La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

26.09.2008

L'ancien président de la RATP n'aime plus le métro, ou Christian Blanc, le visionnaire du long terme éphémère ;-)

Comme il l'avait laisser entendre en juin dernier lors des Assises de la Métropole, Christian Blanc préfère la voiture au métro. Le secrétaire d'État au développement de la Région-Capitale, de retour des Etats-Unis, avait déclaré avoir acquis la certitude que la voiture électrique serait la solution de demain, laissant au passage planer un doute sur la priorité à donner aux infrastructures de transports collectifs.

paris_-_les_travaux_du_metropolitain_-_foncage_d_un_caisson.1222505392.jpgHier le doute a été levé. Pendant que d'un côté le SDRIF était voté hier soir par l'assemblée régionale d'Ile-de-France, de son côté, le secrétaire d'État à la Région-Capitale était auditionné par la Commission économique de l'Assemblée Nationale. Là, comme le rapporte le Parisien, il a « tiré à vue sur les projets SNCF et RATP » de rocades de métro et de train autour de Paris. A propos de Métrophérique ou Arc-Express, Christian Blanc a déclaré « quand j'étais président de la RATP, j'avais moi-même lancé cette idée. Je devrais sauter de joie. Mais le projet de la RATP aurait été très bien il y a quinze ans. On ne l'a pas fait dommage. Aujourd'hui, il faut faire ce dont on aura besoin dans quinze ans. » Même sort réservé à la rocade ferrée qui se construit à partir des tangentielles, et finalement pour Christian Blanc, « la priorité est d'achever l'autoroute la Francilienne à l'ouest de Paris et on ne pourra pas faire les deux pour des raisons financières. » Pour quelqu'un qui reproche au SDRIF son manque d'ambition, c'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité ;-)

paris_-_le_metropolitain_station_souterraine_pere_lachaise.1222505353.jpgL'argument de « ce qui était bon il y a 15 ans ne l'est pas aujourd'hui » est digne du café du commerce ou de la plus parfaite mauvaise foi. Avec un tel raisonnement, le métro qui a fêté ses 100 ans il y a quelques années, n'aurait été bon que lorsqu'il a été décidé à la fin du 19ème siècle, et encore pour 15 ans, mais il ne le serait certainement plus aujourd'hui ? Allons, Monsieur Blanc, soyons sérieux. Ce n'est pas un argument digne d'un ancien président de la RATP qui à ce titre devrait pourtant être bien placé pour savoir qu'en terme de transports collectifs, on raisonne sur le long terme, le très long terme, plutôt à 50 ans ou 100 ans qu'à 15 ans. Quant à la demande qui justifiait Orbitale il y a 15 ans, elle s'est encore accrue, et fait que non seulement il faut Orbitale devenu Métrophérique ou Arc-Express (pour faire plaisir à Jean-Paul Huchon et Mireille Ferri, malgré leur ralliement de circonstance à ce projet), mais aussi la rocade SNCF, deux projets auxquels le secrétaire d'État préfère la route. Et il a en partie raison, il faut aussi la route. Le périphérique répondait à la demande il y a 40 ou 50 ans, c'est vrai. Et surtout aux idées d'il y a 40 ou 50 ans. Mais imagine-t-on Paris aujourd'hui sans le périphérique... et sans les RER ? Et en prime sans Orbital ou Métrophérique ? Plus de 40 ans après, ces infrastructures nécessaires à l'époque le sont encore aujourd'hui. C'est plutôt sur les financements qu'il faudrait réfléchir, au financement pour pour répondre aux besoins d'aujourd'hui et à ceux des années à venir.

paris_-_vue_generale_du_metropolitain_boulevard_de_grenelle_vers_passy.1222505415.jpgAvoir été président de la RATP il y 15 ans, c'est bien. Une petite mise à jour avec exercices pratiques quotidiens serait peut-être la bienvenue pour vérifier si ce qui était bon il y a 15 ans ne l'est pas encore aujourd'hui, et demain, car il paraît fort peu probable que la tendance actuelle s'inverse, que la petite couronne se vide comme par miracle et que la grande couronne disparaisse. Quant à tout miser sur la voiture, gardons à l'esprit que la pollution générée par le carburant n'est pas la seule à prendre en compte, que le tout électrique repose sur la production d'électricité, de batteries, et qu'enfin la congestion de la Ville par la voiture, qu'elle soit électrique ou à essence continuera à freiner son développement. Il y a certes les autoroutes, et une fois encore il n'est pas question pour Paris est sa banlieue de les critiquer, mais le tout autoroute jusqu'à chaque maison, commerce ou bureau est aussi absurde qu'illusoire. Bref, il ne suffit pas de vouloir avoir raison contre tous pour se poser en visionnaire. N'est pas Delouvrier qui veut. Un peu de modestie, de respect de l'opinion et du travail des autres, ce n'est pas mal non plus pour faire un visionnaire.

Jean-Paul Chapon

09.07.2008

Quand Baupin rayonne sous le plafond des 37 mètres ;-)

"En matière de rayonnement international Vélib' et Paris-plages ont fait beaucoup plus que n'importe quelles tours ne le feront jamais", c'est ce que Denis Baupin, adjoint Vert au maire de Paris Bertrand Delanoë a déclaré hier lors d'un débat sur France Info à propos du vote libérant chichement 6 zones périphérique de Paris du "plafond" des 37 mètres ;-)

paris-las-vegas.1215591023.jpgEntendre ça de la part d'un élu d'une ville dont le symbole depuis plus d'un siècle est une tour, cela peut passer pour une marque d'humour involontaire qui ne manque pas de piquant. Mais citer comme l'alpha et l'oméga de la gestion d'une ville capable de soutenir son rayonnement international, une attraction éphémère de trois semaines en été et un service de location de vélo alors que les transports en commun sont au bord de l'apoplexie, c'est simplement affligeant et ça en dit long sur la vision de la Ville et de la gestion de ses priorités par Denis Baupin.

Jean-Paul Chapon

05.07.2008

Une grève du RER A sans s'en apercevoir !

« Désormais, quand il y a une grève, plus personne ne s’en aperçoit » a déclaré aujourd’hui notre Président de la République au Conseil National de l’UMP s’attirant « les applaudissements des quelque 2000 cadres et conseillers nationaux de l'UMP qui composaient l'assistance » comme l’écrit Libération.

De deux choses l’une. Ou Nicolas Sarkozy est encore sous le coup de l’émotion de sa journée avec Ingrid Bétancourt, la libération de cette dernière lui faisant entrevoir un monde idéal nouveau baignant dans la concorde. Ou alors, notre Président et ses 2000 petits camarades de l’UMP vivent dans un monde à part, bien éloigné des réalités des français, notamment de ceux qui se lèvent tôt pour essayer de prendre le RER A, le RER E ou encore la ligne 1 du métro parisien, un mardi 1er juillet.

Alors méthode Coué, ignorance ou mauvaise foi, voire foutage de gueule ? Laissons les usagers des transports encore sous le coup de leur journée de galère du 1er juillet s’en apercevoir… et apprécier, n’en déplaise à notre président ;-)

Jean-Paul Chapon

25.05.2008

"Liberté, Egaligé, Fraternité" dans le 93 comme dans le 92, n'en déplaise à Patrick Devedjian

Liberté, Egalité, Fraternité est écrit au fronton de toutes les mairies de France, y compris au fronton des mairies du 92 comme de celles du 93. Peut-être faudra-t-il un jour effacer cette devise et la remplacer par Charité bien ordonnée commence par soi-même sur celles du 92, si l'on s'en tient à ce que le Président du Conseil Général des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian déclare dans un entretien au Monde daté du 24 mai à propos du Grand-Paris : «Je suis près à créer une taxe professionnelle unique. Mais je ne suis pas d'accord pour payer pour la Seine-Saint-Denis par exemple. Les deux départements ont été créés en même temps, en 1967. Ils étaient sur un pied d'égalité. La droite a bien géré les Hauts-de-Seine, la gauche a fait d'autres choix, dont la Seine-Saint-Denis paie les conséquences. C'est un peu sommaire de nous dire aujourd'hui : "Vous avez bien investi, donnez-nous une part de votre argent pour financer nos politiques sociales !"

Voilà qui a le mérite d’être clair, et tant pis pour les habitants du 93. Ils n’avaient qu’à pas aller là-bas, et tant pis aussi pour ceux qui ne l’ont pas choisi, ils n’avaient qu’à naître ailleurs, dans le 92 par exemple. Et enfin tant pis pour ceux que l’on a envoyés là-bas, parce que c’est là-bas que l’on a construit près des usines le logement social dans lequel, Paris notamment, a déversé pendant des années y compris après la fermeture des usines - et cela bien avant la première élection de Bertrand Delanoë - tout le surplus qu’on ne voulait pas garder dans Paris intra-muros.

Belle humanité que celle de Patrick Devedjian. Dans cet entretien dont on se demande ce qui peut susciter une telle aigreur, Patrick Devedjian s’en prend aussi à Bertrand Delanoë, accusé de pas vouloir « partager la richesse de Paris. » Et puis en mal d’agressivité, il s’en prend pêle-mêle au nouveau maire de Neuilly, Jean-Christophe Fromantin, accusé de démagogie, au STIF accusé de favoriser Paris parce qu’il a financé le tram des Maréchaux qui a « pompé une bonne partie des moyens du STIF », etc.

Je n’ai pas envie d’argumenter plus en détail, et préfère renvoyer sur la réponse commune d’Anne Hidalgo, Annick Lepetit et Pierre Mansat ont donnée le jour même à travers un communiqué. Au passage, Bertrand Delanoë aurait bien pu lui-même répondre plutôt que de laisser les "techniques" le faire, mais il est sans doute trop pris ailleurs ;-)

En dehors de l’affligeante preuve d’égoïsme de Patrick Devedjian, que je ne généraliserais pas à l’ensemble de la droite ou de l’UMP, tant les positions défendues par Philippe Dallier - malheureusement trop isolé - sont à l’opposée de celles de Devedjian, cette sortie met une nouvelle fois en avant le besoin impératif et urgent de réaliser un Grand-Paris qui réunifie l’ensemble des habitants de l’agglomération, surmonte les pires égoïsmes des uns, et permettent un développement cohérent et solidaire de la ville. Ce n’est pas qu’une question d’institutions, ou un problème de gouvernance, ni un problème d’urbanisme ou de grands gestes architecturaux. Bien sûr on voit que cela ne marche pas en ce moment, bien sûr, il y a les transports et les insuffisances des investissements, qu’ils soient du STIF, de la RATP ou de l’Etat. Et le logement social mais aussi celui de standing, où le construire, et chez qui le construire? Aujourd’hui on voit bien à travers cette sortie de Devedjian, que c’est la prise de conscience d’une fraternité entre tous les habitants de notre Grand-Paris qui manque cruellement. A moins que la leçon des émeutes de 2005 n’ait pas servi, et que l’on préfère une logique d’isolement et d’affrontement, mais à quel prix ? Celui de déclin irréversible de Paris, jamais grand et condamné à mourir petit.

Jean-Paul Chapon

02.05.2008

Plus nul qu'un débat sur le Grand-Paris à la télé ? Un autre débat à la télé sur le Grand-Paris...

roissy-1-01-05-2008.1209732348.jpgLa nullité des débats sur le Grand-Paris m’atterre et me désespère. Du coup, je les évite, et j’ai de plus en plus de mal à aller jusqu’au bout. Aujourd’hui, je suis en vacances, je tombe par hasard sur un débat d’Itélé, et je regarde. Le débat du jour, c’est Jean-Paul Huchon, Président PS de la région Ile-de-France, contre Roger Karoutchi, Ministre des relations avec le parlement, Président du Groupe UMP à la région. J’insiste sur le « contre », car le but de ces débats n’est, semble-t-il, pas d’informer ou de faire réfléchir sur le Grand-Paris, mais de faire s’opposer deux politiques dans la plus pure tradition. Et je dois dire que ce n’est pas ce dernier débat qui va me faire changer d’avis. Nul, il n’y a pas d’autre mot. Si il y en a un autre, caricatural, donc nul et caricatural, jusqu’à la prestation du meneur de débat, Jean-Jérôme Bertolus, pourtant intéressant en général, mais qui pour aborder la question du logement, demande à ses deux invités, alors les tours, vous êtes pour ? Bonjour l’analyse et la maîtrise du sujet ; mais pas surprenant puisque pour introduire le débat sur le Grand-Paris, il remonte au discours de Sarkozy en juin 2007 à Roissy, passant sous silence la Conférence Métropolitaine lancée par le maire de Paris un an auparavant…

roissy-minnie-01-05-2008.1209732436.jpgDonc un débat dans lequel on n’apprend pas grand-chose, Jean-Paul Huchon prend la pause en héraut de la Grand-Couronne, pendant que Roger Karoutchi en bon élève du Président de la République appelle de grands projets et gestes architecturaux, avec belles tours, pour relancer la dynamique dans le cœur de l’agglomération.

minnie-roissy-01-05-2008.1209733149.jpg Et puis des perles déjà usées comme Jean-Paul Huchon trouvant « ringard » le projet de Philippe Dallier, parce qu’en voulant fusionner Paris et la petite couronne il nous ramène à 1920, ou encore « Métrophérique, projet de la RATP vieux de 30 ans qui n’existe pas ! ». Le bel argument. Et de proposer sa tangentielle Nord, qualifiée pour l’occasion de « rocade extérieure » et du bout de lèvres Arc-Express « qui est mieux que le projet du Gouvernement ». Quant à Karoutchi, il a trouvé la solution pour en finir avec les inégalités à l’intérieur de l’agglomération « en organisant la solidarité financière », c’est simple, comment n’y avait-on pas pensé avant ! Donc on a des projets trop vieux d’un côté, et des yaka faut qu’on de l’autre. Comment veut-on que le grand-public, c’est à dire les citoyens puissent comprendre les enjeux ou simplement s’y intéresser ? Comment un projet qui pourtant concerne la vie quotidienne de 11 millions de personnes en France comme le soulignait tout de même le présentateur peut-il être caricaturé à ce point ?

Hier plutôt que d’écrire encore une note sur le Grand-Paris, je voulais publier ces photos prise à Roissy. J’aurais peut-être mieux fait ;-)

Jean-Paul Chapon

14.04.2008

"Voir plus large et plus loin", pour éviter de regarder plus près ? ou quand Claude Bartolone confond poésie et Grand-Paris

Je n'aime pas les réactions à chaud, mais ce soir je tombe sur les déclarations de Claude Bartolone qui me met vraiment en rogne. Pour le Grand-Paris, Bartolone cherche où sont les franciliens et veut voir "plus large et plus loin". Tellement facile, et surtout on ne fera pas un rapprochement mesquinement politicien avec sa toute nouvelle accession à la présidence du Conseil Général de la Seine-Saint-Denis pour analyser les prises de positions de Claude Bartolone sur le Grand-Paris comme par exemple les propositions de Philippe Dallier qui préconise la dispariton des Conseils Généraux de petite couronne.

Donc mon camarade Claude Bartolone (je suis membre du PS, dois-je le rappeler) veut voir plus loin pour le Grand-Paris, jusqu'à l'inscrire dans le "périmètre des cathédrales : Reims, Beauvais, Rouen, Orléans". Pourquoi pas un Grand-Paris-Lyon-Marseille pendant qu'on y est. Et de poursuivre dans son entretien accordé au Figaro en disant que les questions doivent être abordés avec un périmètre correspodant. Pour les transports ça donne "au niveau régional, décidons des différentes formes qu'il doit prendre. Réfléchissons plutôt en termes de déplacements et mettons des tramways, des bus et des métros, mais aussi des routes et des pistes cyclables. " Autant de généralités pour ne pas dire de banalités enfilées les unes après les autres comme autant de vilaines grosses perles d'une poltique que l'on aimerait voir disparaître. Qu'en penseront les banlieusards coincés pendant plus d'une heure non pas entre Beauvais et Paris, mais entre Nanterre et la Défense, en fin de semaine dernière ? Ils attendront sans doute la piste cyclable Beauvais-Nanterre-Paris...

Alors plutôt que de faire dans l'imagerie poétique avec ses horizons de cathédrales gothiques, Claude Bartonlone qui cherche les franciliens en confondant la taille étriquée d'une région, l'Ile-de-France, et les problèmes d'une ville, et même d'une Grande-Ville, devrait entrer dans le concret et proposer des solutions. Claude Bartolone devrait partager les problèmes de la ville au jour le jour, avec les franciliens, mais aussi avec les parisiens, intra et extra-muros, pour essayer de comprendre quel est le bon périmètre pour chacun de ces problèmes. Il verrait vite que l'horizon s'arrête plus à la limite de la grande couronne que de la Picardie. Et au passage, plutôt que d'égrainer des banalités, il pourrait proposer des solutions concrètes. D'ailleurs, je ne suis pas sûr que les habitants de Beauvais, de Chartres, de Rouen ou d'Orléans dans leur ensemble, soient aussi sensibles aux incidents quotidiens sur les lignes de métro et de RER de l'agglomération parisienne que ne le sont dans leur ensemble les banlieusards et parisiens intra-muros. Le jour où 100%, voire la majorité seulement de la population active des ces villes travailleront à Paris, alors oui, on pourra dire qu'elles sont le Grand-Paris.

Cela ne doit cependant pas empêcher de repenser la région Ile-de-France, aussi étroite que l'est Paris, et qui même si la ville n'a pas de cathédrale gothique pour faire plaisir à Claude Bartolone, devrait aller jusqu'au Havre, le grand port de la région.

En attendant, plutôt que de rester dans ce genre d'appels si faciles et si confortables, la gauche ferait mieux de s'emparer sérieusement d'un dossier qu'elle laisse la droite préempter, parfois pour le pire, voire les atermoiements de Roger Karoutchi, parfois pour le meilleur (ou au moins le mieux-disant) comme le fait Philippe Dallier. Et une fois de plus je finirai cette note en me demandant où en est la réflexion de Bertrand Delanoë ;-)

Jean-Paul Chapon

30.11.2007

SUSPENSION DE PARIS EST SA BANLIEUE SUR 20MINUTES.FR

En attendant la mise au point complète de la nouvelle maquette de 20minutes.fr, Paris est sa banlieue suspend son activité sur 20minutes.fr.

Pour autant, Paris est sa banlieue continue et vous accueille dans son autre version sur lemonde.fr

Jean-Paul Chapon

04.10.2007

Annick Lepetit et la ligne 13, ou charité bien ordonnée commence par soi-même :-(

Quand Annick Lepetit traite Métrophérique de « projet pharaonique » et « ambition coûteuse du président Pierre Mongin, PDG de la RATP », qui « relègue « en bout de quai » tous les autres scénarii de dédoublement ou de météorisation de la ligne 13 pourtant moins onéreux », s’exprime-t-elle en tant que première adjointe au maire du 18ème arrondissement, comme députée de la 17ème circonscription de Paris, comme Conseillère de Paris, comme porte-parole dans l’équipe de campagne de Bertrand Delanoë pour les municipales 2008, ou simplement à titre personnel ?

Il est tout de même étonnant de voir la mairie de Paris promouvoir le dialogue avec la banlieue, construire des opérations de partenariat, créer la Conférence Métropolitaine et y inscrire le débat sur le Grand-Paris, rejeter la période à laquelle la banlieue n’était qu’une servante de la capitale, et en parallèle d’entendre une élue membre de l’équipe municipale retomber - pour des raisons électoralistes ( ?) ou politiciennes (Pierre Mongin, le président de la RATP sent-il le soufre en tant qu’ancien chef de cabinet de Dominique de Villepin ?) - dans une position aussi égoïste et peu solidaire, caricaturale d’une vision étroitement parisienne, même si la ligne 13 dépasse les limites de Paris intra-muros. Les investissements dans Paris oui, mais en banlieue, c’est trop cher, ça ne vaut pas le coup, et un coût «pharaonique ». D’accord pour y étendre Vélib’, pour bénéficier d’un effet de communication, mais pour régler les vrais problèmes, que les banlieusards se débrouillent…

Souhaitant qu’il ne s’agisse que d’un dérapage et non pas d’une première déception des attentes de la banlieue et des parisiens extra-muros, qui s’ils ne votent pas, aujourd’hui, pour Bertrand Delanoë, s’attendent de sa part à autre vision d’un Paris solidaire que la seule extension de Vélib’ au-delà du périphérique.

Jean-Paul Chapon

02.10.2007

Vélib’ contre Métrophérique : 1 à 0, ou politique de déplacements et déplacements politiciens dans le Grand-Paris

Mise à jour du 3 octobre **

medium_ligne_14.JPGMême France Info s’y met et annonce que le 92 pourrait avoir son Vélib’. Ce matin s’était dans le Parisien, mais cette fois, l’info sort de la presse « populaire » Parisien, 20minutes et autre Métro pour aller sur les médias nobles. « Presque toutes les communes, toutes tendances politiques confondues, souhaitent la mise en place d'un système compatible avec celui de Paris », s'est réjoui le président (UMP) du conseil général, Patrick Devedjian, et de son côté dans le Parisien Philippe Laurent, maire NC et conseiller général de Sceaux, déclarait « le vélo est devenu une alternative de mode de déplacement. Le Vélib’ est révélateur d’une demande qui ne s’exprime pas que par la location : il faut une politique plus globale qui comprend des aménagements en faveur du déplacement à vélo. » C’est beau comme du Baupin. Le Club des Villes Cyclables, dont Denis Baupin, l’adjoint Vert du maire de Paris Bertrand Delanoë en charge des transports, et la FUBicy ont annoncé ce week-end que « 10% de déplacements urbains à vélo en 2012 c’est possible », demandant également « l'affectation de 10% du budget des routes et autoroutes pour l'aménagement d'itinéraires vélo. » Denis Baupin déclarait en outre qu’« il serait inconcevable qu’un Grenelle sur l’environnement fasse l’impasse sur les déplacements à bicyclette. La vraie « voiture propre » c’est le vélo ! »

medium_ligne_13.JPGJe me souviens d’une époque pas si lointaine où la seconde voiture c’était le métro, et inconcevable pour inconcevable, il serait vraiment inconcevable qu’un Grenelle de l’environnement face l’impasse non pas sur le vélo, mais sur le métro, à commencer par un projet comme Métrophérique, et je ne serais pas contre l’idée qu’on lui affecte 10% du budget des routes et autoroutes ;-) Chacun ses priorités. Heureusement Pierre Mongin, le président de la RATP, annonce aujourd’hui que "le schéma a bien avancé", il est inscrit au schéma directeur de la région Ile-de-France et au Contrat de plan Etat-Région 2007-2013 pour un montant de 25 millions d'euros de crédits d'études sous le nom d'Arc Express."Nous sommes techniquement prêts" et la RATP attend "le feu vert" du STIF, a ajouté M. Mongin. Selon lui, ce projet "s'inscrit parfaitement dans les objectifs du prochain Grenelle de l'Environnement" et a "obtenu un accueil très positif du ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo".

medium_ligne_7bis.JPGEt si Vélib’ a fait avancer le Grand-Paris, il est à craindre que dans un même coup de pédale il ait fait reculer Métrophérique et les transports collectifs en général. Le 13 juin dernier j’écrivais dans Paris est sa banlieue : « Et ce qui me révolte le plus dans cette journée, c’est qu’une fois de plus, on sort le vélo comme symbole facile et pratique derrière on cache l’incapacité et l’impuissance des uns et des autres, villes de l’agglomération, départements, région, Etat qui se défausse, à apporter une vraie solution au problème des transporst. Les lignes sont saturées, le service est de plus en plus mauvais, pas fiable, et aujourd’hui, on nous parle de 20.000 vélo… »

medium_ligne-1-10h31-miromesnil.jpgCar si on parle de Vélib’ et de vélo, on parle beaucoup moins de métro. Moins tendance, et pourtant si on voulait. Vous souvenez-vous de la dernière fois où vous avez entendu parler de ce grand projet de rocade de métro autour de Paris ? Il y a 20 ans le projet s’appelait Orbitale, puis il est ressorti il y a tout juste un an grâce au président de la RATP sous le nom de Métrophérique : 40 à 50 km et 40 à 50 stations à 5 ou 6 km du périphérique*. Jean-Paul Huchon le président de la région Ile-de-France après l’avoir combattu, avait fini par l’accepter du bout des lèvres en contestant un tracé pourtant pas fixé, l’appelant Arc-Express pour jouer la confusion - alors que la Val-de-Marne l’avait déjà adopté sous le nom d’Orbival - et l’inscrivant aux calendes grecques dans le SDRIF, le Schéma Directeur de la Région Ile-de-France. Pourtant on pourrait en parler des transports en communs dans l’agglomération parisienne où tout ne vas pour le mieux. D’accord aujourd’hui la RATP annonce que « son trafic a connu une progression de 3,4% avec 1,516 milliard de voyages sur le réseau francilien au premier semestre. Cette croissance "sans précédent" s'explique, selon Pierre Mongin, par une offre renforcée, comme l'ouverture du tramway fin 2006, le renforcement de certaines ligne de métro (la ligne 13 notamment, Châtillon-Montrouge/Asnières-Saint-Denis) et de bus, ou encore le prolongement du service du métro les samedi soir et veilles de fêtes »

medium_ligne-A-10h30-mirosmenil.2.jpgMais si hier, le Parisien titrait sur un record d’affluence dans le métro il présentait aussi le revers de la médaille, le réseau frise la saturation, quand il ne la franchit pas déjà comme c’est le cas sur la ligne 13. « A terme, la moitié des lignes risquent la saturation » déclarait hier dans le Parisien Jean Brafman, élu au STIF (le Syndicat des Transports d’Ile-de-France, autorité organisatrice des transports dans la région présidée par Jean-Paul Huchon au titre de président de la région). Saturation sans compter les incidents techniques, les sinistres écrans jaunes du métro et du RER. Mais le problème n’est pas vu de la même façon par tous. Ainsi dans le Parisien, Denis Baupin, toujours lui, s’il reconnaît qu’on « ne peut plus traîner pour renforcer les autres lignes » conseillait selon le quotidien aux parisiens « à court terme, d’emprunter Vélib’ plutôt qu’un métro bondé ». Allez ce sera donc un mur du çon de plus pour notre ami Baupin. Mais attention aux effets de mode et aux retour de pédaliers, passé la nouveauté et l'effet de buzz autour de Vélib', restera l'immense problèmes des transports en commun dans l'agglomération, et alors là, ce n'est pas aux bornes Vélib' qui le mécontentement s'exprimera, mais peut-être dans les urnes...

Tiens au fait, on n’a pas eu droit aux statistiques de Vélib’ pour son deuxième mois depuis le lancement ;-)

** Petite mise au point pour répondre à un commentaire fréquent, et en éviter d’autres sur ce thème. Il est tout de même étonnant qu’on ne puisse s’inscrire hors du chœur de louanges sur Vélib’ sans immédiatement se voir traîner en procès en sorcellerie. Le politiquement correct a tout de même des limites. Serais-je donc obligé à chaque fois que j’écris sur Vélib’, de faire acte d’allégeance, d'expliquer que d'une je suis aussi cycliste et que deux, je trouve Vélib’ une initiative sympathique, allant dans le bon sens pour une circulation apaisée à Paris, etc. Mais devrais aussi hasarder à nouveau ce mauvais jeu mot, quand j’avais taxé Vélib’ de cerise sur le gâteau des transports… sans le gâteau, ou encore d’arbre cachant la forêt des transports collectifs ? Pendant que l’on parle des petits vélos gris parisiens, on oublie de parler du reste, de l’état actuel des transports en commun, et des projets à venir, empêchant tout mouvement de soutien et de mobilisation autours de projets comme Métrophérique.

Et donc, ce que je reproche c’est qu’avec quelques pourcents de déplacements assurés par Vélib’, ce programme occupe près de 100% de l’espace médiatique consacré aux déplacements dans l’agglomération parisienne. Plus grave, chez certains Verts idéologues façon Denis Baupin, on voit petit à petit apparaître publiquement un glissement de priorités faisant passer le vélo avant les transports en commun. Cela commence doucement en déclarant que Vélib’ aura bientôt transporté plus de voyageurs que le Tram des Maréchaux, puis on parle d’accorder 10% des crédits destinés aux routes et autoroutes au vélo, et non aux transports en commun, et on conseille de faire du vélo si le métro est bondé. Plus facile à faire quand on va du 11ème ou de Ménilmontant au 4ème que lorsqu’on a un trajet moyen de 9km pour se rendre sur son lieu de travail comme c’est le cas pour les habitants de l’agglomération. Et c’est donc contre cela que je m’élève et que je continuerai à le faire, n’en déplaise aux Vélib’olâtres de tout poil ;-)

Jean-Paul Chapon

* Pour les données sur Métrophérique, voir dans le dossier de presse RATP d'aujourd'hui, page 12

10.09.2007

Borloo au pôle, ou de la politique spectacle jusqu’à la lie…

Donc notre ministre bombardé écolo à l’insu de son plein gré, s’est payé comme les autres, Angela Merkel et autres Manuel Barroso ou Nancy Pelosi, le rendez-vous tendance, la balade au Groenland pour voir comme les glaciers fondent. En atterrissant, il a dû sans doute voir une accélération de la fonte pour cause d'Airbus présidentiel, avec sa brochette de scientifiques et de personnalités, sans oublier Yann Artus Bertrand, pour immortaliser Borloo et le glacier, avant que ce dernier n’ait trop fondu. "Quand on voit les images satellites, les carottages glaciaires, il n'est plus discutable que tous les modèles de prévisions climatiques étaient conservateurs: en réalité tout va plus vite", a souligné M. Borloo. Sur qu’il fallait un Airbus présidentiel pour arriver à cette affirmation scientifique inestimable.

Mais pas de panique, conformément au protocole de Kyoto, tout cela n’a pas d’importance. Comme le précise Itélé, les 65 tonnes de CO2 produites pour que notre ministre à l’heure de l’internet puisse se rendre compte de visu des effets du réchauffement climatique seront compensés par la bourse des riches pollueurs sans vergogne. Il va payer une centrale verte, je n’ai pas trop suivi laquelle, au Mexique peut-être, je rectifierai demain si nécessaire.

Bref, pour exister dans le gouvernement Sarkozy, se faire un peu de mousse et au passage faire le jité, Borloo se paie une virée dans le Grand Nord, qu’il rembourse au prix fort avec sa centrale. Vraiment le besoin d’exister, quand on ne fait rien dans un gouvernement peut transformer un homme, a priori de bonne volonté, en clown pathétique. En même temps, le Borloo il se forme, et ce serait dommage d’enfermer le ministre, car il a besoin du terrain pour savoir et comprendre : "Alors qu'est-ce qu'on fait? On ne bouge plus? Chaque fois que je sors de mon bureau, j'apprends quelque chose", a déclaré notre robinson vert, digne de figurer au mur du çon de Paris est sa banlieue, avant souhaitons lui cette gloire, d'être salué par celui du Canard ;-) Il devrait d’ailleurs sortir plus souvent, en ville, à Paris, en banlieue, ici, anonyme et simple… comme avant les honneurs et les ministères. Et par chance, il n’aura pas besoin de payer une amende Kyoto.

Finalement, notre Borloo verdisé aurait pu faire l’économie du voyage, et offrir la centrale. Parce que ça, ça aurait été écologique et désintéressé ! Quant à Yann Artus Bertrand, il n’avait qu’à l’emmener avec lui en expédition métropolitaine, pour le reportage de sa vie. Que tout cela est nul. Promis, je retourner dès demain sur Paris est sa banlieue, le vrai pour le prix d'un ticket de métro, sans fonte des glaces, mais avec pollution... locale  ;-)

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu