07.04.2010
"Pour financer les politiques sociales du Grand-Paris, il faut partager la richesse du Grand-Paris", Philippe Dallier, sénateur UMP du 93
Une interview tonique avec Philippe Dallier, le sénateur UMP des Pavillons-sous-bois en Seine-Saint-Denis, auteur d'un rapport et d'une proposition sur le Grand-Paris qui retrouve sa verve, ne connaît toujours pas la langue de bois et se présente clairement comme un acteur incontournable pour la construction du Grand-Paris (pas le grand-huit, mais le vrai). A quelques minutes de la reprise des débats au Sénat sur le projet de loi du Gouvernement sur l'autre Grand-Paris, celui de Christian Blanc, le secrétaire d'Etat au développement de la région-capitale, Philippe Dallier qui a lancé un appel à la raison il y a quelques jours, s'exprime sur le dossier. Mais aussi sur Paris-Métropole, qu'il verrait bien comme partenaire de discussion et surtout comme garant d'une vision métropolitaine au sein du projet gouvernemental. S'il renvoie dos à dos la région et le gouvernement dans la crispation autour de ce débat, sur le thème de la "réponse du berger à la bergère", il réclame la suppression de l'amendement qui clôt "manu milatari" la question d'Arc-Express, la rocade portée par la région. Mais pour lui, le projet ne va pas assez loin, les transports, c'est bien, mais il y a aussi le logement, la mixité sociale, la cohésion urbaine. Sur la gouvernance et son absence dans les débats, il conseille de s'adresser à tous ceux qui y sont opposés, à commencer par le président de la région, Jean-Paul Huchon, mais aussi aux élus de gauche comme de droite, notamment les présidents de Conseils généraux. Intéressante avancée, Philippe Dallier ménage Paris-Métropole, que la droite pourrait rejoindre si elle devient dans le texte de loi l'interlocuteur de la société du Grand-Paris comme il le propose, mais il est tout de même désespéré par le manque d'avancée et l'absence de la gouvernance du côté de ce qui reste encore un syndicat d'étude. A propos de la réforme des collectivités, on discute des métropoles de provinces à l'Assemblée et au Sénat, alors que rien n'avance pour le Grand-Paris, c'est absurde. Enfin commentant la décision de Claude Bartolone de présenter un budget en déséquilibre pour le 93, il y voit la preuve que le département n'est pas à la bonne échelle. "Pour financer les politiques sociales du Grand-Paris, il faut partager la richesse du Grand-Paris", suppression de la taxe professionnel, péréquation fiscale, le Grand-Paris est la solution pour répondre aux question posées par Claude Bartolone, auquel il déclare "moi j'ai une solution, j'attends toujours celle de Claude Bartolone...
"
Nous sommes ici au Sénat, débat sur le Grand-Paris, tout d'abord ça se passe comment ?
Vous avez lancé il y a quelques jours un communiqué d'apaisement ou d'appel à la raison. Quelles échos a-t-il reçu ?
Paris-Métropole est pour l'instant assez silencieux. Vous voyez un changement dans sa façon d'aborder la question et pourquoi pensez-vous que Paris-Métropole est le bon interlocuteur ?
Pourquoi la gouvernance reste toujours l'éternelle absente ?
Que pensez-vous de la volonté de Claude Bartolone, président du Conseil général du 93 de proposer un budget en déséquilibre ?
Interview enregistrée au Sénat, le 7 avril 2010
Jean-Paul Chapon
21:59 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 1.2 - Les transports à Paris intra-extra muros, 1.3 - Ils parlent de la Ville et du Grand Paris | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : philippe dallier, grand-paris, paris-métropole, christian blanc, jean-paul huchon, ile-de-france, paris, banlieue, métro
28.03.2010
Grand-Paris, le cirque continue
" Notre victoire, c'est aussi le rejet du Grand Paris du président de la République " déclare Jean-Paul Huchon au soir de sa victoire aux régionales. De son côté, Bertrand Delanoë, le maire de Paris, déclare « Les Franciliens ont sanctionné la démarche de l'Etat, technocratique, hyper centralisée, peu respectueuse de la légitimité des élus locaux. Le choix exprimé par le suffrage universel devrait, en toute logique, entraîner le retrait du projet de loi actuel. » Gonflé, à la limite de la mauvaise foi et du cynisme quand on sait que personne n’a porté le débat sur le Grand-Paris de façon sérieuse avant et pendant la campagne.
Selon un sondage TNS-Sofres de janvier publié par le JDD, si 68% des franciliens ont entendu parler d’une façon ou d’une autre du débat sur le Grand-Paris, et seulement 19% des franciliens connaissaient le projet de métro automatique de Christian Blanc. Et depuis, les électeurs tant de droite que de gauche n’ont entendu parler des projets de transports que dans le cadre hyper objectif d’une campagne électorale… de quoi se faire une idée !
Et comme avec le Grand-Paris, la comédie n’est jamais avare de mauvais rebondissements, pour répondre à la charge des deux élus socialistes de la région Ile-de-France et du petit Paris, pardon de Paris intra-muros ;-) un amendement ajouté au texte de loi sur le Grand-Paris adopté par le Sénat « stipule qu'il sera mis fin à la procédure de débat public engagée pour "un projet de rocade par métro automatique en Ile-de-France", dès le lendemain de la publication de la loi sur le Grand Paris ». Un partout la balle au centre. Le cirque continue autour du Grand-Paris. Lamentable…
C’est sur ce magnifique échange du plus bas niveau politicien, le niveau qui semble devoir être de rigueur dès que la question du Grand-Paris est abordée, pas le Grand-Paris de Christian Blanc, de Sarkozy ou de Delanoë, mais celui de ses 11 millions de parisiens. C’est donc sur ce magnifique échange que Paris est sa banlieue jette l’éponge et se retire du débat. Dans son commentaire de ma note précédente, Lupus écrit que "le temps d’une ville ne peut pas satisfaire l’impatience d’un blogueur", c'est vrai, mais aussi un blogueur ne peut pas influer sur ce temps, surtout lorsque ceux qui pourraient l’aider à le faire s’y refusent, comme les journalistes dans leur superbe ignorance, qui ne citeraient jamais un blog mais préfèrent le lire, s'en inspirer de temps en temps et jusqu’à parfois le pomper parfois... Bref, le débat reste aux seuls professionnels, politiques, experts et médias, les citoyens en sont exclus à commencer par les blogueurs. Et l’on s’étonnera de l’abstention électorale ;-)
Voilà c’est dit, Paris est sa banlieue va-t-il fermer ? Difficile à décider après plus de 5 ans. Mais ce qui est sûr, c'est que ce blog va changer, et que je vais petit à petit en reprendre possession, le faire évoluer, ouvrir peut-être une deuxième saison, une nouvelle série de "Desperate banlieusard", avec de nouveaux des photos des chats et du jardin, plus de nouvelles de ma mère et de sa maladie d’Alzheimer, plus de coups de gueule politiques, même s’ils ne concernent pas le Grand-Paris…
à suivre...
Jean-Paul Chapon
16.03.2010
Passe Navigo à tarif unique, ouverture dominicale et abstention forcée
Une petite note rapide pour ne pas rester sur la question de la note précédente. D'abord une bonne nouvelle sur la question du passe Navigo à tarif unique. Europe Ecologie et Cécile Duflot n'ont pas cédé et l'ont imposé à Jean-Paul Huchon tête de liste PS et président sortant et de la région et du STIF, autorité organisatrice des transports, qui y était opposé. Cela marque la position de relative faiblesse de Huchon et c'est un signe très encourageant pour la métropole. Le tarif unique du passe Navigo est effectivement comme l'avait déclaré Cécile Duflot "un enjeu social, environnemental et citoyen."
Voici le paragraphe du texte de l'accord programmatique Ile-de-France reçu aujourd'hui par Paris est sa banlieue. "Pour les transports les socialistes, leurs partenaires et Europe Ecologie conviennent qu’après une étude approfondie, une tarification unique du Passe Navigo sera mise en oeuvre, à mi-mandat, dans le cadre du plan de modernisation des transports publics franciliens, permettant de développer, en même temps que la modernisation et l’extension du réseau, le sentiment et d’appartenance régionale. Un ticket « Week-end » sera mis en place pour les familles."
L'abstention interroge, choque ou scandalise beaucoup, mais pas vraiment tout le monde. Ce soir Lyne Cohen-Solal (PS), adjointe au Maire de Paris chargée du commerce, de l’artisanat, des professions indépendantes et des métiers d’art, publie un communiqué pour dénoncer l'ouverture dimanche 21 mars, jour du deuxième tour des régionales, des "quatre grands magasins parisiens du Printemps, des Galeries Lafayette, du BHV et du Bon Marché (qui) seront ouverts de 10h à 20h dans le cadre de diverses opérations de promotions commerciales". Elle "tient à condamner de la manière la plus ferme le maintien de cette décision d’ouverture dominicale par ces employeurs au mépris de l’opposition exprimée par les instances représentatives du personnel lorsqu’elles ont été consultées comme la loi l’exige. D’autre part, elle regrette que le Préfet de Paris ait quant à lui validé cette ouverture et oblige ainsi la mobilisation sur leur lieu de travail des salariés de ce secteur de la distribution, rendant ainsi presque impossible l’exercice de leurs droits électoraux. Ce d’autant plus que la plupart des salariés de la distribution ne réside pas dans la Capitale." Tellement symbolique de la France de Nicolas Sarkozy, tellement symbolique du double langage et du cynisme devenu la norme gouvernementale aujourd'hui, faute de travailler plus pour gagner plus, dépenser plus pour voter moins. Sans commentaires...
Jean-Paul Chapon
21:21 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 4 - politique, politiques... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : pass navigo, tarif unique, cécile duflot, europe-écologie, jean-paul huchon, régionales, abstention, gouvernement, nicolas sarkozy, ouverture dominicale
15.03.2010
Carte postale d'entre deux tours, avec Passe Navigo, plat de lentilles et drapeau français
Ce soir c'est fait, on annonce la signature d'un accord entre le PS et Europe-Ecologie. Ce soir on n'en sait pas beaucoup plus, si ce n'est que l'accord national laisse pour l'instant la Bretagne en dehors. Mais qu'en est-il de l'Ile-de-France, Paris est sa banlieue oblige. Et surtout qu'en est-il de la mesure la plus symbolique et la plus porteuse d'avenir à savoir le Passe Navigo au tarif unique de 65€ ? Mesure symbolique et porteuse d'avenir, parce qu'elle préfigure la création d'un Grand-Paris ou d'une métropole réunifiée autour des ses transports, comme le Zollverein avait préfiguré l'unification de l'Allemagne. Ce pass navigo, c'est la seule mesure concrète que Cécile Duflot avait présentée lors du meeting de lancement de campagne à Montreuil. Faut-il rappeler ce qu'elle déclarait alors ? "Je vais maintenant vous donner un exemple dans une région que je connais bien. Et vous m’autoriserez pour cela à reprendre quelques minutes ma casquette francilienne. Nous nous battrons pour mettre en place en Ile-de-France une “carte transports à tarif unique”, sur l’ensemble de la région. Pour ses 11 millions d’habitants. Il s’agit à la fois d’un enjeu social, environnemental et citoyen."
C'était un bel engagement, "social, environnemental et citoyen" ! Mais face à un Jean-Paul Huchon, dont les transports ne sont pas le fort, son ignorance du prix du ticket de métro pour lui Président du STIF qui le fixe en est la meilleure preuve, et face à un président sortant de la région Ile-de-France qui réalise un plutôt mauvais score du PS à 25% quand nombre de président(e)s sortant(e)s PS sont entre 30 et 40%, Cécile Duflot va-t-elle renoncer à cet engagement pour un plat de lentilles ou quelques vice-présidences ? La politique reprend ses droits entre les deux tours... Il serait dommage d'y laisser son âme.
En attendant, une vue du Grand-Palais et de sa verrière restaurée, magnifique le soir. Je la vois souvent en sortant du boulot, comme ce soir, et comme me disait il n'y a pas longtemps un de mes collègues préférés, c'est un des endroits où le drapeau français est le plus beau. C'est vrai. Alors une belle illustration en temps de campagne régionale, et tout de même un peu nationale ;-)
à suivre...
Jean-Paul Chapon
22:33 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 4 - politique, politiques..., 8 - Cartes postales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cecile duflot, europe-ecologie, régionales, ile-de-france, ps, pass navigo, grand-paris, jean-paul huchon
23.02.2010
Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, surtout dans le RER ;-)
"Suite à l'impossibilité de fermeture des portes, je demande à tous les voyageur de descendre du train. Le train va repartir sans voyageurs". C'est mardi soir, fin d'une journée de travail dans un RER qui sans être saturé est déjà très chargé, malgré cette période de vacances. Il est autour de 19h30. Sur le quai de la station Gare de Lyon du RER A, les annonces se multiplient jusqu'à un superbe, "les voyageurs doivent évacuer le train" ! Et voilà, le train repart, vide, avec ses portes qui ne ferment plus. Le haut-parleur continue d'annoncer les trains, pour Torcy, pour Marne-la-vallée et conclut sur "le prochain train pour Boissy est à Etoile", puis "à Auber". Je reprends un train et descends à Vincennes, changement sur le même quai en attendant de reprendre un train en direction de Boissy. Le quai est bondé, la rame qui arrive aussi. C'est une de ces équations régulières de la RATP, du STIF et des transports en Ile-de-France : soit x une rame pleine et y une autre rame pleine, comment faire pour que x + y = x et x + y = y avec x et y différents de 0 mais beaucoup plus proches de la saturation, ou comment faire rentrer les passagers de deux rames bondées dans une seule rame ? Le résultat, c'est une bousculade, un entassement, des mains qui essaient de s'accrocher qui au plafond, qui à son voisin ou sa voisine, des coups de coudes, de bras, de genoux, de mauvaise humeur, mais aussi de résignation. Jean-Paul Huchon, candidat PS à sa succession aux régionales se félicite de son bilan en matière de transports ? Grand bien lui fasse, mais dommage qu'il ne vienne pas dans le RER A dans de telles circonstances pour en convaincre les usagers !
Jean-Paul Chapon
21:42 Publié dans 1.2 - Les transports à Paris intra-extra muros, 4 - politique, politiques... | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : transports, rer, ratp, jean-paul huchon, régionales, ile-de-france, stif
07.02.2010
Le Grand-Paris absent ou au cœur de la campagne des régionales ?
Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris, en charge des relations avec les collectivités, se plaint, tant sur Facebook que sur Twitter que le Grand-Paris soit « totalement absent de la campagne des élections régionales en Ile de France ». C’est vrai et c'est faux, même s’il est aussi amusant de voir Pierre Mansat, un des fondateurs de la Conférence métropolitaine et de Paris-Métropole, le syndicat mixte d’études qui lui a succédé et que les lecteurs de Paris est sa banlieue connaissent bien, utiliser le mot Grand-Paris, qu’il a tant combattu pour imposer Paris-Métropole mais surtout devenir un héraut de la gouvernance que la Conférence métropolitaine comme Paris-Métropole évitent soigneusement depuis le début ;-)
D’un certain point de vue pourtant, Pierre Mansat à tort, si comme Philippe Panerai, on pense que « la carte d’un Grand-Paris plus juste et plus solidaire sera le plan de ses transports en commun ». Expérience faite ce matin, distribution de tracts à l’appui sur le marché de Fontenay-sous-bois. L’UMP propose un tract entièrement consacré aux transports, et le PS un petit journal dont une rubrique est consacrée aux transports : point commun entre les deux, une carte des futurs réseaux de transports. Le thème transport est abordé par le Front de gauche qui à l’instar d’Europe-Ecologie propose une zone unique tarifaire pour les transports collectifs mais au prix de la zone 1-2 (65 € pour Europe-Ecologie) et entre autres propositions soutient Orbival. Le Modem n’a pas de place à consacrer aux transports, avec un portrait pleine page de son très photogénique candidat Alain Dolium, que l’on retrouve aussi au verso ;-) Enfin pas de rubrique transports sur le tract du Front National qui parle agressions, émeutes et guérillas urbaine, bandes ethniques et drapeau français, et ne mentionne les transports franciliens que comme cadre du « viol d’une jeune fille en avril 2009 entre Poissy et les Mureaux ». Quant à Europe Ecologie et aux Verts, ils brillaient ce matin par leur absence sur le marché de Fontenay, mais on y reviendra bientôt sur Paris est sa banlieue.
Ce matin, ce sont les tracts PS et UMP, et plus spécialement leurs cartes qui ont retenu mon attention. Tout d’abord parce que c’est rare, même si c’est une bonne chose. Je continue à penser que ces cartes, au-delà des simples lignes de transports qu’elles représentent donnent une réalité à l’idée du Grand-Paris et finissent par la rendre concrète et familière dans l’esprit du grand-public. Alors, sans surprise, le tract PS propose au milieu d’une fouillis assez illisible de projets de prolongements ou de modernisation le tracé d’Arc-Express, la version de rocade de banlieue à banlieue à laquelle Jean-Paul Huchon, le président PS de la région, a fini par se rallier. Le tract UMP de façon logique, mais tout de même assez surprenante, ose un mix entre le Grand-Huit de Christian Blanc, le projet de double boucle de 130km de métro automatique, et de bouts d’Arc-Express avec notamment Orbival, la portion Val-de-Marne d’Arc-Express. Surprenant, car on sait Valérie Pécresse, la candidate UMP, mal à l’aise avec le projet du secrétaire d’Etat à la région-capitale , projet qui divise la majorité, et reçoit même l’hostilité du MEDEF comme le rappelle le JDD aujourd’hui.
Mais Pierre Mansat a aussi raison, si l’on dit que la question de la gouvernance du Grand-Paris est absente de la campagne des régionales. Et c’est d’autant plus étonnant qu’en ce moment même le projet gouvernemental de réforme des collectivités territoriales vient d’être adopté en première lecture au Sénat. Mais en Ile-de-France, si on dénonce d’un côté ou feint d’approuver de l’autre la création des conseillers territoriaux, le débat sur le statut et les compétences futures des métropoles, et notamment celui de la métropole parisienne semblent très loin aujourd’hui de cette campagne électorale, comme si la question n’avait d’existence qu’en tant que débat politique à l’Assemblée ou au Sénat, comme terrain d’affrontement entre partis politiques, en dehors de toute réalité locale concrète. Etonnant, mais surtout désespérant….
à suivre…
Jean-Paul Chapon
23.12.2009
Grève du RER A, les mots pour rire des uns et les silences des autres, suite et presque fin...
14ème jour de grève du RER A, je crois. Quand on aime on ne compte plus, surtout quand on ne s’en aperçoit pas. Etonnante grève que celle de cette ligne, la grève passée sous silence, la grève dont les grévistes, les syndicats en l’occurrence, ne sont pas dénoncés par les uns ou par les autres puisque les rares prises de paroles consistent en un match entre les candidats UMP et PS aux régionales de 2010. D’une part, l’UMP qui tire à boulets rouges sur la région, le STIF et son président, Jean-Paul Huchon accusé de « passivité » par Rama Yade porte parole de Valérie Pécresse candidate aux régionales en Ile de France. Et en face un Jean-Paul Huchon, un peu seul au combat, qui fustige la RATP « qui ne sait pas gérer un conflit social » et dénonce, à juste titre « une stratégie du pourrissement » de la part d’un inflexible Pierre Mongin, le président de la RATP soutenu par le Gouvernement qui ne veut pas intervenir malgré la demande faite par ledit Huchon au premier ministre François Fillon de nommer un médiateur.
Franklin-Roosevelt-ligne 1 le 22 décembre 2009 quand les personnels RATP jouent les anciens portillons du métro
Quant au Président de la République, Nicolas Sarkozy, ému par le sort des voyageurs de l’Eurostar et du RER C, mais là il s’agit d’incidents causés par toutes sortes de neige et de vapeurs, il n’a pas vu qu’il y avait une grève sur le RER A, puisque comme on le sait bien aujourd’hui, quand il y a une grève on ne s’en rend plus compte… Pourtant les usagers de la ligne 1 ou de la 9, devenues lignes de repli, eux s’en sont bien rendus compte en voyant affluer les voyageurs de la ligne A, sans parler des bouchons en banlieue… Mais on ne s’en rend pas compte surtout quand on n’en parle pas, ou si peu. Et il aura tout de même fallu attendre plus de dix jours de grève pour que les médias commencent à souligner l’étonnant silence de celui qui il y a un peu plus d’un an déclarait à propos de son intérêt pour cette même ligne A « Vous trouvez qu’une ligne de RER fréquentée par 1,1 million de personnes n’est pas digne d’un président de la République ? » Mais voilà, reconnaître qu’il y a un problème serait reconnaître que le service minimum, avec son demi-service assuré aux heures de pointe et l’absence totale de trains aux autres moments de la journée, et le quasi black-out du week-end ne sont pas des réponses à la hauteur pour « une ligne de RER fréquentée par 1,1 million de personnes » et surtout pour l’économie au sens large d’une métropole de 11 millions d’habitants.
Mais comment résister devant le bénéfice politique politicien que peut rapporter une telle grève, que bien peu attribuent aujourd’hui aux grévistes - on voit comme l’argument sur le temps de conduite des conducteurs du RER A a du mal à prendre – une grève que les usagers rangent directement dans le catalogue déjà très riche de reproches à faire aux transports publics de l’agglomération, des transports qui ne fonctionnent pas ou alors très mal, que l’on soit en grève ou pas en grève. Donc mauvaise gestion des transports, et la gestion des transports,c’est la région, le STIF et le candidat PS Huchon. La boucle est bouclée et l’avantage électoral se dessine… Et du coup, dommage que l'on n'eai pas ressorti une autre réponse de Nicolas Sarkozy lors de la même interview donnée sur RTL en mai 2008 : "Ok ! Le président de la République il doit s’occuper de la principale ligne de transports en commun. J’ajoute que la politique que nous mettons en mettre avec F. Fillon c’est une politique qui donne la priorité aux transports en commun. Comment puis-je être crédible sur la priorité aux transports en commun et laisser des joutes politiques politiciennes qui prennent en otage une ligne de RER ?" Sans commentaires ;-)
Pourtant, cette grève a au moins un intérêt, si j’ose dire. Celui de replacer les transports publics au cœur de la métropole. Parmi les critiques contre la région, une sort un peu du lot, celle de Hervé Mariton qui après avoir salué le service minimum, se pose la question des heures creuses : « Rien pendant les heures creuses ; ce n’est pas suffisant sur une ligne stratégique. Mais au moment de la mise en œuvre de la loi, la région Ile-de-France n’a pas voulu, et le gouvernement n’a pas osé entrer dans les détails qui auraient permis de « prioriser » des lignes. On nous a rétorqué que l’Ile-de-France est tellement maillée qu’on ne peut pas définir de priorités ; or on peut raisonnablement considérer que la ligne A justifie un niveau de service minimum supérieur à d’autres.” Bien sûr, on peut discuter de la définition de ces priorités, et il ne faudrait passer par pertes et profits le droit de grève. Mais il faut aussi prendre en compte le fonctionnement de la métropole. Pierre Mongin dit que la grève à coûté 5 millions à la RATP (à se demander s’il n’aurait pas eu intérêt à mieux négocier pour ne pas perdre ces 5 millions). On peut aussi se demander combien elle aura fait perdre plus globalement à l’économie de la région. Il suffit par exemple de regarder la carte du RER A avec les zones commerciales desservies publiée par le Parisien au début du conflit, à ce titre intéressante, et encore est-elle incomplète, puisqu’on peut par exemple ajouter un grand-magasin à Nation, un centre commercial à Val-de-Fontenay… Cette carte qui arrive aussi après le débat sur le projet de métro de Christian Blanc, le Grand-Huit du gouvernement, donne une autre vision du rôle des transports en communs dans une métropole, au-delà du seul et fondamental rôle de transports domicile-travail. Le week-end dernier, sans RER ou presque, sans bus et sans voiture à cause de la neige, faisait ressentir de façon généralisée ce que peut être l’enclavement actuel de certains quartiers de banlieue. Alors il faudra certainement tirer des enseignements de cette grève, de la manipulation politicienne dont elle fait l’objet, mais aussi de l’impact qu’elle a sur le quotidien des usagers, sur l’effet de loupe qu’elle projette sur la vie de la métropole et son organisation. Quel sens par exemple donner à « heure de pointe » et quel sens donner à ligne « prioritaire » ? Pendant toutes ces journées, j’ai pris ma voiture pour aller me garer à Vincennes, pour être sûr qu’en cas de retour hors « heure de pointe » je puisse utiliser la ligne 1 et rentrer chez moi, même si le bus ne circule pas. Du coup un PV par jour. Où sont les parkings relais dont on nous rebat les oreilles depuis des années, ces parkings sensés permettre aux banlieusards de laisser leur voiture et prendre les transports en commun ? Beaucoup de questions, non pas à débattre, mais auxquelles il faut répondre et qu’il faut résoudre de façon concrète.
A ce propos, il y avait jeudi dernier, le 17 décembre le Forum de Paris-Métropole. Pas beaucoup de succès médiatique, mais un bon succès d’estime en termes de fréquentation. Qu’en dire ? Malheureusement pas grand-chose, si ce n’est des débats de plus. Encore et encore. Et à la fin, une conclusion de Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris, en charge des relations Paris-Banlieue, « il faut comme tous les autres chantiers, ouvrir le chantier de la gouvernance… » Il est grand temps.
Jean-Paul Chapon
13:55 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 1.2 - Les transports à Paris intra-extra muros, 4 - politique, politiques... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : greve, rer a, ratp, grand-paris, paris-métropole, pierre mansat, jean-paul huchon, valérie pécresse, rama yade, nicolas sarkozy
16.12.2009
Grève du RER A, les mots pour rire de la région et les (quasi) silences des autres
Après une semaine de grève de RER A, grève apparemment reconduite aujourd’hui. Mon trajet quotidien aux « heures de pointe » via Auber me fait tomber sur une publicité du STIF et de la région Ile-de-France, qui prend une saveur toute particulière en cette période de grève avec un train sur deux aux heures de pointe, mais un trafic nul le reste de la journée, avec fermeture des gares en journée et le soir dès 20H00. Etrange logique, les transports ne seraient utiles qu’aux heures de pointe, tant pis pour les horaires décalés, notamment ceux qui finissent tard le soir, pour eux pas de service minimum. Etrange sensation entre le couvre-feu et l’isolement, comme ce week-end, où mes invités parisiens déclarent forfait, trop compliqué de venir à Fontenay et ensuite de rentrer. C’est l’occasion de voir à quel point notre vie, professionnelle, mais aussi sociale, on oserait sociétale est dépendante des transports dans une métropole comme Paris, le Grand-Paris. J’y reviendrai pour enfin parler du débat sur le projet du gouvernement Sarkozy, avec le Grand-Huit de Christian Blanc, la société du Grand-Paris et le débat à l’Assemblée.
Mais aujourd’hui, je préfère rester sur la grève et sur cette affiche. On comprend bien la colère de Jean-Paul Huchon, le président de la région Ile-de-France et à ce titre du STIF, l’autorité organisatrice des transports, colère largement dirigée contre la RATP et son président Pierre Mongin, accusé de ne pas savoir gérer le conflit. Il faut dire que lancer un nouveau train (il s’agit de nouvelles rames, pas de nouvelles lignes, il ne faut pas rêver) en plein mouvement de grève, c’est pas de chance. Et le slogan choisi, « Davantage de trains à tout moment de la journée », ne pouvait plus mal tomber et fait franchement rire, un rire bien jaune. Vraiment pas de chance pour Huchon dont le bilan régional en termes de transports est certainement le point le plus faible de son bilan et l’angle d’attaque principal de ses rivaux, à commencer par la candidate UMP, Valérie Pécresse. Et l’avez-vous remarqué ou entendu ce (quasi) silence étonnant de la part du gouvernement et du président de la République, habituellement si prompts à dénoncer la prise en otage des voyageurs par les grévistes ? Rien, ou alors bien peu et même plus dirigé contre la région et sa gestion des transports que contre les syndicats de la RATP. Amusant, à se demander même à qui profite le crime ou la grève, et certainement le pourrissement. Car au bout du compte, ce qui reste, c’est l’impression négative sur les transports dans la région.
à suivre…
Jean-Paul Chapon
19:28 Publié dans 1.2 - Les transports à Paris intra-extra muros, 4 - politique, politiques... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : greve, rer a, ratp, valérie pécresse, jean-paul huchon, régionales, élections, transports, christian blanc, grand-paris
15.11.2009
« Ça va voter Europe-Ecologie en banlieue demain... mais il faut avoir un projet sérieux », Stéphane Gatignon maire de Sevran et candidat Europe-Ecologie dans le 93 pour les régionales
Stéphane Gatignon, le maire communiste de Sevran, n’est pas encore très connu du grand-public notamment de celui de la métropole parisienne et c’est dommage. Sa candidature sur la liste Europe-Ecologie aux régionales en Ile-de-France devrait y remédier. Une nouvelle interview aujourd’hui, où à part confirmer qu’il ne pratique toujours pas la langue de bois, il revient et sur sa candidature et ses motivations. Stéphane Gatignon est un « communiste banlieusard » comme il se définit. Pour lui, Europe-Ecologie ouvre un cadre pour reconstruire la gauche, une opportunité qu’il veut saisir. Dans la longue réponse à la sixième question, des considérations sur la chute du mur de Berlin et la fin du communisme, point du vue sur les partis de gauche du PS au NPA, en passant par le PCF. « Aujourd’hui l’Humanité fait quand même des articles où on dit que la RDA c’était mieux », mais pour lui, l’histoire du PCF c’est aussi Tchernobyl, l’industrialisation productiviste et planificatrice...
Retour sur la banlieue et le Grand-Paris, comme un boutade à la question bobos contre cités à propos d’Europe-Ecologie, il répond que l’enjeu de la sortie de la prohibition sur le cannabis ce n’est pas « un truc de fumeurs de joints », après avoir d’abord souligné sa crainte face aux trafics et mafia locales en train de se structurer qui décideront demain de qui sont les élus. En réponse au un commentaire d'une note précédente qui trouvait son programme pas original, il accepte la remarque, parce que les mêmes questions se posaient il y a 10 ans. Et quitte à ne pas être original il ne veut pas que son rôle d’élu se cantonne « à être dans une gestion petits bras qui peut faire qu’on gère nos baronnies pour être réélu à la prochaine élection ». A propos de sa possible élection comme conseiller régional, il veut inscrire dans le débat régional la future réforme des collectivités territoriales. La question du Grand-Paris est centrale, avec un conseil de la métropole qui soit élu démocratiquement, qui reprenne en charge ce que font les syndicats intercommunaux aujourd’hui anti-démocratiques, sur l’eau, sur l’énergie etc. Avec ces élections il compte porter ces questions dans le grand-public, y compris sur la fiscalité. Au passage il enterre le SDRIF, qui « dès le départ n’était plus d’actualité, parce qu’on l’a fait sans penser qu’il fallait structurer la zone urbaine, qu’il y avait de l’urbanité à gérer et une mégapole à transformer en métropole ». Pour lui, le SDRIF aurait un sens dans la construction d’une métropole avec institutions démocratiques, dans son rapport avec le monde rural qui représente la plus grande partie de la région. Stéphane Gatignon n’attend pas grand chose du débat sur le Grand-Paris à l’Assemblée, « on nous enfume depuis longtemps, et on aurait dû avoir ce débat il y a 10-15 ans à gauche, on a été incapable et aujourd’hui le gouvernement fait ce qu’il veut ». Jusqu’à se demander si Nicolas Sarkozy souhaite vraiment gagner la région vu qu’il a « tout intérêt à ce que la région reste à gauche avec un homme comme Huchon, avec lequel il arrive à faire à peu près ce qu’il veut… On a vécu pendant 5 ans l’affrontement entre le maire de Paris et le président de la région sur ce qu’on faisait de Paris-Métropole, et aujourd’hui on a abouti à un truc mi-chèvre mi-chou, c’est le syndicat des élus un peu mécontents, c’est pas à la hauteur de ce qu’il faut parce qu’aujourd’hui on ne travaille plus le fond dans Paris-Métropole ». Sa crainte est le déplacement des zones d’exclusion. Pour lui, le centre de gravité de l’Ile de France va se déplacer sur son secteur, autour de Roissy avec de nouvelles populations, cadres, jeunes, au risque de chasser les populations actuelles. Il faut donc que la mixité sociale soit maintenue. Au passages il livre ses considérations l’axe Roissy-Reims et sur Roissy, plus qu’un aéroport, zone de fret et d’emplois, sur son développement économique et sur la dimension européenne de Roissy. Un discours assez rare à gauche. Enfin, il souligne le loupé historique de la région de ne pas avoir fait le tarif unique de la carte orange en supprimant les zones, était symbolique de la non compréhension de l’enjeu métropolitain, le fait de faire payer aux habitants des zones 5 ou 6 la même chose était leur faire comprendre qu’ils appartenaient à la même entité. Pour lui l’enjeu du projet métropolitain a été absent des discussions de la gauche.
* * * * * * Sur Paris est sa banlieue, je cite les trois engagements de ta lettre aux habitants de Sevran, combattre les inégalités entre territoires, combattre pour le mieux vivre ensemble et combattre la ghettoïsation. Un visiteur commente en disant que ce n’est pas très original. Que peux-tu lui répondre ?
Dans la lettre aux habitants de Sevran tu écris, « Le défi démocratique : face au projet de Nicolas Sarkozy, installer un Grand-Paris démocratique, fondé sur le suffrage universel, un service public efficace et l’égalité fiscale. » et aussi « il faut diriger la région autrement, gouverner le Grand-Paris au nom des citoyens et non au profit des intérêts boursiers et spéculatifs ». Pour toi, installer ce Grand-Paris démocratique çà passe aujourd’hui par la région ?
Le contexte est à une certaine crispation politique en perspective des régionales. Le projet de loi sur le Grand-Paris passe devant le parlement dans une dizaine de jours. Qu’attends-tu des débats ?
Dans l’article sur Roissy du Monde Diplomatique, tu dis "le pôle de Roissy est devenu bien plus qu’un aéroport : or à gauche, on ne s’y intéresse pas", au point même qu’il était absent du premier périmètre potentiel de Paris-Métropole. De même que beaucoup à gauche ne s’intéressaient pas trop à l’EPAD avant l’épisode Jean Sarkozy. Est-ce genre de constat qui te pousse à travailler avec Christian Blanc ? Et quand tu parles de tes discussions avec Christian Blanc, qu’en ressort-il ?
Jean-Paul Huchon président de la région lance au premier ministre un ultimatum pour qu’il présente le SDRIF au Conseil d’Etat dans les 15 jours ? Le SDRIF, né de la cogestion PS-Vert de la région, il représente quoi aujourd’hui, est-il encore d’actualité ?
Tu discutes avec Christian Blanc, tu critiques la gestion de la région et Jean-Paul Huchon, Paris-Métropole est dans l’impasse et tu annonces que tu sera sur la liste Europe-Ecologie du 93 aux régionales : ton message est-il qu’on est arrivé au moment où il faut oser sortir des schémas traditionnels ?
Dans ton interview à Libération on te fait remarquer qu’Europe Ecologie c’est plutôt bobo que banlieue, et c’est vrai qu’a priori on pense plus aux habitants des centres villes qu’à ceux des cités comme électeurs potentiels…
Interview enregistrée vendredi 13 novembre, à Sevran
Jean-Paul Chapon
20:51 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 1.3 - Ils parlent de la Ville et du Grand Paris, 4 - politique, politiques... | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : stéphane gatignon, europe-écologie, régionales, élections, christian blanc, jean-paul huchon, nicolas sarkozy, bertrand delanoe, grand-paris, paris-métropole
09.11.2009
Grève du RER, Gatignon à Europe-Ecologie, Berlin 20 ans après... il y a des jours comme ça…
Il y a des jours comme ça, où l’on aurait beaucoup de choses à dire, et aussi des jours où on ne saurait pas ce qui est le plus important et par où commencer. Et aussi des jours où parce qu’il y a tout cela, on n’aurait pas le temps. C’est le cas aujourd’hui. Alors je commencerai par ce qui m’a empêché d’avoir du temps.
Aujourd’hui 9 novembre 2009, Jean-Paul Huchon, le président de la région Ile-de-France a beau jeu de dénoncer « la gestion sociale interne à l’entreprise » et regrette « qu’une réorganisation au rabais pousse les syndicats à l’action ». Une bonne occasion pour lui de s’en prendre à Pierre Mongin, le président de la RATP, et on peut effectivement s’étonner que plus de deux ans après que le STIF ait voté la suppression de l’interconnexion* et du changement de conducteur RATP-SNCF en juillet 2007, la mise en place de ce changement soit l’une des raisons invoquées pour la grève d’aujourd’hui, qui paralyse les deux artères cardinales des transports en commun de la métropole, dont on peut rappeler comme le fait le Parisien ce matin qu’elles transportent 1 million de voyageurs par jour pour le RER A et 700.000 pour le RER B. Des chiffres que les médias commencent heureusement à prendre en compte et qui montrent à quel point il n’y a pas d’offre alternative, si ce n’est malheureusement la voiture. Et une nouvelle fois, une petite équation : comment faire entrer 1 million de voyageurs du RER A dans une ligne 1 du métro qui sature déjà à 600.000 voyageurs par jour… Et pour ceux qui comme le président de la République pensent qu’aujourd’hui, quand il y a une grève personne ne s’en aperçoit, voici une petite brève tirée des la page entreprise du Monde de ce soir.‘La gare Saint-Lazare saturée suite à la grève dans le RER. La Gare SNCF de Paris-Saint-Lazare était « saturée » dans la matinée du lundi 9 novembre, conséquence indirecte de la grève qui touche les lignes A et B du RER. « Nous avons récupéré 100 trains supplémentaires qui s’ajoutent aux 300 que nous avons habituellement le matin », explique Guillaume Ancel, directeur des lignes Transilien de Paris-Saint-Lazare, ajoutant : « C’est comme si toute la population de la ville de Lyon [650 000 habitants] passait dans une gare longue de 210 mètres », a-t-il ajouté. Juste pour continuer avec les ordres de grandeur…
Aujourd’hui 9 novembre 2009, Stéphane Gatignon, le maire encore PCF de Sevran envoie une lettre aux habitants de sa ville et s’exprime dans Libération pour annoncer qu’il sera candidat aux élections régionales sur la liste d’Europe Ecologie, et « pourquoi pas ? » Comme il le concède dans Libération comme tête de liste en Seine-Saint-Denis. Plutôt une bonne nouvelle en ces temps de crispation gauche droite dans le débat sur le Grand-Paris, parce que Stéphane Gatignon est capable de pragmatisme sans pour autant renier ses convictions et ses engagements. Et c’est le même Stéphane Gatignon qui peut écrire qu’il faut « face au projet de Nicolas Sarkozy, installer un Grand Paris démocratique fondé sur le suffrage universel, un service public efficace et l’égalité fiscale » mais qui sait aussi ne pas fermer les portes et écrire que « depuis 2001, nous administrons la commune en nous battant quotidiennement pour défendre nos projets, au sein de l’ANRU ou en discutant avec le ministre Christian Blanc sur le Grand-Paris, par exemple. » Dans sa lettre aux habitants de Sevran, Stéphane Gatignon dit s'engager à "combattre les inégalités entre territoires... combattre pour l'égalité fiscale... combattre pour le mieux vivre ensemble... et combattre la ghettoïsation...", et il sait de quoi il parle. En espérant redonner très rapidement la parole à Stéphane Gatignon, que les lecteurs de Paris est sa banlieue connaissent déjà bien.
Aujourd’hui 9 novembre 2009, c’est le 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin. Il y a 20 ans, je n’étais pas à Berlin, qui semble pourtant avoir été le rendez-vous le plus couru de tout l’UMP d’aujourd’hui. Non, il y a 20 ans, le 9 novembre 1989, j’écoutais France Info en rentrant en voiture de Vélizy, et dans les embouteillages du soir, j’écoutais en direct, avec émotion, ces nouvelles incroyables, énormes de ces rassemblements autour du mur, la nouvelle que des manifestants étaient sur le mur. Je me souviens parfaitement de ce soir, comment peut-on l’oublier. Mais ce soir 9 novembre 2009, je suis fatigué du barnum médiatique autour de cette commémoration. Je ne comprends pas pourquoi Radio France diffuse le même programme sur toutes ces chaînes et impose, quelle démocratie hertzienne, le même programme affligeant à ses auditeurs. Mais qu’a-t-on à faire ce soir des états d’âmes de Pierre, Paul ou Jacques, si important qu’ils méritent que l’on supprime les infos sur France Info, paradoxe absolu, la censure pour saluer le retour à la liberté. Ne se serait-il rien passé de plus important aujourd’hui que la chute de dominos de polystyrène devant la porte de Brandebourg ! Alors pour saluer les 20 ans de la chute du mur de Berlin, appelons ce soir de nos vœux la chute des autres murs, ceux de Corée, de Chypre, d’Israel, des Etats-Unis, et puis plus sournois, car invisibles à part quelques barbelés à Ceuta, ceux qui séparent le Sud du Nord, les ventres creux des ventres pleins.
* à propos de l'interconnexion, on peut relire la note STIF et Grand-Paris, ou de l'absurdité comme principe de gouvernement ;-)
Jean-Paul Chapon
Illustration sur les murs parue dans Le Monde daté du 10-11-O9 et donc parue "aujourd'hui, 9 novembre 2009"
23:08 Publié dans 1.2 - Les transports à Paris intra-extra muros, 2 - Société, vous, moi, nous... et la banlieue aus, 3 - Un peu d'actualité, 4 - politique, politiques... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : stéphane gatignon, sevran, europe écologie, grève, rer, ratp, ile-de-france, huchon, jean-paul huchon, berlin


















