16.03.2010
Passe Navigo à tarif unique, ouverture dominicale et abstention forcée
Une petite note rapide pour ne pas rester sur la question de la note précédente. D'abord une bonne nouvelle sur la question du passe Navigo à tarif unique. Europe Ecologie et Cécile Duflot n'ont pas cédé et l'ont imposé à Jean-Paul Huchon tête de liste PS et président sortant et de la région et du STIF, autorité organisatrice des transports, qui y était opposé. Cela marque la position de relative faiblesse de Huchon et c'est un signe très encourageant pour la métropole. Le tarif unique du passe Navigo est effectivement comme l'avait déclaré Cécile Duflot "un enjeu social, environnemental et citoyen."
Voici le paragraphe du texte de l'accord programmatique Ile-de-France reçu aujourd'hui par Paris est sa banlieue. "Pour les transports les socialistes, leurs partenaires et Europe Ecologie conviennent qu’après une étude approfondie, une tarification unique du Passe Navigo sera mise en oeuvre, à mi-mandat, dans le cadre du plan de modernisation des transports publics franciliens, permettant de développer, en même temps que la modernisation et l’extension du réseau, le sentiment et d’appartenance régionale. Un ticket « Week-end » sera mis en place pour les familles."
L'abstention interroge, choque ou scandalise beaucoup, mais pas vraiment tout le monde. Ce soir Lyne Cohen-Solal (PS), adjointe au Maire de Paris chargée du commerce, de l’artisanat, des professions indépendantes et des métiers d’art, publie un communiqué pour dénoncer l'ouverture dimanche 21 mars, jour du deuxième tour des régionales, des "quatre grands magasins parisiens du Printemps, des Galeries Lafayette, du BHV et du Bon Marché (qui) seront ouverts de 10h à 20h dans le cadre de diverses opérations de promotions commerciales". Elle "tient à condamner de la manière la plus ferme le maintien de cette décision d’ouverture dominicale par ces employeurs au mépris de l’opposition exprimée par les instances représentatives du personnel lorsqu’elles ont été consultées comme la loi l’exige. D’autre part, elle regrette que le Préfet de Paris ait quant à lui validé cette ouverture et oblige ainsi la mobilisation sur leur lieu de travail des salariés de ce secteur de la distribution, rendant ainsi presque impossible l’exercice de leurs droits électoraux. Ce d’autant plus que la plupart des salariés de la distribution ne réside pas dans la Capitale." Tellement symbolique de la France de Nicolas Sarkozy, tellement symbolique du double langage et du cynisme devenu la norme gouvernementale aujourd'hui, faute de travailler plus pour gagner plus, dépenser plus pour voter moins. Sans commentaires...
Jean-Paul Chapon
21:21 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 4 - politique, politiques... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : pass navigo, tarif unique, cécile duflot, europe-écologie, jean-paul huchon, régionales, abstention, gouvernement, nicolas sarkozy, ouverture dominicale
27.02.2010
Touche pas à mon Grand-Paris, ou le débat des Happy Few ;-)
Je n’aime pas réagir à chaud et encore moins sur un texte que je n’ai pas lu. Mais je ne peux pas m’empêcher de réagir non pas sur le contenu, non lu, mais sur cette nouvelle scène de la comédie du pouvoir qui se joue entre le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et le président de la république, Nicolas Sarkozy, sur l’air du Grand-Paris, avec pour choeur les journalistes. Vendredi, Bertrand Delanoë se fend d’un communiqué vengeur contre une interview de Nicolas Sarkozy dans la revue AA, l’Architecture d’Aujourd’hui. Le maire de Paris déclare : « le Président de la République a choisi de s’exprimer à nouveau sur l’enjeu du Grand Paris, à deux semaines du 1er tour des élections régionales et au moment précis où il convoque à l’Elysée les têtes de listes franciliennes de l’UMP pour « recadrer» leur campagne. Cette intervention directe dans la campagne contredit manifestement ses propos récents, quand il rejetait l’hypothèse même d’une telle immixtion. Il est particulièrement regrettable que ce changement de pied brutal se fasse en instrumentalisant la question majeure du Grand Paris. Depuis 2001, en effet, j’ai la conviction - et nos actes le prouvent - que ce dossier ne progressera qu’en cherchant à dépasser la logique un peu étroite des clivages partisans.
»
Le Parisien, Libération, Le Monde, le Figaro, tout le monde y va de son commentaire sur le débat entre les deux protagonistes, auquel s’est joint Jean-Paul Huchon.
Touche pas à mon Grand-Paris ! Il est amusant de voir Bertrand Delanoë s’irriter de ce qu’il qualifie d’instrumentalisation du Grand-Paris, parce que Nicolas Sarkozy en parle pendant la campagne des régionales, alors que son adjoint chargé du sujet, Pierre Mansat, se lamente de l’absence du Grand-Paris dans le débat des régionales en Ile-de-France. Amusant aussi de lire dans ce communiqué les états d’âme de Bertrand Delanoë, sur la condescendance de l’Etat vis-à-vis de Paris intra-muros. « Sur ce sujet décisif il serait temps que l’Etat rompe avec une forme de condescendance vis-à-vis de Paris – évoqué dans cette interview comme le "petit Paris", comparé à Venise et qu’il faudrait "réinventer", formules particulièrement inadaptées pour une Capitale qui a gagné 70 000 habitants en 10 ans, dont le PIB représente à lui seul 10 % de la richesse nationale et qui a engagé un formidable chantier de renouvellement urbain et de réalisations architecturales. » Allons, allons, Paris est sa banlieue qualifie souvent le Paris des 20 arrondissements de Petit-Paris, et n’est certainement pas le seul. Il faudrait plutôt que Bertrand Delanoë se demande pourquoi cette expression rencontre du succès. Mais amusant aussi de voir que le maire de Paris se console du fait qu’à en lire son communiqué et les reprises des journalistes, Paris-Métropole, le syndicat mixte d’études qui a succédé à la Conférence métropolitaine et qui rassemble une centaine de collectivités devrait devenir pour Nicolas Sarkozy « la préfiguration d’ "une future assemblée métropolitaine" » comme l’écrit Sibylle Vincendon dans Libération.
Mais voilà, pour savoir ce qu’à bien pu dire, ou plutôt signer Nicolas Sarkozy (Sibylle Vincendon précise que cette « démonstration d’érudition » est le résultat d’ « un entretien réalisé par écrit » ;-), et bien il faudra attendre mardi et ne pas se ruer comme je l’ai fait dans les quelques librairies référencées comme distributeurs de cette rare et précieuse revue. D’accord le communiqué commençait par « dans une interview à paraître mardi prochain », avertissement repris par la plupart des quotidiens, mais que j’ai sauté dans une lecture trop rapide. Et apparemment, je ne suis pas le seul, car à la librairie du Moniteur, on me dit que tout le monde leur demande la revue aujourd’hui. Je leur explique pourquoi, car eux en revanche n’ont pas lu le communiqué de Delanoë ni ses reprises dans la presse.
Alors ce soir, clap de fin pour une nouvelle scène de la comédie du Grand-Paris. Une scène qui a été réservée aux Happy Few, ceux qui savent et qui ont les choses avant, les politiques qui préparent leur scène et se renvoient la réplique, et la presse tel le coryphée antique qui vient expliquer l’action au public, passif, puisque comme le commun des mortels, il n’a pas accès encore et doit patienter (les abonnés sont peut-être servis plus tôt, mais c’est epsilonnesque) pour à son tour se faire une opinion. Mais pour eux, les Happy Few, surtout ne pas attendre, internet est déjà un danger qui les menace, et le temps est trop précieux pour rater une occasion, d'ailleurs le spectacle ne supporterait pas les longueurs. Et lorsque le public pourra s'informer lui-même, une autre nouvelle scène du spectacle aura déjà été jouée qui remplacera la précédente, et le public continuera à regarder ce spectacle que les acteurs, politiques et médias, continueront à donner entre eux.
Quant au débat sur le Grand-Paris, je ne sais plus, si on peut encore rêver l'ouvrir vraiment à tous un beau jour, et surtout à tous ceux qui sont concernés, les parisiens, grands et petits. Le rendez-vous des régionales est raté, alors que le Grand-Paris est un sujet central qui concerne directement quelques millions d'électeurs. Mais ouvrir un débat à tous ? Soyons sérieux et gardons notre identité française, celle des Happy Few ;-)
Jean-Paul Chapon
23.12.2009
Grève du RER A, les mots pour rire des uns et les silences des autres, suite et presque fin...
14ème jour de grève du RER A, je crois. Quand on aime on ne compte plus, surtout quand on ne s’en aperçoit pas. Etonnante grève que celle de cette ligne, la grève passée sous silence, la grève dont les grévistes, les syndicats en l’occurrence, ne sont pas dénoncés par les uns ou par les autres puisque les rares prises de paroles consistent en un match entre les candidats UMP et PS aux régionales de 2010. D’une part, l’UMP qui tire à boulets rouges sur la région, le STIF et son président, Jean-Paul Huchon accusé de « passivité » par Rama Yade porte parole de Valérie Pécresse candidate aux régionales en Ile de France. Et en face un Jean-Paul Huchon, un peu seul au combat, qui fustige la RATP « qui ne sait pas gérer un conflit social » et dénonce, à juste titre « une stratégie du pourrissement » de la part d’un inflexible Pierre Mongin, le président de la RATP soutenu par le Gouvernement qui ne veut pas intervenir malgré la demande faite par ledit Huchon au premier ministre François Fillon de nommer un médiateur.
Franklin-Roosevelt-ligne 1 le 22 décembre 2009 quand les personnels RATP jouent les anciens portillons du métro
Quant au Président de la République, Nicolas Sarkozy, ému par le sort des voyageurs de l’Eurostar et du RER C, mais là il s’agit d’incidents causés par toutes sortes de neige et de vapeurs, il n’a pas vu qu’il y avait une grève sur le RER A, puisque comme on le sait bien aujourd’hui, quand il y a une grève on ne s’en rend plus compte… Pourtant les usagers de la ligne 1 ou de la 9, devenues lignes de repli, eux s’en sont bien rendus compte en voyant affluer les voyageurs de la ligne A, sans parler des bouchons en banlieue… Mais on ne s’en rend pas compte surtout quand on n’en parle pas, ou si peu. Et il aura tout de même fallu attendre plus de dix jours de grève pour que les médias commencent à souligner l’étonnant silence de celui qui il y a un peu plus d’un an déclarait à propos de son intérêt pour cette même ligne A « Vous trouvez qu’une ligne de RER fréquentée par 1,1 million de personnes n’est pas digne d’un président de la République ? » Mais voilà, reconnaître qu’il y a un problème serait reconnaître que le service minimum, avec son demi-service assuré aux heures de pointe et l’absence totale de trains aux autres moments de la journée, et le quasi black-out du week-end ne sont pas des réponses à la hauteur pour « une ligne de RER fréquentée par 1,1 million de personnes » et surtout pour l’économie au sens large d’une métropole de 11 millions d’habitants.
Mais comment résister devant le bénéfice politique politicien que peut rapporter une telle grève, que bien peu attribuent aujourd’hui aux grévistes - on voit comme l’argument sur le temps de conduite des conducteurs du RER A a du mal à prendre – une grève que les usagers rangent directement dans le catalogue déjà très riche de reproches à faire aux transports publics de l’agglomération, des transports qui ne fonctionnent pas ou alors très mal, que l’on soit en grève ou pas en grève. Donc mauvaise gestion des transports, et la gestion des transports,c’est la région, le STIF et le candidat PS Huchon. La boucle est bouclée et l’avantage électoral se dessine… Et du coup, dommage que l'on n'eai pas ressorti une autre réponse de Nicolas Sarkozy lors de la même interview donnée sur RTL en mai 2008 : "Ok ! Le président de la République il doit s’occuper de la principale ligne de transports en commun. J’ajoute que la politique que nous mettons en mettre avec F. Fillon c’est une politique qui donne la priorité aux transports en commun. Comment puis-je être crédible sur la priorité aux transports en commun et laisser des joutes politiques politiciennes qui prennent en otage une ligne de RER ?" Sans commentaires ;-)
Pourtant, cette grève a au moins un intérêt, si j’ose dire. Celui de replacer les transports publics au cœur de la métropole. Parmi les critiques contre la région, une sort un peu du lot, celle de Hervé Mariton qui après avoir salué le service minimum, se pose la question des heures creuses : « Rien pendant les heures creuses ; ce n’est pas suffisant sur une ligne stratégique. Mais au moment de la mise en œuvre de la loi, la région Ile-de-France n’a pas voulu, et le gouvernement n’a pas osé entrer dans les détails qui auraient permis de « prioriser » des lignes. On nous a rétorqué que l’Ile-de-France est tellement maillée qu’on ne peut pas définir de priorités ; or on peut raisonnablement considérer que la ligne A justifie un niveau de service minimum supérieur à d’autres.” Bien sûr, on peut discuter de la définition de ces priorités, et il ne faudrait passer par pertes et profits le droit de grève. Mais il faut aussi prendre en compte le fonctionnement de la métropole. Pierre Mongin dit que la grève à coûté 5 millions à la RATP (à se demander s’il n’aurait pas eu intérêt à mieux négocier pour ne pas perdre ces 5 millions). On peut aussi se demander combien elle aura fait perdre plus globalement à l’économie de la région. Il suffit par exemple de regarder la carte du RER A avec les zones commerciales desservies publiée par le Parisien au début du conflit, à ce titre intéressante, et encore est-elle incomplète, puisqu’on peut par exemple ajouter un grand-magasin à Nation, un centre commercial à Val-de-Fontenay… Cette carte qui arrive aussi après le débat sur le projet de métro de Christian Blanc, le Grand-Huit du gouvernement, donne une autre vision du rôle des transports en communs dans une métropole, au-delà du seul et fondamental rôle de transports domicile-travail. Le week-end dernier, sans RER ou presque, sans bus et sans voiture à cause de la neige, faisait ressentir de façon généralisée ce que peut être l’enclavement actuel de certains quartiers de banlieue. Alors il faudra certainement tirer des enseignements de cette grève, de la manipulation politicienne dont elle fait l’objet, mais aussi de l’impact qu’elle a sur le quotidien des usagers, sur l’effet de loupe qu’elle projette sur la vie de la métropole et son organisation. Quel sens par exemple donner à « heure de pointe » et quel sens donner à ligne « prioritaire » ? Pendant toutes ces journées, j’ai pris ma voiture pour aller me garer à Vincennes, pour être sûr qu’en cas de retour hors « heure de pointe » je puisse utiliser la ligne 1 et rentrer chez moi, même si le bus ne circule pas. Du coup un PV par jour. Où sont les parkings relais dont on nous rebat les oreilles depuis des années, ces parkings sensés permettre aux banlieusards de laisser leur voiture et prendre les transports en commun ? Beaucoup de questions, non pas à débattre, mais auxquelles il faut répondre et qu’il faut résoudre de façon concrète.
A ce propos, il y avait jeudi dernier, le 17 décembre le Forum de Paris-Métropole. Pas beaucoup de succès médiatique, mais un bon succès d’estime en termes de fréquentation. Qu’en dire ? Malheureusement pas grand-chose, si ce n’est des débats de plus. Encore et encore. Et à la fin, une conclusion de Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris, en charge des relations Paris-Banlieue, « il faut comme tous les autres chantiers, ouvrir le chantier de la gouvernance… » Il est grand temps.
Jean-Paul Chapon
13:55 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 1.2 - Les transports à Paris intra-extra muros, 4 - politique, politiques... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : greve, rer a, ratp, grand-paris, paris-métropole, pierre mansat, jean-paul huchon, valérie pécresse, rama yade, nicolas sarkozy
24.11.2009
Aujourd'hui le Grand-Paris est à l'Assemblée, mais pas en banlieue...
Aujourd’hui le Président de la République ira en banlieue, mais Nicolas Sarkozy n’ira pas dans le Grand-Paris. Aujourd’hui, le Parisien nous apprend que pour aller à Epinay-sur-Seine, à Bobigny et au Perreux, de Seine-Saint-Denis en Val-de-Marne, il sera accompagné de Brice Hortefeux (Police), de Michèle Alliot-Marie (Justice) et tout de même d’Eric Woerth (Budget), mais a priori pas de Christian Blanc (Développement de la région-capitale) ni de Fadela Amara (Ville). Le Grand-Paris de la police a été créé, mais pas le Grand-Paris des habitants, alors c’est bien en banlieue que Nicolas Sarkozy parlera sécurité, car après tout, quitte à parler sécurité, le 19ème arrondissement de Paris aurait pu être une étape incontournable, sans parler des Halles ou même des Champs-Elysées. Mais la campagne des régionales est lancée. Alors on sort les vieux clichés et on tente d’assurer.
Aujourd’hui Christian Blanc ne devrait pas aller en banlieue ni dans le Grand-Paris, avec le Président de la République. Aujourd’hui, c’est à la tribune de l’Assemblée que le peu bavard secrétaire d’Etat au développement de la région-capitale devra défendre sa loi sur le Grand-Paris, pour lancer son projet de métro autour de Paris et accessoirement ses zones de développement. Aujourd’hui, le rideau se lèvera donc sur un nouvel acte de la comédie du Grand-Paris. Qu’en ressortira-t-il ? Des inquiétudes de droite et une obstruction de gauche ? Sans doute, même si l’obstruction ne sera pas si nette . Il faut regarder avec intérêt la carte de 20minutes qui parmi les acteurs cite « le fayot », en la personne de Patrick Braouezec, le président PCF de Plaine Commune qui au prix de quelques amendements voterait bien une loi qui ne désavantage pas son territoire. Et il ne sera pas le seul, le consensus paris-métropolitain ne tient que dans les séances plénières du Syndicat mixte d’Etudes... Et sur la carte justement un grand absent à la taille du Grand-Paris, pas de Paris-Métropole ni de Bertrand Delanoë, le maire de Paris.
Aujourd’hui le syndicat mixte d’études ouvert Paris-Métropole tenait une conférence de presse…
Jean-Paul Chapon
10:53 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grand-paris, paris-métropole, christian blanc, nicolas sarkozy, président de la république, bertrand delanoë, sécurité
15.11.2009
« Ça va voter Europe-Ecologie en banlieue demain... mais il faut avoir un projet sérieux », Stéphane Gatignon maire de Sevran et candidat Europe-Ecologie dans le 93 pour les régionales
Stéphane Gatignon, le maire communiste de Sevran, n’est pas encore très connu du grand-public notamment de celui de la métropole parisienne et c’est dommage. Sa candidature sur la liste Europe-Ecologie aux régionales en Ile-de-France devrait y remédier. Une nouvelle interview aujourd’hui, où à part confirmer qu’il ne pratique toujours pas la langue de bois, il revient et sur sa candidature et ses motivations. Stéphane Gatignon est un « communiste banlieusard » comme il se définit. Pour lui, Europe-Ecologie ouvre un cadre pour reconstruire la gauche, une opportunité qu’il veut saisir. Dans la longue réponse à la sixième question, des considérations sur la chute du mur de Berlin et la fin du communisme, point du vue sur les partis de gauche du PS au NPA, en passant par le PCF. « Aujourd’hui l’Humanité fait quand même des articles où on dit que la RDA c’était mieux », mais pour lui, l’histoire du PCF c’est aussi Tchernobyl, l’industrialisation productiviste et planificatrice...
Retour sur la banlieue et le Grand-Paris, comme un boutade à la question bobos contre cités à propos d’Europe-Ecologie, il répond que l’enjeu de la sortie de la prohibition sur le cannabis ce n’est pas « un truc de fumeurs de joints », après avoir d’abord souligné sa crainte face aux trafics et mafia locales en train de se structurer qui décideront demain de qui sont les élus. En réponse au un commentaire d'une note précédente qui trouvait son programme pas original, il accepte la remarque, parce que les mêmes questions se posaient il y a 10 ans. Et quitte à ne pas être original il ne veut pas que son rôle d’élu se cantonne « à être dans une gestion petits bras qui peut faire qu’on gère nos baronnies pour être réélu à la prochaine élection ». A propos de sa possible élection comme conseiller régional, il veut inscrire dans le débat régional la future réforme des collectivités territoriales. La question du Grand-Paris est centrale, avec un conseil de la métropole qui soit élu démocratiquement, qui reprenne en charge ce que font les syndicats intercommunaux aujourd’hui anti-démocratiques, sur l’eau, sur l’énergie etc. Avec ces élections il compte porter ces questions dans le grand-public, y compris sur la fiscalité. Au passage il enterre le SDRIF, qui « dès le départ n’était plus d’actualité, parce qu’on l’a fait sans penser qu’il fallait structurer la zone urbaine, qu’il y avait de l’urbanité à gérer et une mégapole à transformer en métropole ». Pour lui, le SDRIF aurait un sens dans la construction d’une métropole avec institutions démocratiques, dans son rapport avec le monde rural qui représente la plus grande partie de la région. Stéphane Gatignon n’attend pas grand chose du débat sur le Grand-Paris à l’Assemblée, « on nous enfume depuis longtemps, et on aurait dû avoir ce débat il y a 10-15 ans à gauche, on a été incapable et aujourd’hui le gouvernement fait ce qu’il veut ». Jusqu’à se demander si Nicolas Sarkozy souhaite vraiment gagner la région vu qu’il a « tout intérêt à ce que la région reste à gauche avec un homme comme Huchon, avec lequel il arrive à faire à peu près ce qu’il veut… On a vécu pendant 5 ans l’affrontement entre le maire de Paris et le président de la région sur ce qu’on faisait de Paris-Métropole, et aujourd’hui on a abouti à un truc mi-chèvre mi-chou, c’est le syndicat des élus un peu mécontents, c’est pas à la hauteur de ce qu’il faut parce qu’aujourd’hui on ne travaille plus le fond dans Paris-Métropole ». Sa crainte est le déplacement des zones d’exclusion. Pour lui, le centre de gravité de l’Ile de France va se déplacer sur son secteur, autour de Roissy avec de nouvelles populations, cadres, jeunes, au risque de chasser les populations actuelles. Il faut donc que la mixité sociale soit maintenue. Au passages il livre ses considérations l’axe Roissy-Reims et sur Roissy, plus qu’un aéroport, zone de fret et d’emplois, sur son développement économique et sur la dimension européenne de Roissy. Un discours assez rare à gauche. Enfin, il souligne le loupé historique de la région de ne pas avoir fait le tarif unique de la carte orange en supprimant les zones, était symbolique de la non compréhension de l’enjeu métropolitain, le fait de faire payer aux habitants des zones 5 ou 6 la même chose était leur faire comprendre qu’ils appartenaient à la même entité. Pour lui l’enjeu du projet métropolitain a été absent des discussions de la gauche.
* * * * * * Sur Paris est sa banlieue, je cite les trois engagements de ta lettre aux habitants de Sevran, combattre les inégalités entre territoires, combattre pour le mieux vivre ensemble et combattre la ghettoïsation. Un visiteur commente en disant que ce n’est pas très original. Que peux-tu lui répondre ?
Dans la lettre aux habitants de Sevran tu écris, « Le défi démocratique : face au projet de Nicolas Sarkozy, installer un Grand-Paris démocratique, fondé sur le suffrage universel, un service public efficace et l’égalité fiscale. » et aussi « il faut diriger la région autrement, gouverner le Grand-Paris au nom des citoyens et non au profit des intérêts boursiers et spéculatifs ». Pour toi, installer ce Grand-Paris démocratique çà passe aujourd’hui par la région ?
Le contexte est à une certaine crispation politique en perspective des régionales. Le projet de loi sur le Grand-Paris passe devant le parlement dans une dizaine de jours. Qu’attends-tu des débats ?
Dans l’article sur Roissy du Monde Diplomatique, tu dis "le pôle de Roissy est devenu bien plus qu’un aéroport : or à gauche, on ne s’y intéresse pas", au point même qu’il était absent du premier périmètre potentiel de Paris-Métropole. De même que beaucoup à gauche ne s’intéressaient pas trop à l’EPAD avant l’épisode Jean Sarkozy. Est-ce genre de constat qui te pousse à travailler avec Christian Blanc ? Et quand tu parles de tes discussions avec Christian Blanc, qu’en ressort-il ?
Jean-Paul Huchon président de la région lance au premier ministre un ultimatum pour qu’il présente le SDRIF au Conseil d’Etat dans les 15 jours ? Le SDRIF, né de la cogestion PS-Vert de la région, il représente quoi aujourd’hui, est-il encore d’actualité ?
Tu discutes avec Christian Blanc, tu critiques la gestion de la région et Jean-Paul Huchon, Paris-Métropole est dans l’impasse et tu annonces que tu sera sur la liste Europe-Ecologie du 93 aux régionales : ton message est-il qu’on est arrivé au moment où il faut oser sortir des schémas traditionnels ?
Dans ton interview à Libération on te fait remarquer qu’Europe Ecologie c’est plutôt bobo que banlieue, et c’est vrai qu’a priori on pense plus aux habitants des centres villes qu’à ceux des cités comme électeurs potentiels…
Interview enregistrée vendredi 13 novembre, à Sevran
Jean-Paul Chapon
20:51 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 1.3 - Ils parlent de la Ville et du Grand Paris, 4 - politique, politiques... | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : stéphane gatignon, europe-écologie, régionales, élections, christian blanc, jean-paul huchon, nicolas sarkozy, bertrand delanoe, grand-paris, paris-métropole
24.10.2009
Carte postale d'Amsterdam, avec 2.0 mais sans journal télévisé ni Epad...
Deux jours en déplacement professionnel à Amsterdam pour participer à une conférence sur le 2.0 en Entreprise, bien loin de Paris est sa banlieue, du Grand-Paris et de l’EPAD. Et voilà, j’ai tout raté ! Pas de journal télévisé, pas de Jean Sarkozy en direct au 20h00. Tout juste l’étonnement en rentrant le soir à l’hôtel de me brancher sur France Info via internet, prendre le flash en route, entendre la voix de Jean Sarkozy déclarer « Si la question que vous me posez est : "est-ce que j’en ai parlé au Président ?" Non. Si la question est : "est-ce que j’en ai parlé à mon père ?" Oui. Il est comme tous les pères, je suis comme tous les fils». Morceau d'anthologie politique, exception culturelle à la française ;-) Dommage, j’ai raté le direct… Pour le reste, on pourrait aussi se demander ce qui a fait changer d’avis le président de la République Nicolas Sarkozy. Une pénible prise de conscience des dommages politiques que l’arrivée à la tête de l’EPAD de son propre fils pourrait causer à la carrière politique du président de la république ? Ou un laborieuse prise en compte des dommages économiques que l’arrivée à la présidence de l’EPAD d’un étudiant en deuxième année de droit pourrait causer au premier centre d'affaires européen ? Bien entendu vous opterez pour la première proposition. Vous aurez sans doute raison, et c'est sans doute ce qui est le plus grave dans cette triste farce, dérive de la main-mise d'un clan politique sur un des outils majeurs du développement français. Imaginez un instant, quelle vision de la France et de ses mœurs politico-économiques pourraient avoir de gros investisseurs, qui ne sont pas tous des anges et même parfois des "requins", en étant reçus par un talentueux "dauphin", le jeune fils du président de la République française...
Alors dès demain j’espère, retour sur Paris est sa banlieue. En attendant, je vous invite à découvrir Euroblog, le blog de Jon Worth (sur la photo), une des bonnes rencontres de la conférence Online Communications ces deux derniers jours à Amsterdam.
Jean-Paul Chapon
16:32 Publié dans 8 - Cartes postales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 2.0, jean sarkozy, nicolas sarkozy, la défense, epad
10.10.2009
Carte postale métropolitaine, avec rumeur urbaine et dérive bananière...
La semaine qui vient de s’achever a vu se dérouler un de ses points d’orgues dans le mauvais feuilleton du Grand-Paris, avec l’adoption mercredi en Conseil des Ministres d’un projet de loi dont la version conforte Christian Blanc et une approche autoritaire, haussmannienne ou préfectorale, comme on préfèrera l’appeler, contre la version François Fillon et une approche plus en concertation avec les élus. Bref, le secrétaire d’Etat l’emporte sur le Premier Ministre, cocasse et cela pourrait prêter à rire, si au même moment on n’avait appris que Jean Sarkozy, le fils cadet du Président de la République, Nicolas Sarkozy, devrait devenir administrateur à la faveur d’un départ bien opportun, puis président de l’EPAD, l’établissement public chargé de l’aménagement de La Défense, le 4 décembre prochain.
Qui a passé un entretien d’embauche, sait à quel point l’expérience est prise en compte, plus encore que les diplômes. Pour Jean Sarkozy ça tombe bien, parce que ce n’est pas du côté universitaire qu’il faudrait chercher une preuve de ses talents. Alors côté expérience, que doit-on pouvoir lire sur le long CV de Jean Sarkozy, quelle expérience qui le légitime à 23 ans pour présider l’EPAD? Une longue carrière d’administrateur, d’aménageur, d’urbaniste, de gestionnaire, et même d’élu. Car s’il a été élu conseiller général du canton sud de Neuilly-sur-Seine, on ne peut pas dire que les quelques mois depuis cette élection suffisent à expliquer pourquoi Jean Sarkozy a le « jeudi 8 octobre, en l'absence de M. Devedjian, en déplacement à Dubaï, M. Sarkozy (a) reçu dans un "consensus absolu et intégral", selon un élu, le soutien de tous les conseillers présents de la majorité à sa candidature au poste d'administrateur de l'EPAD » comme on peut le lire dans Le Monde daté du 10 octobre. L’article du Monde continue : « M. Sarkozy accède ainsi aux commandes – sans rémunération ni avantage en nature – d'un établissement qui, fin 2008, réalisait un chiffre d'affaires d'1 milliard d'euros et dégageait 350 millions de bénéfices grâce à la commercialisation des mètres carrés de bureaux du quartier d'affaires. Depuis la crise qui ralentit les investissements immobiliers, la Défense est menacée de déficit. Pour financer, notamment, les travaux d'aménagement, le gouvernement s'apprête à fondre dans un seul établissement l'EPAD et l'Epasa, l'établissement public d'Etat qui aménage les terrains de Nanterre depuis 2000. Alors que la Défense n'a plus guère de surfaces non bâties ou en friche, Nanterre possède encore une réserve de terrains propices à d'importantes opérations immobilières. En devenant, au plus tard en mars 2010, le patron de ce nouvel établissement public, l'"Epadsa", Jean Sarkozy aura la haute main sur l'aménagement d'un périmètre de près de 800 hectares répartis sur Courbevoie, Puteaux, Nanterre et La Garenne-Colombes. Il se positionne à la tête du territoire le plus stratégique par son potentiel économique du futur Grand Paris, voulu par Nicolas Sarkozy. »
On se souvient que l’on avait surnommé "Papa m’a dit" un fils Mitterrand. Faudra-t-il appeler celui-ci "Papa m’a fait" ? Il y a quelque chose à la fois d’une république bananière ou d’un règne à la Bongo dans cet épisode, mais aussi de Main basse sur la ville. Que les électeurs du canton sud de Neuilly-sur-Seine ait pu être convaincus par la campagne de Jean Sarkozy, et rassurés par son sourire et sans doute son patronyme, soit. Mais que l’on confie à un jeune de 23 ans, sans expérience si ce n’est celle d’être le fils de son père, la présidence d’un établissement public, qui gère le quartier d’affaire de la Défense, que Christian Blanc veut faire rivaliser avec la City comme première place financière d’Europe laisse songeur et inquiétant. Il y a quelque chose d’odieux et de malsain dans ce népotisme et dans ce « consensus absolu et intégral ». Et puis tant qu’on y est, pourquoi pas proposer Jean Sarkozy à la tête du conseil de surveillance de la future société du Grand-Paris ?
A suivre, dès demain (si je m’en sors ;-) avec une nouvelle interview sur le Grand-Paris, sans langue de bois et avec inquiétude. Et puis pour illustrer cette carte postale, une vue d’une tranchée urbaine, toujours pas recouverte, malgré une enquête publique en 2006 et des travaux qui devraient débuter à l’automne 2009. Mais il faut dire que pour faire taire une tel bruit et une tel rumeur urbaine, le projet n’était pas soutenu comme pour l’enfouissement de la N13 à Neuilly par le fils du Président de la République…
à suivre…
ps : ce soir le site de La Défense a été piraté (merci Christophe Grébert) et publie une petite annonce de recrutement pour le poste de président de l’EPGD ;-)
Jean-Paul Chapon
22:07 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 4 - politique, politiques..., 8 - Cartes postales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jean sarkozy, nicolas sarkozy, la défense, epad, epasa, grand-paris, christian blanc, françois fillon
04.10.2009
Insécurité dans le 93, querelle Blanc-Fillon sur le Grand-Huit, ou l'absence dommageable d'un vrai Grand-Paris
Un article du Monde du week-end qui risque de passer inaperçu montre à quel point l’absence d’un Grand-Paris peut-être dommageable pour la métropole. Il s’agit d’un papier d’Isabelle Mandraud intitulé En Seine-Saint-Denis, élus de droite et de gauche dénoncent l'aggravation de l'insécurité relatant une réunion qui s’est déroulé le 2 octobre au Conseil Général de Seine-Saint-Denis à l’initiative de Claude Bartolone, président PS du CG93. On peut ainsi lire que « la rencontre a réuni de nombreux maires : ceux, notamment, de Villemomble, d'Epinay, du Raincy, pour l'UMP (Xavier Lemoine, de Montfermeil s'était fait représenter) ; du Bourget, pour le Nouveau centre ; de Saint-Ouen, du Blanc-Mesnil, de La Courneuve pour le PCF ; de Bondy, d'Aulnay-sous-Bois, de Clichy-sous-Bois pour le PS... Dans l'assistance, nombreuse, figuraient aussi la députée communiste Marie-George Buffet et le sénateur UMP Philippe Dallier ». C'est bien et ce n’est pas la première fois que les élus se rassemblent, comme ils ont su le faire dans la Conférence Métropolitaine d’abord, puis dans Paris-Métropole, aujourd’hui, mais cette rencontre pose une nouvelle fois la question du difficile consensus et de l’efficacité de ses assemblées sans pouvoir ni légitimité électorale directe, et de leur perméabilité aux clivages politiciens les rendant impuissantes.
Ainsi on peut lire que tous ont déploré une "nette radicalisation de la violence" et "l’emprise du trafic de drogue", mais « malgré ce constat, l'idée caressée par M. Bartolone d'un appel commun contre l'insécurité à l'adresse du gouvernement, a tourné court face aux réticences des élus de la majorité. » écrit Isabelle Mandraud, du coup à gauche l’accent a été mis sur l’absence d’effectif, et à droite sur la nécessité de la vidéosurveillance. Dommage… Mais la démonstration doit être retenue, une fois de plus le clivage gauche-droite n’arrive pas à être dépassé lorsque le constat est commun, parce qu’il manque le bon échelon vers lequel se retourner, celui d’un Grand-Paris, collectivité territoriale de plein droit. Comment en effet un élu de la majorité, UMP ou NC, peut-il comprendre la proposition de Claude Bartolone, si ce n'est comme une attaque politique contre le gouvernement, transformant d’un coup un problème local, aussi grave soit-il, en une question nationale posée au gouvernement, accusé de ne pas faire assez pour la sécurité dans le 93. Le même appel porté par un maire ou un président du Grand-Paris élu au suffrage universel permettrait de passer au-dessus de ces divergences et oppositions tacticiennes et de porter la question de l’insécurité vis-à-vis d’un préfet de police du Grand-Paris ou vis-à-vis de l’Etat, avec au moins autant de légitimité qu’aujourd’hui, mais surtout avec beaucoup plus d’efficacité. La création de la police du Grand-Paris sera peut-être l’amorce d’une solution, mais il est dommage qu’elle ne trouve pas en face d’elle un interlocuteur démocratiquement représentatif du même périmètre.
Match Blanc-Fillon sur la société du Grand-Paris, 1 à 0 en faveur de Blanc…
Et puis, nouvel épisode avec reprise en main apparente par le président urbaniste Nicolas Sarkozy. On apprend ce week-end, que le projet de loi sur la société du Grand-Paris et son projet de métro automatique, le Grand-Huit de Christian Blanc, aurait encore changé vendredi dernier, et que le gouvernement aurait réintroduit « la possibilité pour l'Etat de préempter de larges zones autour des quarante gares du futur réseau automatique autour de Paris », c’est du moins ce qu’en dit une dépêche AFP reprise sur le site du Monde.fr. « Le projet de loi permettra à l'Etat d'obtenir un "droit de préemption principal", aux dépens des maires, dans les "zones d'aménagement différé" (ZAD) que "pourront prévoir" les contrats de développement territorial (CDT) entre l'Etat et les maires pour aménager les quartiers autour des futures gares… Le texte, qui sera examiné mercredi en conseil des ministres, stipule que le CDT "vaut déclaration d'intérêt général des opérations d'aménagement et des projets d'infrastructures nécessaires à la mise en oeuvre de ses objectifs". » Et la dépêche d’expliquer : « Ce point a fait l'objet d'une nouvelle passe d'arme entre les cabinets du secrétaire d'Etat Christian Blanc et de François Fillon, le Premier ministre étant soucieux de ne pas trop déposséder les maires de leur pouvoir d'urbanisme. » Donc sur dans le match Fillon-Blanc autour du Grand-Paris, ce week-end on en serait à nouveau à un point en faveur du secrétaire d’Etat au développement de la région-capitale, contre son patron direct, le Premier Ministre, par arbitrage sans doute de Nicolas Sarkozy. Là encore, combien l’absence d’un interlocuteur légitime, solide, parlant d’une seule voix, comme un président d’un futur Grand-Paris élu au suffrage universel direct se fait sentir. Car s’il est juste de considérer que le poids de la métropole dans l’économie nationale demande une implication forte de l’Etat, il est anormal et même démocratiquement inacceptable que celui-ci puisse agir ainsi à sa guise, sans trouver en face de lui un interlocuteur valable, légitime et représentatif. Une fois de plus, la méthode et la petite guerre au sein de l’exécutif ne sont pas dignes de l’enjeu.
A ce propos, un intéressant commentaire de Philippe Laurent, maire divers droite de Sceaux, et vice-président de Paris-Métropole dans la Gazette des communes. Même s’il date d’avant le dernier épisode, il résume bien la situation. « Nous sommes face à deux conceptions de l’action publique. D’un côté, Christian Blanc considère que rien n’avancera si on attend que les élus se mettent d’accord. Il préfère négocier avec chacun des maires concernés par ses projets. De l’autre, François Fillon veut que l’Etat travaille avec l’ensemble des collectivités. Christian Blanc n’a pas totalement tort, dans le sens où ce que l'on fait aujourd’hui pour le Grand Paris aurait déjà dû être engagé il y a 20 ans. Ses excès sont un aiguillon pour notre nouveau syndicat mixte Paris Métropole. Il nous oblige à nous positionner. François Fillon, semble, lui, davantage s’appuyer sur les élus locaux que Nicolas Sarkozy. C’est déjà frappant sur la réforme territoriale sur laquelle il fait preuve de prudence. Ça l’est, encore plus, sur le Grand Paris. C’est un dossier qu’il suit de très près : on sait qu’il a des ambitions pour la ville de Paris en 2014. Il n’est pas abîmé. Si Christian Blanc démissionne, je suis de ceux qui considèrent qu’on n’a pas besoin d’un nouveau secrétaire d’Etat. ». Visiblement, la démission de Christian Blanc ne semble pas encore à l’ordre du jour.
à suivre…
On peut retrouver la "dernière" (?) version du projet de loi sur le Grand-Paris sur le blogue de Pierre Mansat.
Jean-Paul Chapon
21:03 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grand-paris, nicolas sarkozy, christian blanc, françois fillon, claude bartolone, philippe dallier, philippe laurent, insécurité, 93, seine-saint-denis

















