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31.12.2008

Carte postale avec bassin parisien, graphs et voeux métropolitains ;-)

Bassin de l'arsenal, 24 décembre 2008 voeux-2009.1230749420.jpg

Paris est sa banlieue vous présente ses meilleurs voeux pour la nouvelle année. 2009, année du Grand-Paris et de Paris-Métropole, ce soir on peut au moins le souhaiter ;-)

Tous mes voeux de bonheur et de réussite, et tous mes remerciements aux lecteurs et commentateurs de Paris est sa banlieue !

Jean-Paul Chapon

29.12.2008

Grand-Paris et petits média*, ou les frontières mentales du Petit-Paris

Mise à jour du 31 décembre 2008 **

Le JDD Ile-de-France ne reparaîtra pas, quant à ParisObs, il change de formule pour se fondre avec TéléObs et ne traiter de Paris que l’information culturelle, mais de « manière plus riche », annonce ParisObs dans un article intitulé Paris, un porte-poisse pour la presse ? L’article reprend l’histoire des médias centrés sur Paris pendant ces 20 dernières années et constate sans donner vraiment d’explication, l’hécatombe, mis à part le Parisien, qui fait de la proximité aux dépens d’une vision métropolitaine avec ses éditions départementales, et paradoxalement, le JDD Ile-de-France qui pourtant s’arrête, et intègrera 4 pages sur Paris et la région Ile-de-France dans son cahier principal, économie de fabrication sans doute.

Parmi les pistes explorées pour comprendre ce phénomène, ParisObs donne la parole à Jean-Christophe Mikhaïloff, ancien éditeur de Zurban, dont les déclarations méritent un mur de çon hors concours de Paris est sa banlieue ;-) «Tous nos titres échouent sur le même écueil : ils tablent sur un lectorat de 8 millions d'habitants. Mais Paris n'est pas Londres. Il n'y a pas de culture métropolitaine. Le lectorat parisien, c'est 2 millions. L'intra-muros.» déclare Mikhaïloff à ParisObs, qui précise que «Zurban», comme la plupart de ses concurrents, n'a jamais réussi à passer le périphérique (70% de la diffusion à Paris). «L'habitant de Chatou n'en a rien à faire de ce qui se passe à Créteil. Et la plupart des banlieusards n'ont qu'une consommation très ponctuelle de la culture à Paris. Il y a des frontières mentales que l'on n'imagine pas...»

Comment peut-on pousser jusqu’à ce point une vision aussi caricaturale, étroite et élitiste de Paris, avec d’un côté ces 2 millions de parisiens intra-muros cultivés, consommant de la culture de façon soutenue, et de l’autre côté, ces « banlieusards » qui n’ont qu’une consommation « très ponctuelle » de la culture à Paris, et par dessus le marché oser un « il y a des frontières mentales que l’on n’imagine pas » ! Comment peut-on se leurrer devant le miroir aux alouettes de l’entre-soi et s’enfermer dans ses propres « frontières mentales ». Et qu’est-ce cela veut dire aujourd’hui « la culture à Paris », ne se passe-t-il vraiment rien au-delà du périf, amusant alors que la Comédie Française essaie de mettre la main sur la MC93 de Bobigny ! Mais c’est surtout le jugement sur « les banlieusards », les habitants de Chatou ou ceux de Créteil, qui n’ont sans doute d’intérêt que pour leur clocher et leur petite vie banlieusarde à l’horizon étroit et inculte. La « consommation » de culture tient à beaucoup de choses, parmi lesquelles la facilité d’accès à la culture, les moyens économiques, et le temps aussi. Je ne suis pas sûr que tous les 2 millions de parisiens intra-muros ont les moyens de se « payer » une consommation culturelle assidue, quant aux banlieusards qui le voudraient et le pourraient, il y a aussi d’autres obstacles que les « frontières mentales » de Jean-Christophe Mikhaïloff qui entrent en compte. Et si « l’habitant de Chatou » ne s’intéresse pas à ce qui se passe à Créteil ou à Paris intra-muros, ce n’est pas forcément parce qu’il est inculte, mais peut-être parce que l’accès à la culture n’est pas facile pour lui, à commencer par l’accès physique. Aller le soir à Bobigny, ou à Ivry au théâtre Antoine Vitez depuis Fontenay-sous-bois n’est pas évident, si l’on ne prend pas sa voiture. C’est ça aussi l’accès à la culture.

Pour répondre à Mikhaïloff, on pourrait s’appuyer sur les chiffres de diffusion de 3 quotidiens nationaux, taxés de concurrence avec les Zurban et compagnie, parce que leurs rubriques culturelles sont « largement consacrées aux grands événements de la capitale » pour montrer qu’on sait aussi lire en banlieue. Ainsi Le Monde a une diffusion de 48% en Ile-de-France (dont 37% à Paris), Le Figaro de 59% en Ile-de-France (42% à Paris) et Libération de 42% en Ile-de-France (27% à Paris). Mais ces chiffres ne veulent pas dire grand-chose, si ce n’est que ce sont des parts de diffusion nettement supérieure à la part de population de l’Ile-de-France (20% de la population française) justifiant sans doute le fait que ces médias s’intéressent à leur lectorat parisien, intra et extra-muros. Concernant la part Paris intra-muros par rapport à la banlieue, l’écart plus réduit entre diffusion Paris et Ile-de-France pour le Monde, en comparaison des deux autres titres reflète certainement la difficulté à trouver le Monde en banlieue, comme je l’ai souligné à plusieurs reprises dans Paris est sa banlieue, et peut-être aussi le fait que de nombreux banlieusards, travaillant à Paris achètent Le Monde - quotidien du soir - près de leur lieu de travail avant de rentrer chez eux en banlieue. J’achète le Monde tous les jours, 5 jours à Paris et 1 seul en banlieue où j’habite.

Il y a des frontières mentales que l’on n’imagine pas, c’est vrai, mais surtout dans l’esprit étroit, borné et méprisant de certains Petits-Parisiens de l’intra-muros qui se pensent l’élite intellectuelle de la Ville aujourd’hui et vivent enfermés dans un rempart d’un autre temps. La construction d’un Grand-Paris, en passant par Paris-Métropole, est nécessaire aussi pour faire tomber ces « frontières mentales » C’est ce à quoi depuis bientôt 4 ans Paris est sa banlieue essaie de contribuer, pour faire émerger cette culture métropolitaine, riche et diverse, mais qui a tant de choses en commun, et qui est celle de la Ville réunifiée, de part et d’autre du périphérique n’en déplaise à Jean-Christophe Mikhaïloff.

* Titre d’un mail que Gurvan Le Guellec, journaliste de ParisObs (un des auteurs de l’article en question) m’avait envoyé et que je salue amicalement ;-)

** Il m'a fallu trois points de vente de presse ce matin à Fontenay-sous-bois, pour trouver trois journaux. Dans le premier je n'ai trouvé que le Canard, mais pas de Libération ni de Parisien. Dans le second à Vincennes, je trouve le Parisien, mais pas de Libération, et enfin dans le troisième de retour à Fontenay, je trouve Libération. Plutôt que de gloser pendant des heures sur les difficultés de la presse quotidienne, la concurrence d'Internet, les attentes des lecteurs en terme de contenu, on pourrait peut-être se pencher sur les attentes des lecteurs en terme de distribution, dont la première est de trouver son ou ses quotidiens favoris ;-)

Jean-Paul Chapon

28.12.2008

Pour en finir avec les Pères Noël de banlieue...

Val de Fontenay, le 28 décembre 2008 trone-pere-noel-val-de-font.1230495566.jpg

Les commentaires sont une chose toujours étonnante et imprévisible sur les blogues, et pas toujours sur les notes pour les quelles on attendrait une réaction, avec parfois une violence et une haîne en totale disproportion avec le sujet traité. Bref, mes Pères Noël de banlieue m'ont valu deux commentaires, un fielleux et étrange sur la version Lemonde.fr, et un bêtement méchant, peut-être parce que trop rapide dans la version 20minutes.fr. Donc pour ne plus tomber dans le "gnagnagna" de l'un, et le "minable connard de flic" de l'autre, un témoignage photographique prouvant que le Père Noël a bien quitté la banlieue et les pages de Paris est sa banlieue, au moins pour cette année ;-)

Une fois de plus, si j'arrive à trouver le temps retour demain (au plus tard mardi) sur le Grand-Paris, à propos de la disparition de ParisObs et du JDD Ile-de-France.

Jean-Paul Chapon

24.12.2008

Pères Noël de banlieue et autres décorations de fête ;-)

Vincennes, le 22 décembre 2008 pere-noel-vincennes.1230142923.jpg

paris-noel.1230142997.jpgIl y a quelques jours, j’entendais Guy Carlier débiter sur RTL un coup de gueule un peu pontifiant et passablement méprisant contre les Pères Noël qui envahissent chaque année un peu plus les fenêtres et balcons de banlieue au moment des Fêtes de fin d’année. Il reprochait à la fois un manque de goût et une manipulation par les grandes surfaces et autres vendeurs de décorations de Noël, bref il s’énervait contre ces décorations spontanées qui se multiplient désormais en banlieue, mais aussi à Paris, n'en déplaise à Guy Carlier ;-) Et je dois avouer que les premiers Pères Noël que j’ai vus, m’ont aussi un peu agacé, comme les premières décorations privées de tel ou tel jardin de pavillon de banlieue, mais aussi de tel balcon parisien, m’ont tout d’abord surpris, jusqu’au jour où mes voisins ont accroché un Père Noël à une corde bleue, bien assortie à leurs volets, mais un peu trop longue. Et lors de grands coups de vents, le Père Noël de mes voisins se prenaient des faux airs de Superman, volant à l’horizontale au bout de sa cordelette bleue. Cette année mes voisins n’ont pas mis de Père Noël, les enfants sont grands, et le Pères Noël Superman me manque un peu.

fontenay-noel.1230143102.jpgEt puis un jour, j’ai acheté une première guirlande électrique de petites ampoules aux couleurs acidulées, des roses et des verts, des bleus et rouges, qui me rappelaient les couleurs de Noël de mon enfance, surtout les roses, avec leur transparence si particulière. Et puis une deuxième dorée, qui scintille en grimpant dans un rosier, et encore une troisième cette année, plus acidulées encore. Et finalement, je pourrais poser la question à Guy Carlier, est-il préférable de laisser aux seuls pouvoirs publics de décorer les rues, et surtout aux seules associations commerçantes, comme cette rue de Fontenay où deux demi-sapins bleu ourlés de quelques lumières blafardes basse consommation marquent la présence du pharmacien, qui a financé la décoration, et 50 mètres plus loin, ces autres deux demi-sapins bleus devant le chinois et le marchand de vêtements ? Et finalement, qui manipule qui ?

fontenay-noel-0.1230143092.jpgIl y a quelque chose d’à la fois naïf, comme en retour en enfance, mais tellement sympathique et un peu magique, à voir ces lumières rouges, bleues, jaunes, vertes, qui clignotent dans le jardin d’à côté ou sur le balcon d’en face. Les unes sont modestes, lumières d’espoir dans la nuit de l’hiver, d’autres classiques, avec symétrie et bon goût, il ne faut pas en faire trop, et pour finir il y a la démesure m‘as-tu vu un peu ridicule et involontairement comique, qu’engendrent maintenant les concours de décorations de Noël organisés par les communes. Alors ces pauvres Pères Noël, pourquoi pas les laisser voler dans le vent, ou s’accrocher aux rambardes des balcons faute de traîneaux avec rennes. L’autre jour, à Paris intra-muros s’il vous plaît, et même dans le très chic 15ème arrondissement, au milieu d’une débauche de guirlandes et d’étoiles, j’ai vu une entrée d’immeuble avec un grand Père Noël rouge, et d’autres plus petits, comme une canne qui mène ses petits à la mare. On peut le trouver ridicule, c’est vrai. Mais on peut oublier un instant les soucis de tous les jours, regarder clignoter les guirlandes et croire encore un instant au Père Noël ;-)

fontenay-noel-00.1230143274.jpg fontenay-noel-1.1230145814.jpg  fontenay-noel-2.1230143320.jpg

 fontenay-noel-3.1230143284.jpg  fontenay-noel-4.1230144171.jpg  fontenay-noel-6.1230143531.jpg

Jean-Paul Chapon

22.12.2008

Carte postale métropolitaine, avec décorations de fête (?)

Les Halles - escalator Porte Lescot, samedi 20 décembre 2008 noel-les-halles.1229976317.jpg

La première fois que j'ai emprunté l'escalator de sortie du RER des Halles par la Porte Lescot avec ses "illuminations" de Fêtes de fin d'année, je suis resté perplexe, hésitant devant le sens à donner à ces décorations dont on avait paré l'un des escalators les plus fréquentés de Paris intra-muros comme du Grand-Paris, mais peut-être aussi d'Europe voire du monde. Et quel choix de décoration de Fêtes de fin d'année ! Quelque chose de 2001 Odyssée de l'Espace matiné de mauvais train fantôme de fête foraine. Une ambiance boîte de nuit un peu glauque, ou de décoration de galerie façon quinzaine commerciale. Et pourtant, la descente comme la montée dans ce boyau rouge me fascine, à l'image de la violence latente de l'endroit. Finalement, plus qu'une décoration de Noël, ces lignes lumineuses, rougeoyantes et sourdes, presque sanglantes, sont-elles le vrai visage des Halles aujourd'hui.

à suivre, pour de vraies décorations de Noël et de Fêtes de fin d'année, à Paris intra et extra-muros ;-)

Jean-Paul Chapon

20.12.2008

Vendée Globe versus Afrique-Canaries-Lampedusa, ou "Selon que vous serez puissant ou misérable"...

yann-elies-ouest-france.1229807219.jpg"Il a serré les dents, il a été courageux, et c'est la fin du calvaire pour Yann Elies ", le journaliste d'iTélé vient de lancer le sujet ce soir. Yann Eliès est sauvé, la frégate militaire australienne, avec son équipement médical, a mis moins de temps que prévu, son copain Marc Guillemot est resté là, et il y avait déjà beaucoup d'émotion ce matin sur France-Info. Les journalistes tentaient de nous faire vivre quasi en temps réel le sauvetage du marin breton "qui souffre le martyre depuis deux jours". Tant mieux, sincèrement et humainement, tant mieux, mais je finis par trouver obscène cet étalage d'émotion "en direct" ou presque, exploité sans modération ce soir pour animer un 20h00 de premier jour de vacances, tout de même plus intéressant qu'une nouvelle crise ministérielle belge... Devant les moyens mis en oeuvre pour sauver le skipper de Generali, le bateau sponsorisé par un grand groupe d'assurances, je ne peux m'empêcher de penser à tous ces bateaux, barques et rafiots qui tentent de traverser l'Atlantique, de l'Afrique vers les Canaries, ou la Méditerranée, de l'Afrique vers Lampedusa. Pas de skipper copain qui vient pour aider, pas de radio pour prévenir d'un problème, car prévenir, c'est le retour direct vers les côtes africaines au mieux (?) ou vers les centres de rétention européens au pire (?). Et en général, faute de radio et de support course, ni de copain sympa, ce sont des corps noyés que l'on retrouve sur les plages d'Afrique, des Canaries, de Lampedusa, ou des cadavres dans les barques. refugies-africains-2.1229807248.jpg Triste parallèle, triste parabole, de ce que veut dire encore aujourd'hui le déséquilibre Nord-Sud. Le reportage d'iTélé conclut sur le fait que Generali, le bateau au budget certainement non négligeable, continue sa route sans skipper. Pas de souci, les équipes techniques vont venir le récupérer. Et combien de boat people africains seraient sauvés si on laissait couler Generali ?

Demain, je reviens sur le Grand-Paris... ou en tout cas j'essaie ;-)

Jean-Paul Chapon

Et pour un autre genre d'émotion, on peut lire ce qu'écrit Jean Ziegler ou encore le HCR.

18.12.2008

Carte postale métropolitaine, avec envers du décor et génie de second plan (et suite de la note précédente)

Paris, métro Bastille, le 18 décembre 2008
bastille-1.1229627352.jpg

En complément de la note précédente Le Grand-Pari(s) de Nicolas Sarkozy ? et en particulier le dernier paragraphe, il faut lire avec attention le discours que le Président de la République a prononcé à l'Ecole Polytechnique à Palaiseau le 17 décembre 2008.

"Les territoires, les quartiers et les catégories les plus défavorisées doivent être l'objet d'une politique volontariste qui permettra de rétablir l'égalité des chances... Comme toujours l'égalité des chances, c'est d'abord à l'école qu'elle passe... A condition bien sûr que les élèves des milieux les plus défavorisés ne soient pas enfermés dans des ghettos où se concentrent toutes les difficultés, tous les handicap de la vie sociale. C'est la raison pour laquelle j'ai voulu que progressivement la carte scolaire soit supprimée. C'est la raison pour laquelle j'ai souhaité que l'on expérimente sur une grande échelle la possibilité de fermer certaines écoles et de répartir dès le cours préparatoire les élèves dans d'autres écoles en organisant des services adaptés de transports scolaires, de sorte que soit mieux assuré le brassage social... Le plan "espoir-banlieue" a aussi retenu comme priorité la généralisation des internats éducatifs destinés à permettre la prise en charge de bons élèves des milieux modestes qui ne peuvent pas trouver chez eux les conditions propices à l'étude. La création de filièrees d'excellence dans les lycées situés dans les quartiers défavorisés, le suivi des jeunes qui décrochent, le soutien scolaire aux enfants qui se trouvent trop tôt livrés à eux-mêmes à la fin des cours... Mais tous ces chantiers ne progressent pas assez vite. Certains on pris beaucoup de retard. d'autres après de nombreux arbitrages entre les administrations ont vu leurs ambitons fortement réduites. Je veux le dire aujourd'hui, je ne tolèrerai pas que ce qui a été décidé ne soit pas mis en oeuvre rapidement. Je ne tolèrerai pas que ce qui doit être une priorité soit relégué au second plan."

Bien sûr, en cette époque où tous les paris sont ouverts pour savoir qui restera ou sera éjecté du gouvernement Sarkozy, la nomination de Yazid Sabeg qui doit "se charger de la mobilisation de toutes les ressources de l'Etat et de la société en tant que Commissaire à la diversité et à l'égalité des chances" peut faire se poser quelques questions sur la perrénité de Fadela Amara pour conduire le plan "espoir-banlieue". Mais le "je ne tolèrerai pas que ce qui doit être une priorité soit relégué au second plan" pourrait bien s'appliquer à d'autres dans le cadre du chantier du Grand-Paris ou de la région-capitale. Christian Blanc, le secrétaire d'Etat au développement de la région-capitale à mis plus de 8 mois pour sortir seulement son hypothétique "cluster" scientifique du plateau de Saclay avec un métro absurde Versailles-Massy via les champs, qui ne prend du sens que dans des fuites de presse s'il est intégré dans une rocade de grande couronne, et encore le terme de banlieue laisse songeur, car pour aller de Roissy à Orly, mieux vaudrait un express façon RER, qu'un tortillard façon métro. Et encore, sans parler de la volonté "spontanée" des centres de recherche, notamment ceux de la Vallée scientifique de la Bièvre à déménager sur le venteux plateau de Saclay (voir notamment la dernière réponse de Philippe Laurent, maire de Sceaux dans sa récente interview sur Paris est sa banlieue). D'un autre côté, alors que Nicolas Sarkozy avait accusé les élus, maire de Paris en tête et président de région inclus de ne rien faire à propos du Grand-Paris, il fallu plus d'un an pour à la Conférence Métropolitaine pour porter sur les fonds baptismaux, un syndicat mixte ouvert, tellement ouvert qu'il n'arrive pas à retenir grand monde. Alors relisons le discours de Nicolas Sarkozy et à bon entendeur, salut ;-)

à suivre...

Jean-Paul Chapon

17.12.2008

Le Grand-Pari(s) de Nicolas Sarkozy ?

Ce matin, France-Info annonce que le Président de la République, Nicolas Sarkozyfera un discours à Palaiseau sur la diversité, pour parler discrimination positive dans les grandes écoles dans le cadre d'une visite à l'Ecole Polytechnique de Palaiseau. Une façon de porter le Plan Espoir Banlieue de Fadela Amara, la secrétaire d'Etat à la ville, au milieu du projet de Cluster du Plateau de Saclay de Christian Blanc, le secrétaire d'Etat au développement de la région-capitale, et comme avec le discours de Roissy, de reprende la main sur la question du Grand-Paris, en bouclant la boucle.

La journée d'hier marquait symboliquement la fin de la présidence française de l'Europe. Nicolas Sarkozy, sans surprise est prêt à se relancer en France, et quel meilleur sujet que celui du Grand-Paris, qui il faut le reconnaître, semble faiblir, si ce n'est faire un flop côté Paris-Métropole. La région Ile-de-France a annoncé son adhésion au syndicat mixte ouvert Paris-Métropole. Le baiser de la paix ou celui de la mort ? alors que d'aucuns comme Bernard Gauducheau, le maire NC de Vanves, un des premiers membres de la Conférence métropolitiane, n'est pas prêt d'inscrire l'adhésion de sa ville à l'odre du jour d'un conseil municipal et considère que l'erreur de la Conférence métropolitaine a été de s'ouvrir dans son projet de transformation en Paris-Métropole à la région et même aux Conseils généraux, et de s'écarter du principe d'une réunion de communes représentées par leurs maires. Intérêts trop divergeants et surtout trop fort risque de politisation, comme ce dérapage de Mireille Ferri qui verrait bien Paris-Métropole s'ériger en contre-pouvoir face aux projets du gouvernement.

20minutes hier encore publiait un article sur le fait que 28 communes du périmètre d'étude d'Autolib seraient intéressées par le projet. C'est à ma connaissance plus que le nombre de communes ayant déjà adhéré à Paris-Métropole. Et même s'il est encore tôt pour faire un bilan, on ne peut pas dire que ce soit la ruée à l'adhésion. Naissance peu enthousiaste s'il en est.

Alors, la construction d'un Grand-Paris, la réconciliation de la la ville et de la banlieue et à terme sa réunification, Bertrand Delanoë, le maire de Paris, s'y est attelé dès le début de son mandatt. A lui le mérite d'avoir lancé le mouvement en créant dès qu'il l'a pu, face à l'opposition de la région, la Conférence métropolitaine, avec Pierre Mansat son adjoint aux relations avec les banlieues qui doit se sentir un peu seul aujourd'hui, malgré l'énergie qu'il dépense à porter Paris-Métropole. Mais Bertarnd Delanoë a préféré lacher la proie pour l'ombre et se croire un destin national, ne comprenant pas que son destin national était de créer le Grand-Paris, et de là, aborder avec cette légitimité un autre destin national. Le Grand-Paris, Bertrand Delanoë en avait rêvé, mais c'est Nicolas Sarkozy qui le fera, à sa façon, Il n'est qu'à regarder l'appel que le comité Orbival lance au Président de la république, pour faire avancer le projet ralenti, pour ne pas dire bloqué par le STIF et à travers celui-ci la Région. Drôle de pied de nez à la décentralisation. A la rentrée, Nicolas Sarkzoy aura beau jeu de présenter les résultats des dix équipes d'architectes, les quelques projets de Christian Blanc, une rocade par ci, et s'il est bon prince un métrophérique par là, et de rafler la mise, pendant que Paris-Métropole peinera encore à rassembler suffisamment de communes pour exister légalement. Triste bilan, sur lequel j'espère me tromper.

à suivre...

Jean-Paul Chapon

15.12.2008

" C'est dans un rayon de 50 kilomètres qu'il faut penser les choses ", David Mangin sur la ville durable

En attendant d’en savoir plus sur les adhésions au Grand-Paris de Paris-Métropole, en attendant d’en savoir plus sur le Grand-Paris des 10 cabinets d’architectes et urbanistes de Nicolas Sarkozy, en attendant d’en savoir plus sur le Grand-Paris de Christian Blanc, le secrétaire d’Etat au développement de la région-capitale, et avant de participer à l’enquête publique sur le projet de modification du PLU du Petit-Paris, à peine deux ans après son adoption, on peut lire avec intérêt la courte interview de David Mangin dans le Monde daté du 16 décembre, sur la notion de ville durable.

« Si l'écoquartier est un isoloir qui oblige à garer sa voiture dans le quartier d'à côté, son intérêt est limité. Le problème, c'est davantage de fabriquer du lien entre les quartiers. Il ne faut pas que les normes environnementales atteintes par certains bâtiments camouflent une détérioration générale des conditions de vie ou de ville. Le problème prioritaire reste celui de la trame générale de la ville. C'est dans un rayon de 50 kilomètres qu'il faut penser les choses. Le grand territoire permet d'intégrer le rapport à de nouvelles centralités, à la nature, à l'agriculture périurbaine, à l'industrie. »

Et à propos du Grand-Paris, David Mangin qui participe au groupe Descartes, l'une des dix équipes internationales d'architectes, déclare : « Notre fil conducteur pourrait être, en temps de crise, l'optimisation : optimisation des ressources naturelles (la Seine, la Marne, les forêts...) pour répondre aux défis du réchauffement climatique ; optimisation des infrastructures en améliorant le système des transports en commun de banlieue à banlieue et en développant un réseau intermédiaire pour des véhicules électriques (vélos, scooters, etc.) qui permettra d'introduire davantage cette ville passante ; enfin, optimiser le foncier existant ou "invisible", par exemple sur les futures gares TGV, sur les gigantesques parkings, en redivisant les parcelles dans les lotissements et, massivement, autour des forêts et près des fleuves. »

David Mangin a raison, et c’est bien « dans un rayon de 50 kilomètres qu’il faut penser les choses », mais aujourd’hui, quand on regarde la difficile construction du Grand-Paris, on doit faire le triste constat que c’est dans le rayon des bureaux de votes à venir que les choses sont pensées. Dommage…

à suivre…

Jean-Paul Chapon

10.12.2008

Carte postale de banlieue, avec ouvertures exceptionnelles et travail dominical ordinaire

Fontenay-sous-bois - Val de Fontenay, le 6 décembre 2008

ouverture-exceptionnelle.1228940579.jpg

Nicolas Sarkozy, le Président de la République a demandé aux parlementaires UMP s'ils trouvaient "normal" que "la totalité du Nord de la France foute le camp en Belgique le week-end". Il a déclaré "il y a une possibilité de libéraliser le travail du dimanche et je le ferai. C'est un projet politique, un marqueur. Si je ne le fais pas, je serai comme tous les présidents de la République qui ont cessé les réformes au bout de deux ans". Cependant, il a tenu à préciser "Je ne veux pas généraliser le travail du dimanche. Bientôt, on va nous faire croire qu'on veut faire travailler les enfants de 12 ans le dimanche, qu'on est des esclavagistes!"

En tout cas, Nicolas Sarkozy peut être rassuré, à Fontenay-sous-bois, il n'y a pas de départ en caravane vers la Belgique le dimanche, malgré un accès facile, A86, A3, A1. Et encore, Auchan a renouvelé son affiche en décembre, après celle annonçant l'ouverture "exceptionnelle" du dimanche 30 novembre ;-)

Jean-Paul Chapon

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