17.04.2010
Carte postale du Grand-Paris, avec autoroute urbaine et bonheur oublié
Le maire du Petit Paris, Bertrand Delanoë, vient de dévoiler son projet de reconquête des berges de la Seine, et à cette occasion il a déclaré selon l’AFP qu’il voulait « donner à Paris une occasion de bonheur ». Je cite ici l’éditorial qui accompagne son dossier de presse.
« Paris est née de la Seine : c’est, en quelque sorte sa « ligne de vie ». C’est pourquoi, il y a plusieurs années déjà, j’ai eu la conviction que sur cet axe essentiel devait naître un projet dédié à la beauté et à l’âme de Paris. Cette intuition est même devenue un engagement que nous avons inscrit dans notre projet, lors de la campagne pour les élections municipales de 2008.
En effet, comment accepter que ce site exceptionnel demeure réduit à l’état d’autoroute urbaine ? Notre ambition est donc de transformer cet espace pour l’embellir et réinventer ses usages. Ce site est vaste et offre un potentiel extraordinaire. Cela s’adresse à tous les amoureux de Paris, à toutes les générations : car si notre ville appartient à tout le monde, les rives de son fleuve doivent être à la hauteur de cette invitation permanente et universelle…
Oui, la transformation des voies sur berges entre en résonance avec une certaine conception de la ville du XXIème siècle. Car elle vise à mettre en harmonie des notions si longtemps délaissées : convivialité, diversité, créativité et esthétique. »
Juste en sortant de Paris, il y a la banlieue, l'entrée dans le Grand-Paris. Ici une photo prise ce soir depuis le pont Nelson Mandela, au-dessus de l’autoroute A4 à Charenton. Ici, le "site est exceptionnel", c'est le quartier du Conflans, au niveau du confluent entre la Marne et la Seine. Aujourd'hui, le confluent est le siège du complexe en chinois en berne Chinagora, hôtel à l'architecture sinisante et restaurant en pseudo pagode de béton. Ici aussi comme Bertrand Delanoë l'écrit dans son éditorial, les rives droite et gauche sont différentes. Industrielle sur la rive gauche, et habitations sur la rive droite, juste au-dessus de l'autoroute urbaine. Ici enfin, le bonheur est oublié depuis longtemps, peut-être depuis le temps jadis où l'on se baignait sur les rives de la Marne et de la Seine, avant la construction de l'autoroute. Mais il faut bien que l'autoroute qui vient de l'Est de la France puisse rejoindre la capitale, le Petit Paris régalien, et que la capitale puisse aussi sortir vers l'Est. Dommage pour la banlieue et pour le Grand-Paris...
J’aurais bien volontiers cité plus longuement Bertrand Delanoë dans ses envolées sur le bonheur, la reconquête des bords de Seine, mais malheureusement, il semblerait que le site de la mairie de Paris ne soit plus vraiment mis à jour, à moins que la direction de la Communication de Bertrand Delanoë considère que le maire de Paris n’a plus prononcé de discours important depuis le 14 décembre 2009. Le discours est bien sûr disponible en vidéo, mais je n’ai pas le courage ce soir de le retranscrire. C’est comme pour les dossiers de presse, en dehors des liens directs sur un événement, il n’y a plus de nouveaux dossiers de presse du maire mis en ligne dans l’espace presse depuis le 29 janvier 2008, quant aux dossiers de presse de la mairie de Paris, il n’y en a plus depuis fin 2009. Serait-il plus difficile de mettre à jour un site internet que de vouloir donner du bonheur à Paris ;-)
Sur le même thème il faut aussi lire La Honte, l'article que signe Dominique Albertini sur le site de Megalopolis Mag.
Jean-Paul Chapon
22:04 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 8 - Cartes postales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grand-paris, paris, charenton, bertrand delanoë, delanoë, mairie de paris, autoroute urbaine, a4
14.04.2010
Carte postale du Petit Paris, avec bonheur, égoïsme et grandes roues
Pendant que quelques millions d’habitants du Grand Paris se demandent s’ils auront un jour "le bonheur" de pouvoir utiliser une ligne de rocade de métro de banlieue, le maire du Petit Paris, Bertrand Delanoë veut redonner aux parisiens "le bonheur" de se promener sur les berges de la Seine. Chacun ses priorités. Bertrand Delanoë veut donc comme le rapporte l’AFP « donner à Paris une occasion de bonheur » en embellissant les bords de Seine. Et comme s’il était honteux et n’osait assumer son projet, il propose de ne fermer à la circulation que la partie centrale de la voie côté rive droite, ainsi « une nouvelle promenade serait créée au bord de l'eau, du bassin de l'Arsenal à l'Hôtel de ville, avec des barges sportives, un café flottant » peut-on lire dans la dépêche AFP, même traitement rive gauche. Mais fermer 2 km ou tout, c’est la même chose. C’est interrompre cette voie qui faute de mieux permet de relier l’Ouest et l’Est du Grand Paris, en traversant le Petit Paris. Le bonheur c'est bien, mais une ville c'est mobile, ça vit et ça se déplace, et la possibilité de se déplacer, c'est un élément qui permet ce bonheur, au-delà des seuls loisirs et activités ludiques que Bertrand Delanoë veut installer sur les berges de la Seine. Et oser dire qu’il suffirait de reporter la circulation de cette voie sur le périphérique et sur les quais hauts, n’entraînant qu’une augmentation de 5 à 6 minutes comme on peut le lire ce soir dans Le Monde relève de la méthode Coué ou des manières d’arracheur de dents.
Les régionales à peine passées, on assiste au grand retour de l’égoïsme de la mairie de Paris et de Bertrand Delanoë. Certes, ce serait magnifique d’enlever des bords de Seine une autoroute qui défigure la ville. Mais pour autant il faudrait d’abord la remplacer et offrir une alternative crédible et penser à l’échelle de la métropole et pas à celle du Petit Paris. Mais que voit-on ? Un débat honteux entre droite et gauche autour des projets de rocades de transports, allant jusqu’au blocage le plus imbécile et navrant. L’intérêt partisan est bien supérieur à l’intérêt général aujourd’hui. Et dans la perspective d’un Grand Paris, n’y a-t-il pas d’autres urgences que de donner une occasion de bonheur à Paris ? C’est comment le bonheur de Paris vu du bonheur de Clichy-sous-bois ou de celui de Montfermeil, de Sevran, de Bondy ou de Gennevilliers, tous ces bonheurs de banlieue ? C’est la gestion du petit Paris et de ses priorités égoïstes ; on fait un tram des maréchaux, qui a l’air si éloigné et périphérique depuis les berges de la Seine et des fenêtres de l’Hôtel de Ville du Petit Paris, mais qu’il a l’air tellement central ce tram vu des arrêts de bus de Clichy-sous-bois. Alors partager, accepter l’idée de solidarité, oser le Grand Paris, ce sera pour une autre fois. Accepter,à gauche comme à droite de penser aux Grands Parisiens, à leur besoin urgent de transports, avant de penser au bonheur de Paris, et à la tranquillité corporatiste des élus, c’est une question que Bertrand Delanoë semble avoir oubliée depuis longtemps. Je ne parle pas de Jean-Paul Huchon, qui ne s’est jamais posé la question. Qu’il est loin le temps des audaces, de la création de Conférence métropolitaine. Paris Métropole ronronne, Pierre Mansat, l’adjoint de Bertrand Delanoë chargé des relations avec les banlieues est tout fier d’annoncer sur Facebook et Twitter qu’il y a désormais 109 collectivités adhérentes, et organise des débats. C’est bien. Les banlieues débattront et se compteront.
Alors Monsieur Delanoë, puisque vous placez le bonheur et les loisirs parmi vos priorités, pourquoi ne pas aller faire un petit tour à la Foire du Trône. Pas de risque c’est encore dans le Petit Paris, pas dans le Grand, pas en banlieue ; mais là, depuis le haut d'une des grandes roues et autres nacelles illuminées, vous pourriez voir le périphérique saturé, avant même qu’il ne serve d’alternative à la fermeture de la voie sur berge, et puis en tendant un peu le cou, en prenant garde à ne pas tomber, vous verrez peut-être aussi l’A4, saturée elle aussi. Il n’y a que le RER A que vous ne verrez pas. Mais à l’occasion, Annick Lepetit votre adjointe aux transports et Jean-Paul Huchon le président de la région et surtout du STIF, pourront vous y organiser une excursion. Et avec un peu de chance vous aurez un train à deux niveaux, avant même 2012 ;-)
Jean-Paul Chapon
21:36 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 8 - Cartes postales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grand-paris, paris, petit-paris, bertrand delanoë, pierre mansat
28.03.2010
Grand-Paris, le cirque continue
" Notre victoire, c'est aussi le rejet du Grand Paris du président de la République " déclare Jean-Paul Huchon au soir de sa victoire aux régionales. De son côté, Bertrand Delanoë, le maire de Paris, déclare « Les Franciliens ont sanctionné la démarche de l'Etat, technocratique, hyper centralisée, peu respectueuse de la légitimité des élus locaux. Le choix exprimé par le suffrage universel devrait, en toute logique, entraîner le retrait du projet de loi actuel. » Gonflé, à la limite de la mauvaise foi et du cynisme quand on sait que personne n’a porté le débat sur le Grand-Paris de façon sérieuse avant et pendant la campagne.
Selon un sondage TNS-Sofres de janvier publié par le JDD, si 68% des franciliens ont entendu parler d’une façon ou d’une autre du débat sur le Grand-Paris, et seulement 19% des franciliens connaissaient le projet de métro automatique de Christian Blanc. Et depuis, les électeurs tant de droite que de gauche n’ont entendu parler des projets de transports que dans le cadre hyper objectif d’une campagne électorale… de quoi se faire une idée !
Et comme avec le Grand-Paris, la comédie n’est jamais avare de mauvais rebondissements, pour répondre à la charge des deux élus socialistes de la région Ile-de-France et du petit Paris, pardon de Paris intra-muros ;-) un amendement ajouté au texte de loi sur le Grand-Paris adopté par le Sénat « stipule qu'il sera mis fin à la procédure de débat public engagée pour "un projet de rocade par métro automatique en Ile-de-France", dès le lendemain de la publication de la loi sur le Grand Paris ». Un partout la balle au centre. Le cirque continue autour du Grand-Paris. Lamentable…
C’est sur ce magnifique échange du plus bas niveau politicien, le niveau qui semble devoir être de rigueur dès que la question du Grand-Paris est abordée, pas le Grand-Paris de Christian Blanc, de Sarkozy ou de Delanoë, mais celui de ses 11 millions de parisiens. C’est donc sur ce magnifique échange que Paris est sa banlieue jette l’éponge et se retire du débat. Dans son commentaire de ma note précédente, Lupus écrit que "le temps d’une ville ne peut pas satisfaire l’impatience d’un blogueur", c'est vrai, mais aussi un blogueur ne peut pas influer sur ce temps, surtout lorsque ceux qui pourraient l’aider à le faire s’y refusent, comme les journalistes dans leur superbe ignorance, qui ne citeraient jamais un blog mais préfèrent le lire, s'en inspirer de temps en temps et jusqu’à parfois le pomper parfois... Bref, le débat reste aux seuls professionnels, politiques, experts et médias, les citoyens en sont exclus à commencer par les blogueurs. Et l’on s’étonnera de l’abstention électorale ;-)
Voilà c’est dit, Paris est sa banlieue va-t-il fermer ? Difficile à décider après plus de 5 ans. Mais ce qui est sûr, c'est que ce blog va changer, et que je vais petit à petit en reprendre possession, le faire évoluer, ouvrir peut-être une deuxième saison, une nouvelle série de "Desperate banlieusard", avec de nouveaux des photos des chats et du jardin, plus de nouvelles de ma mère et de sa maladie d’Alzheimer, plus de coups de gueule politiques, même s’ils ne concernent pas le Grand-Paris…
à suivre...
Jean-Paul Chapon
27.02.2010
Touche pas à mon Grand-Paris, ou le débat des Happy Few ;-)
Je n’aime pas réagir à chaud et encore moins sur un texte que je n’ai pas lu. Mais je ne peux pas m’empêcher de réagir non pas sur le contenu, non lu, mais sur cette nouvelle scène de la comédie du pouvoir qui se joue entre le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et le président de la république, Nicolas Sarkozy, sur l’air du Grand-Paris, avec pour choeur les journalistes. Vendredi, Bertrand Delanoë se fend d’un communiqué vengeur contre une interview de Nicolas Sarkozy dans la revue AA, l’Architecture d’Aujourd’hui. Le maire de Paris déclare : « le Président de la République a choisi de s’exprimer à nouveau sur l’enjeu du Grand Paris, à deux semaines du 1er tour des élections régionales et au moment précis où il convoque à l’Elysée les têtes de listes franciliennes de l’UMP pour « recadrer» leur campagne. Cette intervention directe dans la campagne contredit manifestement ses propos récents, quand il rejetait l’hypothèse même d’une telle immixtion. Il est particulièrement regrettable que ce changement de pied brutal se fasse en instrumentalisant la question majeure du Grand Paris. Depuis 2001, en effet, j’ai la conviction - et nos actes le prouvent - que ce dossier ne progressera qu’en cherchant à dépasser la logique un peu étroite des clivages partisans.
»
Le Parisien, Libération, Le Monde, le Figaro, tout le monde y va de son commentaire sur le débat entre les deux protagonistes, auquel s’est joint Jean-Paul Huchon.
Touche pas à mon Grand-Paris ! Il est amusant de voir Bertrand Delanoë s’irriter de ce qu’il qualifie d’instrumentalisation du Grand-Paris, parce que Nicolas Sarkozy en parle pendant la campagne des régionales, alors que son adjoint chargé du sujet, Pierre Mansat, se lamente de l’absence du Grand-Paris dans le débat des régionales en Ile-de-France. Amusant aussi de lire dans ce communiqué les états d’âme de Bertrand Delanoë, sur la condescendance de l’Etat vis-à-vis de Paris intra-muros. « Sur ce sujet décisif il serait temps que l’Etat rompe avec une forme de condescendance vis-à-vis de Paris – évoqué dans cette interview comme le "petit Paris", comparé à Venise et qu’il faudrait "réinventer", formules particulièrement inadaptées pour une Capitale qui a gagné 70 000 habitants en 10 ans, dont le PIB représente à lui seul 10 % de la richesse nationale et qui a engagé un formidable chantier de renouvellement urbain et de réalisations architecturales. » Allons, allons, Paris est sa banlieue qualifie souvent le Paris des 20 arrondissements de Petit-Paris, et n’est certainement pas le seul. Il faudrait plutôt que Bertrand Delanoë se demande pourquoi cette expression rencontre du succès. Mais amusant aussi de voir que le maire de Paris se console du fait qu’à en lire son communiqué et les reprises des journalistes, Paris-Métropole, le syndicat mixte d’études qui a succédé à la Conférence métropolitaine et qui rassemble une centaine de collectivités devrait devenir pour Nicolas Sarkozy « la préfiguration d’ "une future assemblée métropolitaine" » comme l’écrit Sibylle Vincendon dans Libération.
Mais voilà, pour savoir ce qu’à bien pu dire, ou plutôt signer Nicolas Sarkozy (Sibylle Vincendon précise que cette « démonstration d’érudition » est le résultat d’ « un entretien réalisé par écrit » ;-), et bien il faudra attendre mardi et ne pas se ruer comme je l’ai fait dans les quelques librairies référencées comme distributeurs de cette rare et précieuse revue. D’accord le communiqué commençait par « dans une interview à paraître mardi prochain », avertissement repris par la plupart des quotidiens, mais que j’ai sauté dans une lecture trop rapide. Et apparemment, je ne suis pas le seul, car à la librairie du Moniteur, on me dit que tout le monde leur demande la revue aujourd’hui. Je leur explique pourquoi, car eux en revanche n’ont pas lu le communiqué de Delanoë ni ses reprises dans la presse.
Alors ce soir, clap de fin pour une nouvelle scène de la comédie du Grand-Paris. Une scène qui a été réservée aux Happy Few, ceux qui savent et qui ont les choses avant, les politiques qui préparent leur scène et se renvoient la réplique, et la presse tel le coryphée antique qui vient expliquer l’action au public, passif, puisque comme le commun des mortels, il n’a pas accès encore et doit patienter (les abonnés sont peut-être servis plus tôt, mais c’est epsilonnesque) pour à son tour se faire une opinion. Mais pour eux, les Happy Few, surtout ne pas attendre, internet est déjà un danger qui les menace, et le temps est trop précieux pour rater une occasion, d'ailleurs le spectacle ne supporterait pas les longueurs. Et lorsque le public pourra s'informer lui-même, une autre nouvelle scène du spectacle aura déjà été jouée qui remplacera la précédente, et le public continuera à regarder ce spectacle que les acteurs, politiques et médias, continueront à donner entre eux.
Quant au débat sur le Grand-Paris, je ne sais plus, si on peut encore rêver l'ouvrir vraiment à tous un beau jour, et surtout à tous ceux qui sont concernés, les parisiens, grands et petits. Le rendez-vous des régionales est raté, alors que le Grand-Paris est un sujet central qui concerne directement quelques millions d'électeurs. Mais ouvrir un débat à tous ? Soyons sérieux et gardons notre identité française, celle des Happy Few ;-)
Jean-Paul Chapon
24.11.2009
Aujourd'hui le Grand-Paris est à l'Assemblée, mais pas en banlieue...
Aujourd’hui le Président de la République ira en banlieue, mais Nicolas Sarkozy n’ira pas dans le Grand-Paris. Aujourd’hui, le Parisien nous apprend que pour aller à Epinay-sur-Seine, à Bobigny et au Perreux, de Seine-Saint-Denis en Val-de-Marne, il sera accompagné de Brice Hortefeux (Police), de Michèle Alliot-Marie (Justice) et tout de même d’Eric Woerth (Budget), mais a priori pas de Christian Blanc (Développement de la région-capitale) ni de Fadela Amara (Ville). Le Grand-Paris de la police a été créé, mais pas le Grand-Paris des habitants, alors c’est bien en banlieue que Nicolas Sarkozy parlera sécurité, car après tout, quitte à parler sécurité, le 19ème arrondissement de Paris aurait pu être une étape incontournable, sans parler des Halles ou même des Champs-Elysées. Mais la campagne des régionales est lancée. Alors on sort les vieux clichés et on tente d’assurer.
Aujourd’hui Christian Blanc ne devrait pas aller en banlieue ni dans le Grand-Paris, avec le Président de la République. Aujourd’hui, c’est à la tribune de l’Assemblée que le peu bavard secrétaire d’Etat au développement de la région-capitale devra défendre sa loi sur le Grand-Paris, pour lancer son projet de métro autour de Paris et accessoirement ses zones de développement. Aujourd’hui, le rideau se lèvera donc sur un nouvel acte de la comédie du Grand-Paris. Qu’en ressortira-t-il ? Des inquiétudes de droite et une obstruction de gauche ? Sans doute, même si l’obstruction ne sera pas si nette . Il faut regarder avec intérêt la carte de 20minutes qui parmi les acteurs cite « le fayot », en la personne de Patrick Braouezec, le président PCF de Plaine Commune qui au prix de quelques amendements voterait bien une loi qui ne désavantage pas son territoire. Et il ne sera pas le seul, le consensus paris-métropolitain ne tient que dans les séances plénières du Syndicat mixte d’Etudes... Et sur la carte justement un grand absent à la taille du Grand-Paris, pas de Paris-Métropole ni de Bertrand Delanoë, le maire de Paris.
Aujourd’hui le syndicat mixte d’études ouvert Paris-Métropole tenait une conférence de presse…
Jean-Paul Chapon
10:53 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grand-paris, paris-métropole, christian blanc, nicolas sarkozy, président de la république, bertrand delanoë, sécurité
15.11.2009
« Ça va voter Europe-Ecologie en banlieue demain... mais il faut avoir un projet sérieux », Stéphane Gatignon maire de Sevran et candidat Europe-Ecologie dans le 93 pour les régionales
Stéphane Gatignon, le maire communiste de Sevran, n’est pas encore très connu du grand-public notamment de celui de la métropole parisienne et c’est dommage. Sa candidature sur la liste Europe-Ecologie aux régionales en Ile-de-France devrait y remédier. Une nouvelle interview aujourd’hui, où à part confirmer qu’il ne pratique toujours pas la langue de bois, il revient et sur sa candidature et ses motivations. Stéphane Gatignon est un « communiste banlieusard » comme il se définit. Pour lui, Europe-Ecologie ouvre un cadre pour reconstruire la gauche, une opportunité qu’il veut saisir. Dans la longue réponse à la sixième question, des considérations sur la chute du mur de Berlin et la fin du communisme, point du vue sur les partis de gauche du PS au NPA, en passant par le PCF. « Aujourd’hui l’Humanité fait quand même des articles où on dit que la RDA c’était mieux », mais pour lui, l’histoire du PCF c’est aussi Tchernobyl, l’industrialisation productiviste et planificatrice...
Retour sur la banlieue et le Grand-Paris, comme un boutade à la question bobos contre cités à propos d’Europe-Ecologie, il répond que l’enjeu de la sortie de la prohibition sur le cannabis ce n’est pas « un truc de fumeurs de joints », après avoir d’abord souligné sa crainte face aux trafics et mafia locales en train de se structurer qui décideront demain de qui sont les élus. En réponse au un commentaire d'une note précédente qui trouvait son programme pas original, il accepte la remarque, parce que les mêmes questions se posaient il y a 10 ans. Et quitte à ne pas être original il ne veut pas que son rôle d’élu se cantonne « à être dans une gestion petits bras qui peut faire qu’on gère nos baronnies pour être réélu à la prochaine élection ». A propos de sa possible élection comme conseiller régional, il veut inscrire dans le débat régional la future réforme des collectivités territoriales. La question du Grand-Paris est centrale, avec un conseil de la métropole qui soit élu démocratiquement, qui reprenne en charge ce que font les syndicats intercommunaux aujourd’hui anti-démocratiques, sur l’eau, sur l’énergie etc. Avec ces élections il compte porter ces questions dans le grand-public, y compris sur la fiscalité. Au passage il enterre le SDRIF, qui « dès le départ n’était plus d’actualité, parce qu’on l’a fait sans penser qu’il fallait structurer la zone urbaine, qu’il y avait de l’urbanité à gérer et une mégapole à transformer en métropole ». Pour lui, le SDRIF aurait un sens dans la construction d’une métropole avec institutions démocratiques, dans son rapport avec le monde rural qui représente la plus grande partie de la région. Stéphane Gatignon n’attend pas grand chose du débat sur le Grand-Paris à l’Assemblée, « on nous enfume depuis longtemps, et on aurait dû avoir ce débat il y a 10-15 ans à gauche, on a été incapable et aujourd’hui le gouvernement fait ce qu’il veut ». Jusqu’à se demander si Nicolas Sarkozy souhaite vraiment gagner la région vu qu’il a « tout intérêt à ce que la région reste à gauche avec un homme comme Huchon, avec lequel il arrive à faire à peu près ce qu’il veut… On a vécu pendant 5 ans l’affrontement entre le maire de Paris et le président de la région sur ce qu’on faisait de Paris-Métropole, et aujourd’hui on a abouti à un truc mi-chèvre mi-chou, c’est le syndicat des élus un peu mécontents, c’est pas à la hauteur de ce qu’il faut parce qu’aujourd’hui on ne travaille plus le fond dans Paris-Métropole ». Sa crainte est le déplacement des zones d’exclusion. Pour lui, le centre de gravité de l’Ile de France va se déplacer sur son secteur, autour de Roissy avec de nouvelles populations, cadres, jeunes, au risque de chasser les populations actuelles. Il faut donc que la mixité sociale soit maintenue. Au passages il livre ses considérations l’axe Roissy-Reims et sur Roissy, plus qu’un aéroport, zone de fret et d’emplois, sur son développement économique et sur la dimension européenne de Roissy. Un discours assez rare à gauche. Enfin, il souligne le loupé historique de la région de ne pas avoir fait le tarif unique de la carte orange en supprimant les zones, était symbolique de la non compréhension de l’enjeu métropolitain, le fait de faire payer aux habitants des zones 5 ou 6 la même chose était leur faire comprendre qu’ils appartenaient à la même entité. Pour lui l’enjeu du projet métropolitain a été absent des discussions de la gauche.
* * * * * * Sur Paris est sa banlieue, je cite les trois engagements de ta lettre aux habitants de Sevran, combattre les inégalités entre territoires, combattre pour le mieux vivre ensemble et combattre la ghettoïsation. Un visiteur commente en disant que ce n’est pas très original. Que peux-tu lui répondre ?
Dans la lettre aux habitants de Sevran tu écris, « Le défi démocratique : face au projet de Nicolas Sarkozy, installer un Grand-Paris démocratique, fondé sur le suffrage universel, un service public efficace et l’égalité fiscale. » et aussi « il faut diriger la région autrement, gouverner le Grand-Paris au nom des citoyens et non au profit des intérêts boursiers et spéculatifs ». Pour toi, installer ce Grand-Paris démocratique çà passe aujourd’hui par la région ?
Le contexte est à une certaine crispation politique en perspective des régionales. Le projet de loi sur le Grand-Paris passe devant le parlement dans une dizaine de jours. Qu’attends-tu des débats ?
Dans l’article sur Roissy du Monde Diplomatique, tu dis "le pôle de Roissy est devenu bien plus qu’un aéroport : or à gauche, on ne s’y intéresse pas", au point même qu’il était absent du premier périmètre potentiel de Paris-Métropole. De même que beaucoup à gauche ne s’intéressaient pas trop à l’EPAD avant l’épisode Jean Sarkozy. Est-ce genre de constat qui te pousse à travailler avec Christian Blanc ? Et quand tu parles de tes discussions avec Christian Blanc, qu’en ressort-il ?
Jean-Paul Huchon président de la région lance au premier ministre un ultimatum pour qu’il présente le SDRIF au Conseil d’Etat dans les 15 jours ? Le SDRIF, né de la cogestion PS-Vert de la région, il représente quoi aujourd’hui, est-il encore d’actualité ?
Tu discutes avec Christian Blanc, tu critiques la gestion de la région et Jean-Paul Huchon, Paris-Métropole est dans l’impasse et tu annonces que tu sera sur la liste Europe-Ecologie du 93 aux régionales : ton message est-il qu’on est arrivé au moment où il faut oser sortir des schémas traditionnels ?
Dans ton interview à Libération on te fait remarquer qu’Europe Ecologie c’est plutôt bobo que banlieue, et c’est vrai qu’a priori on pense plus aux habitants des centres villes qu’à ceux des cités comme électeurs potentiels…
Interview enregistrée vendredi 13 novembre, à Sevran
Jean-Paul Chapon
20:51 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 1.3 - Ils parlent de la Ville et du Grand Paris, 4 - politique, politiques... | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : stéphane gatignon, europe-écologie, régionales, élections, christian blanc, jean-paul huchon, nicolas sarkozy, bertrand delanoe, grand-paris, paris-métropole
















