24.10.2009
Carte postale d'Amsterdam, avec 2.0 mais sans journal télévisé ni Epad...
Deux jours en déplacement professionnel à Amsterdam pour participer à une conférence sur le 2.0 en Entreprise, bien loin de Paris est sa banlieue, du Grand-Paris et de l’EPAD. Et voilà, j’ai tout raté ! Pas de journal télévisé, pas de Jean Sarkozy en direct au 20h00. Tout juste l’étonnement en rentrant le soir à l’hôtel de me brancher sur France Info via internet, prendre le flash en route, entendre la voix de Jean Sarkozy déclarer « Si la question que vous me posez est : "est-ce que j’en ai parlé au Président ?" Non. Si la question est : "est-ce que j’en ai parlé à mon père ?" Oui. Il est comme tous les pères, je suis comme tous les fils». Morceau d'anthologie politique, exception culturelle à la française ;-) Dommage, j’ai raté le direct… Pour le reste, on pourrait aussi se demander ce qui a fait changer d’avis le président de la République Nicolas Sarkozy. Une pénible prise de conscience des dommages politiques que l’arrivée à la tête de l’EPAD de son propre fils pourrait causer à la carrière politique du président de la république ? Ou un laborieuse prise en compte des dommages économiques que l’arrivée à la présidence de l’EPAD d’un étudiant en deuxième année de droit pourrait causer au premier centre d'affaires européen ? Bien entendu vous opterez pour la première proposition. Vous aurez sans doute raison, et c'est sans doute ce qui est le plus grave dans cette triste farce, dérive de la main-mise d'un clan politique sur un des outils majeurs du développement français. Imaginez un instant, quelle vision de la France et de ses mœurs politico-économiques pourraient avoir de gros investisseurs, qui ne sont pas tous des anges et même parfois des "requins", en étant reçus par un talentueux "dauphin", le jeune fils du président de la République française...
Alors dès demain j’espère, retour sur Paris est sa banlieue. En attendant, je vous invite à découvrir Euroblog, le blog de Jon Worth (sur la photo), une des bonnes rencontres de la conférence Online Communications ces deux derniers jours à Amsterdam.
Jean-Paul Chapon
16:32 Publié dans 8 - Cartes postales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 2.0, jean sarkozy, nicolas sarkozy, la défense, epad
16.10.2009
La Défense est elle dans le 92 ? ou du Grand-Paris au Grand-Monopoly...
Dans l’éventail des arguments de soutien à la candidature de Jean Sarkozy à la présidence de l’EPAD, hors des qualités supposées de l’impétrant, de son expérience et de son patronyme sur lequel Paris est sa banlieue s’est déjà exprimé qualifiant l’affaire de digne d’une république bananière, ce sont les arguments « localistes » du 92 qui posent le plus de questions sur cette affaire. Et ça va de la bêtise mauvaise foi d’une Isabelle Balkany citée par le Canard Enchaîné « Jean est très légitime à l’EPAD, puisque Neuilly est en face de la Défense. C’est territorialement cohérent... » à l’étonnante interview au Parisien de Charles Ceccaldi-Raynaud. Cet ancien président de l’EPAD déclare ainsi que « c’est un poste auquel n’est attaché aucun pouvoir. A La Défense, tous les pouvoirs sont entre les mains du Directeur Général. Le directeur a toujours été un fonctionnaire de l’Equipement ou un inspecteur général des Finances. La nouveauté c’est que l’actuel Directeur, Philippe Chaix, est un sous-préfet », et à la question sur ce que Jean Sarkozy pourrait apporter à la Défense, il répond « il a l’avantage de n’appartenir à aucune des trois communes et ne peut être suspecté de partialité. Il n’aura pas plus de pouvoir que sa parole. Il ne représente aucun danger. En revanche, ça va lui permettre d’acquérir une culture administrative et technique. On dit qu’il n’a pas de formation, là on trouve une façon de lui en donner une !
»
Mesure d’âge ou mise à l’écart du 92 ?
Alors pourquoi ce remue-ménage si le Président de l’EPAD n’a absolument aucun pouvoir, et pourquoi cet entêtement qui vire au bras de fer avec l’opinion, comme le montre un sondage aujourd’hui ? Pourquoi cette volonté d’écarter Patrick Devedjian, pourtant ministre de la relance, alors qu’on considère La Défense comme un fer de lance du développement économique en France ? La limite d’âge qui touche aujourd’hui Patrick Devedjian à la tête de la présidence de l’EPAD, qui n’a pas ému sa collègue Christine Lagarde Ministre de l’économie pourtant partie en croisade lorsqu’un entraîneur de Foot d’Auxerre avait été touché par cette même mesure ? La limite d’âge, comme le fait remarquer Alain Auffray dans Libération, argument de Luc Chatel, porte-parole du Gouvernement, a été expressément écartée dans le projet de loi sur le Grand-Paris dans lequel on peut lire dans l’exposé des motifs de l’article 23 qu’un futur décret d’application précisera «qu’il sera dérogé à la loi du 13 septembre 1984 relative à la limite d’âge dans la fonction publique à 65 ans pour le président du conseil d’administration». Et on peut se demander si la limite d’âge n’a pas bon dos, nouvelle occasion de faire sortir un peu plus du 92 un Patrick Devedjian qui il y a un peu plus d’un an voulait nettoyer les écuries d’Augias…
Monsieur le (futur) président, comme Français aussi, je réalise combien cette responsabilité dépasse le périmètre des Hauts-de-Seine et de ses petits enjeux politiciens
Bref revenons à La Défense. Jean-Christophe Fromantin, le maire de Neuilly, pose dans une tribune publiée dans le Monde les bonnes questions sur cette présidence de l’EPAD « Vous serez l'un de ceux qui auront à convaincre des investisseurs asiatiques ou américains qu'il faut investir à Paris plutôt qu'à Milan ou à Pékin ; vous serez celui qui devra expliquer pourquoi la Défense est mieux placée que Canary Wharf à Londres pour accueillir le siège d'une entreprise globale... » en les faisant sortir du débat local et politicien dans lequel il est aujourd’hui enfermé « Monsieur le (futur) président, comme Français aussi, je réalise combien cette responsabilité dépasse le périmètre des Hauts-de-Seine et de ses petits enjeux politiciens ; comme beaucoup de nos compatriotes, je mesure combien, même si la France est un grand pays, son projet économique est difficile et complexe. Nous ne devons prendre aucun risque ; nous devons être certains qu'à chaque poste stratégique la France mobilise les meilleurs talents ; nous devons être sûrs de la force de votre engagement et de vos compétences au-delà des intérêts partisans. »
Alors pourquoi cette bataille à laquelle on veut donner une touche locale ? Et pourquoi Jean Sarkozy n’est pas capable de donner comme argument autre chose que sa légitimité en tant qu’élu du Conseil Général du 92 ? Le conseil d’administration de l’EPAD compte aujourd’hui, 18 membres : 9 au titre de l’Etat (1 pour le ministère de la culture, 3 pour celui de l’Economie, 4 pour celui l’Equipement et 1 pour l’intérieur) et 9 représentants des collectivités (1 Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris, 1 Ville de Paris, 2 Conseil Général 92, 3 villes du 92 – Puteaux – Nanterre - Courbevoie – 1 STIF, 1 Conseil Régional IDF). D’une part cela montre que le président, élu par ses pairs, est d’abord élu par les représentants de l’Etat (les administrateurs désignés par les ministères), et de toute façon, le Directeur général qui a la réalité du pourvoir est lui désigné par arrêté ministériel.
« …à la tête de la commission Transports – ce qui m’a amené à m’occuper de sujets majeurs pour la Défense et pour l’ensemble du département – qu’à la présidence du groupe. C’est fort de cette légitimité-là que j’ai proposé ma candidature. »
Le Point publie une interview de Jean Sarkozy, avec le tour de force de poser qu’une question directement liée à l’EPAD. L’argumentaire développé par Jean Sarkozy dans cette question, la seule qui ne parle pas de lui, de sa carrière ou de ses états d’âme tombe un peu à plat. Question du Point « La présidence de l’EPAD suppose une solide connaissance des dossiers et une certaine expérience… » Réponse de Jean Sarkozy « C’est vrai. C’est donc une question de crédibilité. Et ceux qui vont être appelés à en juger seront 44 élus du conseil général qui ont entre 30 et 80 ans et qui me voient travailler quotidiennement depuis deux ans. Aussi bien à la tête de la commission Transports – ce qui m’a amené à m’occuper de sujets majeurs pour la Défense et pour l’ensemble du département – qu’à la présidence du groupe. C’est fort de cette légitimité-là que j’ai proposé ma candidature. » Pas mieux dans l’interview de Nicolas Sarkozy dans le Figaro ce matin. Mais cet argument est n’est pas valable au regard du mode de désignation du président de l’EPAD. Si le Conseil Général du 92 va bien élire Jean Sarkozy comme représentant au conseil d’administration de l’EPAD, il ne va pas l’élire comme Président de l’EPAD.
Et comment justifier cette fixation locale sur le 92, bien sûr il faut que les collectivités sur lesquelles La Défense se développent soient consultées, mais alors que tout le monde s’accorde à reconnaître à La Défense un rôle de moteur économique à l’échelle de la métropole parisienne et même du pays, cette mesure de 1958 semble dépassée aujourd'hui et l'assise territoriale du Conseil d'adminisration de l'EPAD et de l'EPASA ne devrait-elle pas refléter l'évolution de la métropole ? Si on regarde la composition du Conseil d’administration d’Aéroport de Paris, on voit bien des représentants des collectivités locales, le maire du Bourget et celui d’Orly en ce moment, mais pour autant, il n’y a pas cette impression de chasse gardée des Conseils généraux concernés. Lorsque l’on évoque la question de l’aménagement des Halles à Paris, on commence à comprendre qu’il faut élargir la concertation des comités de quartier du 1er arrondissement à la métropole, pour prendre en compte le rôle que joue ce quartier à l’échelle de l’agglomération. Et pour La Défense, on a l’impression inverse, seul le local donnerait une légitimité. Et s’il faut des représentants locaux au conseil d’administration de l’EPAD, si les communes dont le territoire est concerné doivent avoir voix au chapitre, pourquoi le seul CG 92 serait légitime ? Et faute d’avoir un Grand-Paris, pourquoi pas un représentant des conseils généraux des autres départements de l’agglomération et à la place d’une unique représentant pour la région ? Et comment expliquer comme le dénonce le maire de Paris, Bertrand Delanoë, dans un communiqué de presse qu’à l’occasion de la fusion de l’EPAD et de l’EPASA, « le décret prévoit en outre d’évincer Paris du conseil d’administration de la future instance » ? Comme si au fur et à mesure de son développement, La Défense à travers l’EPAD et l’EPASA se transformait en une simple opération d’urbanisme local et se recentre encore plus sur son assise locale du 92 ? Et malgré la sympathie que l’on peut éprouver pour la candidature du maire PC de Nanterre, Patrick Jarry, on a envie de renvoyer dos à dos l’élu du canton sud de Neuilly et celui de Nanterre.
La Défense est-elle encore dans le 92 ? ou du Grand-Paris au Grand-Monopoly ? 
Là encore, la tribune de Jean-Christophe Fromantin s’impose : « Monsieur le (futur) président, rassurez-nous. Vous prenez la barre d'un des fleurons de la flotte économique française, dites-nous quelle est votre vision de la mondialisation. Sur quelles différences compétitives allez-vous travailler ? Comment voyez-vous la Défense s'articuler dans le Grand Paris ? Quelle sera votre stratégie pour convaincre les investisseurs ? Quelles sont ces qualités qui font dire à vos amis que vous êtes le meilleur pour ce poste ? » Alors pourquoi chez le père comme chez le fils, mais aussi dans l’entourage et ses soutiens, pas un seul argument ne présente le fond, le rôle de l’EPAD et celui de La Défense ? Quelle vision pour le premier quartier d'affaires d'Europe et son avenir ? Quels développements pour cette zone qui emploie aujourd'hui 150.000 personnes, abrite 20.000 habitants et dont les transports sont saturés ? Et quelles mesures face aux problèmes rencontrés en ce moment ? Quelle intégration dans le Grand-Paris ? Pas un mot, alors qu’il serait facile se remettre en perspective, ne serait-ce que pour donner le change, reprendre les plans de Christian Blanc bien muet aujourd'hui ! Non, on n’entend parler qu’attaques personnelles pour le père, « Ce n'est pas mon fils qui est visé, c'est moi » et carrière politique personnelle pour le fils.
Aujourd'hui, on pourrait de façon provocante se demander si La Défense est encore dans le 92 ? Si les clans politiques "locaux" doivent continuer à considérer un territoire d'une telle importance comme une chasse gardée. A l'heure de la mondialisation et de la métropolisation renforcer l'emprise locale sur une telle locomotive économique est une aberration et un danger. Entre la future société du Grand-Paris et son droit de préemption autour des gares et le futur président de l’EPAD et l’EPASA fusionnés, le Grand-Paris dessiné par Nicolas Sarkozy s’éloigne de façon inquiétante des rêves de la consultation pour une métropole de l’après-Kyoto. La crispation du chef de l’Etat autour de ce dossier, l’incapacité à justifier la candidature du fils, l’incapacité du fils à donner une vision, le chorus du clan UMP du 92, tout cela ne laisse rien présager de bon. Le piège du Grand-Paris de Nicolas Sarkozy continue de se refermer, et faute d’avoir eu la volonté politique de créer ce Grand-Paris solidaire et démocratique auquel des citoyens de plus en plus nombreux aspirent, la métropole de Paris pourrait bien finir par devenir un Paris-Metropolis et un Grand-Monopoly…
Jean-Paul Chapon
18:49 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 4 - politique, politiques... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la défense, sarkozy, jean sarkozy, nicolas sarkzoy, epad, grand-paris, 92
11.10.2009
"Le passage d'une grande partie de Nanterre sous la coupe de l'EPAD anticipe ce que pourrait être la société du Grand-Paris" Pierre Mansat
"Paris-Métropole c'est trop lent" Pierre Mansat, adjoint du maire de Paris, Bertrand Delanoë, en charge des relations avec les collectivités et de Paris-Métropole accepte la critique. Pour lui, seul une intervention citoyenne, des citoyens absents du débat sur le Grand-Paris depuis le début, pourra faire sortir de la situation d'impasse dans laquelle on se trouve. Si comme Jean-Paul Huchon, il craint des risques d'affairisme et met en garde les naïfs qui préfèrent le Colbertisme à la spéculation, pour lui contrairement au président de la région Ile-de-France, tout n'est pas à jeter dans le projet gouvernemental du Grand-Paris, dont le tracé suit une partie de celui d'Arc-Express. Mais la vision qui sous-tend le projet n'est pas la même. Où sont les résultats des travaux des dix cabinets d'architectes, pour Pierre Mansat on est loin d'une métropole solidaire et d'une métropole de l'après-Kyoto. Enfin, Pierre Mansat administrateur de l'EPAD, déjaà engagé ailleurs, ne participera pas à la séance du 4 décembre au cours de laquelle Jean Sarkozy devrait être élu comme président. Et de mettre en garde "le passage d'une grande partie de Nanterre sous la coupe de l'EPAD" préfigure pour lui se que pourrait être la future société du Grand-Paris si elle voit le jour. Ce dont il doute tant il y a de mécontentement autour de ce projet. Un challenge pour Paris-Métropole reconnaît-il.
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Le Grand-Paris, version projet gouvernemental, est-il un machin complètement ringard, comme le dit Jean-Paul Huchon, le président de la région Ile-de-France ? Tout est-il à jeter ?
Pour en revenir à cette question de démocratie, Bertrand Delanoë dans sa lettre à François Fillon qualifie la société du Grand-Paris de "mastodonte technocratique" qui constitue un recule pourl a démocratie locale. Mais en fait de démocratie locale, personne ne la pratique dans le débat sur le Grand-Paris, pas plus le gouvernement, que la région ou même Paris-Métropole ?
Mais du coup, est-ce qu'on ne touche pas les limites de l'orientation prise par Paris-Métropole ? Je ne parle pas de la Conférence Métropolitaine qui a mis le Grand-Paris a l'ordre du jour en jetant des bases, mais Paris-Métropole est inaudible, jà part quelques intervenants toujours les mêmes, le président de la région, le maire de Paris et quelques grandes gueules à droite et à gauche. Cela veut-il dire qu'il manque une gouvernance, et clairement un gouvernement de la métropole avec des institutions fortes et démocratiques pour en faire un interlocuteur valable face à une initiative comme celle de la société du Grand-Paris ?
Toujours dans cette lettre de Bertrand Delanoë, quand il écrit "la métropole a besoin d'un souffle, d'une ambition et non d'un recyclage improbable d'outils étatiques utilisés dans les années 1960", c'est bien écrit, c'est beau, mais ça paraît en décalage avec l'action du gouvernement et son tempo rapide, et surtout avec les attentes des habitants de la métropole telles qu'elles apparaissent dans les sondages, aspiration à du concret, à des transports qui fonctionnent et cela rapidement. Et on commence à voir des élus, y compris de Paris-Métropole, sur l'hypothétique tracé du Grand-Huit de Christian Blanc se mettre à travailler avec lui. On entend parler de discussions et partenariats, un peu comme la ville de Paris l'avait fait à l'époque avec les villes de banlieues sur des projets concrets. On n'est pas en décalage avec ce genre de déclaration du maire de Paris ?
Est-ce que tu reprends à ton compte les soupçons d'affairisme dénoncés par Jean-Paul Huchon dans une interview au Monde sur la mise en place de la société du Grand-Paris ?
Il y a une annonce qui prend un relief particulier dans le contexte de l'adoption du texte sur la société du Grand-Paris par le Conseil des ministres, c'est celle de Jean Sarkozy, le fils du Président de la république, qui devrait devenir administrateur puis président de l'EPAD ?
Interview enregistrée vendredi 8 octobre 2009 à l'Hôtel de Ville de Paris
Jean-Paul Chapon
10.10.2009
Carte postale métropolitaine, avec rumeur urbaine et dérive bananière...
La semaine qui vient de s’achever a vu se dérouler un de ses points d’orgues dans le mauvais feuilleton du Grand-Paris, avec l’adoption mercredi en Conseil des Ministres d’un projet de loi dont la version conforte Christian Blanc et une approche autoritaire, haussmannienne ou préfectorale, comme on préfèrera l’appeler, contre la version François Fillon et une approche plus en concertation avec les élus. Bref, le secrétaire d’Etat l’emporte sur le Premier Ministre, cocasse et cela pourrait prêter à rire, si au même moment on n’avait appris que Jean Sarkozy, le fils cadet du Président de la République, Nicolas Sarkozy, devrait devenir administrateur à la faveur d’un départ bien opportun, puis président de l’EPAD, l’établissement public chargé de l’aménagement de La Défense, le 4 décembre prochain.
Qui a passé un entretien d’embauche, sait à quel point l’expérience est prise en compte, plus encore que les diplômes. Pour Jean Sarkozy ça tombe bien, parce que ce n’est pas du côté universitaire qu’il faudrait chercher une preuve de ses talents. Alors côté expérience, que doit-on pouvoir lire sur le long CV de Jean Sarkozy, quelle expérience qui le légitime à 23 ans pour présider l’EPAD? Une longue carrière d’administrateur, d’aménageur, d’urbaniste, de gestionnaire, et même d’élu. Car s’il a été élu conseiller général du canton sud de Neuilly-sur-Seine, on ne peut pas dire que les quelques mois depuis cette élection suffisent à expliquer pourquoi Jean Sarkozy a le « jeudi 8 octobre, en l'absence de M. Devedjian, en déplacement à Dubaï, M. Sarkozy (a) reçu dans un "consensus absolu et intégral", selon un élu, le soutien de tous les conseillers présents de la majorité à sa candidature au poste d'administrateur de l'EPAD » comme on peut le lire dans Le Monde daté du 10 octobre. L’article du Monde continue : « M. Sarkozy accède ainsi aux commandes – sans rémunération ni avantage en nature – d'un établissement qui, fin 2008, réalisait un chiffre d'affaires d'1 milliard d'euros et dégageait 350 millions de bénéfices grâce à la commercialisation des mètres carrés de bureaux du quartier d'affaires. Depuis la crise qui ralentit les investissements immobiliers, la Défense est menacée de déficit. Pour financer, notamment, les travaux d'aménagement, le gouvernement s'apprête à fondre dans un seul établissement l'EPAD et l'Epasa, l'établissement public d'Etat qui aménage les terrains de Nanterre depuis 2000. Alors que la Défense n'a plus guère de surfaces non bâties ou en friche, Nanterre possède encore une réserve de terrains propices à d'importantes opérations immobilières. En devenant, au plus tard en mars 2010, le patron de ce nouvel établissement public, l'"Epadsa", Jean Sarkozy aura la haute main sur l'aménagement d'un périmètre de près de 800 hectares répartis sur Courbevoie, Puteaux, Nanterre et La Garenne-Colombes. Il se positionne à la tête du territoire le plus stratégique par son potentiel économique du futur Grand Paris, voulu par Nicolas Sarkozy. »
On se souvient que l’on avait surnommé "Papa m’a dit" un fils Mitterrand. Faudra-t-il appeler celui-ci "Papa m’a fait" ? Il y a quelque chose à la fois d’une république bananière ou d’un règne à la Bongo dans cet épisode, mais aussi de Main basse sur la ville. Que les électeurs du canton sud de Neuilly-sur-Seine ait pu être convaincus par la campagne de Jean Sarkozy, et rassurés par son sourire et sans doute son patronyme, soit. Mais que l’on confie à un jeune de 23 ans, sans expérience si ce n’est celle d’être le fils de son père, la présidence d’un établissement public, qui gère le quartier d’affaire de la Défense, que Christian Blanc veut faire rivaliser avec la City comme première place financière d’Europe laisse songeur et inquiétant. Il y a quelque chose d’odieux et de malsain dans ce népotisme et dans ce « consensus absolu et intégral ». Et puis tant qu’on y est, pourquoi pas proposer Jean Sarkozy à la tête du conseil de surveillance de la future société du Grand-Paris ?
A suivre, dès demain (si je m’en sors ;-) avec une nouvelle interview sur le Grand-Paris, sans langue de bois et avec inquiétude. Et puis pour illustrer cette carte postale, une vue d’une tranchée urbaine, toujours pas recouverte, malgré une enquête publique en 2006 et des travaux qui devraient débuter à l’automne 2009. Mais il faut dire que pour faire taire une tel bruit et une tel rumeur urbaine, le projet n’était pas soutenu comme pour l’enfouissement de la N13 à Neuilly par le fils du Président de la République…
à suivre…
ps : ce soir le site de La Défense a été piraté (merci Christophe Grébert) et publie une petite annonce de recrutement pour le poste de président de l’EPGD ;-)
Jean-Paul Chapon
22:07 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 4 - politique, politiques..., 8 - Cartes postales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jean sarkozy, nicolas sarkozy, la défense, epad, epasa, grand-paris, christian blanc, françois fillon
















