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17.04.2010

Carte postale du Grand-Paris, avec autoroute urbaine et bonheur oublié

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Le maire du Petit Paris, Bertrand Delanoë, vient de dévoiler son projet de reconquête des berges de la Seine, et à cette occasion il a déclaré selon l’AFP qu’il voulait « donner à Paris une occasion de bonheur ». Je cite ici l’éditorial qui accompagne son dossier de presse.

« Paris est née de la Seine : c’est, en quelque sorte sa « ligne de vie ». C’est pourquoi, il y a plusieurs années déjà, j’ai eu la conviction que sur cet axe essentiel devait naître un projet dédié à la beauté et à l’âme de Paris. Cette intuition est même devenue un engagement que nous avons inscrit dans notre projet, lors de la campagne pour les élections municipales de 2008.

En effet, comment accepter que ce site exceptionnel demeure réduit à l’état d’autoroute urbaine ? Notre ambition est donc de transformer cet espace pour l’embellir et réinventer ses usages. Ce site est vaste et offre un potentiel extraordinaire. Cela s’adresse à tous les amoureux de Paris, à toutes les générations : car si notre ville appartient à tout le monde, les rives de son fleuve doivent être à la hauteur de cette invitation permanente et universelle…

Oui, la transformation des voies sur berges entre en résonance avec une certaine conception de la ville du XXIème siècle. Car elle vise à mettre en harmonie des notions si longtemps délaissées : convivialité, diversité, créativité et esthétique. »

Juste en sortant de Paris, il y a la banlieue, l'entrée dans le Grand-Paris. Ici une photo prise ce soir depuis le pont Nelson Mandela, au-dessus de l’autoroute A4 à Charenton. Ici, le "site est exceptionnel", c'est le quartier du Conflans, au niveau du confluent entre la Marne et la Seine. Aujourd'hui, le confluent est le siège du complexe en chinois en berne Chinagora, hôtel à l'architecture sinisante et restaurant en pseudo pagode de béton. Ici aussi comme Bertrand Delanoë l'écrit dans son éditorial, les rives droite et gauche sont différentes. Industrielle sur la rive gauche, et habitations sur la rive droite, juste au-dessus de l'autoroute urbaine. Ici enfin, le bonheur est oublié depuis longtemps, peut-être depuis le temps jadis où l'on se baignait sur les rives de la Marne et de la Seine, avant la construction de l'autoroute. Mais il faut bien que l'autoroute qui vient de l'Est de la France puisse rejoindre la capitale, le Petit Paris régalien, et que la capitale puisse aussi sortir vers l'Est. Dommage pour la banlieue et pour le Grand-Paris...

J’aurais bien volontiers cité plus longuement Bertrand Delanoë dans ses envolées sur le bonheur, la reconquête des bords de Seine, mais malheureusement, il semblerait que le site de la mairie de Paris ne soit plus vraiment mis à jour, à moins que la direction de la Communication de Bertrand Delanoë considère que le maire de Paris n’a plus prononcé de discours important depuis le 14 décembre 2009. Le discours est bien sûr disponible en vidéo, mais je n’ai pas le courage ce soir de le retranscrire. C’est comme pour les dossiers de presse, en dehors des liens directs sur un événement, il n’y a plus de nouveaux dossiers de presse du maire mis en ligne dans l’espace presse depuis le 29 janvier 2008, quant aux dossiers de presse de la mairie de Paris, il n’y en a plus depuis fin 2009. Serait-il plus difficile de mettre à jour un site internet que de vouloir donner du bonheur à Paris ;-)

Sur le même thème il faut aussi lire La Honte, l'article que signe Dominique Albertini sur le site de Megalopolis Mag.

Jean-Paul Chapon

04.12.2009

Carte postale de banlieue, avec pagode flottante et architecture de notre pays ;-)

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Sa silhouette est familière à ceux qui empruntent régulièrement l’autoroute A4, comme elle l'est pour les habitants de ce coin du Val-de-Marne, entre Charenton et Alfortville, dont elle constitue l'élément majeur du paysage architectural depuis plus de 15 ans. Cette silhouette, c’’est Chinagora, le grand complexe chinois, qui après des fortunes diverses, centre commercial et restaurant fermés, continue de trôner comme une figure de proue asiatique, « véritable pagode flottante située au confluent de la Seine et de la Marne ». Amusant. Ce soir, j’aurais envie de confronter cette prouesse architecturale aux déclarations du gouvernement sur les minarets. Quand il n'est pas occupé à faire rentrer à la maison les niçois de moins de 13 ans, le maire de Nice et ministre de l'industrie Christian Estrosi nous éclaire sur les minarets « ça n'appartient pas à l'architecture de notre pays ». Et les pagodes, qu'en dirait Christian Estrosi ? Mis à part celles des colonies d'antan et celles des expositions coloniales, ou celles qui abritent un cinéma ou un magasin d’antiquités, peut-on considérer que "ça appartient" ou non à l’architecture de notre pays ? Question difficile vue du 94. Alors, il faut sans doute calmer le débat sur l’identité nationale et son volet architectural anti-minaret, et suivre les sages conseils du Premier ministre François Fillon. Pour lui, les minarets « doivent s’inscrire de façon raisonnable et harmonieuse dans notre environnement urbain et social ». Les pagodes aussi ?

Jean-Paul Chapon

 
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