11.07.2007
Borloo s'intéresse-t-il au SDRIF ?
Le SDRIF pour ceux qui ne sauraient pas encore c’est le Schéma Directeur de la Région Ile-de-France, "document d’aménagement du territoire et d’urbanisme qui définit une vision globale, à 25 ans, de l’Ile-de-France". Le premier SDRIF date de 1994, et sa révision en cours depuis déjà 3 ans, doit franchir un certain nombre d’étapes avant d’être soumise à enquête publique à partir du 15 octobre. Le 26 juin, lors de l’inauguration de Roissy 3, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, semblait annoncer l’arrêt du processus de révision du SDRIF en déclarant « Je ne souhaite pas que l’on adopte un nouveau schéma directeur de la région Ile-de-France avant d’être allé au bout de ces questions et d’avoir défini une stratégie efficace dans ces domaines. Je propose donc que l’ensemble des administrations concernées soient mobilisées dès l’automne 2007 sous l’œil attentif du Gouvernement pour préparer les propositions d’actions nécessaires dans les champs que je viens d’évoquer, et qu’un comité interministériel d’aménagement du territoire dédié à l’Ile-de-France se tienne fin 2008 pour adopter ce nouveau plan stratégique et le schéma directeur correspondant, ainsi que les textes législatifs ou réglementaires nécessaires. »
Parmi les étapes à franchir, le texte doit être soumis à l’avis des Conseils généraux (92 négatif et positif pour le 94 par exemple), du CESR (avis positif), des chambres consulaires (avis négatif), mais aussi à celui du Ministre de l’Ecologie et du développement durable. Sur le site du SDRIF, on peut lire que ce dernier « a également été saisi par courrier du 6 avril 2007 et dispose d’un délai formel de 3 mois. A défaut de réponse, cet avis est réputé favorable. » Trois mois à partir du 6 avril, cela donne le 6 juillet. Mais rien n’apparaît, ni sur le site du SDRIF, ni sur celui de la Région Ile-de-France où il n’est pas possible de trouver une section « presse », ni enfin sur celui (un peu compliqué) du Ministère du Développement durable.
Lors de la Conférence Métropolitaine le 6 juillet, le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, semblait donner une valeur test à cette validation par le ministre du développement durable, au regard de la menace de suspension évoquée par Sarkozy. Alors qui ne dit mot consent, en contradiction avec la prise de position du chef de l’Etat ? Ou faut-il attendre une déclaration d’un côté ou de l’autre ?
A suivre…















Commentaires
Exemple classique de retour de balancier centralisateur dans un processus de décentralisation quand ses effets ne conviennent plus au pouvoir en place...
Formons le voeu que le conseil régional ne s'abandonne pas aux délices de du paradis élyséen et poursuivent le processus engagé depuis près de trois années.
Soyons lucide nous assistons à un nouvel épisode du bras de fer engagé depuis plusieurs années entre la majorité de gauche du conseil régional d'Ile-de-France et le pouvoir UMP.
L'enquête publique prévue à l'automne sera une première. Militons pour qu'elle ait bien lieu en temps et en heure.
Écrit par : Alain Lafon | 12.07.2007
D'après une dépêche AFP de vendredi dernier, l'avis du Ministère (rendu sur le fil !) est "réservé" sans que l'on comprenne d'ailleurs ce que cela veut dire réellement, effectivement sans possibilité d'accès à un document officiel...
Projet de SDRIF (Ile de France): avis "réservé" du ministère de l'Ecologie
PARIS, 6 juil 2007 (AFP) - Le ministère de l'Ecologie a émis vendredi un avis "réservé" sur le projet de révision du schéma directeur régional de la région Ile-de-France (SDRIF) voté par le conseil régional en février dernier.
Les services de Jean-Louis Borloo devaient faire une "évaluation environnementale" de ce projet avant vendredi minuit, selon le conseil régional, faute de quoi l'avis du ministère aurait été considéré comme positif.
Selon cette évaluation, les objectifs affichés par le projet de SDRIF en matière d'urbanisme sont en apparence "tout à fait vertueux", mais de nombreuses questions se posent sur les moyens qu'il se donne pour les atteindre.
Il en va ainsi par exemple des règles d'urbanisme affichées pour les zones inondables et les zones à risque dites Seveso, indique-t-on dans l'entourage de M. Borloo.
Le ministère s'interroge aussi sur les options proposées en matière de densification urbaine et se demande si les "absences de choix" relevées ne risquent pas d'accroître les risques d'étalement urbain, y compris en dehors de la région Ile-de-France.
L'avis "réservé" du ministère intervient peu après des déclarations récentes du président Nicolas Sarkozy, relançant l'idée d'un "Grand Paris", liant la capitale et sa banlieue, qui a déclenché un débat tous azimuts en Ile-de-France.
La plupart des acteurs ont estimé que l'enjeu, très politique, dépassait le simple cadre institutionnel.
Le président Sarkozy a appelé à retrouver l'ambition d'un Haussmann pour Paris et d'un de Gaulle ou d'un Delouvrier (autre grand bâtisseur de ville) pour remodeler la région IdF.
Une initiative dans laquelle le président PS de l'Ile-de-France Jean-Paul Huchon voit un déni du travail mené par sa région.
Le maire de Paris Bertrand Delanoë (PS) a reproché vendredi à M. Sarkozy, dans un entretien au Parisien, d'avoir "ignoré les élus locaux".
"Le chef de l'Etat a le droit, et même le devoir, de se préoccuper de l'agglomération parisienne. Mais il est inconcevable d'ignorer comme il l'a fait les élus locaux", estime le maire de la capitale.
Bertrand Delanoë ajoute que "Nicolas Sarkozy a développé un discours centralisateur, sans prendre le moindre engagement concret".
L'enquête publique sur le projet de SDRIF doit avoir lieu du 15 octobre au 10 décembre, avant un nouveau vote du conseil régional, prévu pour l'heure au premier semestre 2008.
Écrit par : Citoyenbornibus | 12.07.2007
>Citoyenbornibus, merci pour l'info ;-)
Je l'ai relayé sur l'autre version de Paris est sa banlieue
http://parisbanlieue.blog.lemonde.fr
Écrit par : parisbanlieue | 12.07.2007
La réalité c'est que l'Etat veut imposer des projets OIN à plusieurs dizaines de milliards d'euros sur le SDRIF. Ces projets annoncent une politique du tout routier et de la construction tout azimut menée contre l'avis et dans la desinformation des populations locales. Rien que dans les yvelines ca signifie 130 km d'autoroutes et de voies rapides souvent en pleine zone urbaine contre toutes les expetises sanitaires et environnementales. Si vous voulez en savoir plus connectez vous sur www.a104.org
Écrit par : NonA104 | 19.07.2007
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