18.12.2010
"Paris est sa banlieue" déménage ;-)
Vous voulez comprendre l'actualité du Grand-Paris, sa difficile création, découvrir et aimer la métropole parisienne, du Petit-Paris de Delanoë au Grand-Paris, avec ses banlieues, la Ville de 11 millions de Grand-Parisiens qui attendent d'être enfin reconnus, alors continuez de lire Paris est sa banlieue
Paris est sa banlieue a une nouvelle adresse ! http://parisbanlieue.wordpress.com
08:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, grand paris, paris métropole, banlieue, ville, jean-paul chapon
02.06.2010
Paris est sa banlieue arrête sa publication sur 20minutes.fr...
mais continue dans sa version d'origine sur Lemonde.fr http://parisbanlieue.blog.lemonde.fr
Changez vos bookmarks si nécéssaire ;-)
Nouvelle note, Entre Grand-Paris et Paris-Métropole, entre Arc-Express et Grand-Paris, l'indifférence générale
A bientôt,
Jean-Paul Chapon
21:09 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grand-paris, paris-métropole, arc-express, grand-huit, paris, banlieue
22.05.2010
Paris est sa banlieue arrête sa publication sur 20minutes.fr
mais continue dans sa version d'origine sur Lemonde.fr http://parisbanlieue.blog.lemonde.fr
Nouvelle note, Du Grand Paris au Grand Gâchis...
A bientôt,
Jean-Paul Chapon
09:00 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grand-paris, paris-métropole, paris, banlieue
13.05.2010
Inaugurer une ligne de bus en banlieue, c'est moins glamour qu'un tram sur les maréchaux, ou le bruit des uns et le silence des autres
Ce matin, on peut lire dans Le Parisien le témoignage de la chauffeur de bus agressée à Aulnay. Elle raconte le crachat, puis les coups qui pleuvent, sa fille qui a tout vu, et la fille qui dit que « c’est difficile de voir sa mère se faire taper ». C’est dur à lire aussi, et c’est révoltant. Pourquoi cette agressivité et cette violence, pour un arrêt de bus, ou un détour ? Comment la société en arrive là et qu'espérer de ces jeunes qui n’ont pas d’autre schéma mental et social que la violence ? Alors on lit dans Libération du 11 mai par exemple que l’Etat a décidé pour répondre à cette violence et cette insécurité, de mettre en place « une police des transports dédiée à la sécurité dans les bus de Seine-Saint-Denis… », et le couplet habituel de la CGT « l’Etat continue de privilégier le court terme plutôt que de créer des unités de police territoriale dans les quartiers… » Et dans Le Parisien du 12, sur une double page, Brice Hortefeux, le ministre de l’intérieur campe une posture martiale sur double page. A propos du Tremblay-en-France et de la sécurisation des bus par la police il déclare : « On va faire de Tremblay un exemple ! On ne reculera pas d’un centimètre, nous resterons le temps qu’il faudra, nous prendrons toutes les mesures nécessaires, avec détermination et obstination. J’y suis déjà allé trois fois, j’y retournerai. Ce combat sera très dur, mais nous allons le gagner. Parallèlement, il faudra mettre d’autres moyens en place, comme la video-protection, afin de mieux assurer la sécurité des conducteurs de bus comme des passagers. » Mais pas de bus supplémentaires parmi les mesures envisagées.
Dommage, car la lecture de l'article que Libération consacre à l'attaque du bus d'Aulnay, sans donner raison ou même excuser l’attitude des trois jeunes filles, donne une clé qui permet peut-être de mieux comprendre une autre origine de cette violence. « Cet acte de violence pourrait être lié au changement de l’itinéraire du 610. Depuis près de trois semaines, à partir de 19 heures, les bus ne desservent plus la gare des Beaudottes, à Sevran, où plusieurs attaques contre des bus ont eu lieu récemment, notamment des caillassages. Selon la TRA, les trois passagères, qui voulaient se rendre à l’hôpital Robert-Ballanger, à proximité de la gare, auraient piqué un coup de sang contre la conductrice qui appliquait les consignes de sa direction. "La modification des itinéraires est une question très sensible", indique un responsable du CIF (Courriers d’Ile-de-France), une compagnie qui dessert le même secteur. "Quand le bus dépose des passagers à quelques centaines de mètres de l’arrêt habituel, cela passe. Mais, quand les gens doivent marcher deux kilomètres pour rallier la gare RER, ça provoque des réactions de colère et peut entraîner de sérieux problèmes pour les chauffeurs." » On pourrait aussi lire l'interview du sociologue Laurent Mucchielli dans Le Parisien du 11, "Il y a un processus de ghettoïsation qu'aucun gouvernement n'est parvenu à enrayer... L'amélioration de la vie dans les quartiers n'a jamais été une priorité malgré les discours..." Il ne s’agit pas ici d’excuser la violence, mais de comprendre que cette violence, répond aussi à une autre violence, celle de l’exclusion et de l’enclavement. J’entends d’ici les réactions et je m’attends à des commentaires violents, mais il est parfois confortable de juger, sans savoir ou subir. Et on pourrait d’ailleurs se demander pourquoi les attaques contre les bus ont lieu à certains endroits et pas à d’autres, pourquoi ces banlieues du 93 ou du 91, pourquoi ces cités et pas Neuilly ou le 7ème arrondissement de Paris… Fadela Amara, experte en banlieue, avec son plan Espoir-Banlieue qui patine pourrait peut-être apporter une réponse ?
Mais voilà, aujourd’hui la question des transports en Ile-de-France se résume à une bagarre entre un gouvernement de droite autiste et une région de gauche revancharde, un bras de fer stérile autour de deux projets, le Grand-Huit du Grand-Paris de le secrétaire d'Etat à la région-capitale Christian Blanc contre Arc-Express du président de la région Jean-Paul Huchon, alors que comme le demande le MEDEF, les deux projets devraient être combinés avec des arguments de bon sens, notant par exemple que le projet du Gouvernement « ne profite pas ou peu à l'hyper-centre de la région (sauf le prolongement de la ligne 14) ni même au coeur d'agglomération (75-92-93-94)…alors que celui-ci regroupe sur 5% du territoire francilien plus de 50% de la population régionale, 70% des emplois et enregistre 90% des déplacements de la région. »
Et il est visiblement aussi difficile d’apporter une réponse intelligente, libre de toute approche partisane à la question des transports, qu’il est difficile de le faire pour la gouvernance de la métropole, l’un et l’autre allant de pair. Il faut dire que dans les transports parisiens, au STIF par exemple, c’est le règne de l’idéologie mal placée ou de l'écologisme de façade, du culte du tram présentée comme la panacée des transports urbains à celui des navettes fluviales, comme le désastreux et inutile Voguéo, en passant par Vélib’ ! C’est ainsi qu’on peut lire dans Le Parisien du 12 mai que Voguéo, la navette fluviale entre Maisons-Alfort et la Gare d’Austerlitz à Paris, réussit le tour de force de transporter en moyenne 340 voyageurs par… jour et qu’en presque deux ans, il a réussi selon le STIF a transporter 290.000 voyageurs. Et 340 voyageurs par jour pour un coût annuel de 4,6 millions d’euros ça met tout de même (avec un calcul plus symbolique que sérieux) le passage à 37€ pour 20 minutes entre Maisons-Alfort et Gare d’Austerlitz. On peut lire d’ailleurs que pour faire progresser de 43% le nombre de passagers au cours des premiers mois de 2010(soit en moyenne 5 à 6 passagers par bateau selon le témoignage d’un usager ;-) , le STIF n’a pas hésité à faire passer la cadence de 20 à 15 minutes aux heures de pointe et à abaisser le tarif en rendant le trajet accessible au forfait 1-2 de Passe Navigo quand Maisons-Alfort est en zone 3. Mon bus 124 a lui une fréquence de 25 minutes aux heures de pointe… Plus de bus, plus fréquents, plus de lignes, une desserte plus serrée, voilà une réponse qu'il faudrait apporter aux plus vite en banlieue.
Avant de conclure, je voudrais tout de même dire ma déception vis à vis des Verts ou d’Europe Ecologie. Lors de la campagne des régionales, Cécile Duflot avait dit que si elle était élue, sa première mesure en matière de transports serait la mise en place en urgence de 60 lignes de bus express en banlieue. Il est peut-être temps de rappeler ces engagements et ne pas laisser une seule réponse sécuritaire à la question des transports, même s'il ne faut pas éluder ce point . Dans l’exécutif régional, le Vert Jean-Vincent Placé, est 2ème vice-président chargé des transports et de la mobilité, quant au Vert Pierre Serne, il préside la Commission Offre de Transport au STIF. Alors c’est peut-être le moment de se faire entendre, car l’isolement et l’enclavement sont aussi une violence, une violence faite par la société à une partie d’elle-même. Et qu’ils ne disent pas « on vient juste d’arriver », la chanson que Jean-Paul Huchon chante depuis des années. Une prise de position et de parole ne demande pas des années pour être audible. La droite s’en fiche, ne s’intéresse qu’à son Grand-Huit arc-bouté sur un projet, et pour le reste s’en remet au tout sécuritaire sans intelligence.
Mais il est vrai qu’inaugurer une ligne de bus de banlieue, c’est moins glamour que de le faire sur le tram des maréchaux ou sur Voguéo…
Jean-Paul Chapon
17:46 Publié dans 1.2 - Les transports à Paris intra-extra muros, 2 - Société, vous, moi, nous... et la banlieue aus, 4 - politique, politiques... | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : transports, banlieue, sécurité, aulnay, hortefeux, bus, enclavement, ghettoisation, ghetto, mucchielli
19.04.2010
Liberté, égalité, sécurité ou l'égalité républicaine de Monsieur Gachet
« Ce qui serait ressenti ailleurs différemment peut provoquer un réel sentiment d'insécurité ici. » Ici, c’est le 16ème arrondissement de Paris. Ailleurs, c’est autour, le reste de Paris, le petit des 20 arrondissements, et le grand, la banlieue. La phrase elle, est prononcée par Gérard Gachet, porte-parole du ministère de l'Intérieur et conseiller délégué à la sécurité dans le 16e arrondissement, en réponse à une question de 20minutes lui faisant remarquer « Pourtant, on ne peut pas dire que le 16e est particulièrement sujet à la délinquance, comparé à d'autres arrondissements de la capitale… » C’est une phrase qui rappelle celle de David Martinon, éphémère candidat UMP aux municipales, qui en 2007 qualifiait Neuilly d’ « écrin unique en France, qui reste à l’abri des dérives de l’agglomération parisienne.
»
Une phrase que je ne peux pas m'empêcher de mettre en parallèle avec celle de Claude Dilain, le maire Clichy-sous-bois, qui a « honte d’être le représentant impuissant de la République française » et qui a tant attendu un poste de police à Clichy-Montfermeil après les émeutes de 2005 (je ne sais même pas s'il est enfin là). Mais il est vrai qu'un clichois et un parisien du 16ème arrondissement, ce n'est pas la même chose. Il y a des citoyens plus égaux que les autres. Et oui, Claude Dilain a raison, la logique du ghetto arrange tout le monde; dans le ghetto on est habitué, les écoles poubelles, la violence, l'absence de services, l'enclavement, c'est "ressenti différemment". Dans sa dernière interview sur Paris est sa banlieue, Philippe Dallier déclarait que pour financer les politiques sociales du Grand-Paris, il fallait partager les richesses du Grand-Paris, ce à quoi Monsieur Gachet semble répondre que "Charité bien ordonnée commence par soi-même". Le rêve d'un Grand Paris solidaire est encore bien lointain. En attendant, un mur du çon de Paris est sa banlieue s'impose pour Monsieur Gachet...
Jean-Paul Chapon (avec mes remerciements au Dr Gonzo ;-)
10.04.2010
Carte postale du Grand-Paris, avec colère et honte partagées
Je m’apprêtais à écrire une de ces cartes postales de week-end après une visite auprès de ma mère. La maladie d’Alzheimer est une étrange saloperie, qui parfois crée un répit. Ma mère va mieux, si j’ose dire. Depuis quelques mois, elle est plus présente, son regard nous suit, je pense même avoir vu un sourire s’esquisser à plusieurs reprises sur son visage. Bien sûr, elle ne parle toujours plus, cela fait bien plus d'un an maintenant. Mais elle n’a plus sur le visage cette grimace d’angoisse et de douleur. C’est déjà ça, et c’est énorme. Et puis je voulais écrire une carte de soulagement, après l’intervention chirurgicale qu’a subi mon père. C’est en allant le voir hier, que j’ai garé ma voiture auprès de ce phare que j’avais oublié, étonnante vigie près des voies de Montparnasse, qui annonce un grand commerce de poissons. Etonnant contraste aussi avec les tours de Montparnasse dans le lointain.
Mais ce soir, j’ai ouvert Le Monde et je suis tombé sur « le cri d’alarme du maire de Clichy-sous-bois », Claude Dilain qui signe en page 3 du Monde daté du 11 avril 2010 une violente tribune, un cri de colère « Moi, Claude Dilain, maire de Clichy-sous-bois, j’ai honte ». Dans cette tribune, il raconte comment le 29 mars il accueillait avec le maire de Montfermeil, Xavier Lemoine, une délégation de parlementaires dans le cadre d’une « mission d’évaluation des politiques publiques dans les quartiers en difficultés. » Il raconte comment à peine la journée commencée, il doit quitter la délégation, à cause d’un feu dans un immeuble. Il raconte la montée dans cet immeuble.
« Au 4e étage, nous visitons le logement d'un "marchand de sommeil". Nous y rencontrons trois familles dans un trois-pièces dans un état effarant. L'un des enfants est hospitalisé avec sa maman. Les familles, africaines, avec enfants en bas âge, paient 420 € de loyer par mois pour une chambre de 10-15 m2. La famille qui occupe le salon paie 700 € par mois. Le business du sommeil est rentable. Le père, en situation régulière, travaille en France depuis onze ans. Il me montre les quelques feuilles volantes, écrites à la main, qui lui servent de reçus pour le paiement de ses loyers. Aucune de ces familles n'a de bail. Elles partagent la cuisine, une salle de bains. Plusieurs fenêtres sont brisées, les murs sont noirs d'humidité.
Cas isolé ? Non. Ce logement vient d'être acheté par un nouveau marchand de sommeil après avoir été mis en vente par l'administrateur judiciaire de la copropriété parce que le propriétaire précédent ne payait plus ses charges. Dans ma commune, ce sont des centaines de logements qui appartiennent ainsi à ces profiteurs de la misère. En toute impunité, ou presque. J'invite les parlementaires, accompagnés du sous-préfet, à venir voir cette réalité. Nous nous retrouvons donc à grimper avec des lampes de poche dans les étages. Nouvelle visite de logement au 4e étage et rencontre hallucinante dans la cage d'escalier, noir complet, avec de nombreux voisins descendus ou montés pour l'occasion, venus crier une nouvelle fois leur désespoir, devant cette arrivée impromptue de représentants de la mairie, de l'Assemblée nationale et de l'Etat...
Cette scène, dans une cage d'escalier étroite, à la seule lumière des lampes de poche, prend des allures surréalistes. Des personnes arrivent, toujours plus nombreuses, du dessus, du dessous... Dans ce capharnaüm, une femme monte lentement et silencieusement l'escalier, elle est pliée en deux, sous le poids d'un caddie plein, qu'elle porte avec une lanière sur le front. Elle habite au 8e étage. Nous sommes à 15 km de Paris, est-ce possible ? Dehors, une trentaine de jeunes sont venus voir le maire et ces "politiques" qui ne "font rien". Les parlementaires et les policiers qui nous accompagnent ne sont pas très à l'aise. Il faut dire que la semaine dernière un de leurs collègues a reçu, ici même, un projectile sur la tête (dix points de suture). »
Claude Dilain continue en écrivant « les jeunes comparent le Chêne- Pointu aux favelas… » et il explique qu’il ne peut pas laisser dire cela et qu’il évoque devant eux « les plans de sauvegarde » signés et les travaux qui doivent avoir lieu. La tribune continue et Claude Dilain repose comme il le fait si souvent la question qui devient obsédante « Qu’attendons-nous ? De nouvelles émeutes ? Que la Cocotte-Minute explose ? » Il revient sur le taux d’abstention dans sa ville aux dernières élections « Mais comment reprocher aux électeurs clichois de se désintéresser d'élections pour des institutions dont ils se sentent exclus, sur ce territoire abandonné de la République ? J'espère que les députés et représentants de l'Etat, témoins de cette journée ordinaire dans ma ville, seront porteurs de cette réalité au plus haut niveau de l'Etat. Parce qu'aujourd'hui, moi, maire de Clichy-sous-Bois, j'ai honte d'être le représentant impuissant de la République française." »
Le plus dur est certainement le Post-Scriptum qui conclut la tribune : « une réunion sur le "plan de sauvegarde" du Chêne- Pointu devait avoir lieu vendredi 9 avril. Elle a été annulée au dernier moment, la plupart des représentants institutionnels n'ayant pas pu se rendre disponibles. »
Cette tribune, je voudrais la rapprocher d’une autre déclaration que j’ai lue dans Le Parisien cette semaine. C’est celle de Fadela Amara, la secrétaire d’Etat à la ville, dont le plan Espoir-Banlieue, le fameux « plan Marshall » de Sarkozy a une drôle de gueule après la lecture de la tribune de Claude Dilain, qui réunissait à Nice des associations acteurs de la banlieue. Voici deux questions et leurs réponses de cette interview.
"Quel nouveau message souhaitez-vous adresser ce matin à tous les acteurs de la banlieue réunis à Nice et qui attendent de véritables changements dans leurs cités ? Fadela Amara. Les quartiers ne doivent pas toujours être dans le rattrapage, il faut aussi qu'ils soient moteurs dans certains domaines pour ne plus être regardés comme des boulets de la société. Je pense à la formation professionnelle, au numérique, à l'éducation. Je propose que dix établissements classés en ZEP soient choisis pour y expérimenter des projets pédagogiques novateurs. On peut par exemple décider dans un lycée que les jeunes iront le matin en classe et que l'après-midi sera consacré aux sorties culturelles, à la pratique de la musique ou du sport, comme cela se fait en Allemagne. Il est urgent de créer des dispositifs qui redonnent envie aux jeunes d'aller en cours. L'école doit être un plaisir.
Faut-il poursuivre le débat sur l'identité nationale ? Fadela Amara. Sur la forme, je regrette certains dérapages. Mais sur le fond, je suis d'accord avec ce débat. Il doit se poursuivre même si la priorité des priorités pour les Français, ce n'est pas ça mais plutôt les fins de mois difficiles. Il est bon de savoir qu'est ce qui fait qu'on est Français. Y compris pour moi, par exemple, qui pratique le ramadan, même pendant un conseil des ministres !"
Claude Dilain a honte d'être le représentant impuissant de la République française, et demande comment les scènes qu’il décrit sont possibles à 15 km de Paris. Fadela Amara dit que l’Ecole doit être un plaisir, que l’après-midi doit être consacrée aux activités culturelles, à la musique et au sport, et qu’il est bon de savoir ce qui fait qu’on est Français ! Téléscopage terrifiant.
Les lecteurs de Paris est sa banlieue connaissent mon admiration et mon estime pour Claude Dilain, et ont déjà lu à plusieurs reprises des critiques sur Fadela Amara. Mais je voudrais ici dire à quel point, il faut savoir se départir d’une attitude partisane systématique, comme on le voit dans le déplorable débat autour du projet de Grand-Paris, déplorable autant de la part des acteurs de gauche, à part certains, comme justement Claude Dilain ou Stéphane Gatignon, que de celle des acteurs de droite, à part certains autres comme Philippe Dallier, dont on peut revoir la récente interview sur Paris est sa banlieue. Et ce soir, la lecture du témoignage de Claude Dilain me rappelle finalement pourquoi j’ai encore envie de tenir ce blog, et de continuer à faire vivre Paris est sa banlieue. C’est pour pouvoir à mon tour apporter une petite contribution au combat de ces hommes, comme Claude Dilain (PS), comme Stéphane Gatignon (EE), ou comme Philippe Dallier (UMP). J’ai souvent écrit à propos de la nécessité absolue de créer un Grand-Paris, démocratique et solidaire, que l’on ne supporterait pas de dire que dans ce Grand-Paris, cette ville monde comme le projet de loi du gouvernement la qualifie, on ne tolèrerait pas que l’on puisse dire qu’il y a des quartiers comme Clichy-sous-bois où le taux de pauvreté est de 70%, où règnent les marchands de sommeil, où « une femme monte lentement et silencieusement l'escalier, elle est pliée en deux, sous le poids d'un caddie plein, qu'elle porte avec une lanière sur le front ». Une nouvelle fois Claude Dilain a raison lorsqu’il dit que « la logique du ghetto arrange tout le monde » comme le rappelle encore Luc Bronner dans le portrait de Claude Dilain qu’il dresse en marge de cette tribune. « La concentration des populations pauvres et immigrées dans certaines villes, certains quartiers, arrange la société, en particulier les classes moyennes et favorisées, qui évitent ainsi d’avoir à cohabiter – et à scolariser leurs enfants – avec des populations plus fragiles. » Alors pas de carte postale d'apaisement, mais le partage de la colère et de la honte de Claude Dilain.
Les photos qui illustrent cette notent ne sont pas celles du Chêne-Pointu mais de la Forestière, une autre cité de Clichy-sous-bois à laquelle Paris est sa banlieue avait consacré la note "Carte postale de banlieue, sans minarets ni identité nationale"
Jean-Paul Chapon
19:18 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 2 - Société, vous, moi, nous... et la banlieue aus, 6 - Alzheimer, vous savez..., 8 - Cartes postales | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : claude dilain, clichy-sous-bois, fadela amara, banlieue, plan espoir-banlieues, politique de la ville
07.04.2010
"Pour financer les politiques sociales du Grand-Paris, il faut partager la richesse du Grand-Paris", Philippe Dallier, sénateur UMP du 93
Une interview tonique avec Philippe Dallier, le sénateur UMP des Pavillons-sous-bois en Seine-Saint-Denis, auteur d'un rapport et d'une proposition sur le Grand-Paris qui retrouve sa verve, ne connaît toujours pas la langue de bois et se présente clairement comme un acteur incontournable pour la construction du Grand-Paris (pas le grand-huit, mais le vrai). A quelques minutes de la reprise des débats au Sénat sur le projet de loi du Gouvernement sur l'autre Grand-Paris, celui de Christian Blanc, le secrétaire d'Etat au développement de la région-capitale, Philippe Dallier qui a lancé un appel à la raison il y a quelques jours, s'exprime sur le dossier. Mais aussi sur Paris-Métropole, qu'il verrait bien comme partenaire de discussion et surtout comme garant d'une vision métropolitaine au sein du projet gouvernemental. S'il renvoie dos à dos la région et le gouvernement dans la crispation autour de ce débat, sur le thème de la "réponse du berger à la bergère", il réclame la suppression de l'amendement qui clôt "manu milatari" la question d'Arc-Express, la rocade portée par la région. Mais pour lui, le projet ne va pas assez loin, les transports, c'est bien, mais il y a aussi le logement, la mixité sociale, la cohésion urbaine. Sur la gouvernance et son absence dans les débats, il conseille de s'adresser à tous ceux qui y sont opposés, à commencer par le président de la région, Jean-Paul Huchon, mais aussi aux élus de gauche comme de droite, notamment les présidents de Conseils généraux. Intéressante avancée, Philippe Dallier ménage Paris-Métropole, que la droite pourrait rejoindre si elle devient dans le texte de loi l'interlocuteur de la société du Grand-Paris comme il le propose, mais il est tout de même désespéré par le manque d'avancée et l'absence de la gouvernance du côté de ce qui reste encore un syndicat d'étude. A propos de la réforme des collectivités, on discute des métropoles de provinces à l'Assemblée et au Sénat, alors que rien n'avance pour le Grand-Paris, c'est absurde. Enfin commentant la décision de Claude Bartolone de présenter un budget en déséquilibre pour le 93, il y voit la preuve que le département n'est pas à la bonne échelle. "Pour financer les politiques sociales du Grand-Paris, il faut partager la richesse du Grand-Paris", suppression de la taxe professionnel, péréquation fiscale, le Grand-Paris est la solution pour répondre aux question posées par Claude Bartolone, auquel il déclare "moi j'ai une solution, j'attends toujours celle de Claude Bartolone...
"
Nous sommes ici au Sénat, débat sur le Grand-Paris, tout d'abord ça se passe comment ?
Vous avez lancé il y a quelques jours un communiqué d'apaisement ou d'appel à la raison. Quelles échos a-t-il reçu ?
Paris-Métropole est pour l'instant assez silencieux. Vous voyez un changement dans sa façon d'aborder la question et pourquoi pensez-vous que Paris-Métropole est le bon interlocuteur ?
Pourquoi la gouvernance reste toujours l'éternelle absente ?
Que pensez-vous de la volonté de Claude Bartolone, président du Conseil général du 93 de proposer un budget en déséquilibre ?
Interview enregistrée au Sénat, le 7 avril 2010
Jean-Paul Chapon
21:59 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 1.2 - Les transports à Paris intra-extra muros, 1.3 - Ils parlent de la Ville et du Grand Paris | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : philippe dallier, grand-paris, paris-métropole, christian blanc, jean-paul huchon, ile-de-france, paris, banlieue, métro
23.01.2010
Carte postale de banlieue, avec déplacements et collages urbains au temps d'Alzheimer
Fontenay-sous-bois, sous le pont de l'A86
En allant voir ma mère, comme tous les samedis après-midi, je pensais à ce qu'elle me disait il y a longtemps déjà, quand à la fin de la vie de mon grand-père, son père, elle allait le voir à l'hôpital de Tullins, je crois, ou d'une autre petite ville de l'Isère où la mort l'a définitivement arrêté. Elle me disait qu'elle connaissait par cœur cette route qu'elle faisait tous les jours, entre Moirans et Tullins, et qu'elle aurait pu y aller les yeux fermés. Maintenant, c'est mon tour d'aller voir ma mère, pas tous les jours, tous les samedis ou dimanches, parfois plus, et tous les jours quand il y a une alerte, comme entre Noël et le jour de l'An. La route est toujours la même, le périphérique, au sud ou au nord, suivant l'état du trafic. Parfois un retour par la banlieue, sortir du périphérique à Gentilly, puis Ivry, traverser les voies de la gare d'Austerlitz, admirer l'incinérateur d'Ivry, ses panaches de vapeur et le scintillement du revêtement de vitrocéramique. Reprendre l'A4 et longer la Marne que l'on ne voit pas, mais que l'on sait être à côté, ou traverser le bois, pour respirer un peu, le temps d'une échappée. Ou alors prendre l'A3 par la porte de Bagnolet, pour sortir dans cette improbable branche oubliée qui finit sans lumière dans les terrains vagues qui longent Mozinor, là-haut, sur le plateau de Montreuil, près des murs à pêches et des ferrailleurs. Itinéraires urbains, navigation automatique, la tête ailleurs, tristesse des samedis après-midi où semaine après semaine, j'observe la lente et vertigineuse déchéance de ma mère. Alzheimer, sans retour. Et je comprends ce qu'elle voulait dire, sur cet itinéraire qu'elle aurait pu faire les yeux fermés, tant elle l'a fait, conduite automatique, tristesse et mélancolie de ces moments, préparation avant d'arriver, et sas de décompression pour sortir. Je n'y suis jamais allé en RER et métro. C'est un moment qu'on ne peut pas partager, peut-être que le retour garde encore un peu de cette présence qui s'enfuit. Alors je regarde le parcours, je crois que je connais mieux que personne chaque bord de périphérique, abord d'A86, et recoin d'A3, parce que je les regarde, les photographie, comme pour ne pas oublier le décor de ces derniers moments ou simplement les prolonger et les revoir.
Jean-Paul Chapon
21:24 Publié dans 6 - Alzheimer, vous savez..., 8 - Cartes postales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alzheimer, paris, banlieue, a86, a3, a4, périphérique
22.01.2010
Régionales, Ile-de-France et Grand-Paris : les audaces "radicalement nouvelles" de Chantal Jouanno ;-)
Ce matin sur France-Info, on entend François Fillon, appeler les candidats UMP aux régionales à de l’audace. A la lecture de l’interview qu’elle a donné hier dans 20minutes, on se rend compte que Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie et tête de liste UMP à Paris, a pris de l’avance pour largement anticiper les attentes du Premier ministre.
« Il faut automatiser les lignes 1, 4 et 14 » déclare bille en tête à 20minutes, Chantal Jouanno, dans une interview dont le titre en dit long : « des solutions radicalement nouvelles ». Les transports sont au cœur de la campagne de Valérie Pécresse, candidate UMP en Ile-de-France et sa tête de liste parisienne s’applique en première de la classe à décliner sur Paris cette priorité. Dommage, pour Chantal Jouanno, il faudra mieux préparer ses dossiers la prochaine fois, ou du moins vérifier le travail de ses équipes. La ligne 14 est la première ligne de métro automatique du réseau parisien, mise en service en …1998, il y a 12 ans. Quant à la ligne 1, son automatisation a été décidée il y a 5 ans et les travaux sont déjà en court. Si jamais Chantal Jouanno a la curiosité et surtout l’audace de descendre dans le métro, elle pourra ainsi constater de visu que les travaux avancent notamment avec l’installation de portes palières dans plusieurs stations de la ligne.
Chantal Jouanno, qui veut des "solutions radicalement nouvelles", comme « installer des pistes cyclables, des bouquinistes » sur les quais au niveau de la Tour Eiffel, veut organiser pour les mettre ne place un « Grenelle de Paris ». Original. Et de citer au passage, péage urbain, couverture du périphérique et densification, franchement moins original… On pourra sans doute faire l’économie d’un Grenelle.
Mais il y a quelque chose de plus inquiétant que l’ignorance de la secrétaire d’Etat, même si elle est assez choquante (avec une ligne on pense à une coquille, mais avec deux…), et que son manque de propositions "radicalement nouvelles", il y a une vision étroite de la ville. Pourquoi un Grenelle de Paris, et pas du Grand-Paris ? Peut-être pourrait-elle proposer de travailler avec Paris-Métropole, finalement. Nicolas Sarkozy nous annonçait une Agora du Grand-Paris pour le début de 2010. En attendant, plutôt que de boycotter le syndicat mixte d’études, elle pourrait l’utiliser et économiser l’organisation d’une nouvelle usine à gaz…
Mais Chantal Jouanno ne sait peut-être pas encore que Paris-Métropole existe, comme pour l’automatisation des lignes de métro. De même, Chantal Jouanno ne semble pas savoir qu’autour de Paris, il y a la banlieue, avec des gens dedans, qui bougent et même parfois vont à Paris. Ainsi quand on lui demande comment sensibiliser aux questions écologiques ceux qui n’habitent pas Paris mais en sont simplement usagers, elle répond « je prévois un clin d’œil en direction des touristes : ils pourraient bénéficier d’un passeport climat, qui leur donnerait accès à des coupe-file pour des musées ou des entrées gratuites s’ils utilisent les transports en commun. » Exit la question des banlieues, du rapport de Paris avec celles-ci, notamment dans la question des transports, des voitures, de la pollution. Un bon clin d’œil pour une candidate non pas aux municipales, mais aux régionales. Bref, un mur du çon en béton bio pour la secrétaire d’Etat à l’écologie ;-)
Jean-Paul Chapon
12:59 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 1.2 - Les transports à Paris intra-extra muros, 1.4 - Le mur du çon de Paris est sa banlieue, 4 - politique, politiques... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chantal jouanno, régionales, ile-de-france, grand-paris, paris-métropole, paris, banlieue
01.01.2010
Carte de vœux du Grand-Paris, pour une année 2010 métropolitaine !
Dommage il ne faisait pas beau, le ciel gris, la fumée, la cheminée et les lignes à haute tension, ça ne fait pas rêver ? Peut-être, mais c'est la ville d'aujourd'hui. Et cette photo, avec le contraste étonnant entre les tours de la Défense et les champs entre Carrières et Houilles, rappelle les pistes que nous ont montrées les dix cabinets d'architectes de la consultation internationale sur le Grand-Paris, la mobilité et les transports bien sûr, avec le pont du RER, la voie d'eau avec la Seine et la nécessité de réintégrer l'eau et les fleuves dans la Métropole. La notion de pôles intenses, dynamiques et de ville légère, poreuse, avec un équilibre entre densification pour lutter contre l'étalement urbain et maintien des espaces naturels et même une réintégration des espaces agricoles dans la métropole. Une vision résumée par Bernardo Secchi et Paola Vigano : "Une forte mobilité est la condition indispensable pour bâtir une société démocratique. Ceci implique de développer le transport public sous toute ses formes et une nouvelle structure spatiale où l'eau, la biodiversité et les espaces agricoles sont mieux pris en compte".
Ce matin du 1er janvier, Paris est sa banlieue présente ses meilleurs voeux à ses visiteurs, lecteurs d'un jour et fidèles commentateurs, et leur souhaite une Bonne Année 2010 ! Une année que l'on voudrait plus Grand-Parisienne et plus Métropolitaine. Et en cette année d'élections régionales, une année plus politique au sens noble du mot et moins politicienne, qui prenne enfin en compte la Ville et ses citoyens, et non plus seulement le jeu et l'intérêt égoïste des uns contre les autres. C'est naïf ? sans doute, mais depuis 5 ans Paris est sa banlieue lutte naïvement pour la reconnaissance d'un Grand-Paris démocratique, réuni et solidaire, au-delà du carcan des frontières historiques et des frontières politiques, sociales et mentales qui fragmentent la métropole. Des propositions des uns en discours des autres, de Conférence métropolitaine en Paris-Métropole, et en Grand-Pari(s) des architectes, on avance, doucement, il faut continuer à y croire, même naïvement, mais avec audace et engagement ;-)
Alors Bonne Année à tous, et Bonne Année au Grand-Paris !
Jean-Paul Chapon
10:59 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 8 - Cartes postales | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : grand-paris, paris-métropole, élections régionales, paris, banlieue, voeux, bonne année
















