cette question, comme elle a zappé la question de l’inégalité territoriale. »

daniel-cohn-bendit.1266605983.jpg Et finalement, hier à Sevran lors du meeting Europe-Ecologie, Daniel Cohn-Bendit propose des états-généraux des banlieues. Pourquoi pas ? La gauche et en particulier le PS autour du tandem impossible Huchon-Delanoë qui le neutralise a déjà Paris-Métropole, le syndicat mixte d’étude successeur de la Conférence métropolitaine, rassemblant une centaine de collectivités surtout de gauche, avec quelques sincères et téméraires métropolitains représentants UMP et NC ou divers droite. Il y a aussi l’Agora du Grand-Paris que le président urbaniste Nicolas Sarkozy a annoncée, que l’on attend encore, et dont on attend surtout de savoir ce qu'elle sera si elle existe un jour. Bref, un syndicat mixte, une agora et des états-généraux. On est comblé. En revanche, pour ce qui est du concret et surtout de la Gouvernance, il faudra attendre. Au minimum après les régionales, à moins que ce ne soit reporté aux calendes franciliennes.

Jean-Paul Chapon

09.02.2010

Carte postale de campagne, avec doute et lassitude

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... et dédicace amicale à Pierre Mansat ;-)

Les lecteurs de Paris est sa banlieue ne seront pas surpris, c'est chronique, et certains jours, certains soirs, on se dit que tenir un blog est si vain, tellement vain, que dans un acte de lassitude, de doute ou de colère, on effacerait tout. Le statut de blogueur est difficile et ingrat, surtout lorsque l'on s'intéresse à un sujet qui ne passionne pas les foules. C'est le cas de Paris est sa banlieue, qui depuis plus de 5 ans se bat pour la création d'un Grand-Paris, pas celui du projet du gouvernement, pas non plus le syndicat Paris-Métropole de la mairie de Paris, mais une vrai Grand-Paris, une vraie ville, une vraie collectivité territoriale, de plein droit, avec de vraies institutions, des représentants élus au suffrage universel, un vrai maire ou un vrai président, élu au suffrage universel direct. Une ville solidaire et démocratique, au-delà des frontières du passé, des fractures de l'urbanisme, symbolisées par ce périphérique, au-delà des égoïsmes et des baronnies locales, de l'émiettement inefficace des pouvoirs en des centaines de mini-municipalités absurdes, montées les unes contre les autres, d'intercommunalités montées les unes contre les autres, de départements montés les uns contre les autres. De classes sociales et de clan sociaux dressés les uns contre les autres, de ghettos en construction ou déjà bien cimentés, ghettos de riches contre ghettos de pauvres. Et malgré la note précédente, je partage ce soir la même tristesse et la même amertume que Pierre Mansat, qui désespère de voir le Grand-Paris et sa gouvernance entrer enfin dans la campagne des régionales en Ile-de-France. Mais qui dérangerait tant les équilibres de droite comme de gauche, que même les Verts qui semblent parfois avoir bien oublié Europe Ecologie ne s'y risqueraient pas. Ce soir, en rentrant du boulot, j'ai entendu sur France Info commenter un sondage, qui donnait dans les 19% (si je me souviens bien) faisant confiance aux politiques de droite, 16% à ceux de gauche, quelques pour cent d'indécis et surtout une majorité qui n'y croyaient plus, et voteraient peut-être Mère Denis, comme sur cette pub qui surplombe de façon opportuniste le périphérique. Ce soir, je crois finalement que je fais partie de cette grande majorité, et le 14 mars, je ne sais pas si j'irai voter aux régionales, ou si je m'abstiendrai pour la première fois de ma vie. Doute et lassitude...

Jean-Paul Chapon

29.01.2010

A propos du Grand-Paris, d'Orbival en Grand-Huit, de Val-de-Marne en Seine-Saint-Denis...

Voilà, retour sur le Grand-Paris, vous vous souvenez, on en parlait beaucoup en 2009, même dans les médias, et soudain silence. Et finalement, la campagne des régionales n’a pas encore intégré cette dimension. Il faut dire que la campagne démarre assez mollement… Pourtant quelques nouvelles méritent que l’on revienne à nouveau sur ce Grand-Paris, dans tous les sens du terme et de ce débat confus. On pourra faire l’impasse sur l’article du Canard de la semaine dernière, qui se délecte à annoncer des retards pour le projet de Grand-Huit de Christian Blanc, la rocade de métro de banlieue version gouvernement. Le Canard Enchaîné n’a jamais rien compris à la question du Grand-Paris, sans doute parce qu’il est trop parisien au sens étroit du terme et n’a aucune vision métropolitaine, ou peut-être parce qu’il prête une oreille trop complaisante aux thèses de l’actuel président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon ;-)

grand-huit.1264775223.jpg Deux nouvelles intéressantes donc sur le Grand-Paris, version gouvernementale avec tout d’abord il y a une dizaine de jours un déjeuner de presse de Christian Blanc à Clichy-sous-bois entouré des élus du coin de l'UMP au PCF en passant par le PS. Sibylle Vincendon écrit ainsi le 21 janvier dans Libération « Grande première. Christian Blanc, secrétaire d’Etat au Développement de la région capitale, a convié aujourd’hui quelques journalistes à déjeuner à Clichy-sous-Bois (Seine –Saint-Denis). Inhabituel chez lui, qui n’aime pas trop le contact avec la presse. Mais le plus surprenant était le choix du lieu. Claude Dilain, le maire socialiste de la ville, accueillait cette réunion, entouré de ses homologues de Montfermeil (Xavier Lemoine, UMP), de Sevran (Stéphane Gatignon, Europe écologie, ex-PCF), de Livry-Gargan (Alain Calmat, UMP) et d’Aulnay-sous-Bois (André Segura, PS) ». Non, le choix du lieu n’a absolument rien de surprenant, et même ce qui est surprenant, c’est qu’une observatrice du dossier comme Sibylle Vincendon s’en étonne. Car depuis des mois, il ne fait pas mystères que certains élus, notamment dans le 93, situés sur l’hypothétique tracé du Grand-Huit de Christian Blanc, sont entrés en contacts avec le secrétaire d’Etat au développement de la région-capitale et discutent activement avec lui. Dès septembre 2009, on pouvait lire dans Paris est sa banlieue : « Pourtant, d’autres sons de cloches se font aussi entendre, mais pas dans l’enceinte de Paris-Métropole. On se souvient de la déclaration de Jacques Marsaud, directeur des services de Plaine-Communes, qui préfère le Colbertisme à la spéculation (même si les deux ne sont pas exclusifs…). Et il faudra surveiller l’évolution des positions des collectivités situées sur le tracé du Grand-Huit et dans les zones de développement, et bien sûr de leurs élus, y compris s’ils sont membres de Paris-Métropole. » L’article explique que ce déjeuner était l’occasion pour Christian Blanc de contrecarrer une des critiques les plus fortes envers sont projets «Dire que la double boucle ne devra servir qu’aux cols blancs pour aller de pôle de compétitivité en pôle de compétitivité est une sottise sans nom». Cependant l’article de Libération finit sur le constat qui résume bien une situation qui d'une certaine façon relève du pari « Pour les élus autour de la table, l’essentiel est d’abord que ce territoire ait été retenu sur le tracé. Le financement est incertain, le calendrier aussi mais on leur a fait tant de promesses depuis trente ans… Pour le moment, ils veulent y croire. » Effectivement ils veulent y croire, faute d’alternative crédible, notamment si on fait le bilan de l’action de la région et de Jean-Paul Huchon dans le domaine*.

orbival-trace.1264775281.jpg A ce sujet, une nouvelle qui aura peut-être échappé à Sibylle Vincendon comme à beaucoup de monde, à moins d’être lecteur attentif de l’édition Val-de-Marne du Parisien, le 22 janvier dernier, nouvelle qui prend un éclairage tout à fait intéressant après la rencontre de Clichy-sous-bois. « Orbival perd son chef de projet. Christian Garcia, cheville ouvrière de cette association qui milite pour la création d’un métro entre Arcueil et Fontenay-sous-Bois, va rejoindre la mission de préfiguration de la Société du Grand Paris, où il sera chargé des relations avec les collectivités du Val-de-Marne et de Seine-Saint-Denis. » Orbival, c’est la version 94 d’Arc-Express, la liaison de rocade de banlieue à banlieue version Région, inscrite au forceps au SDRIF, le Schéma Directeur de la Région Ile-de-France, dont le sort est toujours en suspens, dans un conflit Etat-Région dont la longueur équivaut à une mort par pourrissement. Il est vrai que dans sa partie Val-de-Marne, le tracé du Grand-Huit de Christian Blanc et celui d’Orbival sont assez identiques, si ce n’est qu’Orbival passerait par Val-de-Fontenay, là où le projet gouvernemental passerait plus à l’Est, vers Champigny, non desservi par un métro ou RER pour l’instant. La question qui se pose en fait est surtout la nature de cette ligne de métro automatisée, le nombre de stations et leur espacement. Plus de stations moins espacées pour Orbival, moins de stations plus espacées pour le Grand-Huit semble-t-il. Pour l’un comme pour l’autre le financement reste la grande inconnue. Et de toute façon, Christian Blanc souhaite débuter les travaux par le 93…

cecile-duflot-16-01-2010.1264775348.jpg Un dernier point dans ce retour au Grand-Paris, avant que l’on entre dans le vif du débat sur la réforme des collectivités territoriales. Paris est sa banlieue a fait part de sa sympathie pour la candidature de Cécile Duflot, tête de liste Europe-Ecologie, notamment en raison de sa volonté d’inscrire dans son programme régional un tarif unique pour les transports en communs. En revanche, sa position sur le Grand-Paris pourrait très sérieusement modérer cette sympathie, voire la faire disparaître. Dans un portrait que lui consacrait Libération cette semaine on peut lire que « Sur le Grand Paris, Duflot désavoue un de ses proches qui veut reprendre la proposition d’Edouard Balladur de regrouper la capitale avec les trois départements les plus denses. Elle arbitre en faveur d’un participant qui s’exclame : " On ne va pas reprendre des propositions de droite pour se démarquer du PS".» Ah bon, je croyais d’une part que les Verts étaient plutôt favorables à la suppression des départements, et d’autre part qu’à l’image d’un Stéphane Gatignon, maire de Sevran ex-PCF et tête de liste d’Europe Ecologie dans le 93, ce qui comptait c’était l’intérêt d’un projet et non pas le jeu politique ou politicien ? Cécile Duflot pourra toujours discuter Grand-Paris avec Stéphane Gatignon, dont les positions sur le sujet ne sont pas si éloignées de celles de l’UMP Philippe Dallier, son voisin des Pavillons-sous-bois, porteur d’un projet de Grand-Paris par fusion des 4 départements de Paris et de petite couronne...

Enfin, un petit mot sur Paris-Métropole, qui semble devoir garder un encéphalogramme plat pour un certain temps, à l’image de son site qui n’a quasiment pas été mis à jour depuis son ouverture en décembre 2009… Il faut dire qu’avec les membres du bureau de Paris-Métropole faisant campagne avec Pécresse dans le RER pour les uns, avec Huchon pour les autres et avec Duflot pour les troisièmes, il ne doit pas rester beaucoup de temps pour la métropole, pauvre Grand-Paris !

* On peut revoir l'interview de Miguel Padeiro, géographe urbaniste, qui travaille sur la question des transports en commun dans l'agglomération parisienne. Une excellente base de réflexion sur la question.

Jean-Paul Chapon

22.01.2010

Régionales, Ile-de-France et Grand-Paris : les audaces "radicalement nouvelles" de Chantal Jouanno ;-)

Ce matin sur France-Info, on entend François Fillon, appeler les candidats UMP aux régionales à de l’audace. A la lecture de l’interview qu’elle a donné hier dans 20minutes, on se rend compte que Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie et tête de liste UMP à Paris, a pris de l’avance pour largement anticiper les attentes du Premier ministre.

chantal-jouanno.1264160617.jpg « Il faut automatiser les lignes 1, 4 et 14 » déclare bille en tête à 20minutes, Chantal Jouanno, dans une interview dont le titre en dit long : « des solutions radicalement nouvelles ». Les transports sont au cœur de la campagne de Valérie Pécresse, candidate UMP en Ile-de-France et sa tête de liste parisienne s’applique en première de la classe à décliner sur Paris cette priorité. Dommage, pour Chantal Jouanno, il faudra mieux préparer ses dossiers la prochaine fois, ou du moins vérifier le travail de ses équipes. La ligne 14 est la première ligne de métro automatique du réseau parisien, mise en service en …1998, il y a 12 ans. Quant à la ligne 1, son automatisation a été décidée il y a 5 ans et les travaux sont déjà en court. Si jamais Chantal Jouanno a la curiosité et surtout l’audace de descendre dans le métro, elle pourra ainsi constater de visu que les travaux avancent notamment avec l’installation de portes palières dans plusieurs stations de la ligne.

Chantal Jouanno, qui veut des "solutions radicalement nouvelles", comme « installer des pistes cyclables, des bouquinistes » sur les quais au niveau de la Tour Eiffel, veut organiser pour les mettre ne place un « Grenelle de Paris ». Original. Et de citer au passage, péage urbain, couverture du périphérique et densification, franchement moins original… On pourra sans doute faire l’économie d’un Grenelle.

Mais il y a quelque chose de plus inquiétant que l’ignorance de la secrétaire d’Etat, même si elle est assez choquante (avec une ligne on pense à une coquille, mais avec deux…), et que son manque de propositions "radicalement nouvelles", il y a une vision étroite de la ville. Pourquoi un Grenelle de Paris, et pas du Grand-Paris ? Peut-être pourrait-elle proposer de travailler avec Paris-Métropole, finalement. Nicolas Sarkozy nous annonçait une Agora du Grand-Paris pour le début de 2010. En attendant, plutôt que de boycotter le syndicat mixte d’études, elle pourrait l’utiliser et économiser l’organisation d’une nouvelle usine à gaz…

Mais Chantal Jouanno ne sait peut-être pas encore que Paris-Métropole existe, comme pour l’automatisation des lignes de métro. De même, Chantal Jouanno ne semble pas savoir qu’autour de Paris, il y a la banlieue, avec des gens dedans, qui bougent et même parfois vont à Paris. Ainsi quand on lui demande comment sensibiliser aux questions écologiques ceux qui n’habitent pas Paris mais en sont simplement usagers, elle répond « je prévois un clin d’œil en direction des touristes : ils pourraient bénéficier d’un passeport climat, qui leur donnerait accès à des coupe-file pour des musées ou des entrées gratuites s’ils utilisent les transports en commun. » Exit la question des banlieues, du rapport de Paris avec celles-ci, notamment dans la question des transports, des voitures, de la pollution. Un bon clin d’œil pour une candidate non pas aux municipales, mais aux régionales. Bref, un mur du çon en béton bio pour la secrétaire d’Etat à l’écologie ;-)

Jean-Paul Chapon

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