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27.07.2007

Grand Paris, la preuve par Vélib' ?

medium_velib_7.3.jpgIl y a quelques temps, Paris est sa banlieue écrivait que le vélo était une frontière plus infranchissable que le périphérique entre Paris et sa banlieue, récoltant au passage une volée de bois vert de la part de parisiens à la sensibilité bien vive, dès qu’on se permet, depuis l’autre côté du périph de leur adresser la moindre critique. Je finirai par faire un florilège de ces aimables considérations intra-muresques sur la terra incognita et ses sauvages qui entourent la capitale dans l’esprit de certains de ses habitants les plus obtus. Mais paradoxalement, Vélib’ et non pas le vélo (relisez la note en question ;-) risque de faire avancer d’un pas de géant l’idée de la nécessité d’un Grand Paris, où cette fois il n’est plus question de savoir s’il s’agit d’une annexion ou d’une perte d’indépendance, mais de la volonté de supprimer la barrière administrative pour que les Parisiens de part et d’autre du périphérique puissent profiter des mêmes services et avantages, dans leur ville (ré)unifiée.

medium_pierre_mansat_bertrand_delanoe.2.jpgPierre Mansat, adjoint aux relations avec la banlieue du maire de Paris, Bertrand Delanoë, vient ainsi de se voir refiler un joli dossier comme devoirs de vacances. Il doit « établir rapidement tous les contacts » avec les interlocuteurs des communes voisines, parce que « de nombreuses collectivités riveraines ont saisi récemment la Ville de Paris, afin d’envisager l’extension de ce service (Vélib) ». Le communiqué de presse précise que « cette volonté doit cependant prendre en compte des difficultés objectives, en particulier sur le plan juridique. En effet, outre la spécificité du montage Vélib´, l´extension de son offre aurait impliqué que les communes intéressées renouvellent, simultanément, leurs marchés de mobilier urbain, dans la perspective d´un appel d´offre conjoint. » Et c’est donc ces « difficultés objectives » que Pierre Mansat est chargé de faire disparaître, pour que de part et d’autre du périph’ s’établisse une continuité territoriale entre Paris et la banlieue, au moins pour ce qui concerne le service de location de vélos Vélib’, « comme c´est déjà le cas par exemple, à travers l´aménagement de pistes cyclables "intercommunales" ». Intercommunal, bigre, le mot est lâché au détour d’un communiqué de presse, avec la protection de guillemets, juste un effet de style. Ou alors, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, on fait de l’intercommunal à l’insu de son plein gré, comme c’est déjà le cas pour le traitement des ordures avec le Syctom, moins glamour mais tout aussi efficace ?

medium_napoleon_III_Haussmann.2.gifJe trouve cette histoire de Vélib’ à la fois savoureuse et instructrice, en ces temps de tempête autour du SDRIF, de résistance à un "néo-jacobinisme" imposé par le Président de la République, Sarkozy qui tel un nouveau Napoléon III voudrait de force annexer les pauvres villages gaulois de la périphérie, dissouts sans laisser la moindre trace dans un Paris, nouveau Moloch urbain. Avec des élus schizophrènes, comme ceux de l’UMP qui appellent au Grand Paris mais boycottent le moindre outil commun, comme la Conférence Métropolitaine, soit disant trop limitée, pour de pures raisons politiciennes. Les autres refusant l’idée d’un Grand Paris parce qu’il ne serait pas démocratique et qu’il marquerait le retour de l’asservissement de la banlieue par un Paris arrogant, sans même avouer que c’est peut-être aussi leur mandat qu’ils défendent, car après tout, pourquoi un Paris étendu aurait-il des institutions moins démocratiques que le petit Paris d’aujourd’hui ?

medium_Moloch.2.jpgMais quand il s’agit de profiter d’un nouveau service, bien vendu médiatiquement, correspondant à l’air du temps si ce n’est à un besoin, alors là c’est différent. Foin d’annexion et d’impérialisme, Vincennes, Vanves, Pantin, Montreuil, Boulogne et même Neuilly n’ont plus de ces pudeurs et voudraient bien que Paris les annexe un peu, le temps d’une promenade à Vélib’ ! Le Parisien, le 21 juillet dernier, dans son édition du 92 titrait Vélib’ séduit de plus en plus de villes et de citer le député UMP de Boulogne, Pierre-Christophe Baguet écrivant à Pierre-Mathieu Duhamel, le maire de pour voir comment ce service pourrait être étendu à la ville. L’article poursuivait sur Neuilly où on trouve l’initiative de Bertrand Delanoë « intéressante », une «démarche (qui) nous fait réfléchir, avoue le directeur de cabinet, Antoine Masson. Nous n’avons pas de pistes cyclables mais des rues très larges. Maintenant, le souci est de savoir comment mettre en place le dispositif. » De même à Issy-les-Moulinaux, chez l’UDF André Santini « où on est psychologiquement prêts à accueillir ce dispositif » tout en soulignant que le maire avait « repéré le développement de ce système depuis longtemps, bien avant que la ville de Lyon ne l’installe » selon Olivier Haumant, directeur des services techniques de la ville. De son côté, à Vincennes, «nous sommes pour une extension du système, et nous l’avons signifié à l'entreprise Decaux», signale le maire UDF Laurent Lafon. Enfin, je ne résiste pas à citer à nouveaux l’association Périféérique qui écrivait dans Libération « La municipalité parisienne doit d’urgence engager une concertation avec les maires de la première couronne. ». Mais à quel titre le doit-elle ? A celui de ses visées impérialistes sur le reste de l’agglomération, de la mise en place de la vision ultra jacobine de Sarkozy ? Ou bien doit-elle le faire au nom de la raison et de l’intelligence qui montrent que c’est uniquement à l’échelle de l’agglomération que l’on peut apporter une solution cohérente aux problèmes de l’agglomération, y compris pour la mise en place d’un service Vélib’ ? Paris est sa banlieue, ses lecteurs habituels le savent bien, n’a pas pour habitude d’applaudir systématiquement à la moindre initiative de la mairie de Paris, mais même si mon opinion sur Vélib' n'a pas changé, cette fois j'applaudis. Au fait, à quand l'extension de Paris wifi de l'autre côté du périph ;-)

26.07.2007

SDRIF, Ministère de la Ville, Association des Maires de Ville&Banlieue, il n'y a pas que le Tour de France dans l'actualité...

Critiquer le SDRIF (Schéma Directeur de la Région Ile-de-France) n’est plus tabou, y compris à gauche. Le Monde publie dans son édition datée d’aujourd’hui un article consacré au fait que Des élus socialistes contestent le schéma d'aménagement de l'Ile-de-France. Je ne reviendrai pas sur ce thème déjà abordé dans deux notes précédentes*, mais pour les abonnés au Monde, je conseille la lecture de cet article. On peut aussi aller visiter le blogue de Gilbert Roger, maire PS de Bondy et à ma connaissance, premier élu PS à avoir publiquement affiché sa position critique vis-à-vis du SDRIF dès le 7 juillet dernier.

Le Monde reviendra-t-il sur la rencontre qui s’est déroulée hier entre l’Association des maires Ville&Banlieue de France et la Ministre du logement et de la Ville, Christine Boutin ? Déjà en février dernier la publication du Manifeste des maires de Ville et Banlieue en pleine campagne présidentielle avait été largement ignorée par les médias. Cette association, qui rassemble des élus de la droite à la gauche, avait pourtant présenté une série d’orientations pour une approche globale et constructive de la question des « villes les plus en difficulté ». Au moment où la « bataille du SDRIF » remet le problème des relations ville-banlieue sur le devant de la scène, l’association est venue mettre la ministre de la Ville et à travers elle le Gouvernement, Président de la République compris, face à leur responsabilité.

Voici le texte du communiqué de presse du 24 juillet 2007:

Une délégation de maires de Ville et Banlieue, conduite par son président, Pierre Bourguignon, député, maire de Sotteville-lès-Rouen et son premier vice-président, Pierre Cardo, député, maire de Chanteloup-les-Vignes a été reçue le 24 juillet par Madame Christine Boutin, ministre du Logement et de la Ville.

Représentant les villes les plus en difficulté de l’hexagone, ils ont rappelé la spécificité de leur situation : communes atteignant ou dépassant les 50% de logements sociaux, taux de chômage dans les quartiers souvent deux fois supérieur à la moyenne nationale, ressources communales très significativement plus faibles que la moyenne des communes.
Alors, ont-ils fait valoir, comment s’étonner que la seule politique de la ville soit incapable de répondre à des enjeux qui la dépassent largement ?
Et ils ont demandé à la fois la sanctuarisation du budget de la politique de la ville rétabli en catastrophe après les émeutes urbaines, et la mobilisation de moyens de droit commun suffisants pour assurer un niveau de services publics et une qualité de vie comparables à la moyenne des villes.
Ils ont appelé à la poursuite de la péréquation des ressources entre communes au-delà de la réforme de la DSU et assuré la ministre de leur détermination sur ce sujet qui ne fait pas l’unanimité.
Ils sont tombés d’accord avec la ministre sur la nécessité d’approfondir le développement des intercommunalités et des solidarités, notamment en Ile-de-France.

Par ailleurs, prenant au mot les déclarations de la ministre qui souhaite que les personnes ne soient pas enfermées dans leur quartier, ils ont réclamé que l’Etat investisse enfin dans la réalisation de transports innovants dans les banlieues en renouvellement urbain, via les conventions ANRU ou un financement spécifique sur les transports en commun.
Et les élus de Ville et Banlieue ont demandé que le Grenelle de l’environnement mis en place par le Medad, n’oublie à cette occasion, ni les villes, ni le renouvellement urbain en banlieue, occasion inespérée de mettre le développement durable au service des populations les plus fragiles. Ils ont souhaité que le ministère de la Ville et du Logement y soit étroitement associé et approuvé la démarche que la ministre va initier dans ce sens.

Au chapitre du logement, la ministre a confirmé sa volonté de mettre en œuvre la loi sur le droit au logement opposable, sans revenir, ni en plus ni en moins, sur l’article 55 de la loi SRU. Pour leur part, les maires de Ville et Banlieue ont rappelé que renouvellement urbain, article 55 et droit au logement opposable ne doivent pas se contredire. Et qu’ils ne laisseraient pas s’aggraver la situation de leurs villes où se trouvent déjà les logements sociaux, les ménages les plus pauvres et les logements disponibles du contingent préfectoral. Enfin, ils ont dénoncé comme une aberration que la loi mette sur le même plan et comptabilise ensemble la construction de PLS, de PLUS et de PLAI**.

Pour approfondir le dialogue et déboucher sur des solutions acceptables par tous, un nouveau rendez-vous avec la ministre a été pris pour la rentrée de septembre.

* Où va le SDRIF, ou la bataille pour le Grand Paris est ouverte 16-07-2007 A quoi sert la Conférence Métropolitaine, ou un absent si présent 09-07-2007
**
explications sur PLS, PLUS et PLAI

25.07.2007

Pourquoi un label Paris-Plages ?

medium_centres-de-loisirs-d-ete-1.jpg« Je ne vois pas l'intérêt d'un label Paris-Plages » écrit Vincent Jarousseau, maire adjoint PS du 14ème arrondissement de Paris, dans un commentaire sur une note récente de Paris est sa banlieue, Le Grand Paris va du SDRIF à Paris-Plages ;-) précisant que « les bases de loisirs autour de Paris sont largement utilisées l'été. Exemple le Parc Interdépartemental des sports de Choisy. Ce sont les enfants des centres de loisirs de la Ville de Paris qui en bénéficient déjà. »

medium_bois-de-vincennes-cars2.jpgCette précision contient en elle-même la justification d’un label Paris-Plages. Certes les bases de loisirs, les parcs départementaux et les bois de Vincennes et de Boulogne sont « utilisés » l’été par la ville de Paris et d’autres communes de l’agglomération pour les enfants des centres de loisirs. Je traverse quasi quotidiennement le bois de Vincennes, et pour moi, l’arrivée de l’été est toujours signalée par ces enclos de piquets, ces grandes tentes blanches et la longue file de cars en stationnement. Mais justement, ce n’est pas en insistant sur cet aspect « colonies de vacances » et régie municipale que l’on va accroître l’attractivité de ces lieux. Déjà le terme de « base de loisirs » à un côté économie planifié limite soviétique. Si la mairie de Paris a choisi le nom de Paris-Plages et non pas « base de promenade et de loisirs de Paris », c’est parce qu’un travail de réflexion a été mené pour trouver un nom porteur, qui ouvre l’imaginaire, qui invite, qui séduise. Et il ne sera pas nécessaire de réunir un panel de testeurs pour dire entre Base de loisirs de Vaires ou Paris-Plages à Vaires, lequel des deux a le plus de chance d’éveiller intérêt et envie d’aller y faire un tour. C’est peut-être de la communication, mais cela fait aussi la différence, comme la différence qu’il y a entre une marque et un produit générique ;-)

medium_bois-de-vincennes-tentes.jpgQue des loisirs soient organisés par les municipalités pour les gamins qui ne partent pas, c’est une chose excellente. Mais il ne faut pas oublier les autres, hors centres aérés, les plus âgés, ados et jeunes adultes, et les adultes plus âgés enfin, qui sont nombreux à ne pas partir. D’autre part, il ne faut pas avoir une vision seulement « utilitariste » de ces bases de loisirs, et réduire leur intérêt à leur seule utilisation pendant les vacances. Les faire connaître grâce à un label Paris-Plages aura l’avantage d’y attirer des visiteurs qui pourront y retourner le reste de l’année, hors période de vacances ou de Paris-Plages. Il serait intéressant de faire un sondage pour savoir quelle est la proportion de Parisiens, intra et même extra muros, qui connaît l’existence des ces ressources de loisirs. Pourraient en témoigner sans doute le nombre d'internautes qui chaque fois que le soleil montre le bout de son nez, aterrissent sur Paris est sa banlieue en cherchant où se baigner à Paris, ou bien encore où faire de la voile à Paris ! D'ailleurs, dans les considérations sur ce label Paris-Plages, il ne faut pas non plus oublier tout l'aspect accessibilité facilitée à ces bases de loisir à travers des partenariats avec la RATP ou la SNCF.

medium_paris_quartier_d_ete.jpgEnfin j’insiste une nouvelle fois sur le regard de Paris sur sa banlieue, de Paris intra-muros sur Paris extra-muros. Dire que les bases de loisirs, c’est bien pour les centres aérés, les enferme dans une fonction utilitaire d’un certain point de vue dévalorisant. Nombre de parisiens sachant que ces bases sont utilisées comme centres aérés risquent de les cataloguer en lieux de loisirs "pour pauvres". Alors plutôt que d’être répertoriées comme ressources pour centres aérés, je préfèrerais qu’elles soient découvertes comme des lieux de loisir attirants, conviviaux, et surtout communs à tous les Parisiens, intra et extra muros. Un label Paris-Plages, c’est un signe, un message de solidarité et une garantie de qualité, car avec ce label, c'est aussi le savoir-faire montré à Paris-Plages qui serait partagé avec les autres centres de loisirs, à l’instar de Paris quartier d’été qui cette année associe 11 villes de banlieue, Vitry-sur-Seine, Champigny-sur-Marne, Aubervilliers, Bagnolet, Pantin, Saint-Denis, Saint-Ouen, La Défense, Nanterre et Chamarande.

medium_bobigny_sur_ourcq.gifAvant de finir cette note, je tiens à signaler une initiative commune aux mairies de Bobigny et de Paris ainsi que du comité départemental du tourisme du 93, qui va dans le sens de ce label Paris-Plages et du type de projets qui l’accompagnent. Ainsi, une navette fluviale gratuite reliera tous les week-ends le site du Bassin de la Villette de Paris-Plages au site de Bobigny-sur-Ourcq, version locale de Paris-Plages. C’est encore timide, mais c’est en développant ce genre d’initiatives que l’on changera les visions réciproques de ces deux Paris, de part et d’autre du périphérique.

23.07.2007

STIF et Grand Paris, ou de l'absurdité comme principe de gouvernement

medium_shadok_devise_simple.2.jpgParis est sa banlieue milite pour un Grand Paris, non pas parce que Big is beautiful, ou que je sois obsédé par des pulsions mégalomanes pour la ville que j’habite. Non, je pense que seule une gestion unifiée de la Ville dans son ensemble, avec une vision globale, est l’unique possibilité de répondre aux défis posés aujourd’hui, congestion automobile, insuffisance des transports, insuffisance de logements, déséquilibre Est-Ouest, fuite des emplois, pollution, etc. Mais notre mille-feuille administratif, la juxtaposition des centres de décisions, le conservatisme forcené de nombre d’acteurs, élus ou politiques, principalement soucieux de défendre leur pouvoir, empêche jusqu’à la caricature une approche rationnelle du développement de la Ville. Je ne résiste pas à l'envie de citer ces quelques lignes de Christian Sautter, Adjoint au maire de Paris Bertrand Delanoë, chargé du Développement économique et des Finances, repérées sur le blogue Betapolitique,  qui feraient rire, si elles n'étaient pas lamentablement réelles.

medium_medium_Shadock_05.2.jpg« Le premier fait divers remonte à une semaine. J’étais au conseil d’administration du Syndicat des Transports d’Île de France (STIF). Nous avons entendu la présentation d’une étude sur les retards fréquents d’un métro express nord-sud (RER D). Fallait-il vraiment doubler le tunnel entre Châtelet et la gare du Nord, où les trains doivent laisser le passage à une autre ligne de RER ? Ou existerait-il une autre solution ? Au terme de modélisations coûteuses, il est apparu que l’on pourrait gagner beaucoup de régularité, s’il n’y avait pas de changement de conducteur à la gare du Nord. La ligne est en effet gérée par deux entreprises, la RATP et la SNCF. La première assure le service dans Paris, jusqu’à la gare du Nord ; la SNCF prend ensuite le relais. Et le changement de conducteur peut prendre jusqu’à trois minutes, ce qui perturbe des horaires calculés à la poignée de secondes. Il est rare de trouver en réunion l’œuf de Christophe Colomb (qui, pour faire tenir l’œuf sur sa pointe, en a tout simplement écrasé la base sur la table). Nous nous sommes cependant engagés dans une longue discussion, les uns prétendant que le conducteur remplaçant pouvait patienter quelques instants sur le quai et relayer instantanément le conducteur arrivant ; les autres affirmant qu’il fallait confier tous les transports parisiens à une seule entreprise, la RATP. Tous ont souligné la difficulté à convaincre les syndicats des deux entreprises d’accepter ces révolutions majeures ! La conclusion, laborieuse, fut de tenter de mettre en place le relais instantané d’ici un an ( !) sans oublier de poursuivre les réflexions sur le tunnel : un gros investissement vaut mieux qu’une amélioration du fonctionnement ! »

medium_shadock_020.2.jpgL’objectif de Christian Sautter dans sa note, n’était pas de parler du Grand Paris, mais de la nécessaire rénovation de la gauche en général et du PS en particulier. Je le cite encore : « Ces cinq faits d’actualité ont tous un point commun : l’oubli que le service public doit d’abord et avant tout être au service du public. Le statut des personnels et le respect de règlements tatillons sont assurément importants, mais ils sont seconds, derrière les intérêts des usagers du service public.
Si la gauche en général, et le Parti socialiste en particulier, s’obstinent à refuser toute évolution du rôle de la puissance publique qui pourrait contrarier un tant soit peu les intérêts des fonctionnaires et autres agents statutaires, elle se prépare des lendemains qui déchantent. Le corporatisme engendre le despotisme et nombreux sont ceux qui ont voté pour l’actuel président de la République parce qu’ils se sentaient dédaignés dans leur vie quotidienne.
»

medium_assemblee.gifMais ce raisonnement pourrait tout aussi bien être appliqué à l’agglomération et à la question du Grand Paris. En s’arc-boutant sur un statu quo dont tout le monde dénonce les conséquences, mais dont très peu osent aborder une possible évolution, on laisse le champ libre à une action autoritaire dont Nicolas Sarkozy a déjà montrer la possibilité. « La tentation autoritaire et idéologique de réduire le service public doit être combattue, car elle est porteuse d’injustice sociale. La résistance ne doit pas être statique mais dynamique… il est possible de construire et de proposer un « mieux de service public », face au « moins de service public » qui va nous être imposé. », écrit Christian Sautter. Cette attitude devrait aussi être celle des élus de gauche vis-à-vis de la proposition du chef de l’Etat de faire évoluer Paris vers un Grand Paris, plutôt que s’accrocher désespérément à la révision d’un texte élaboré avec des institutions qui ont montré leurs limites jusqu’à l’absurde de l’anecdote de Christian Sautter.

22.07.2007

Rafle du Vel d’Hiv, devoir de mémoire et identité nationale

Ce soir je regarde les images de la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv, il y a 65 ans. C’est la premières fois, finalement, que je suis content de voir Rachida Dati, à côté de Simone Veil. J’entends les commentaires, saluant l’avancée de Chirac, qui il y a seulement quelques années en 1995, a reconnu le rôle de l’Etat français, dans ce barbare et froid acte d’inhumanité, le génocide commence toujours à côté de chez soi, mais par les autres. Pourquoi nous a-t-il fallu tant de temps pour accepter et reconnaître cette responsabilité, cette honte, la nôtre aussi. Repentance ? le mot déplait à Sarkozy. Mais ce soir, je ne peux pas m’empêcher de me souvenir que gamin dans les années 60, pendant la guerre d’Algérie, et si peu de temps après la fin de la guerre,  il y avait deux mots que je croyais être des gros mots, des mots sales, et que je n’osais pas prononcer. Ces deux mots, c’était juif et arabe. Je me souviens de la musique qui sortait de cet hôtel près du pont du chemin de fer, au confins du village, Moirans en Isère, au bout du jardin de mes grands parents, et de ces autres gamins, petits garçons et petites filles arabes, algériens sans doute, avec lesquels nous jouions en cachette, de part et d’autre du grillage du jardin de Mamie. C’est sans doute pour cela que la musique arabe, égyptienne ou arabo-andalouse résonne pour moi comme une musique si familière, une part de mon identité de petit français d’alors, un peu plus vieux aujourd’hui.. Et puis, je me souviens de mon autre grand-mère à qui je parlais de mon copain Zérah au collège, et de sa réflexion. Tu sais, ton copain il est juif, mais ce n’est pas de sa faute.

Juives ou arabes ? deux de mes musiques ;-)


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19.07.2007

Le Grand Paris va du SDRIF à Paris-Plages

Mise à jour du 20 juillet

medium_fillonmatignon_jpg.jpgEvidemment tout un chacun sait ce qu'est SDRIF écrivait un visiteur dans un commentaire agacé sur Paris est sa banlieue, version 20minutes.fr. D'abord j'avais développé SDRIF en Schéma Directeur de la Région Ile-de-France, et puis faute de savoir ce qu'est le SDRIF, tout le monde reconnaîtra bientôt en cet acronyme un des nouveaux sujets de bataille droite-gauche !
Bref, pour clore provisoirement le feuilleton SDRIF, la région et l’Etat se sont parlé par l’intermédiaire de Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France et du Premier Ministre François Fillon. En résulte à travers un communiqué publié sur le site de Matignon, le constat d’un « désaccord entre l’Etat et la région sur le contenu de ce schéma », et la volonté d’engager « un dialogue de fond ». Le communiqué conclut sur le souhait de « continuer à échanger avec le président de la région, en liaison avec le préfet de région, pour réduire ce désaccord et parvenir à intégrer dans le SDRIF toutes les garanties nécessaires, au service des habitants de la région, tant en matière d’emploi que de logement, de transports et de développement durable. »

medium_huchon1.jpgDe son côté, Jean-Paul Huchon salue un esprit de dialogue, avec tout de même une mise en garde "on ne mettra pas au pilon un travail mené depuis plus de trois ans et on ne recommencera pas un schéma sous la dictée de l'Etat". Cité sur le site du Moniteur, Huchon poursuit, "il y aura la poursuite d'un travail technique avec l'Etat pour réduire les points encore en divergence pour permettre à la région d'affirmer son avenir et à l'Etat de manifester son intérêt pour l'Ile de France, notamment pour les transports en commun." Fin de l’épisode ouvert par Sarkozy à Roissy, il y a quelques jours, et conclusion de Président de la région : "A l'issue de cet entretien, la procédure d'enquête publique lancée par la région et la poursuite de la procédure d'adoption du schéma directeur est acquise !"
Fin de la première manche, un partout la balle au centre ? A voir…

medium_bassin_de_la_villette.jpgEt du coup, je n’ai même plus le temps d’écrire mon billet rageur annuel sur Paris-Plages. Mais comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, je dois avouer, que ma note n’aurait pas été aussi négative que les précédentes. Bien sûr Paris-Plages continue de m’agacer, comme étant la mauvaise réponse à une bonne question. Mais d’une part, je constate cette année une modération nouvelle dans la façon dont la mairie communique sur cette opération, et surtout l’édition 2007 marque une inflexion intéressante par rapport aux éditions précédentes. Je ne reviendrai donc pas sur le Paris-Plages "classique", palmiers, sables et transats, dont on ne comprend toujours pas si l’objectif véritable est d’habituer les parisiens à la fermeture de la voie rapide, ou de leur offrir une alternative estivale sous-dimensionnée sur le ruban de goudron de la voie Georges Pompidou.… En revanche, l’extension sur le Bassin de la Villette, même si des activités y étaient déjà organisées les années précédentes, est vraiment une très bonne initiative : sortir de l’hyper-centre et de sa symbolique, exporter le concept Paris-Plages vers la périphérie, et proposer de vraies activités, canoës, kayaks, optimistes, pédalo sur le Bassin de la Villette. Là oui, on répond bien à la question : comment faire profiter de vraies vacances à ceux qui ne peuvent pas partir. Et d'ailleurs c'est l'endroit qu'a choisi Bertrand Delanoë, le maire de Paris, pour inaugurer ce Paris-Plages 2007...

medium_Vaires2.2.jpgAvec un peu de chance pour son édition en 2008 la mairie osera franchir le périphérique, sans forcément sortir de Paris en faisant du Paris-Plages dans les bois de Vincennes et de Boulogne, et puis avec un peu d’audace ou d’idée, pourquoi pas faire bénéficier l’agglomération, la zone dense, le Grand Paris, du savoir-faire Paris-Plages ? Dans l’un des premiers textes que j’avais écrit sur cette opération, j’avais proposé la création d’un « label Paris-Plages », et d’appliquer la recette aux nombreuses bases nautiques ou de loisirs qui entourent la capitale, de créer des partenariats avec ces dernières, incluant les collectivités territoriales concernées y compris la région, mais aussi la RATP et la SNCF pour offrir aux parisiens intra et extra muros des services d’accès facilités, des navettes si nécessaires, et des tarifs adaptés. Exporter Paris-Plages hors de Paris intra-muros aurait un double avantage. D’une part éviter de concentrer toute l’activité sur le centre de la Ville, et d’autre part ouvrir les parisiens intra-muros vers l’extérieur de la ville, leur faire découvrir que la ville ne se limite pas à la frontière du périphérique, qu’il y a des ressources et des paysages de l’autre côté, que la banlieue, ce n’est pas que des barres et des cités, ou un océan uniforme de mauvais pavillons, que l’on peut faire du vélo au bord de la Marne, que l’on peut faire de la voile à Choisy, de l’aviron à Vaires ou à Cergy, que l’on peut même se baigner, jouer au ballon dans l’herbe, ou simplement respirer sans quitter vraiment Paris. De vraies vacances, sur de vraies plages. Cela permettrait au passage, d’ouvrir les yeux de ces parisiens intra-muros, de leur apprendre à apprivoiser medium_cergy.jpgla Ville, leur Ville qu’ils ignorent ou refusent encore aujourd’hui pour beaucoup trop d’entre eux, en la montrant sous un jour agréable, ludique, apaisé. Et pour revenir au débat sur le Grand Paris, s’il est sûr que rien ne pourra se faire sans l’avis des élus, rien ne se fera non plus sans la compréhension et l'adhésion des parisiens, de part et d’autre du périphérique. La ville ne se décrète pas, elle est là où ses habitants la font. et la vivent. Alors pourquoi ne pas commencer avec un été à Grand Paris-Plages ;-)

18.07.2007

SDRIF et UMP, ou les « indications de Nicolas Sarkozy »…

medium_sdrif_carte_générale.jpgHier sans surprise, le Conseil de Paris a approuvé le Schéma Directeur de la Région Ile-de-France (SDRIF). Paris était le dernier des 8 départements à se prononcer. En fin de course, 92, 95 et 78 ont voté contre, et 77, 75, 91, 93 et 94 ont voté pour. Dès la semaine dernière, Jean-Paul Huchon, le président de la Région Ile-de-France, avait lancé le processus conduisant à l’enquête d’utilité publique sur le SDRIF qui doit se dérouler d’octobre à décembre de cette année. Au même moment, il avait reçu une lettre du Premier Ministre François Fillon demandant de surseoir à cette même enquête. Le ministre Borloo à l’Ecologie avait émis quant à lui un « avis réservé ». Le tout rappelons-le après la sortie du Président de la République à Roissy, liant l’adoption SDRIF à la tenue d’un Conseil Interministériel d’aménagement de l’Ile-de-France (CIADT), le tout à l’horizon fin 2008.

medium_ump_paris.jpgLe plus étonnant dans le vote des élus parisiens hier, c’est l’attitude des élus UMP : abstention. Le Parisien dans son édition de Paris écrit « contre toute attente, même l’UMP, comme le Modem, s’est abstenue. A l’exception d’une ou deux petites mains (dans les rangs du Nouveau Centre). » Etonnant en effet cet UMP à géométrie variable sur la question de la région Ile-de-France. Qu’ils boycottent la Conférence Métropolitaine, ce n’est pas glorieux, mais bien dans la ligne du petit jeu bien français qui fait passer les querelles politiciennes avant l’intérêt général.

Mais alors là, avoir signé le matin une tribune* dans Libération dans laquelle on peut lire « très précisément, le Président a exprimé son désaccord quant à l’adoption du nouveau Schéma directeur de la région Ile-de-France (SDRIF) tant que la question de la communauté urbaine ne serait pas tranchée… Faisons nôtre, l’indication de Nicolas Sarkozy pour travailler à la naissance de cette structure de coordination et d’impulsion «c’est la rigidité des structures qui met en cause l’unité», pour s’abstenir sur le vote de ce même SDRIF l’après-midi, on se demande quelle "indication de Nicolas Sarkozy" l’UMP parisienne a reçue ;-)

medium_france_departements.gifps : le discours de Roissy de Nicolas Sarkozy est vraiment une mine que l’on n’a pas finit de fouiller. En ces temps de mise en place d’une commission de réflexion sur les institutions, on devrait sans doute méditer cette phrase extraite de son speech : « Quant aux départements, qui peut comparer le rôle d’un département de petite couronne et celui d’un département rural, alors qu’ils ont les mêmes pouvoirs, la même fiscalité, la même structure ! »

* Le Grand Paris du XXIe siècle, La capitale et l’Ile-de-France doivent envisager l’avenir en imaginant un système urbain multipolaire. Par FRANÇOISE DE PANAFIEU, candidate UMP à la mairie de Paris, CLAUDE GOASGUEN et PHILIPPE GOUJON, députés de Paris. Libération/Rebonds, mardi 17 juillet 2007

 

17.07.2007

Grand Paris, Vélib' et TVM...

L’inauguration de Vélib' et son flot de retombées médiatiques (nous dira-t-on combien de Vélib utilisés un lundi de pluie ?) ont occulté un autre événement majeur de la vie du Grand Paris. On en a un peu parlé hier dans le cadre de la bagarre politique du SDRIF, puisque cet événement a été l’occasion pour Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France de faire entendre sa voix dans le débat actuel en se posant la question « de quel droit une assemblée qui a le pouvoir de décider sur cette question est contredite par l'Etat? » et y apportant lui-même la réponse, c’est un «conflit plus que politique » tout en taxant la position de Sarkozy sur le poids de la région et sur le Grand Paris de « jacobinisme excessif ».

Et pour une fois, je dois donner raison au président de la région Ile-de-France. Ce conflit est plus que politique dans le bon et le mauvais sens du terme. Dans le mauvais sens du terme.

Ce matin dans Libération, l’UMP se fend d’une tribune sur le Grand Paris. Signée par Françoise de Panafieu, candidate UMP à la mairie de Paris, Claude Goasguen et Philippe Goujon, députés UMP de Paris, comme si faute d’idées il fallait se mettre aussi à trois pour ce genre d’exercice à l’instar des Verts, Denis Baupin, adjoint Vert au maire de Paris, chargé des transports, Mireille Ferri Vice-Présidente du Conseil régional d’Ile-de-France chargée de l’aménagement du territoire, et Catherine Candelier, vice-président du groupe des Verts au Conseil régional, la semaine dernière dans le Monde. Les triolistes de l’UMP commencent par s’en prendre à la Conférence Métropolitaine du maire de Paris, Bertrand Delanoë, qualifiée d’ « apparence de concertation qui s’est figée dans un dialogue factice et sans lendemain, puisque sans aucun moyen d’action technique et financier. » C’est un peu rapide de la part de représentants d’un parti qui, à l’opposé de l’ouverture prônée par son leader Sarkozy, appelle au boycott de cette initiative qui pourtant devrait trouver grâce à leurs yeux. Lorsque le trio écrit que « la vraie réponse réside dans l’amélioration substantielle des conditions de transports, dans les lignes de RER et de métro, et le maillage du réseau de transports en commun en banlieue pour le projet Arc Express ou Métrophérique », l’honnêteté intellectuelle demanderait qu’il reconnaisse que la Conférence Métropolitaine a réussi lors d’une session précédente à imposer tant au niveau des élus que dans le grand public un consensus sur Métrophérique. Mais il est vrai que pour l’UMP parisienne, le jeu politicien prime apparemment sur l’intérêt des parisiens intra et extra muros.

Mais c’est aussi un « conflit plus que politique » dans le bon sens de terme, au sens de la politique appliquée à la vie de la cité et à la conception que l’on s’en fait. Il convient en effet de se poser cette question comme Patrick Braouezec, député PC de Seine-Saint-Denis et président de l’agglomération Plaine-Commune, le fait lui aussi dans Libération ce matin. « La question du Grand Paris et du devenir de la région capitale est tout sauf une question technique de bonne administration ou de bonne entente entre élus locaux… C’est une question de société, une question de valeurs et d’avenir à construire. » Les réactions à l’opération Vélib’ sont à cet égard particulièrement intéressantes. Toujours dans le même Libération, l’association La Périféérique se lamente sur La banlieue privée de Vélib’». Il n’est pas lieu ici de soutenir leur argumentation sur l’utilisation du vélo dans l’agglomération parisienne comme alternative valable en termes de transports, mais leur question est juste, pourquoi à Paris et pas au-delà du périphérique ? Denis Baupin, adjoint aux transports du maire de Paris, y apporte une réponse qui montre à quel point la situation administrative actuelle est un frein au développement rationnel de la Ville. Ainsi Baupin déclare sur RTL vouloir « développer le service sur l’agglomération… une fois que l'on aura terminé la mise en place d'ici la fin de l'année » sur Paris. Et d’ajouter, "beaucoup de communes sont déjà demandeuses. Cela pose quelques petits problèmes juridiques puisque cela a été couplé avec le marché de la publicité avec Decaux et que Decaux n'est pas forcément l'annonceur des toutes les villes limitrophes… Il faut trouver des dispositifs" mais "il est évident que le bassin de déplacement concerné dépasse largement Paris. » Voilà bien le hic, « trouver des dispositifs ». L’actualité met le focus sur le vélo, mais on pourrait l’étendre à d’autres initiatives, par exemple l'accès gratuit aux services wifi qui vient d’être inauguré à Paris dans les espaces publics. Pourquoi à Paris intra muros et pas au-delà du périphérique ? Rééquilibrer, réduire les inégalités proclame le Schéma Directeur de la Région Ile-de-France (SDRIF), pas seulement le texte qui fait l’actualité aujourd’hui, mais aussi sa version de 1994. Et que les commentateurs ne viennent pas encore écrire que les autres municipalités n’ont qu’à faire comme Paris. Cela n’a pas de sens, il y a une question de ressources, d’effet de taille, de rationalisation et de retour sur investissements, etc. Avec la même logique que Patrick Braouezec écrit aujourd’hui « la communauté d’agglomération que je préside est la preuve que des coopérations intercommunales très étroites et cohérentes sont possibles en Ile-de-France, sur d’autres critères que la concurrence, l’hégémonie ou la préservation de l’entre-soi des riches. Nous relevons le défi d’un développement solidaire tendant à faire de notre bassin de vie une centralité urbaine émergente, attractive, pôle dynamisme économique mais aussi social, urbain et environnemental. » La quête d’un Grand Paris, n’est rien d’autre que la volonté d’appliquer cette démarche à l’ensemble de l’agglomération parisienne.

Ah oui, j’allais oublier de parler de cet autre grand événement ! Hier, le prolongement du TVM a été inauguré en grande pompe. Il n’a pas le « nez résolument urbain » du Tram des maréchaux et ne risque pas de faire le 20h00 des chaînes nationales. Le TVM pour Trans Val de Marne, c’est un bus, en site propre, et hier on a ouvert neuf nouvelles stations sur 7 kilomètres, portant son terminus de Rungis à la Croix de Berny. Grande nouvelle, « il est désormais possible d’aller de Saint-Maur-Créteil à la Croix de Berny en 55 minutes » déclarait hier Pierre Mongin, président de la RATP. Là je dois dire que Pierre Mongin est plus convaincant lorsqu’il parle de Métrophérique... Le Parisien dans son édition du Val de Marne explique aujourd’hui « un bus toutes les 4 minutes aux heures de pointe, un accès facilité pour les personnes à mobilité réduite dans toutes les stations, une information en temps réel, une vitesse de 23 km/h… le TVM, c’est un peu comme un tramway sans rails. » Bien vu, et la banlieue, c’est un peu comme le Grand Paris, sans Paris ;-)

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16.07.2007

Où va le SDRIF ? ou, la bataille pour le Grand Paris est ouverte !

medium_sdrif_logo.JPGLe Figaro nous apprend ce matin que « le Premier ministre, François Fillon, a envoyé, jeudi 12 juillet, une lettre au président de Région Jean-Paul Huchon (PS) lui demandant de surseoir à l'enquête publique sur la révision du SDRIF, le schéma directeur de la région Ile-de-France ». Après le premier signal donné par l’avis réservé du Ministère de l’Ecologie, la position de Fillon vient confirmer le discours du Président de la république à Roissy, qui avait déclaré ne pas souhaiter l’adoption du SDRIF. Le Figaro poursuit en précisant que « Ce n'est pas un hasard si ce même jeudi, le président de la Région a annoncé haut et fort qu'il venait de signer l'arrêté portant ouverture de l'enquête publique. » Demain, le Conseil Général de Paris doit se prononcer sur le SDRIF. Lors de la dernière session de la Conférence Métropolitaine, Bertrand Delanoë, le maire de Paris, avait annoncé que le Conseil Général de Paris s’orientait vers un avis favorable.

medium_Pouvoirs_Locaux_light.jpgPour autant, on pourrait avoir des surprises dans cette pièce à trois, l’Etat, la Région et la Ville. Clairement, deux camps sont petits à petits en train de se mettent en place, pour deux projets qui pourraient ou devraient être compatibles : un Grand Paris dynamique dans une Grande Région forte. Mais au-delà des clivages politiques, des rapprochements semblent se dessiner, les partisans d’un Grand Paris, Communauté urbaine ou autre, et ceux de la Région. Bien sûr, nombreux encore défendent le processus du SDRIF, parce qu’il est le symbole d’une certaine décentralisation et d’une gestion plus démocratique, mais pour autant, des critiques se font entendre, et mettent fin à une belle unanimité. Le SDRIF n’est pas au niveau pour les uns en matière de transports, pas au niveau pour les autres en matière de logements ou de rééquilibrage Est-Ouest. Pas adapté ou incomplet. Pour se faire une idée, on peut se rapporter au numéro de mai de la revue Pouvoirs Locaux* avec notamment, Le SDRIF, illustration d’une décentralisation inachevée ? de Vincent Fouchier, Directeur délégué de l’IAURIF qui écrit ainsi « les Conseils Généraux ont tous préparé une contribution au SFDRIF ; ils ont tous conduit une concertation au sein de leur territoire, ils ont tous fait des propositions d’aménagement, certains exprimant leur souhait de voir repris leur contribution in extenso dans le SDRIF. Le Code de l’urbanisme prévoit en effet qu’ils formulent des propositions et qu’ils donnent ensuite leurs avis sur le SDRIF, lequel avis est d’ailleurs joint au dossier d’enquête publique… mais ils n’ont pas de compétence stricto sensu en matière d’aménagement du territoire ! » On peut lire aussi l’article de François Archer, professeur à l’Institut français d’urbanisme (Paris VIII) sur le SDRIF « qui additionne els bonnes intentions, même lorsqu’elles sont contradictoires, les revendications des diverses collectivités, les soucis des différents acteurs et groupes de pression. Il ne hiérarchise pas les objectifs et n’établit pas véritablement de priorités. » Critiquer le SDRIF n’est plus tabou.

medium_sarkozy_delanoe.jpgAlors, que faire du SDRIF ? Faut-il un retour de l’Etat, dans ce processus de décentralisation. Et de fait, tous les acteurs rappellent l’Etat à ses devoirs lorsqu’il s’agit de financement, mais lui rappellent aussi qu’il doit respecter les élus, et à travers eux, les citoyens. En cette période « d’ouverture », où selon le slogan « tout est possible », il est intéressant de relire certains discours, comme par exemple l’échange qui s’est déroulé le 24 mai dernier entre le maire de Paris et le président de la république. Ainsi à Bertrand Delanoë qui déclare : « Immense ambition à laquelle chacun devra évidemment contribuer. Et Paris veillera à prendre toute sa part dans l’écriture du 21ème siècle en marche. D’ores et déjà, notre cité s’est engagée sur la voie d’une nouvelle donne démocratique, sociale, économique et environnementale. Dans cette quête qui inspire autant d’humilité que de volontarisme, la prise en compte de l’apport de chacun est indispensable. Et celui des collectivités locales est majeur dans la France d’aujourd’hui, quand les besoins de logements, de solidarité, de création d’emplois ou de dynamique culturelle, s’imposent comme autant de leviers de l’unité nationale. Sur l’ensemble de ces dossiers, je souhaite bien entendu que l’Etat et la Ville de Paris puissent travailler ensemble, au service exclusif de l’intérêt général », Nicolas Sarkozy répond « on ne peut pas avoir une grande ambition pour la France, sans une grande ambition pour la capitale de la France. Paris n’est pas faite pour les petites ambitions, Paris est faite pour les grands projets. Paris doit rayonner dans le monde. Et Paris ne peut pas le faire sans l’aide et le soutien puissant de l’Etat. Croyez bien que l’Etat sera aux côtés des élus de Paris. »

plus que jamais à suivre…

* Pouvoirs Locaux, les cahiers de la décentralisation, Dossier Paris-Ile-de-France, comment gouvernet la "métropole régionale". Numéro 73 II/2007 (mai). On peut se le procurer à la Documentation Française.

15.07.2007

Réflexion politique, la banlieue aussi...

Promenade à vélo sans Vélib ;-)

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Fontenay-sous-bois, 15 juillet 2007

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