07.04.2010
"Pour financer les politiques sociales du Grand-Paris, il faut partager la richesse du Grand-Paris", Philippe Dallier, sénateur UMP du 93
Une interview tonique avec Philippe Dallier, le sénateur UMP des Pavillons-sous-bois en Seine-Saint-Denis, auteur d'un rapport et d'une proposition sur le Grand-Paris qui retrouve sa verve, ne connaît toujours pas la langue de bois et se présente clairement comme un acteur incontournable pour la construction du Grand-Paris (pas le grand-huit, mais le vrai). A quelques minutes de la reprise des débats au Sénat sur le projet de loi du Gouvernement sur l'autre Grand-Paris, celui de Christian Blanc, le secrétaire d'Etat au développement de la région-capitale, Philippe Dallier qui a lancé un appel à la raison il y a quelques jours, s'exprime sur le dossier. Mais aussi sur Paris-Métropole, qu'il verrait bien comme partenaire de discussion et surtout comme garant d'une vision métropolitaine au sein du projet gouvernemental. S'il renvoie dos à dos la région et le gouvernement dans la crispation autour de ce débat, sur le thème de la "réponse du berger à la bergère", il réclame la suppression de l'amendement qui clôt "manu milatari" la question d'Arc-Express, la rocade portée par la région. Mais pour lui, le projet ne va pas assez loin, les transports, c'est bien, mais il y a aussi le logement, la mixité sociale, la cohésion urbaine. Sur la gouvernance et son absence dans les débats, il conseille de s'adresser à tous ceux qui y sont opposés, à commencer par le président de la région, Jean-Paul Huchon, mais aussi aux élus de gauche comme de droite, notamment les présidents de Conseils généraux. Intéressante avancée, Philippe Dallier ménage Paris-Métropole, que la droite pourrait rejoindre si elle devient dans le texte de loi l'interlocuteur de la société du Grand-Paris comme il le propose, mais il est tout de même désespéré par le manque d'avancée et l'absence de la gouvernance du côté de ce qui reste encore un syndicat d'étude. A propos de la réforme des collectivités, on discute des métropoles de provinces à l'Assemblée et au Sénat, alors que rien n'avance pour le Grand-Paris, c'est absurde. Enfin commentant la décision de Claude Bartolone de présenter un budget en déséquilibre pour le 93, il y voit la preuve que le département n'est pas à la bonne échelle. "Pour financer les politiques sociales du Grand-Paris, il faut partager la richesse du Grand-Paris", suppression de la taxe professionnel, péréquation fiscale, le Grand-Paris est la solution pour répondre aux question posées par Claude Bartolone, auquel il déclare "moi j'ai une solution, j'attends toujours celle de Claude Bartolone...
"
Nous sommes ici au Sénat, débat sur le Grand-Paris, tout d'abord ça se passe comment ?
Vous avez lancé il y a quelques jours un communiqué d'apaisement ou d'appel à la raison. Quelles échos a-t-il reçu ?
Paris-Métropole est pour l'instant assez silencieux. Vous voyez un changement dans sa façon d'aborder la question et pourquoi pensez-vous que Paris-Métropole est le bon interlocuteur ?
Pourquoi la gouvernance reste toujours l'éternelle absente ?
Que pensez-vous de la volonté de Claude Bartolone, président du Conseil général du 93 de proposer un budget en déséquilibre ?
Interview enregistrée au Sénat, le 7 avril 2010
Jean-Paul Chapon
21:59 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 1.2 - Les transports à Paris intra-extra muros, 1.3 - Ils parlent de la Ville et du Grand Paris | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : philippe dallier, grand-paris, paris-métropole, christian blanc, jean-paul huchon, ile-de-france, paris, banlieue, métro
28.03.2010
Grand-Paris, le cirque continue
" Notre victoire, c'est aussi le rejet du Grand Paris du président de la République " déclare Jean-Paul Huchon au soir de sa victoire aux régionales. De son côté, Bertrand Delanoë, le maire de Paris, déclare « Les Franciliens ont sanctionné la démarche de l'Etat, technocratique, hyper centralisée, peu respectueuse de la légitimité des élus locaux. Le choix exprimé par le suffrage universel devrait, en toute logique, entraîner le retrait du projet de loi actuel. » Gonflé, à la limite de la mauvaise foi et du cynisme quand on sait que personne n’a porté le débat sur le Grand-Paris de façon sérieuse avant et pendant la campagne.
Selon un sondage TNS-Sofres de janvier publié par le JDD, si 68% des franciliens ont entendu parler d’une façon ou d’une autre du débat sur le Grand-Paris, et seulement 19% des franciliens connaissaient le projet de métro automatique de Christian Blanc. Et depuis, les électeurs tant de droite que de gauche n’ont entendu parler des projets de transports que dans le cadre hyper objectif d’une campagne électorale… de quoi se faire une idée !
Et comme avec le Grand-Paris, la comédie n’est jamais avare de mauvais rebondissements, pour répondre à la charge des deux élus socialistes de la région Ile-de-France et du petit Paris, pardon de Paris intra-muros ;-) un amendement ajouté au texte de loi sur le Grand-Paris adopté par le Sénat « stipule qu'il sera mis fin à la procédure de débat public engagée pour "un projet de rocade par métro automatique en Ile-de-France", dès le lendemain de la publication de la loi sur le Grand Paris ». Un partout la balle au centre. Le cirque continue autour du Grand-Paris. Lamentable…
C’est sur ce magnifique échange du plus bas niveau politicien, le niveau qui semble devoir être de rigueur dès que la question du Grand-Paris est abordée, pas le Grand-Paris de Christian Blanc, de Sarkozy ou de Delanoë, mais celui de ses 11 millions de parisiens. C’est donc sur ce magnifique échange que Paris est sa banlieue jette l’éponge et se retire du débat. Dans son commentaire de ma note précédente, Lupus écrit que "le temps d’une ville ne peut pas satisfaire l’impatience d’un blogueur", c'est vrai, mais aussi un blogueur ne peut pas influer sur ce temps, surtout lorsque ceux qui pourraient l’aider à le faire s’y refusent, comme les journalistes dans leur superbe ignorance, qui ne citeraient jamais un blog mais préfèrent le lire, s'en inspirer de temps en temps et jusqu’à parfois le pomper parfois... Bref, le débat reste aux seuls professionnels, politiques, experts et médias, les citoyens en sont exclus à commencer par les blogueurs. Et l’on s’étonnera de l’abstention électorale ;-)
Voilà c’est dit, Paris est sa banlieue va-t-il fermer ? Difficile à décider après plus de 5 ans. Mais ce qui est sûr, c'est que ce blog va changer, et que je vais petit à petit en reprendre possession, le faire évoluer, ouvrir peut-être une deuxième saison, une nouvelle série de "Desperate banlieusard", avec de nouveaux des photos des chats et du jardin, plus de nouvelles de ma mère et de sa maladie d’Alzheimer, plus de coups de gueule politiques, même s’ils ne concernent pas le Grand-Paris…
à suivre...
Jean-Paul Chapon
08.01.2010
"Et peut-être que dans 80 ans on réfléchira, est-ce qu'il faut boucler la rocade ? " Miguel Padeiro sur le Grand-Paris
Depuis des mois Paris est sa banlieue écrit que les élections régionales en Ile-de-France se gagneront sur les transports, alors retour dans le Grand-Paris en ce début d’année 2010, avec une interview sur les transports dans la métropole de Miguel Padeiro, géographe urbaniste. Difficulté à mener à bien de grands projets d’infrastructure dans la métropole en raison de l’extrême fragmentation des pouvoirs, manque de courage politique, recul de la décentralisation contre excès de localisme, dérégulation ou rerégulation de l’urbanisme, infrastructures prespcriptrices et opposables, Miguel Padeiro propose des pistes de réflexion avec des réponses parfois provocatrices sur la décentralisation, le rôle de l’Etat, de la région, des pouvoirs locaux dans les projets d’infrastructure au niveau métropolitain. Des schémas directeurs qui ne vont pas au bout de leur logique, un certain autoritarisme de l’Etat, mais aussi une schizophrénie chez certains élus entre intérêts propres au niveau local et intérêt global à l’échelle de la métropole, mais aussi le risque de blocage et d’échec de tout projet par la poussée du localisme. Arc-Express/Métrophérique ou Grand-Huit ? pour lui, le Grand-Huit est une version pessimiste des transports de la métropole, parce pas pertinente ni d’un point de vue territorial ni d’un point de vue fonctionnel et qui ne correspond pas aux attentes de la métropole. De toute façon, il ne voit pas l’un ou l’autre projet se réaliser dans les délais annoncés, mais plutôt la réalisation de tronçons et autant de difficulté à boucler une rocade de métro qu’on en a pour l’A86, « et peut-être que dans 80 ans on réfléchira, est-ce qu’il faut boucler la rocade ? »
Le choix entre Métrophérique/Arc-Express porté par la région et le Grand-Huit du gouvernement ne se fera pas en raison de la pertinence des deux projets, mais du rapport de force qui s’établira entre les différents niveaux de pouvoir. Pour l’instant le grand-huit a l’avantage (Etat et projet de loi), mais les citoyens ne sont pas encore entrés dans le débat, et charge aux citoyens de le faire si on veut que le métrophérique prenne l’avantage. On voit que les régionales seront à cet égard cruciales pour l’avenir des deux projets.
Interview enregistrée le 30 décembre 2009 à Houilles
Vous avez étudié la construction du réseau de transports en commun parisien depuis ses origines. Pourquoi d’Orbitale en Métrophérique, Arc-Express ou Grand-Huit, a-t-on autant de mal aujourd’hui à développer sur une grande échelle les transports en commun de la métropole ?
Dans un article* sur les prolongements du métropolitain et l’occupation du sol en banlieue parisienne, vous en appelez à une infrastructure prescriptrice et opposable. Concrètement ça veut dire quoi, notamment par rapport au SDRIF ou à la loi Grand-Paris du gouvernement ?
Le projet de Grand-Huit du gouvernement déclenche des réactions très hostiles à gauche comme à droite. Pourtant, sur son parcours, on le voit notamment en Seine-Saint-Denis, il est plutôt bien reçu par les élus, mais de façon officieuse. Comment expliquez-vous ces réactions ?
On entend souvent objecter au projet de Grand-Huit de Christian Blanc, que l’Etat ne sait plus mener ce genre de projets d’infrastructures, n’a plus les compétences ni les moyens, notamment en terme d’ingéniérie. Qu’en pensez-vous ?
Dans le même article sur les prolongements de métro en banlieue, vous constatez que ces derniers n’ont pas eu à quelques exceptions près un grand impact dans les zones autours des gares. C’est pourtant une des hypothèses de base du projet de Christian Blanc, est-ce réaliste ?
Métrophérique-Arc-Express d’un côté, Grand-Huit de l’autre, quel est votre pronostic ?
Miguel Padeiro est géographe urbaniste, docteur en aménagement de l'espace et urbanisme de l'Université Paris-Est, et chercheur au LVMT (Laboratoire Ville Mobilité Transports), un laboratoire qui dépend à la fois de l'Ecole des Ponts-ParisTech, de l'Université Paris-Est et de l'INRETS. Au sein du LVMT, il fait partie de l'équipe Mobilité et métropolisation dirigée par Marie-Hélène Massot. Ses thèmes de recherche portent essentiellement sur l'accessibilité en milieu urbain et ses relations avec les dynamiques urbaines, locales et métropolitaines (emploi, tissu bâti, ménages résidents...)
* Prolongements du métropolitain et occupation du sol en banlieue parisienne - Miguel Padeiro Metropolis / FLUX 2009/1 - N° 75
Jean-Paul Chapon
19:04 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 1.2 - Les transports à Paris intra-extra muros, 1.3 - Ils parlent de la Ville et du Grand Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : miguel padeiro, grand-paris, paris-métropole, rocade, arc-express, metrophérique, grand-huit, christian blanc, sdrif
"Et peut-être que dans 80 ans on réfléchira, est-ce qu'il faut boucler la rocade ? " Miguel Padeiro sur le Grand-Paris
Depuis des mois Paris est sa banlieue écrit que les élections régionales en Ile-de-France se gagneront sur les transports, alors retour dans le Grand-Paris en ce début d’année 2010, avec une interview sur les transports dans la métropole de Miguel Padeiro, géographe urbaniste. Difficulté à mener à bien de grands projets d’infrastructure dans la métropole en raison de l’extrême fragmentation des pouvoirs, manque de courage politique, recul de la décentralisation contre excès de localisme, dérégulation ou rerégulation de l’urbanisme, infrastructures prespcriptrices et opposables, Miguel Padeiro propose des pistes de réflexion avec des réponses parfois provocatrices sur la décentralisation, le rôle de l’Etat, de la région, des pouvoirs locaux dans les projets d’infrastructure au niveau métropolitain. Des schémas directeurs qui ne vont pas au bout de leur logique, un certain autoritarisme de l’Etat, mais aussi une certaine schizophrénie chez certains élus entre intérêts propres au niveau local et intérêt global à l’échelle de la métropole, mais aussi le risque de blocage et d’échec de tout projet par la poussée du localisme. Arc-Express/Métrophérique ou Grand-Huit ? pour lui, le Grand-Huit est une version pessimiste des transports de la métropole, parce pas pertinente ni d’un point de vue territorial ni d'un point de vue fonctionnel et qui ne correspond pas aux attentes de la métropole. De toute façon, il ne voit pas l’un ou l’autre projet se réaliser dans les délais annoncés, mais plutôt la réalisation de tronçons et autant de difficulté à boucler une rocade de métro qu’on en a pour l’A86, « et peut-être que dans 80 ans on réfléchira, est-ce qu’il faut boucler la rocade ? »
Le choix entre Métrophérique/Arc-Express porté par la région et le Grand-Huit du gouvernement ne se fera pas en raison de la pertinence des deux projets, mais du rapport de force qui s’établira entre les différents niveaux de pouvoir. Pour l’instant le grand-huit a l’avantage (Etat et projet de loi), mais pour l’instant les citoyens ne sont pas encore entrés dans le débat, et charge aux citoyens de le faire si on veut que le métrophérique prenne l’avantage. On voit que les régionales seront à cet égard cruciales pour l’avenir des deux projets.
Interview enregistrée le 30 décembre 2009 à Houilles
Vous avez étudié la construction du réseau de transports en commun parisien depuis ses origines. Pourquoi d’Orbitale en Métrophérique, Arc-Express ou Grand-Huit, a-t-on autant de mal aujourd’hui à développer sur une grande échelle les transports en commun de la métropole ?
Dans un article* sur les prolongements du métropolitain et l’occupation du sol en banlieue parisienne, vous en appelez à une infrastructure prescriptrice et opposable. Concrètement ça veut dire quoi, notamment par rapport au SDRIF ou à la loi Grand-Paris du gouvernement ?
Le projet de Grand-Huit du gouvernement déclenche des réactions très hostiles à gauche comme à droite. Pourtant, sur son parcours, on le voit notamment en Seine-Saint-Denis, il est plutôt bien reçu par les élus, mais de façon officieuse. Comment expliquez-vous ces réactions ?
On entend souvent objecter au projet de Grand-Huit de Christian Blanc, que l’Etat ne sait plus mener ce genre de projets d’infrastructures, n’a plus les compétences ni les moyens, notamment en terme d’ingéniérie. Qu’en pensez-vous ?
Dans le même article sur les prolongements de métro en banlieue, vous constatez que ces derniers n’ont pas eu à quelques exceptions près un grand impact dans les zones autours des gares. C’est pourtant une des hypothèses de base du projet de Christian Blanc, est-ce réaliste ?
Métrophérique-Arc-Express d’un côté, Grand-Huit de l’autre, quel est votre pronostic ?
Miguel Padeiro est géographe urbaniste, docteur en aménagement de l'espace et urbanisme de l'Université Paris-Est, et chercheur au LVMT (Laboratoire Ville Mobilité Transports), un laboratoire qui dépend à la fois de l'Ecole des Ponts-ParisTech, de l'Université Paris-Est et de l'INRETS. Au sein du LVMT, il fait partie de l'équipe Mobilité et métropolisation dirigée par Marie-Hélène Massot. Ses thèmes de recherche portent essentiellement sur l'accessibilité en milieu urbain et ses relations avec les dynamiques urbaines, locales et métropolitaines (emploi, tissu bâti, ménages résidents...)
* Prolongements du métropolitain et occupation du sol en banlieue parisienne - Miguel Padeiro Metropolis / FLUX 2009/1 - N° 75
Jean-Paul Chapon
18:48 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 1.2 - Les transports à Paris intra-extra muros, 1.3 - Ils parlent de la Ville et du Grand Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : miguel padeiro, grand-paris, paris-métropole, rocade, arc-express, metrophérique, grand-huit, christian blanc, sdrif
16.12.2009
Grève du RER A, les mots pour rire de la région et les (quasi) silences des autres
Après une semaine de grève de RER A, grève apparemment reconduite aujourd’hui. Mon trajet quotidien aux « heures de pointe » via Auber me fait tomber sur une publicité du STIF et de la région Ile-de-France, qui prend une saveur toute particulière en cette période de grève avec un train sur deux aux heures de pointe, mais un trafic nul le reste de la journée, avec fermeture des gares en journée et le soir dès 20H00. Etrange logique, les transports ne seraient utiles qu’aux heures de pointe, tant pis pour les horaires décalés, notamment ceux qui finissent tard le soir, pour eux pas de service minimum. Etrange sensation entre le couvre-feu et l’isolement, comme ce week-end, où mes invités parisiens déclarent forfait, trop compliqué de venir à Fontenay et ensuite de rentrer. C’est l’occasion de voir à quel point notre vie, professionnelle, mais aussi sociale, on oserait sociétale est dépendante des transports dans une métropole comme Paris, le Grand-Paris. J’y reviendrai pour enfin parler du débat sur le projet du gouvernement Sarkozy, avec le Grand-Huit de Christian Blanc, la société du Grand-Paris et le débat à l’Assemblée.
Mais aujourd’hui, je préfère rester sur la grève et sur cette affiche. On comprend bien la colère de Jean-Paul Huchon, le président de la région Ile-de-France et à ce titre du STIF, l’autorité organisatrice des transports, colère largement dirigée contre la RATP et son président Pierre Mongin, accusé de ne pas savoir gérer le conflit. Il faut dire que lancer un nouveau train (il s’agit de nouvelles rames, pas de nouvelles lignes, il ne faut pas rêver) en plein mouvement de grève, c’est pas de chance. Et le slogan choisi, « Davantage de trains à tout moment de la journée », ne pouvait plus mal tomber et fait franchement rire, un rire bien jaune. Vraiment pas de chance pour Huchon dont le bilan régional en termes de transports est certainement le point le plus faible de son bilan et l’angle d’attaque principal de ses rivaux, à commencer par la candidate UMP, Valérie Pécresse. Et l’avez-vous remarqué ou entendu ce (quasi) silence étonnant de la part du gouvernement et du président de la République, habituellement si prompts à dénoncer la prise en otage des voyageurs par les grévistes ? Rien, ou alors bien peu et même plus dirigé contre la région et sa gestion des transports que contre les syndicats de la RATP. Amusant, à se demander même à qui profite le crime ou la grève, et certainement le pourrissement. Car au bout du compte, ce qui reste, c’est l’impression négative sur les transports dans la région.
à suivre…
Jean-Paul Chapon
19:28 Publié dans 1.2 - Les transports à Paris intra-extra muros, 4 - politique, politiques... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : greve, rer a, ratp, valérie pécresse, jean-paul huchon, régionales, élections, transports, christian blanc, grand-paris
24.11.2009
Aujourd'hui le Grand-Paris est à l'Assemblée, mais pas en banlieue...
Aujourd’hui le Président de la République ira en banlieue, mais Nicolas Sarkozy n’ira pas dans le Grand-Paris. Aujourd’hui, le Parisien nous apprend que pour aller à Epinay-sur-Seine, à Bobigny et au Perreux, de Seine-Saint-Denis en Val-de-Marne, il sera accompagné de Brice Hortefeux (Police), de Michèle Alliot-Marie (Justice) et tout de même d’Eric Woerth (Budget), mais a priori pas de Christian Blanc (Développement de la région-capitale) ni de Fadela Amara (Ville). Le Grand-Paris de la police a été créé, mais pas le Grand-Paris des habitants, alors c’est bien en banlieue que Nicolas Sarkozy parlera sécurité, car après tout, quitte à parler sécurité, le 19ème arrondissement de Paris aurait pu être une étape incontournable, sans parler des Halles ou même des Champs-Elysées. Mais la campagne des régionales est lancée. Alors on sort les vieux clichés et on tente d’assurer.
Aujourd’hui Christian Blanc ne devrait pas aller en banlieue ni dans le Grand-Paris, avec le Président de la République. Aujourd’hui, c’est à la tribune de l’Assemblée que le peu bavard secrétaire d’Etat au développement de la région-capitale devra défendre sa loi sur le Grand-Paris, pour lancer son projet de métro autour de Paris et accessoirement ses zones de développement. Aujourd’hui, le rideau se lèvera donc sur un nouvel acte de la comédie du Grand-Paris. Qu’en ressortira-t-il ? Des inquiétudes de droite et une obstruction de gauche ? Sans doute, même si l’obstruction ne sera pas si nette . Il faut regarder avec intérêt la carte de 20minutes qui parmi les acteurs cite « le fayot », en la personne de Patrick Braouezec, le président PCF de Plaine Commune qui au prix de quelques amendements voterait bien une loi qui ne désavantage pas son territoire. Et il ne sera pas le seul, le consensus paris-métropolitain ne tient que dans les séances plénières du Syndicat mixte d’Etudes... Et sur la carte justement un grand absent à la taille du Grand-Paris, pas de Paris-Métropole ni de Bertrand Delanoë, le maire de Paris.
Aujourd’hui le syndicat mixte d’études ouvert Paris-Métropole tenait une conférence de presse…
Jean-Paul Chapon
10:53 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grand-paris, paris-métropole, christian blanc, nicolas sarkozy, président de la république, bertrand delanoë, sécurité
15.11.2009
« Ça va voter Europe-Ecologie en banlieue demain... mais il faut avoir un projet sérieux », Stéphane Gatignon maire de Sevran et candidat Europe-Ecologie dans le 93 pour les régionales
Stéphane Gatignon, le maire communiste de Sevran, n’est pas encore très connu du grand-public notamment de celui de la métropole parisienne et c’est dommage. Sa candidature sur la liste Europe-Ecologie aux régionales en Ile-de-France devrait y remédier. Une nouvelle interview aujourd’hui, où à part confirmer qu’il ne pratique toujours pas la langue de bois, il revient et sur sa candidature et ses motivations. Stéphane Gatignon est un « communiste banlieusard » comme il se définit. Pour lui, Europe-Ecologie ouvre un cadre pour reconstruire la gauche, une opportunité qu’il veut saisir. Dans la longue réponse à la sixième question, des considérations sur la chute du mur de Berlin et la fin du communisme, point du vue sur les partis de gauche du PS au NPA, en passant par le PCF. « Aujourd’hui l’Humanité fait quand même des articles où on dit que la RDA c’était mieux », mais pour lui, l’histoire du PCF c’est aussi Tchernobyl, l’industrialisation productiviste et planificatrice...
Retour sur la banlieue et le Grand-Paris, comme un boutade à la question bobos contre cités à propos d’Europe-Ecologie, il répond que l’enjeu de la sortie de la prohibition sur le cannabis ce n’est pas « un truc de fumeurs de joints », après avoir d’abord souligné sa crainte face aux trafics et mafia locales en train de se structurer qui décideront demain de qui sont les élus. En réponse au un commentaire d'une note précédente qui trouvait son programme pas original, il accepte la remarque, parce que les mêmes questions se posaient il y a 10 ans. Et quitte à ne pas être original il ne veut pas que son rôle d’élu se cantonne « à être dans une gestion petits bras qui peut faire qu’on gère nos baronnies pour être réélu à la prochaine élection ». A propos de sa possible élection comme conseiller régional, il veut inscrire dans le débat régional la future réforme des collectivités territoriales. La question du Grand-Paris est centrale, avec un conseil de la métropole qui soit élu démocratiquement, qui reprenne en charge ce que font les syndicats intercommunaux aujourd’hui anti-démocratiques, sur l’eau, sur l’énergie etc. Avec ces élections il compte porter ces questions dans le grand-public, y compris sur la fiscalité. Au passage il enterre le SDRIF, qui « dès le départ n’était plus d’actualité, parce qu’on l’a fait sans penser qu’il fallait structurer la zone urbaine, qu’il y avait de l’urbanité à gérer et une mégapole à transformer en métropole ». Pour lui, le SDRIF aurait un sens dans la construction d’une métropole avec institutions démocratiques, dans son rapport avec le monde rural qui représente la plus grande partie de la région. Stéphane Gatignon n’attend pas grand chose du débat sur le Grand-Paris à l’Assemblée, « on nous enfume depuis longtemps, et on aurait dû avoir ce débat il y a 10-15 ans à gauche, on a été incapable et aujourd’hui le gouvernement fait ce qu’il veut ». Jusqu’à se demander si Nicolas Sarkozy souhaite vraiment gagner la région vu qu’il a « tout intérêt à ce que la région reste à gauche avec un homme comme Huchon, avec lequel il arrive à faire à peu près ce qu’il veut… On a vécu pendant 5 ans l’affrontement entre le maire de Paris et le président de la région sur ce qu’on faisait de Paris-Métropole, et aujourd’hui on a abouti à un truc mi-chèvre mi-chou, c’est le syndicat des élus un peu mécontents, c’est pas à la hauteur de ce qu’il faut parce qu’aujourd’hui on ne travaille plus le fond dans Paris-Métropole ». Sa crainte est le déplacement des zones d’exclusion. Pour lui, le centre de gravité de l’Ile de France va se déplacer sur son secteur, autour de Roissy avec de nouvelles populations, cadres, jeunes, au risque de chasser les populations actuelles. Il faut donc que la mixité sociale soit maintenue. Au passages il livre ses considérations l’axe Roissy-Reims et sur Roissy, plus qu’un aéroport, zone de fret et d’emplois, sur son développement économique et sur la dimension européenne de Roissy. Un discours assez rare à gauche. Enfin, il souligne le loupé historique de la région de ne pas avoir fait le tarif unique de la carte orange en supprimant les zones, était symbolique de la non compréhension de l’enjeu métropolitain, le fait de faire payer aux habitants des zones 5 ou 6 la même chose était leur faire comprendre qu’ils appartenaient à la même entité. Pour lui l’enjeu du projet métropolitain a été absent des discussions de la gauche.
* * * * * * Sur Paris est sa banlieue, je cite les trois engagements de ta lettre aux habitants de Sevran, combattre les inégalités entre territoires, combattre pour le mieux vivre ensemble et combattre la ghettoïsation. Un visiteur commente en disant que ce n’est pas très original. Que peux-tu lui répondre ?
Dans la lettre aux habitants de Sevran tu écris, « Le défi démocratique : face au projet de Nicolas Sarkozy, installer un Grand-Paris démocratique, fondé sur le suffrage universel, un service public efficace et l’égalité fiscale. » et aussi « il faut diriger la région autrement, gouverner le Grand-Paris au nom des citoyens et non au profit des intérêts boursiers et spéculatifs ». Pour toi, installer ce Grand-Paris démocratique çà passe aujourd’hui par la région ?
Le contexte est à une certaine crispation politique en perspective des régionales. Le projet de loi sur le Grand-Paris passe devant le parlement dans une dizaine de jours. Qu’attends-tu des débats ?
Dans l’article sur Roissy du Monde Diplomatique, tu dis "le pôle de Roissy est devenu bien plus qu’un aéroport : or à gauche, on ne s’y intéresse pas", au point même qu’il était absent du premier périmètre potentiel de Paris-Métropole. De même que beaucoup à gauche ne s’intéressaient pas trop à l’EPAD avant l’épisode Jean Sarkozy. Est-ce genre de constat qui te pousse à travailler avec Christian Blanc ? Et quand tu parles de tes discussions avec Christian Blanc, qu’en ressort-il ?
Jean-Paul Huchon président de la région lance au premier ministre un ultimatum pour qu’il présente le SDRIF au Conseil d’Etat dans les 15 jours ? Le SDRIF, né de la cogestion PS-Vert de la région, il représente quoi aujourd’hui, est-il encore d’actualité ?
Tu discutes avec Christian Blanc, tu critiques la gestion de la région et Jean-Paul Huchon, Paris-Métropole est dans l’impasse et tu annonces que tu sera sur la liste Europe-Ecologie du 93 aux régionales : ton message est-il qu’on est arrivé au moment où il faut oser sortir des schémas traditionnels ?
Dans ton interview à Libération on te fait remarquer qu’Europe Ecologie c’est plutôt bobo que banlieue, et c’est vrai qu’a priori on pense plus aux habitants des centres villes qu’à ceux des cités comme électeurs potentiels…
Interview enregistrée vendredi 13 novembre, à Sevran
Jean-Paul Chapon
20:51 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 1.3 - Ils parlent de la Ville et du Grand Paris, 4 - politique, politiques... | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : stéphane gatignon, europe-écologie, régionales, élections, christian blanc, jean-paul huchon, nicolas sarkozy, bertrand delanoe, grand-paris, paris-métropole
11.10.2009
"Le passage d'une grande partie de Nanterre sous la coupe de l'EPAD anticipe ce que pourrait être la société du Grand-Paris" Pierre Mansat
"Paris-Métropole c'est trop lent" Pierre Mansat, adjoint du maire de Paris, Bertrand Delanoë, en charge des relations avec les collectivités et de Paris-Métropole accepte la critique. Pour lui, seul une intervention citoyenne, des citoyens absents du débat sur le Grand-Paris depuis le début, pourra faire sortir de la situation d'impasse dans laquelle on se trouve. Si comme Jean-Paul Huchon, il craint des risques d'affairisme et met en garde les naïfs qui préfèrent le Colbertisme à la spéculation, pour lui contrairement au président de la région Ile-de-France, tout n'est pas à jeter dans le projet gouvernemental du Grand-Paris, dont le tracé suit une partie de celui d'Arc-Express. Mais la vision qui sous-tend le projet n'est pas la même. Où sont les résultats des travaux des dix cabinets d'architectes, pour Pierre Mansat on est loin d'une métropole solidaire et d'une métropole de l'après-Kyoto. Enfin, Pierre Mansat administrateur de l'EPAD, déjaà engagé ailleurs, ne participera pas à la séance du 4 décembre au cours de laquelle Jean Sarkozy devrait être élu comme président. Et de mettre en garde "le passage d'une grande partie de Nanterre sous la coupe de l'EPAD" préfigure pour lui se que pourrait être la future société du Grand-Paris si elle voit le jour. Ce dont il doute tant il y a de mécontentement autour de ce projet. Un challenge pour Paris-Métropole reconnaît-il.
* * * * *
Le Grand-Paris, version projet gouvernemental, est-il un machin complètement ringard, comme le dit Jean-Paul Huchon, le président de la région Ile-de-France ? Tout est-il à jeter ?
Pour en revenir à cette question de démocratie, Bertrand Delanoë dans sa lettre à François Fillon qualifie la société du Grand-Paris de "mastodonte technocratique" qui constitue un recule pourl a démocratie locale. Mais en fait de démocratie locale, personne ne la pratique dans le débat sur le Grand-Paris, pas plus le gouvernement, que la région ou même Paris-Métropole ?
Mais du coup, est-ce qu'on ne touche pas les limites de l'orientation prise par Paris-Métropole ? Je ne parle pas de la Conférence Métropolitaine qui a mis le Grand-Paris a l'ordre du jour en jetant des bases, mais Paris-Métropole est inaudible, jà part quelques intervenants toujours les mêmes, le président de la région, le maire de Paris et quelques grandes gueules à droite et à gauche. Cela veut-il dire qu'il manque une gouvernance, et clairement un gouvernement de la métropole avec des institutions fortes et démocratiques pour en faire un interlocuteur valable face à une initiative comme celle de la société du Grand-Paris ?
Toujours dans cette lettre de Bertrand Delanoë, quand il écrit "la métropole a besoin d'un souffle, d'une ambition et non d'un recyclage improbable d'outils étatiques utilisés dans les années 1960", c'est bien écrit, c'est beau, mais ça paraît en décalage avec l'action du gouvernement et son tempo rapide, et surtout avec les attentes des habitants de la métropole telles qu'elles apparaissent dans les sondages, aspiration à du concret, à des transports qui fonctionnent et cela rapidement. Et on commence à voir des élus, y compris de Paris-Métropole, sur l'hypothétique tracé du Grand-Huit de Christian Blanc se mettre à travailler avec lui. On entend parler de discussions et partenariats, un peu comme la ville de Paris l'avait fait à l'époque avec les villes de banlieues sur des projets concrets. On n'est pas en décalage avec ce genre de déclaration du maire de Paris ?
Est-ce que tu reprends à ton compte les soupçons d'affairisme dénoncés par Jean-Paul Huchon dans une interview au Monde sur la mise en place de la société du Grand-Paris ?
Il y a une annonce qui prend un relief particulier dans le contexte de l'adoption du texte sur la société du Grand-Paris par le Conseil des ministres, c'est celle de Jean Sarkozy, le fils du Président de la république, qui devrait devenir administrateur puis président de l'EPAD ?
Interview enregistrée vendredi 8 octobre 2009 à l'Hôtel de Ville de Paris
Jean-Paul Chapon
10.10.2009
Carte postale métropolitaine, avec rumeur urbaine et dérive bananière...
La semaine qui vient de s’achever a vu se dérouler un de ses points d’orgues dans le mauvais feuilleton du Grand-Paris, avec l’adoption mercredi en Conseil des Ministres d’un projet de loi dont la version conforte Christian Blanc et une approche autoritaire, haussmannienne ou préfectorale, comme on préfèrera l’appeler, contre la version François Fillon et une approche plus en concertation avec les élus. Bref, le secrétaire d’Etat l’emporte sur le Premier Ministre, cocasse et cela pourrait prêter à rire, si au même moment on n’avait appris que Jean Sarkozy, le fils cadet du Président de la République, Nicolas Sarkozy, devrait devenir administrateur à la faveur d’un départ bien opportun, puis président de l’EPAD, l’établissement public chargé de l’aménagement de La Défense, le 4 décembre prochain.
Qui a passé un entretien d’embauche, sait à quel point l’expérience est prise en compte, plus encore que les diplômes. Pour Jean Sarkozy ça tombe bien, parce que ce n’est pas du côté universitaire qu’il faudrait chercher une preuve de ses talents. Alors côté expérience, que doit-on pouvoir lire sur le long CV de Jean Sarkozy, quelle expérience qui le légitime à 23 ans pour présider l’EPAD? Une longue carrière d’administrateur, d’aménageur, d’urbaniste, de gestionnaire, et même d’élu. Car s’il a été élu conseiller général du canton sud de Neuilly-sur-Seine, on ne peut pas dire que les quelques mois depuis cette élection suffisent à expliquer pourquoi Jean Sarkozy a le « jeudi 8 octobre, en l'absence de M. Devedjian, en déplacement à Dubaï, M. Sarkozy (a) reçu dans un "consensus absolu et intégral", selon un élu, le soutien de tous les conseillers présents de la majorité à sa candidature au poste d'administrateur de l'EPAD » comme on peut le lire dans Le Monde daté du 10 octobre. L’article du Monde continue : « M. Sarkozy accède ainsi aux commandes – sans rémunération ni avantage en nature – d'un établissement qui, fin 2008, réalisait un chiffre d'affaires d'1 milliard d'euros et dégageait 350 millions de bénéfices grâce à la commercialisation des mètres carrés de bureaux du quartier d'affaires. Depuis la crise qui ralentit les investissements immobiliers, la Défense est menacée de déficit. Pour financer, notamment, les travaux d'aménagement, le gouvernement s'apprête à fondre dans un seul établissement l'EPAD et l'Epasa, l'établissement public d'Etat qui aménage les terrains de Nanterre depuis 2000. Alors que la Défense n'a plus guère de surfaces non bâties ou en friche, Nanterre possède encore une réserve de terrains propices à d'importantes opérations immobilières. En devenant, au plus tard en mars 2010, le patron de ce nouvel établissement public, l'"Epadsa", Jean Sarkozy aura la haute main sur l'aménagement d'un périmètre de près de 800 hectares répartis sur Courbevoie, Puteaux, Nanterre et La Garenne-Colombes. Il se positionne à la tête du territoire le plus stratégique par son potentiel économique du futur Grand Paris, voulu par Nicolas Sarkozy. »
On se souvient que l’on avait surnommé "Papa m’a dit" un fils Mitterrand. Faudra-t-il appeler celui-ci "Papa m’a fait" ? Il y a quelque chose à la fois d’une république bananière ou d’un règne à la Bongo dans cet épisode, mais aussi de Main basse sur la ville. Que les électeurs du canton sud de Neuilly-sur-Seine ait pu être convaincus par la campagne de Jean Sarkozy, et rassurés par son sourire et sans doute son patronyme, soit. Mais que l’on confie à un jeune de 23 ans, sans expérience si ce n’est celle d’être le fils de son père, la présidence d’un établissement public, qui gère le quartier d’affaire de la Défense, que Christian Blanc veut faire rivaliser avec la City comme première place financière d’Europe laisse songeur et inquiétant. Il y a quelque chose d’odieux et de malsain dans ce népotisme et dans ce « consensus absolu et intégral ». Et puis tant qu’on y est, pourquoi pas proposer Jean Sarkozy à la tête du conseil de surveillance de la future société du Grand-Paris ?
A suivre, dès demain (si je m’en sors ;-) avec une nouvelle interview sur le Grand-Paris, sans langue de bois et avec inquiétude. Et puis pour illustrer cette carte postale, une vue d’une tranchée urbaine, toujours pas recouverte, malgré une enquête publique en 2006 et des travaux qui devraient débuter à l’automne 2009. Mais il faut dire que pour faire taire une tel bruit et une tel rumeur urbaine, le projet n’était pas soutenu comme pour l’enfouissement de la N13 à Neuilly par le fils du Président de la République…
à suivre…
ps : ce soir le site de La Défense a été piraté (merci Christophe Grébert) et publie une petite annonce de recrutement pour le poste de président de l’EPGD ;-)
Jean-Paul Chapon
22:07 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 4 - politique, politiques..., 8 - Cartes postales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jean sarkozy, nicolas sarkozy, la défense, epad, epasa, grand-paris, christian blanc, françois fillon
04.10.2009
Insécurité dans le 93, querelle Blanc-Fillon sur le Grand-Huit, ou l'absence dommageable d'un vrai Grand-Paris
Un article du Monde du week-end qui risque de passer inaperçu montre à quel point l’absence d’un Grand-Paris peut-être dommageable pour la métropole. Il s’agit d’un papier d’Isabelle Mandraud intitulé En Seine-Saint-Denis, élus de droite et de gauche dénoncent l'aggravation de l'insécurité relatant une réunion qui s’est déroulé le 2 octobre au Conseil Général de Seine-Saint-Denis à l’initiative de Claude Bartolone, président PS du CG93. On peut ainsi lire que « la rencontre a réuni de nombreux maires : ceux, notamment, de Villemomble, d'Epinay, du Raincy, pour l'UMP (Xavier Lemoine, de Montfermeil s'était fait représenter) ; du Bourget, pour le Nouveau centre ; de Saint-Ouen, du Blanc-Mesnil, de La Courneuve pour le PCF ; de Bondy, d'Aulnay-sous-Bois, de Clichy-sous-Bois pour le PS... Dans l'assistance, nombreuse, figuraient aussi la députée communiste Marie-George Buffet et le sénateur UMP Philippe Dallier ». C'est bien et ce n’est pas la première fois que les élus se rassemblent, comme ils ont su le faire dans la Conférence Métropolitaine d’abord, puis dans Paris-Métropole, aujourd’hui, mais cette rencontre pose une nouvelle fois la question du difficile consensus et de l’efficacité de ses assemblées sans pouvoir ni légitimité électorale directe, et de leur perméabilité aux clivages politiciens les rendant impuissantes.
Ainsi on peut lire que tous ont déploré une "nette radicalisation de la violence" et "l’emprise du trafic de drogue", mais « malgré ce constat, l'idée caressée par M. Bartolone d'un appel commun contre l'insécurité à l'adresse du gouvernement, a tourné court face aux réticences des élus de la majorité. » écrit Isabelle Mandraud, du coup à gauche l’accent a été mis sur l’absence d’effectif, et à droite sur la nécessité de la vidéosurveillance. Dommage… Mais la démonstration doit être retenue, une fois de plus le clivage gauche-droite n’arrive pas à être dépassé lorsque le constat est commun, parce qu’il manque le bon échelon vers lequel se retourner, celui d’un Grand-Paris, collectivité territoriale de plein droit. Comment en effet un élu de la majorité, UMP ou NC, peut-il comprendre la proposition de Claude Bartolone, si ce n'est comme une attaque politique contre le gouvernement, transformant d’un coup un problème local, aussi grave soit-il, en une question nationale posée au gouvernement, accusé de ne pas faire assez pour la sécurité dans le 93. Le même appel porté par un maire ou un président du Grand-Paris élu au suffrage universel permettrait de passer au-dessus de ces divergences et oppositions tacticiennes et de porter la question de l’insécurité vis-à-vis d’un préfet de police du Grand-Paris ou vis-à-vis de l’Etat, avec au moins autant de légitimité qu’aujourd’hui, mais surtout avec beaucoup plus d’efficacité. La création de la police du Grand-Paris sera peut-être l’amorce d’une solution, mais il est dommage qu’elle ne trouve pas en face d’elle un interlocuteur démocratiquement représentatif du même périmètre.
Match Blanc-Fillon sur la société du Grand-Paris, 1 à 0 en faveur de Blanc…
Et puis, nouvel épisode avec reprise en main apparente par le président urbaniste Nicolas Sarkozy. On apprend ce week-end, que le projet de loi sur la société du Grand-Paris et son projet de métro automatique, le Grand-Huit de Christian Blanc, aurait encore changé vendredi dernier, et que le gouvernement aurait réintroduit « la possibilité pour l'Etat de préempter de larges zones autour des quarante gares du futur réseau automatique autour de Paris », c’est du moins ce qu’en dit une dépêche AFP reprise sur le site du Monde.fr. « Le projet de loi permettra à l'Etat d'obtenir un "droit de préemption principal", aux dépens des maires, dans les "zones d'aménagement différé" (ZAD) que "pourront prévoir" les contrats de développement territorial (CDT) entre l'Etat et les maires pour aménager les quartiers autour des futures gares… Le texte, qui sera examiné mercredi en conseil des ministres, stipule que le CDT "vaut déclaration d'intérêt général des opérations d'aménagement et des projets d'infrastructures nécessaires à la mise en oeuvre de ses objectifs". » Et la dépêche d’expliquer : « Ce point a fait l'objet d'une nouvelle passe d'arme entre les cabinets du secrétaire d'Etat Christian Blanc et de François Fillon, le Premier ministre étant soucieux de ne pas trop déposséder les maires de leur pouvoir d'urbanisme. » Donc sur dans le match Fillon-Blanc autour du Grand-Paris, ce week-end on en serait à nouveau à un point en faveur du secrétaire d’Etat au développement de la région-capitale, contre son patron direct, le Premier Ministre, par arbitrage sans doute de Nicolas Sarkozy. Là encore, combien l’absence d’un interlocuteur légitime, solide, parlant d’une seule voix, comme un président d’un futur Grand-Paris élu au suffrage universel direct se fait sentir. Car s’il est juste de considérer que le poids de la métropole dans l’économie nationale demande une implication forte de l’Etat, il est anormal et même démocratiquement inacceptable que celui-ci puisse agir ainsi à sa guise, sans trouver en face de lui un interlocuteur valable, légitime et représentatif. Une fois de plus, la méthode et la petite guerre au sein de l’exécutif ne sont pas dignes de l’enjeu.
A ce propos, un intéressant commentaire de Philippe Laurent, maire divers droite de Sceaux, et vice-président de Paris-Métropole dans la Gazette des communes. Même s’il date d’avant le dernier épisode, il résume bien la situation. « Nous sommes face à deux conceptions de l’action publique. D’un côté, Christian Blanc considère que rien n’avancera si on attend que les élus se mettent d’accord. Il préfère négocier avec chacun des maires concernés par ses projets. De l’autre, François Fillon veut que l’Etat travaille avec l’ensemble des collectivités. Christian Blanc n’a pas totalement tort, dans le sens où ce que l'on fait aujourd’hui pour le Grand Paris aurait déjà dû être engagé il y a 20 ans. Ses excès sont un aiguillon pour notre nouveau syndicat mixte Paris Métropole. Il nous oblige à nous positionner. François Fillon, semble, lui, davantage s’appuyer sur les élus locaux que Nicolas Sarkozy. C’est déjà frappant sur la réforme territoriale sur laquelle il fait preuve de prudence. Ça l’est, encore plus, sur le Grand Paris. C’est un dossier qu’il suit de très près : on sait qu’il a des ambitions pour la ville de Paris en 2014. Il n’est pas abîmé. Si Christian Blanc démissionne, je suis de ceux qui considèrent qu’on n’a pas besoin d’un nouveau secrétaire d’Etat. ». Visiblement, la démission de Christian Blanc ne semble pas encore à l’ordre du jour.
à suivre…
On peut retrouver la "dernière" (?) version du projet de loi sur le Grand-Paris sur le blogue de Pierre Mansat.
Jean-Paul Chapon
21:03 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grand-paris, nicolas sarkozy, christian blanc, françois fillon, claude bartolone, philippe dallier, philippe laurent, insécurité, 93, seine-saint-denis
















