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24.03.2010

Carte postale post-électorale, avec périphérique et entreprise 2.0, mais sans Grand-Paris ni métropole

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Plus d'une semaine sans publier de note. Pas le temps, les lecteurs de Paris est sa banlieue commencent à connaître le refrain et à savoir le décrypter. Pas le temps, c'est vrai. Ma vie professionnelle évolue, se densifie et finalement me passionne. C'est une chance, et la passion passe du Grand-Paris à l'entreprise 2.0, avec des résultats plus rapides, malgré les difficultés énormes de cette véritable révolution culturelle, mais tellement facile à atteindre que la vaine tentative de faire bouger les immobilismes corporatistes de la vie (?) politique de la métropole parisienne.

Mais les lecteurs habitués de Paris est sa banlieue savent aussi que ces longues absences sont la marque de l'abattement et la tentation du renoncement. La réélection de Jean-Paul Huchon à la tête de la région Ile-de-France équivaut à un enterrement de première classe. La métamorphose un peu honteuse d'une Europe-Ecologie prometteuse et indépendante en parti des Verts supplétif résigné du PS (malgré les tentatives d'un Daniel Cohn-Bendit, ou encore de Stéphane Gatignon ou Eva Joly) nous ramène à la triste réalité politicienne. Entre le ridicule "rejet du Grand-Paris" (de Christian Blanc) par les électeurs qui n'en ont quasi jamais entendu parler, asséné par un Huchon tout regonflé comme une baudruche et le dernier communiqué acide et revanchard du maire de Paris Bertrand Delanoë qui veut que le gouvernement retire son projet de loi sur le "Grand-Paris" (le projet de métro de Christian Blanc, le toujours malgré les rumeurs et son silence secrétaire d'Etat au développement de la région capitale), bref devant autant de stupide mauvaise foi politicienne l'envie est violente de tout laisser là en plan et de fermer une bonne fois pour toute, malgré la frustration, Paris est sa banlieue. Je suis conscient que je ne suis pas de taille pour lutter, je n'ai pas les bonnes cartes en main, je n'ai aucun soutien, la presse ne relaie pas les blogs, et je ne fais pas partie de la bonne caste qui a le droit de donner son avis. Bref, un terrible ras-le-bol :-(

Alors, ce soir je n'ai ni le temps ni l'envie de faire le nécessaire débriefing de ces régionales. Et d'ici à la fin de la semaine, l'entreprise 2.0 me conduira un peu trop loin du Grand-Paris en me laissant trop peu de temps pour Paris est sa banlieue. Ce sera pour le week-end, peut-être, sous réserve de ma visite auprès de ma mère. Une fois de plus, les lecteurs de Paris est sa banlieue connaissent cette donnée si chère et si triste. Et la photo direz-vous ? elle fait partie de ces photos que j'aime prendre dans mes parcours du périphérique, d'Est en Ouest et d'Ouest en Est, quand je ne prends pas le RER, ni le métro. Et puis il y a toujours cette symbolique du "périph", de la frontière dure qui n'est pas encore près de tomber, ni dans les têtes, ni dans les faits.

à suivre ?

Jean-Paul Chapon

09.11.2009

Grève du RER, Gatignon à Europe-Ecologie, Berlin 20 ans après... il y a des jours comme ça…

Il y a des jours comme ça, où l’on aurait beaucoup de choses à dire, et aussi des jours où on ne saurait pas ce qui est le plus important et par où commencer. Et aussi des jours où parce qu’il y a tout cela, on n’aurait pas le temps. C’est le cas aujourd’hui. Alors je commencerai par ce qui m’a empêché d’avoir du temps.

greve-rer-09-11-09.1257800808.jpg Aujourd’hui 9 novembre 2009, Jean-Paul Huchon, le président de la région Ile-de-France a beau jeu de dénoncer « la gestion sociale interne à l’entreprise » et regrette « qu’une réorganisation au rabais pousse les syndicats à l’action ». Une bonne occasion pour lui de s’en prendre à Pierre Mongin, le président de la RATP, et on peut effectivement s’étonner que plus de deux ans après que le STIF ait voté la suppression de l’interconnexion* et du changement de conducteur RATP-SNCF en juillet 2007, la mise en place de ce changement soit l’une des raisons invoquées pour la grève d’aujourd’hui, qui paralyse les deux artères cardinales des transports en commun de la métropole, dont on peut rappeler comme le fait le Parisien ce matin qu’elles transportent 1 million de voyageurs par jour pour le RER A et 700.000 pour le RER B. Des chiffres que les médias commencent heureusement à prendre en compte et qui montrent à quel point il n’y a pas d’offre alternative, si ce n’est malheureusement la voiture. Et une nouvelle fois, une petite équation : comment faire entrer 1 million de voyageurs du RER A dans une ligne 1 du métro qui sature déjà à 600.000 voyageurs par jour… Et pour ceux qui comme le président de la République pensent qu’aujourd’hui, quand il y a une grève personne ne s’en aperçoit, voici une petite brève tirée des la page entreprise du Monde de ce soir.‘La gare Saint-Lazare saturée suite à la grève dans le RER. La Gare SNCF de Paris-Saint-Lazare était « saturée » dans la matinée du lundi 9 novembre, conséquence indirecte de la grève qui touche les lignes A et B du RER. « Nous avons récupéré 100 trains supplémentaires qui s’ajoutent aux 300 que nous avons habituellement le matin », explique Guillaume Ancel, directeur des lignes Transilien de Paris-Saint-Lazare, ajoutant : « C’est comme si toute la population de la ville de Lyon [650 000 habitants] passait dans une gare longue de 210 mètres », a-t-il ajouté. Juste pour continuer avec les ordres de grandeur…

stephane-gatignon.1257799917.jpg Aujourd’hui 9 novembre 2009, Stéphane Gatignon, le maire encore PCF de Sevran envoie une lettre aux habitants de sa ville et s’exprime dans Libération pour annoncer qu’il sera candidat aux élections régionales sur la liste d’Europe Ecologie, et « pourquoi pas ? » Comme il le concède dans Libération comme tête de liste en Seine-Saint-Denis. Plutôt une bonne nouvelle en ces temps de crispation gauche droite dans le débat sur le Grand-Paris, parce que Stéphane Gatignon est capable de pragmatisme sans pour autant renier ses convictions et ses engagements. Et c’est le même Stéphane Gatignon qui peut écrire qu’il faut « face au projet de Nicolas Sarkozy, installer un Grand Paris démocratique fondé sur le suffrage universel, un service public efficace et l’égalité fiscale » mais qui sait aussi ne pas fermer les portes et écrire que « depuis 2001, nous administrons la commune en nous battant quotidiennement pour défendre nos projets, au sein de l’ANRU ou en discutant avec le ministre Christian Blanc sur le Grand-Paris, par exemple. » Dans sa lettre aux habitants de Sevran, Stéphane Gatignon dit s'engager à "combattre les inégalités entre territoires... combattre pour l'égalité fiscale... combattre pour le mieux vivre ensemble... et combattre la ghettoïsation...", et il sait de quoi il parle. En espérant redonner très rapidement la parole à Stéphane Gatignon, que les lecteurs de Paris est sa banlieue connaissent déjà bien.

murs-le-monde-09-11-09.1257799969.jpg Aujourd’hui 9 novembre 2009, c’est le 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin. Il y a 20 ans, je n’étais pas à Berlin, qui semble pourtant avoir été le rendez-vous le plus couru de tout l’UMP d’aujourd’hui. Non, il y a 20 ans, le 9 novembre 1989, j’écoutais France Info en rentrant en voiture de Vélizy, et dans les embouteillages du soir, j’écoutais en direct, avec émotion, ces nouvelles incroyables, énormes de ces rassemblements autour du mur, la nouvelle que des manifestants étaient sur le mur. Je me souviens parfaitement de ce soir, comment peut-on l’oublier. Mais ce soir 9 novembre 2009, je suis fatigué du barnum médiatique autour de cette commémoration. Je ne comprends pas pourquoi Radio France diffuse le même programme sur toutes ces chaînes et impose, quelle démocratie hertzienne, le même programme affligeant à ses auditeurs. Mais qu’a-t-on à faire ce soir des états d’âmes de Pierre, Paul ou Jacques, si important qu’ils méritent que l’on supprime les infos sur France Info, paradoxe absolu, la censure pour saluer le retour à la liberté. Ne se serait-il rien passé de plus important aujourd’hui que la chute de dominos de polystyrène devant la porte de Brandebourg ! Alors pour saluer les 20 ans de la chute du mur de Berlin, appelons ce soir de nos vœux la chute des autres murs, ceux de Corée, de Chypre, d’Israel, des Etats-Unis, et puis plus sournois, car invisibles à part quelques barbelés à Ceuta, ceux qui séparent le Sud du Nord, les ventres creux des ventres pleins.

* à propos de l'interconnexion, on peut relire la note STIF et Grand-Paris, ou de l'absurdité comme principe de gouvernement ;-)

Jean-Paul Chapon

Illustration sur les murs parue dans Le Monde daté du 10-11-O9 et donc parue "aujourd'hui, 9 novembre 2009"

11.09.2009

Grand-Paris, "ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain !"

Ou Grand-Paris, de la concertation, oui mais avec qui ?

Cette semaine c’était la rentrée, et pour le Grand-Paris aussi. Après un long silence, tout le monde s’est réveillé.

Lundi 7 septembre Jean-Paul Huchon, le président de la région Ile-de-France a tiré le premier en annonçant sa candidature à se succéder à la tête de la région en 2010. « Il s'agit d'un projet très réducteur, extrêmement centralisateur, qui remet toutes les rênes entre les mains de l'Etat, qui supprime la gestion des transports par la région et les collectivités locales alors que jusqu'ici elle donnait satisfaction. » Très bon résumé des critiques qu’on peut faire au projet de loi gouvernemental sur le Grand-Paris, avec tout de même le bémol de la gestion des transports par le STIF, dont Huchon est président, et sur lequel il y a beaucoup à dire…

Mardi 8 septembre Paris-Métropole dont le bureau s’est finalement réuni tire à son tour, et « rappelle solennellement qu’un établissement public ne saurait valoir représentation politique de la métropole parisienne. Autrement dit, la Société du Grand-Paris devrait rester un outil non pérenne mis à la disposition de l’Etat et des collectivités locales selon un principe strictement égalitaire – ce qui n’est pas le cas dans le projet de loi soumis aux élus… Voilà pourquoi, le syndicat Paris-Métropole, instance de représentation politique de l’agglomération parisienne, se propose de constituer le cœur de l’Agora, que le Président de la République a appelé de ses vœux dans son discours du 29 avril 2009. »

Mercredi 9 septembre c’est le tour du maire de Paris, Bertrand Delanoë lui emboîte le pas en écrivant au Premier Ministre François Fillon. « Cette loi, si elle était adoptée, reviendrait à appliquer sur le territoire francilien un régime juridique d’exception, sans équivalent dans les autres régions françaises… A travers la création d’une Société du Grand-Paris, l’Etat projette de reprendre le contrôle direct de l’organisation des transports, quatre ans seulement après en avoir transféré la responsabilité à la Région Ile-de-France et aux autres collectivités qui forment le STIF… »

Jeudi 10 septembre pour répondre au Secrétaire d’Etat au développement de la région-capitale, Christian Blanc, qui estime qu’il y a eu une « très longue concertation » avant l’élaboration de ce projet de loi, ce sont Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, et surtout Pierre Mansat, adjoint en chargé des relations avec les collectivités territoriales et cheville ouvrière de Paris-Métropole qui se fendent d’un communiqué pour répondre vertement que « Cette déclaration ne correspond pas à la réalité. Le calendrier de cette soi-disant concertation démontre bien que le gouvernement n’a pas souhaité se donner les moyens d’un véritable échange. Alors que le projet concerne toutes les collectivités territoriales d’Île-de-France et qu’il crée un régime d’exception sans équivalent dans les autres régions françaises, seule une dizaine de collectivités ont reçu, début septembre, le projet de loi. Sans attendre, Christian Blanc a transmis le texte au Conseil d'Etat. Il doit être discuté dès le conseil des ministres du 7 octobre. Le maintien d’un tel calendrier n’est pas compatible avec le rythme d’une vraie consultation. En réalité, ce que Christian Blanc appelle une « concertation » se résume à des entretiens d’une heure et demie, au cours desquels le secrétaire d’Etat indique qu’il n’a pas l’intention de faire évoluer son texte, ce qu’il a d’ailleurs confirmé dans ses déclarations d’aujourd’hui. De plus, la lecture de ce texte ne permet pas de se prononcer, les décisions majeures pour les citoyens d’Ile-de-France - tracé du réseau, nombre de stations… - étant renvoyées à des décrets. »

Vendredi 11 septembre pour finir la séquence, c’est le Premier Ministre François Fillon qui s’y colle et déclare en signe d’apaisement tout relatif « je prendrai en compte scrupuleusement les résultats de la concertation sur le Grand Paris », mais ajoute « Je sais que la période actuelle, les échéances prochaines et il faut bien le dire une certaine culture de la confrontation ne sont pas propices à l'adhésion sans réserve des élus locaux aux projets du gouvernement et d'ailleurs je ne demande pas une adhésion sans réserve… Ce que je demande, c'est que lorsque des réserves sont émises et que le gouvernement décide d'en tenir compte, ce dialogue constructif soit mis au crédit, non d'une éventuelle victoire des uns sur les autres, mais de la construction, concertée et sereine, d'un projet qui nous transcende. »

Concertation et dialogue, certes, mais avec qui ? La région bien sûr, qui aura de plus en plus de mal à parler d’une seule voix, entre celle du candidat PS, Jean-Paul Huchon, soutenu par Bertrand Delanoë et Manuel Valls, et celle des Verts, dont la première secrétaire Cécile Duflot a annoncé sa volonté d’être candidate à la région contre Jean-Paul Huchon, surtout que le calendrier joue contre au fur et à mesure que la campagne avance. Le maire de Paris bien sûr, mais aussi tous les autres élus des collectivités de l’agglomération, élus de gauche, mais aussi élus de droite, comme les Conseils généraux, le 93 et le 94, mais aussi le 92, et ceux de la Grand-Couronne. Et bien sûr avec Paris-Métropole bien sûr, qui se considère comme une « instance de représentation politique de l’agglomération », mais pourtant peine à rassembler une centaine de collectivités sur les 174 potentiellement concernées par le syndicat mixte. Quel poids représentera cette foule d’interlocuteurs éparpillés ? Sans parler de leur légitimité sur le sujet : qui se souvient avoir entendu un candidat aux municipales ou aux cantonales mentionner le Grand-Paris ou la Conférence métropolitaine dans son programme électoral ? Il est tout de même intéressant de noter la séquence des ces prises de positions, cette semaine, parce qu’aucune n’a la force et la légitimité suffisante, et que chacune représente les intérêts propres des acteurs et leur pré carré : je suis la région Ile-de-France, je suis la ville de Paris, je suis Paris-Métropole. On repart pour un tour, il n’y a pas d’interlocuteur de poids, fédérateur et légitime pour représenter l’agglomération parisienne…

"Je préfère un Etat colbertiste et dirigiste au règne de la spéculation foncière…"

Parce que pour trouver un consensus, il va falloir beaucoup de bonne volonté. Je n’ai pas parlé de la droite, UMP et NC, qui à part quelques exceptions, boycottent Paris-Métropole et soutiendront le projet gouvernemental. Mais prenons juste une réaction côté gauche passée complètement inaperçue (il faut dire que le Grand-Paris ne semble pas passionner les foules à en juger par un récent sondage…), celle de Jacques Marsaud, directeur général des services de la communauté d’agglomération de Plaine Commune dans le 93 qui déclare à la Gazette des Communes à propos du projet de loi « Il est maladroit, excessif, provocateur. Il va falloir le rééquilibrer au profit de la maîtrise du droit des sols par les collectivités. Pour autant, il ne faudrait pas qu’une ou deux communes puissent bloquer tout le projet. Sans moyens exceptionnels, sans procédures exceptionnelles, le nouveau réseau de transports ne pourra pas voir le jour. Il est bon que l’Etat revienne en Ile-de-France. Je préfère un Etat colbertiste et dirigiste au règne de la spéculation foncière… Le cluster de la création autour de Pleyel à Saint-Denis est coprésidé par Christian Blanc (secrétaire d’Etat au Développement de la région capitale, NDLR) et Patrick Braouezec (président PCF de Plaine Commune, NDLR). Pleyel sera une gare TGV et un hub au cœur de la liaison entre Paris, Le Bourget et Roissy. Il ne faudrait donc pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Le but, c’est d’élever le bébé autour de véritables espaces de solidarité comme le nôtre. » Et puis pour montrer à quel point le consensus sera dur à trouver : le même Patrick Braouezec, cité par Jacques Marsaud, déclare aujourd’hui dans le Monde « je suis prêt à conduire la liste du PCF en Ile-de-France »…

à suivre…

Jean-Paul Chapon

 
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