26.11.2008
"Paris-Métropole a cimenté ce permier consensus que nous avons réussi à élaborer ensemble, pour aller plus loin !" Philippe Laurent revient sur la création de Paris-Métropole
Après l’adoption des statuts de Paris-Métropole, le syndicat mixte d’études qui fait suite à la Conférence Métropolitaine, les premières adhésions arrivent. D’abord Arcueil, puis Nogent-sur-Marne, la Communauté d’agglomération de l’Orge avec notamment Brétigny et Sainte-Geneviève des bois, Sceaux et Paris. Paris est sa banlieue fait le point avec Philippe Laurent, maire de Sceaux et membre fondateur de la Conférence Métropolitaine.
Un point de vue intéressant, dans la mesure où il montre après l’adhésion de Nogent que le rééquilibrage n’est pas forcément vécu comme un épouvantail ou un repoussoir par des communes au niveau de vie et socio-professionnel plus élevés. Philippe Laurent, par ailleurs Conseiller Général des Hauts-de-Seine, mais aussi vice-président national de l’Association des Maires de France, voit dans la création de Paris-Métropole un retour des maires dans le concert de la zone dense, et martèle "rien ne se fera sans les maires !". Il constate que l’agglomération parisienne était jusque là une des seules en France où les maires n’avait pas leur mot à dire, constatant par exemple qu’il n’y a pas un seul maire qui siège au conseil d’administration du STIF. Il note que c’est le consensus des maires sur de grands projets, type Métrophérique, qui a permis d’avancer jusqu’à la création de Paris-Métropole. Le syndicat mixte est clairement pour lui un point de départ, et il précise que si on doit aller plus loin en terme de mutualisation des ressources, il faut que cette mutualisation soit portée par une entité politique, qui pourrait ressembler à une communauté urbaine. Le périmètre n’est pas une question prioritaire pour lui, et si certaines zones rurales de la petite couronne ne lui paraissent pas faire forcément partie de la « grande ville que nous voulons bâtir ensemble », des villes comme Massy ou Argenteuil en font naturellement partie. Pour lui, construire cette « grande ville », ce n’est pas seulement des gestes urbains et architecturaux, mais aussi beaucoup d’autres choses. Philippe Laurent veut par exemple que cette grande ville soit mobile, et maillée comme Paris l’a été à son époque, et surtout que l’on bâtisse la métropole autour des notions de solidarité territoriale, avec des territoires rendus attractifs par un développement économique multipolaire. Sans oublier la recherche, comme la Vallée Scientifique de la Bièvre, à laquelle Sceaux appartient et qui fait réagir son maire face au projet de « cluster » du Plateau de Saclay de Christian Blanc, dont il n’est pas sûr qu’il s’agisse d’un concept très actuel, et qui suscite chez Philippe Laurent « un peu de circonspection. »
* * *
Le 20 novembre la ville de Sceaux a décidé d’adhérer à Paris-Métropole par un vote unanime de son conseil municipal. C’est important pour vous qui êtes membre fondateur de la Conférence Métropolitaine, mais pour Sceaux et ses habitants, cela représente quoi cette adhésion ? (partie 1)
Quand on parle du Grand-Paris, on parle de péréquation financière, de mutualisation, de rééquilibrage. Vu de Clichy-sous-bois, pour caricaturer, on peut le comprendre, mais vu de Sceaux n’y a-t-il pas la crainte que les habitants pensent qu’ils ont plus à perdre qu’à gagner en adhérant à Paris-Métropole ? Et qu’en sera-t-il de l’appartenance de Sceaux à la communauté d’agglomération des Hauts de Bièvre ? (partie 2)
partie 1 - durée 1'33
partie 2 - durée 2'46
Vous êtes donc un des membres fondateurs de la Conférence Métropolitaine qui s’est formalisée en Paris-Métropole, le nouveau syndicat mixte d’études. Lorsqu’on écoute les membres de la Conférence Métropolitaine, le consensus sur ce syndicat mixte trouve ses limites. Pour les uns c’est un aboutissement, pour les autres c’est une étape ou un point de départ, et vous vous situez dans quelle catégorie ?
durée 2'51
La question du périmètre est considérée comme secondaire par les uns au contraire primordiale par les autres. Lorsque l’on parle autour de soi du Grand-Paris, on sent surtout de la confusion, confusion entretenue par exemple les déclarations de tel cabinet d’architecte pour lequel le Grand-Paris va jusqu’au Havre ou par celles de Claude Bartolone qui voit un Grand-Paris jusqu’aux cathédrales gothiques de Reims à Rouen ou Chartres. Et pour vous ?
durée 2'18
Il y a quasiment un an à Vincennes la Conférence Métropolitaine annonçait la tenue d’Assises de la Métropole. Six mois plus tard les Assises se tiennent et annoncent la naissance d’un syndicat mixte, six mois encore et les statuts sont prêts, naissance de Paris-Métropole. Vous ne trouvez-pas cela un peu lent, surtout qu’en face côté gouvernement on s’active, on reproche aux élus de ne pas être capables de s’organiser assez vite. Il est vrai que lors des deux dernières séances de la Conférence Métropolitaine, on avait le sentiment d’un certain sentiment d’urgence. Et si je vous rencontrais dans un an, on en serait où et vous me dirier quoi ?
durée 2'50
Le Grand-Paris est un dossier compliqué et peut-être rendu complexe à souhait. Opposition entre les tenant de la gouvernance d’un côté, des gestes architecturaux et projets d’urbanisme de l’autre, à cela on ajoute les conflits état-région avec le SDRIF, l’arrivée d’un secrétaire d’Etat à la région-capitale, sans compter les prises de positions électoralistes des uns et des autres comme celle de Valérie Pécresse qui annonce aujourd’hui que pour elle le Grand-Paris, c’est la région, candidature à la région oblige… Que feriez-vous pour donner un peu plus de cohérence au débat ?
durée 3'34
Justement vous parlez de Christian Blanc, il y a son projet de « cluster » sur le Plateau de Saclay, qui vient concurrencer au risque de la dépouiller en partie la Vallée Scientifique de la Bièvre dont Sceaux fait partie. Quel est votre point de vue sur ce sujet ?
durée 2'50
Propos recueillis le 24 novembre 2008
Jean-Paul Chapon
08.10.2008
« Ce n’est pas Paris qui absorbe les autres, c’est une organisation différente du territoire », Stéphane Gatignon parle du Grand-Paris, et pas que de çà, du Plan Marshall des banlieues à la disparition des départements
Stéphane Gatignon, maire PC atypique de Sevran, ne pratique pas la langue de bois, et prouve une fois de plus que la réflexion sur la question du Grand-Paris et la gouvernance de la métropole se joue largement des clivages politiques chez ceux qui ne s’arrêtent pas au petit jeu politicien, mais ont vraiment à cœur de trouver une solution à un problème qui touche une dizaine de millions de personnes aujourd’hui et qui pour certains comme à Sevran se traduit par une situation qu'il qualifie de "catastrophique". Son conseil municipal a voté contre le SDRIF (Schéma Directeur de la Région Ile-de-France), et au conseil général, il s’est abstenu, un SDRIF qui est sans doute une bonne analyse, mais "qui ne répond pas aux besoins d’une mégapole". La disparition des départements, il est plutôt pour, surtout pour l’agglomération parisienne, d’ailleurs si on parle du Grand-Paris aujourd’hui, c’est bien parce qu’il y a eu un échec de ces derniers. La modernisation du RER ? Christian Blanc, le secrétaire d’Etat au développement de la région-capitale a raison de ne pas vouloir des méthodes d’il y a 15 ans. Le 93, tant à la mode aujourd’hui ? "A Sevran, les gens ne se sentent pas tellement habiter en Seine-Saint-Denis, surtout que le département n’a pas fait grand-chose ici". Les intercommunalités ? Elles ne font qu’ajouter une strate de plus au mille-feuille. Le Grand-Paris ? Si on ne fait rien Sarko l’obligera et en profitera pour tuer le RPR dans le 92. Stéphane Gatignon dénonce au passage l’impuissance des politiques, les rivalités de gauche, notamment la région qui tape sur la ville de Paris. Considérations sur le polycentrisme et la « marguerite » de son voisin Patrick Braouezec. Les syndicats des eaux, ordures, etc. ? Des technostructures avec des élus toujours au second degré. Son Grand-Paris, il ne veut pas le concevoir en terme d’intercommunalité, mais en terme de métropole, avec des institutions démocratiques élues au suffrage universel direct. Stéphane Gatignon s’exprime aussi sur les politiques de la ville, le Plan Marshall des banlieues, la réforme de la DSU, de la crise des HLM. « On n’est pas des gueux, on veut être traité dans le droit commun », pour lui le Plan Marshall c’est du pipeau, la bonne mesure, c’était l’ANRU. Pour lui, « le Plan Marshall, c’est quand on rentrera dans le droit commun ! »
"
A ceux que la gauche désespère", un livre d'entretiens de Stéphane Gatignon avec la journaliste Sylvia Zappi au Cherche Midi sortira à la fin du mois d'octobre. Paris est sa banlieue y reviendra à ce moment.
Enfin, je présente mes excuses à Stéphane Gatignon et aux lecteurs de Paris est sa banlieue pour la piètre qualité du cadrage, d'un interlocuteur très mobile et d'une caméra un peu trop fixe ;-) Je vais très sérieusement étudier la question pour la prochaine interview. Mais que cela ne vous détourne pas d'écouter les réponses très riches et très denses du maire de Sevran.
Sur France 3*, vous avez déclaré ne pas être gêné par une possible disparition-fusion des départements, vous parlez de trop nombreuses strates, d’intercommunalités qui ne font pas grand chose, de syndicats intercommunaux qui manquent de transparence. Appliqué à l’agglomération parisienne, votre solution idéale ce serait quoi ?
durée 5:15
Alors vous vous faites ce constat d’échec et pour y remédier changement d’organisation ou changement d’approche ?
durée 3:48
Justement, quand on regarde la Conférence métropolitaine et la création du Syndicat mixte d’étude ouvert on voit bien que chacun n’y met pas la même chose. Pour les uns c’est une fin, pour les autres c’est une étape et un début. A gauche on « s’entre-tue » comme vous l’avez dit, à droite on est plutôt contre, mais comme vous le dite, Nicolas Sarkozy risque d’imposer une solution ?
durée 4:00
Dans ce genre d’idées, où on décale un peu le combat par rapport à son objet, comme dans le bras de fer autour du SDRIF, ça vous inspire quoi cet épisode ?
durée 3:36
Pour revenir à la conférence métropolitaine et aux syndicat mixte d’etutde ouvert, les statuts font être adoptés dans un mois et après le vrai travail va commencer pour vous puisqu’il faut faire adopter par chacune des collectivité qui désire adhérer . Vous croyez qu’on l’attend chez vous et ailleurs ?
durée 2:08
Décalage entre l’annonce d’un Plan Marshall pour la banlieue, et réforme de la DSU (dotation de solidarité urbaine) qui risque d’être supprimée dans certaines villes, qu’est-ce que ça vous inspire ?
durée 7:16
Interview réalisée vendredi 3 octobre à la Mairie de Sevran
* Interview de Stéphane Gatignon sur France 3 le 27 septembre 2008
Jean-Paul Chapon
14.09.2008
"Il n'y a a pas aujourd'hui de parole cohérente du gouvernement sur l'aménagement de l'Ile-de-France", ou quand Mireille Ferri revient sur le SDRIF
Cette semaine Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France a présenté la dernière version du SDRIF, le Schéma Directeur de la Région Ile-de-France, document qui doit orienter l’avenir de la région pour les 25 ans à venir. Mireille Ferri, vice-présidente (Verts) de la région et surtout celle qui a porté le SDRIF revient sur l’actualité de ce document et les modifications apportées depuis l’avis favorable de la Commission d’enquête publique au printemps dernier. Après l’échange particulièrement vif aux journées du Medef entre la vice-présidente de la région et Christian Blanc, secrétaire d'Etat au développement de la région-capitale, je n’ai pas relancé le chiffre de 2% de croissance, n’espérant pas une meilleure réponse que celle de Jean-Paul Huchon le 10 septembre, mais Mireille Ferri donne sa vision sur les conditions du développement économique et elle explique qu' « il ne peut pas y avoir de développement sans cohésion sociale ». Mireille Ferri revient sur la question des calendriers, celui du SDRIF, et celui de Christian Blanc, calendriers opposés et parasités par les échéances électorales "si on pouvait dépasser 2010, l'Etat serait soulagé..." Et si elle qualifie les rapports avec l’Etat d’ "inexistants" depuis l’arrivée de Christian Blanc, elle ne ferme pas la porte, proposant une réunion de la dernière chance le 20 septembre, avant le vote du texte par l’assemblée régionale les 25 et 26 septembre, sans illusion pour autant. Un feuilleton à suivre encore...
Et sans surprise de la part de Paris est sa banlieue, une question sur Métrophérique, pardon Arc-Express (même si je ne suis toujours pas convaincu par la réponse ;-)
Vous avez présenté avec Jean-Paul Huchon mercredi 10 septembre la version finale du document du SDRIF. Qu’avez-vous modifié depuis l’avis favorable de la Commission d’Enquête Publique, assorti de quelques réserves et de toute une série de recommandations et quelle a été la prise en compte des demandes de l’Etat ?
La Commission d’Enquête parmi ses recommandations souhaitait que l’économie et les transports soient considérés comme prioritaires, en tout cas plus que dans la première version du document. C’est le cas aujourd’hui ?
Vous connaissez Paris est sa banlieue et son soutien inconditionnel au projet Métrophérique, ou Arc-Express pour peu que ce soit la même chose. Vous affirmez que désormais Arc-Express est bien une priorité, mais pourquoi cette approche par « arcs » et non pas une approche globale pour cette rocade de métro de banlieue à banlieue ?
J’avais écris après l’échange des journées du Medef que vos rapports avec Christian Blanc tenaient du Poker menteur, il dit qu’il ne reçoit aucun signal de votre part, et vous dites qu’il ne répond pas à vos invitation de travail. Quel est l’état de vos rapports avec Christian Blanc ?
C’est le calendrier qui semble concrétiser ce jeu de Poker menteur, vous avez vos dates, Christian Blanc a les siennes, comment expliquez-vous ce drôle de jeu, qu’est-ce qu’il faut comprendre ?
Justement d’un point de vue politique, entre les positions de Roger Karoutchi par exemple ou encore le texte critique des élus de droite publié cette semaine, et les quelques déclarations de Christian Blanc, avec lesquelles on n’est pas forcément d’accord mais qui sont aussi celles de quelqu’un qui a une vision du développement de la région ou de la métropole, ou a parfois un impression de confusion ou de mélange des genres. Comment le ressentez-vous ?
Propos recueilli jeudi 12 septembre 2008.
Jean-Paul Chapon
14.07.2008
"C'est déjà de la Gouvernance ! ", Pierre Mansat revient sur les Assises de la Métropole et la création d'un syndicat mixte ouvert
Dix jours après les Assises de la Métropole, Pierre Mansat, adjoint du maire de Paris, Bertrand Delanoë, chargé de Paris-Métropole et des relations avec les collectivités d’Ile-de-France fait le point avec Paris est sa banlieue. Il se prépare à des vacances studieuses, comme les membres du bureau de la Conférence Métropolitaine, qui vont travailler à la préparation des statuts du Syndicat Mixte Ouvert et inviter les collectivités de la zone dense à y adhérer. Il l’appellerait bien Paris-Métropole, ce syndicat mixte ouvert qui pour lui est déjà de la Gouvernance, bien qu’il le considère comme une étape transitoire et non un aboutissement. Mais sans brûler les étapes, on pourrait aller de la gouvernance au gouvernement démocratique de la métropole. Pierre Mansat n'aime pas l'option dite de la "Marguerite" pour la zone dense et question intercommunalités, il n’est pas loin de l’opinion du sénateur UMP Philippe Dallier, en les traitant de contresens de l’histoire. Il regrette que le fait métropolitain n’ait pas été assez présent aux Assises de la Métropole. Donc une nouvelle étape dans la construction de Paris-Métropole, en passant d’une Conférence Métropolitaine sans structure organisationnelle à une réunion de collectivités devenant une structure ou une force politique pour dialoguer avec l’Etat. Pierre Mansat considère qu’il y a des possibilités de se rencontrer avec Christian Blanc dans sa démarche, mais rappelle ce dernier appartenant au Gouvernement que ce dernier pourrait donner des preuves de son amour pour Paris et la métropole à travers des actes forts, notamment en finançant les infrastructures de transports.
Interview enregistrée le 9 juillet 2008 à l'Hôtel de Ville de Paris (avant la nouvelle sur Vélib')
Les premières Assises de la Métropole se sont tenues il y a une dizaine de jours, elles ont débouché sur l’annonce de la création d’un Syndicat Mixte Ouvert d’Etudes. Et maintenant, que va-t-il se passer ?
Syndicat Mixte Ouvert d’Etude, ça fait un peu « machin », et ce n’est pas avec un intitulé pareil qu’on a des chances d’intéresser les parisiens et les faire adhérer au débat sur le Grand-Paris. Alors ce Syndicat Mixte Ouvert aura-t-il un nom ?
Des groupes de travail vont se mettre en place à la rentrée, logements, transports, économique, gouvernance, etc. Qui va y participer ? La société civile, les acteurs économiques, les associations qui avaient été annoncées lors de la Conférence Métropolitaine de Vincennes, mais qui n’était pas aux Assises, pourront-elles le faire ? Si moi association, je souhaite participer à un groupe de travail, je m’adresse au bureau de la Conférence Métropolitaine ?
Comment va fonctionner ce syndicat, il sera un interlocuteur du Gouvernement, éventuellement force de proposition sur des questions de péréquation, réforme du FRSRIF, taxe professionnelle, rééquilibrage, etc ?
Que penses-tu de la demande de moratoire sur les intercommunalités que Philippe Dallier a adressée à Nicolas Sarkozy ? On entend parler de la volonté de l’ACTEP de se transformer en Syndicat Mixte Ouvert également, Montreuil a aussi des idées. Ne court-on pas le risque de créer des grosses entités qui passent de l’émulation à la rivalité ?
Lors des Assises de la Métropole le maire de Paris a dit une phrase très forte : « Paris n’appartient pas qu’à ses citoyens… on doit un certain nombre de services aux autres qui sont des usagers de Paris intra-muros. » On a l’impression qu’avec cette phrase, comme en écho a sa déclaration il y a quelques mois de « Paris est plus grand que Paris ». Il semble donner une clé du fait métropolitain, qui est loin d’être une évidence pour tous. Il a par ailleurs qualifié le syndicat mixte « d’étape qui convient pour aujourd’hui », mais on a bien vu dans les différentes prises de positions, que pour certains, le Syndicat Mixte Ouvert était un achèvement et pour d’autre un départ. Quel est ton point de vue ?
Les Assises de la Métropole ont été un élément fédérateur et fondateur, qui gomme d’une certaine façon (au moins de façon temporaire) le clivage gauche-droite, et rassemble dans la même direction. Philippe Dallier pousse même un cri du cœur dans la Gazette des communes. Il déclare que dans le débat sur le Grand-Paris c’est de Pierre Mansat qu’il se sent le plus proche, parce que « Il croit au fait métropolitain et il a une vraie vision de la gouvernance » C’est réciproque ? Plus sérieusement, quelle est ta vision de la gouvernance ? Peut-on dire que le syndicat mixte ouvert d’étude, c’est de la gouvernance ?
Quand Christian Blanc déclare « Le syndicat mixte proposé par les collectivités sera utile pour le Grand Paris, car la complexité est telle que la prise de décision est très difficile. Nous nous appuierons sur cette instance, en particulier sur ses groupes de travail. », on a l’impression qu’il s’agit d’une bénédiction du Gouvernement, surtout quand il ajoute que le CIAT n’était qu’évoqué par Nicolas Sarkozy. D’un autre côté on a souligné dans certains médias l’insistance que Bertrand Delanoë mettait sur le développement économique, sujet cher à Christian Blanc, la volonté que Paris participe à cet effort de dynamisation, dans une perspective d’interdépendance. Donc pour l’instant c’est l’apaisement, on va vers une coopération et un co-développement dans travail sur le Grand-Paris ?
Jean-Paul Chapon
06.07.2008
Des avocats à l'école en banlieue, une autre façon de penser le Grand-Paris
Le débat sur le Grand-Paris ce n’est pas qu’une question de gouvernance, de tours ou de grands gestes architecturaux comme on pourrait le croire aujourd’hui. C’est aussi une vision de la ville, et à travers elle de la société. Une limite administrative, une limite physique comme le périphérique, un numéro de département comme le 93, créent-ils une barrière telle que l’on ne se retrouve pas comme étant membre du même tout. Et nous tous grand-parisiens, car la métropole existe, acceptons-nous de partager la ville et son identité avec les autres ?
Et à ce propos l’annonce par Christian Charrière-Bournazel, Bâtonnier de l’Ordre des avocats du barreau de Paris, en avril dernier de son projet de déménagement de l’EFB, école des avocats de Paris s’inscrit parfaitement dans cet aspect du débat du Grand-Paris. Devant l’augmentation du nombre d’élèves et la nécessité d’agrandir ses locaux, situés rue de Charenton près de Bastille, à Paris intra-muros, il propose d’installer en banlieue, à Aubervilliers l’école à laquelle il souhaite dans le futur donner un statut européen, en créant une grande Ecole de Formation des juristes européens. Levée de boucliers de certains élèves et enseignants qui dénoncent un exil dans une zone mal desservie en transports publics, un éloignement des lieux traditionnels d’activités de la profession, un handicap à la vie étudiante, et même une question de sécurité. On peut lire dans un journal publié par des élèves que « l’école est composée à 66% de filles. Que feront-elles dans une zone urbaine à risque ? ». On peut suivre le débat sur des forums et blogues et trouver des soutiens au déménagement, comme celui qui explique que « tous les banlieusards ne sont pas des sauvages, je vous rassure », ou encore celui qui pour répondre aux caricatures du type « Aubervilliers c’est une zone de non-droit, certains élèves avocats ont déjà prévu d’acheter un jogging pour éviter de se faire dépouiller » écrit « rien que pour ça je suis pour un déménagement à Aubervilliers ». Certaines attaques plus radicales, mettent involontairement dans leur outrance le doigt sur la vraie question du Grand-Paris : « La ville est très dynamique avec 25% de chômage et un revenu par habitant parmi les plus bas d’Ile-de-France… Aubervilliers est aussi un haut lieu de la culture et du savoir… disons-le franchement : les bibliothèques pullulent à Aubervilliers, les musées côtoient les usines et les bonnes tables se livrent une concurrence sans merci (notamment entre le café-restaurant « Georges Marchais » et le bar « Robert Hue »). Bref, c’est un endroit idéal pour des étudiants : un univers riche, stimulant et proche des avocats parisiens. » Que répondre à de telles remarques, au-delà de leur outrance ?
Le bâtiment dans lequel doit déménager l’EFB est un très beau bâtiment, du moins vu de l’extérieur, moderne. Mais il est vrai qu’il est situé au milieu d’un quartier en rénovation, une friche industrielle aujourd’hui, et que le programme de rénovation prendra encore du temps. Sur la question des transports, un service de navettes entre le RER et l’école sera installé, en attendant la prolongation de la ligne 12. On voit donc immédiatement ressurgir une double question, le déséquilibre entre les zones équipées et la lenteur du rattrapage. Mais aussi les blocages et les égoïsmes qui tentent de consolider et de pérenniser ces déséquilibres. L’école a aujourd’hui deux antennes en banlieue, une à Créteil et l’autre à Bobigny, mais lorsqu’il s’agit de déménager de Bastille à Aubervilliers, là ça coince. Aujourd’hui, une commission dirigée par un ancien bâtonnier a été chargée de donner son avis. Un déménagement cette année serait certainement prématuré, mais pour autant, faut-il faire une croix sur un tel projet, et ne pas donner à un tel quartier autant de chances que les autres quartiers du Grand-Paris ? Et d’ailleurs, il est intéressant de noter que c’est dans cette même zone urbaine que s’est tenue la semaine dernière la première session des Assises de la Métropole…
Le point de vue de Paul Le Fèvre, avocat au barreau de Paris, ancien élève de cette école et Secrétaire de la section « Justice et Droit » de la Fédération de Paris du PS qui avait alerté Paris est sa banlieue sur ce projet de déménagement.
Paul Le Fèvre, pourquoi ce déménagement de l’EFB à Aubervilliers ?
Le projet de déménagement suscite un débat, notamment parmi les étudiants. Certaines critiques sont fondées, d’autres moins. Quelle est votre position sur ce débat ?
Et vous, en tant qu’avocat, mais aussi citoyen, que pensez-vous du déménagement de l’EFB à Aubervilliers ?
à suivre…
Jean-Paul Chapon
ps: désolé pour le cadrage aléatoire ;-)
21.06.2008
"Rendre le pouvoir aux citoyens en simplifiant l'organisation", Philippe Dallier sur le Grand-Paris
Nouvelle rencontre avec Philippe Dallier, deux mois après la sortie de son rapport sur le Grand-Paris dans lequel il propose la fusion de Paris et des trois départements de la petite couronne dans une nouvelle entité appelée Grand-Paris, accompagné de la disparition des conseils généraux correspondants. A quelques jours d’une session de la Conférence Métropolitaine qui doit lancer les Assises de l'agglomération ou de Paris-Métropole, Paris est sa banlieue fait le point avec le sénateur UMP du 93 qui sans trop de surprise trouve une meilleure écoute auprès des citoyens que des politiques, fustigeant les conservatismes et égoïsmes de droite comme de gauche, s’énerve quand on lui parle périmètre et grande couronne, trouve des points de rapprochements avec Bertrand Delanoë tout en craignant que ce dernier n'abandonne le dossier du Grand-Paris pour d’autres ambitions, ne sait pas comment on va sortir de la confrontation Etat-Région sur le SDRIF, et pour finir une question accessoire sur le nom d’un futur Grand-Paris. (voir le petit sondage dans la colonne de gauche)
Toujours beaucoup de combativité, mais surtout une grande inquiétude devant une confusion savamment orchestrée autour du Grand-Paris, « nom sous lequel on dit des choses très différentes », et devant la crainte de voir « remettre le couvercle sur la marmite », profitant de toutes opportunités possibles pour enterrer le projet. A ce sujet, le petit article paru aujourd'hui dans le Parisien (édition Val-de-Marne annonçant que le schéma retenu par la Conférence Métropolitaine serait "un syndicat mixte d'étude", présenté comme solution transitoire, justifie bien la première phrase de l'article du Parisien "La montagne va-t-elle accoucher d'une souris ?"
Vous avez présenté votre rapport en avril dernier. Et maintenant, quelle suite y donnez-vous, comment se présente votre agenda ?On pourrait presque dire qu’à part les blogueurs, vous n’êtes pas très soutenu ;-) Vous avez des soutiens, à droite ? à gauche ?
Votre proposition a pour périmètre Paris et la petite couronne. Hors on sent un réveil de plus en plus fort de représentants de la Grande Couronne comme Didier Arnal, président du Conseil Général du Val d’Oise qui déclare dans le Parisien : « Nous sommes totalement opposés à l'idée de réunir seulement la capitale et la petite couronne » Vous n’avez pas envie de faire évoluer votre proposition pour intégrer d’une façon ou d’une autre la grande couronne ? Cela vous ferait peut-être des alliés ?
Le Grand-Paris était un sujet tabou, puis confidentiel. Aujourd’hui c’est à qui proposera sa vision et surtout l’organisation de sa méthode. On a La Conférence Métropolitaine de la Mairie de Paris et les Assises de Paris-Métropole, Christian Blanc et son secrétariat au développement de la région-Capitale, la consultation internationale lancée par Nicolas Sarkozy, gérée par le Ministère de la Culture et Christian Blanc. Il y a le Rapport de la commission Planchou pour la région. Il y a le SDRIF qui vient de recevoir le feu vert de la commission d’enquête publique en même temps qu’un nouvel avertissement du Premier ministre. Il y a votre rapport, et je passe sous silence les visions forcément différentes portées par chacun des candidats à la présidence de la région. Le débat est riche, sans doute, mais à ce niveau, c’est de l’émulation ou de la confusion ? Comment les citoyens peuvent-ils s’y retrouver ?
Et sur le SDRIF en particulier, quel est votre opinion ?
On a parfois l’impression que Bertrand Delanoë, le maire de Paris, s’éloigne du débat sur le Grand-Paris. Comment trouvez-vous la position de la mairie de Paris et de son maire en ce moment ? Quelle est votre impression ?
Paris-Métropole ou Grand-Paris ? Sur Paris est sa banlieue, il y a un petit sondage, qui sans aucune rigueur scientifique place systématiquement Paris à 30%, suivi de Grand-Paris autour de 24% , puis de Paris-Métropole à 20%. Pour vous, le nom a-t-il une importance, contient-il un message ?
Propos recueillis mercredi 18 juin 2008
Jean-Paul Chapon
ps : Paris est sa banlieue ne roule pas pour Philippe Dallier, mais soutient son projet - malgré un profond désaccord sur le périmètre - parce que c'est aujourd'hui le plus abouti et le plus engagé, apte à faire progresser la question de la gouvernance de l’agglomération, là où beaucoup d’autres semblent chercher toutes les raisons de ne pas bouger. Pour autant, Paris est sa banlieue est ouvert aux contributions des autres acteurs, et soutient par exemple la Conférence Métropolitaine. Les pages de ce blogues sont ouvertes à toutes celles et ceux qui souhaiteraient s’y exprimer.
Voir les autres interviews sur le Grand-Paris, Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris chargé de Paris-Métropole (relations Paris-banlieue), Laurent Lafon, maire de Vincennes et Philippe Dallier, sénateur UMP du 93
18.04.2008
C’est quoi aimer sa ville ? ou Petit traité sur les villes par Sibylle Vincendon
« Ce genre de choses, enfant, j’adorais. On passait devant un café – ou un magasin, je ne sais plus -, où il y avait une bouteille gigantesque et on criait : « T’as vu la grosse bouteille ?! » Trop beau. Je me souviens aussi d’un panneau publicitaire immense où une main versait, d’un paquet en relief, de la lessive figurée par des fils métalliques qui frissonnaient dans le vent et donnaient l’impression que la poudre tombait vraiment dans la bassine. Extraordinaire. » Mais voilà la petite Sibylle a grandi et maintenant elle ne voit plus la ville avec ses yeux d’enfant émerveillés. C’est dommage. Mais que cela ne vous empêche pas de lire son Petit traité des villes à l’usage de ceux qui les habitent. Les journalistes qui comprennent la ville, s'y intéressent et savent en parler sont trop rares. Et même si on n'est pas à 100% d'accord, tant mieux finalement, ça enrichit le débat. Alors, il ne faut pas bouder son plaisir et parcourir les pages de ce livre « écrit à la première personne » comme une promenade urbaine, et une invitation à la réflexion sur la ville d’aujourd’hui.
Lors de la présentation qu’elle en faisait mardi dernier à la librairie le Genre Urbain, Sibylle Vincendon qui a longtemps dirigé les cahiers Villes de Libération, présente son projet. Expliquer la ville, telle qu’elle la voit aujourd’hui, une ville en proie à une « privatisation » faisant passer l’initiative en terme de développement et d’urbanisme ou plutôt d’urbanisation, de la sphère publique et politique, à celle du privé, des enseignes, comme la « ville franchisée » de David Mangin, une banalisation des centres villes, avec les mêmes enseignes et les mêmes rues piétonnes, les mêmes entrées de ville avec centres commerciaux, et Carrefours dans les deux sens du terme, le rond-point et la grande surface, les lotissements symboles de la non-urbanisation, bref, une ville qui n’est plus vraiment la ville.
Et jusqu’à un jugement sur les entrées de villes que ne renierait pas notre président urbaniste, Nicolas Sarkozy, lorsqu’elle écrit, « mais là, de l’alignement, il n’y en a plus du tout. C’est le n’importe quoi généralisé. Pas un élément ne contribue à une unification quelconque des lieux… L’invraisemblable bordel qui jalonne les routes est-il une forme de ville intéressante ? J’ai peur que non. J’ai beau regarder partout, je ne perçois pas une once de quoi que ce soit qui porte un imaginaire dans ces lieux. C’est juste massacré point à la ligne. » Au-delà de ce désamour - peut-être trop raisonné ou théorisé - pour les entrées des villes, une question est omniprésente dans le livre, formulée de multiples façons, sans que la réponse ne soit donnée : qu’est-ce qu’une ville ? Question qui se traduit par des expressions comme « toutes les vraies villes », comme s’il y en avait de fausses, ou ces « endroits que l’on croyait urbains par nature, ancrés dans la ville et dans l’histoire », la ville neuve peut-elle être urbaine ? Avec en corollaire, la question de la limite de ce qui fait ville et de ce qui ne l’est pas la ville, « le propre de ce fond d’arrondissement est de fonctionner comme une banlieue ». Où commence la ville, où finit la banlieue, dans l’espace ou dans la tête ?
Quoi qu’il en soit, il faut lire le Petit Traité des Villes riche peut-être parce que schizophrène, entre la Sibylle qui raisonne la ville et celle qui l’aime vraiment. D’un côté la Sibylle qui raisonne la ville s’emporte contre sa privatisation, son uniformisation et sa banalisation. De l’autre, celle qui se souvient de son émerveillement d’enfant, « petite, j’admirais les immeubles modernes. Adulte, j’ai bien dû admettre qu’ils avaient poussé sur des destructions » et qui malgré tous ses préjugés sait encore magnifiquement retranscrire son émerveillement de petite fille devant la grosse bouteille et les fils d’argent qui « frissonnaient dans le vent ». Une des plus belles pages du livre, est celle consacrée à Dunkerque, avec le port, le Carnaval, la pluie, les SDF, les « drôles de plages dont sept sites industriels Seveso à risques forment l’arrière plan ». Mais aussi peut-être la réponse à la question, c’est quoi la ville ? « J’ai entendu deux retraitées dire à Dunkerque que leur port était beau. Les grues surtout… C’est quoi aimer sa ville ? Mentir à son sujet ? Prétendre qu’elle peut se mouler dans les rêves standard ? Ou l’aimer comme elle est, avec les rêves qu’elle a portés pour chacun ? Les intriques du carnaval, le port, les grues, c’est selon. On parlait d’attachement, ce jour-là à Dunkerque. »
Jean-Paul Chapon
Le Petit traité des villes à l'usage de ceux qui les habitent est publié chez Hachette-Littérature
12:40 Publié dans 1.3 - Ils parlent de la Ville et du Grand Paris, 5 - Culture... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.01.2008
Laurent Lafon sur le Grand-Paris, "les choses vont s'accélérer après les municipales"
Laurent Lafon, maire de Vincennes, était l'hôte de la dernière session de la Conférence Métropolitaine, le 5 décembre dernier. Paris est sa banlieue continue ses entretiens avec les acteurs du Grand-Paris, et a interviewé le maire Nouveau Centre de Vincennes lundi 14 janvier, à Vincennes. Des déclarations intéressantes sur l'intercommunalité et la redistribution de richesse de la part d'un maire qui semble se refuser à l'intercommunalité au plan local, même si Vincennes est membre de l'ACTEP (Association des Collectivités Territoriales de l'Est Parisien) qui n'est pas une intercommunalité mais un territoire de projet.
Laurent lafon, la ville de Vincennes a été l'hôte de la dernière session de la Conférence Métropolitaine consacrée au Grand-Paris. Quel sens donnez-vous à ce geste, qui est très symbolique dans le débat sur le Grand-Paris ?
Même si Vincennes est membre de l'ACTEP, l'intercommunalité au plan local ne vous semble pas une alternative au Grand-Paris comme le prônent certains de vos voisins. Je pense à Montreuil ou encore à Plaine-Communes. En attendant le Grand-Paris, n'y aurait-il pas d'intérêt pour Vincennes à une intercommunalité avec ses voisines ?
Quelles compétences souhaitez vous pour ce Grand-Paris auquel vous êtes favorable ?
Parmi les objectifs du Grand-Paris, il y a le rééquilibrage des inégalités qui ne sont pas seulement est-ouest, et une meilleure répartition des charges et redistribution des richesses. Donc taxe professionnelle ou logement social, quel impact pour Vincennes ?
Vincennes aujourd'hui, c'est comme un arrondissement de Paris hors de Paris, métro, RER, densité équivalente... Mais quel périmètre verriez-vous pour ce Grand-Paris. Philippe Dallier, le sénateur UMP en charge d'un rapport sur le Grand-Paris le limiterait à la Petite Couronne, mais la zone dense va au-delà et que faire des villes nouvelles ?
Le Grand-Paris est-il un sujet qui intéresse les vincennois ? Vélib l'a mis sur le devant de la scène, mais au-delà, comment allez-vous intégrer la question dans votre programme pour les municipales par exemple ?
Lors de la session vincennoise de la Conférence Métropolitaine, les participans étaient tombés d'accord sur la tenue d"Assises de l'agglomération parisienne en juin 2008. Dans le Journal du Dimanche du 13 janvier, Roger Karoutchi leader régional de l'UMP annonce son ralliement à la Conférence Métropolitaine, mais annonce une concertation à partir d'avril. Et vous, comment voyez vous le calendrier du Grand-Paris ?
Jean-Paul Chapon
23.12.2007
Philippe Dallier sur le Grand-Paris : " il serait absolument insupportable d’ajouter une couche de plus dans le mille-feuille !"
Retour sur "Paris est sa banlieue" et le Grand-Paris avec Philippe Dallier, sénateur UMP de Seine-Saint-Denis, désigné par l’Observatoire de la Décentralisation du Sénat de préparer un rapport sur les perspectives d’évolutions institutionnelles du Grand Paris. Jeudi 20 décembre, Paris est sa banlieue avait rendez-vous à Pavillons-sous-bois avec Philippe Dallier pour lui poser quelques questions sur sa vision d’un Grand-Paris : une collectivité territoriale de plein exercice, opérationnelle, avec des compétences limitées, et avec des élus « élus » responsables devant le peuple.
Le Grand-Paris passe du statut de sujet tabou pour les/certains politiques, à celui de sujet dont tout le monde parle. Il y avait la Conférence Métropolitaine, la Région à lancé une commission, certains partis lancent leurs réflexions. Il faut dire que le pavé dans la mare du discours de Nicolas Sarkozy à Roissy en juin a donné un certain coup d’accélérateur, auquel l’affaire Vélib’ a donné une réalité concrète pour le grand-public. Vous, Philippe Dallier, vous êtes en charge d’un rapport pour l’Observatoire de la décentralisation du Sénat. Quel est son objectif, à qui est-il destiné et pourquoi faire ?
Le Président de la République, Nicolas Sarkozy, avait dit dans son discours de Roissy : "Quant aux départements, qui peut comparer le rôle d’un département de petite couronne et celui d’un département rural, alors qu’ils sont les mêmes pouvoirs, la même fiscalité, la même structure ?" La région et l’agglomération parisiennes sont-elles un cas à part, et donc nécessitent-elles un traitement institutionnel à part ?
Vous faites comme beaucoup le constat que la situation actuelle avec son mille-feuille institutionnel ne fonctionne pas pour l’agglomération parisienne. Vous n’avez pas encore fini votre rapport, mais vous avez déjà des pistes, vers un Grand-Paris. Comment le voyez-vous ?
Et justement, avec quelles compétences pour cette nouvelle collectivité ?
Philippe Dallier, dans votre blogue, vous écrivez à propos de votre audition par la commission spéciale de la région Ile-de-France que « la ségrégation territoriale et son cortège d’inégalités ne peut que nous conduire à la catastrophe ? » Quelle catastrophe et comment cela s’intègre-t-il dans le débat actuel ?
Lorsque l’on écoute certains élus parler du Grand-Paris, on a un sentiment de réticence, qui se traduit aussi par la volonté de ne rien brusquer et de prendre son temps. Dans certaines de vos déclarations, on trouve plutôt les mots urgence, il y a le feu. Alors quel calendrier pour ce Grand-Paris ?
Je tiens à remercier Philippe Dallier d’avoir reçu Paris est sa banlieue, et pris le temps de répondre à ses questions. J’en profite pour signaler un nouvel élément dans la démarche du sénateur de Seine-Saint-Denis qui a fait parvenir "un questionnaire à l'ensemble des maires de la petite couronne de l'Ile-de-France ainsi qu'aux maires des principales villes de la Grande couronne pour les interroger sur l'avenir de la métropole."
Jean-Paul Chapon
30.11.2007
SUSPENSION DE PARIS EST SA BANLIEUE SUR 20MINUTES.FR
En attendant la mise au point complète de la nouvelle maquette de 20minutes.fr, Paris est sa banlieue suspend son activité sur 20minutes.fr.
Pour autant, Paris est sa banlieue continue et vous accueille dans son autre version sur lemonde.fr
Jean-Paul Chapon
23:15 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 1.2 - Les transports à Paris intra-extra muros, 1.3 - Ils parlent de la Ville et du Grand Paris, 1.4 - Le mur du çon de Paris est sa banlieue, 2 - Société, vous, moi, nous... et la banlieue aus, 3 - Un peu d'actualité, 4 - politique, politiques..., 5 - Culture..., 6 - Alzheimer, vous savez..., 7 - Sur les blogues | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note














