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02.06.2010

Paris est sa banlieue arrête sa publication sur 20minutes.fr...

mais continue dans sa version d'origine sur Lemonde.fr http://parisbanlieue.blog.lemonde.fr

Changez vos bookmarks si nécéssaire ;-)

Nouvelle note, Entre Grand-Paris et Paris-Métropole, entre Arc-Express et Grand-Paris, l'indifférence générale

A bientôt,

Jean-Paul Chapon

22.05.2010

Paris est sa banlieue arrête sa publication sur 20minutes.fr

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Nouvelle note, Du Grand Paris au Grand Gâchis...

A bientôt,

Jean-Paul Chapon

07.04.2010

"Pour financer les politiques sociales du Grand-Paris, il faut partager la richesse du Grand-Paris", Philippe Dallier, sénateur UMP du 93

Une interview tonique avec Philippe Dallier, le sénateur UMP des Pavillons-sous-bois en Seine-Saint-Denis, auteur d'un rapport et d'une proposition sur le Grand-Paris qui retrouve sa verve, ne connaît toujours pas la langue de bois et se présente clairement comme un acteur incontournable pour la construction du Grand-Paris (pas le grand-huit, mais le vrai). A quelques minutes de la reprise des débats au Sénat sur le projet de loi du Gouvernement sur l'autre Grand-Paris, celui de Christian Blanc, le secrétaire d'Etat au développement de la région-capitale, Philippe Dallier qui a lancé un appel à la raison il y a quelques jours, s'exprime sur le dossier. Mais aussi sur Paris-Métropole, qu'il verrait bien comme partenaire de discussion et surtout comme garant d'une vision métropolitaine au sein du projet gouvernemental. S'il renvoie dos à dos la région et le gouvernement dans la crispation autour de ce débat, sur le thème de la "réponse du berger à la bergère", il réclame la suppression de l'amendement qui clôt "manu milatari" la question d'Arc-Express, la rocade portée par la région. Mais pour lui, le projet ne va pas assez loin, les transports, c'est bien, mais il y a aussi le logement, la mixité sociale, la cohésion urbaine. Sur la gouvernance et son absence dans les débats, il conseille de s'adresser à tous ceux qui y sont opposés, à commencer par le président de la région, Jean-Paul Huchon, mais aussi aux élus de gauche comme de droite, notamment les présidents de Conseils généraux. Intéressante avancée, Philippe Dallier ménage Paris-Métropole, que la droite pourrait rejoindre si elle devient dans le texte de loi l'interlocuteur de la société du Grand-Paris comme il le propose, mais il est tout de même désespéré par le manque d'avancée et l'absence de la gouvernance du côté de ce qui reste encore un syndicat d'étude. A propos de la réforme des collectivités, on discute des métropoles de provinces à l'Assemblée et au Sénat, alors que rien n'avance pour le Grand-Paris, c'est absurde. Enfin commentant la décision de Claude Bartolone de présenter un budget en déséquilibre pour le 93, il y voit la preuve que le département n'est pas à la bonne échelle. "Pour financer les politiques sociales du Grand-Paris, il faut partager la richesse du Grand-Paris", suppression de la taxe professionnel, péréquation fiscale, le Grand-Paris est la solution pour répondre aux question posées par Claude Bartolone, auquel il déclare "moi j'ai une solution, j'attends toujours celle de Claude Bartolone...

"

Nous sommes ici au Sénat, débat sur le Grand-Paris, tout d'abord ça se passe comment ?

Vous avez lancé il y a quelques jours un communiqué d'apaisement ou d'appel à la raison. Quelles échos a-t-il reçu ?

Paris-Métropole est pour l'instant assez silencieux. Vous voyez un changement dans sa façon d'aborder la question et pourquoi pensez-vous que Paris-Métropole est le bon interlocuteur ?

Pourquoi la gouvernance reste toujours l'éternelle absente ?

Que pensez-vous de la volonté de Claude Bartolone, président du Conseil général du 93 de proposer un budget en déséquilibre ?

Interview enregistrée au Sénat, le 7 avril 2010

Jean-Paul Chapon

02.04.2010

Un peu de bon sens dans le Grand-Paris

philippe-dallier1257066542.1270226003.jpg Je cite rarement un communiqué de presse tel quel, mais celui que Philippe Dallier, sénateur UMP du 93, et auteur d'un rapport sur le Grand-Paris, vient de publier aujourd'hui le mérite.

"Philippe Dallier a déposé 13 amendements sur le Projet de Loi du Grand Paris qui sera examiné à compter du 6 avril au Sénat.

Ces amendements ont pour objectif de positionner la région Ile-de-France et le syndicat Paris-Métropole comme interlocuteurs privilégiés de l'Etat.

Il n'est en effet plus possible de continuer dans les formes et dans le climat actuel. L'Etat et les collectivités locales doivent parvenir à un accord. Il faut que chacun fasse un pas en avant.

C'est pourquoi l'un des amendements déposés a pour objectif de supprimer la disposition qui prévoyait de mettre fin au débat public sur le projet arc-express.

L'opposition frontale entre la Région et l'Etat est préjudiciable au projet de l'Etat comme à celui de la Région.

Les franciliens vivent une situation particulièrement difficile en matière de transports, il faut leur apporter des solutions."

Enfin un peu de respect pour les parisiens, de l'intra-muros et de banlieue, un peu de raison et de bon sens dans tout ce cirque politicien indigne ;-)

Jean-Paul Chapon

28.03.2010

Grand-Paris, le cirque continue

i-vitelloni.1269797205.jpg " Notre victoire, c'est aussi le rejet du Grand Paris du président de la République " déclare Jean-Paul Huchon au soir de sa victoire aux régionales. De son côté, Bertrand Delanoë, le maire de Paris, déclare « Les Franciliens ont sanctionné la démarche de l'Etat, technocratique, hyper centralisée, peu respectueuse de la légitimité des élus locaux. Le choix exprimé par le suffrage universel devrait, en toute logique, entraîner le retrait du projet de loi actuel. » Gonflé, à la limite de la mauvaise foi et du cynisme quand on sait que personne n’a porté le débat sur le Grand-Paris de façon sérieuse avant et pendant la campagne.

Selon un sondage TNS-Sofres de janvier publié par le JDD, si 68% des franciliens ont entendu parler d’une façon ou d’une autre du débat sur le Grand-Paris, et seulement 19% des franciliens connaissaient le projet de métro automatique de Christian Blanc. Et depuis, les électeurs tant de droite que de gauche n’ont entendu parler des projets de transports que dans le cadre hyper objectif d’une campagne électorale… de quoi se faire une idée !

Et comme avec le Grand-Paris, la comédie n’est jamais avare de mauvais rebondissements, pour répondre à la charge des deux élus socialistes de la région Ile-de-France et du petit Paris, pardon de Paris intra-muros ;-) un amendement ajouté au texte de loi sur le Grand-Paris adopté par le Sénat « stipule qu'il sera mis fin à la procédure de débat public engagée pour "un projet de rocade par métro automatique en Ile-de-France", dès le lendemain de la publication de la loi sur le Grand Paris ». Un partout la balle au centre. Le cirque continue autour du Grand-Paris. Lamentable…

C’est sur ce magnifique échange du plus bas niveau politicien, le niveau qui semble devoir être de rigueur dès que la question du Grand-Paris est abordée, pas le Grand-Paris de Christian Blanc, de Sarkozy ou de Delanoë, mais celui de ses 11 millions de parisiens. C’est donc sur ce magnifique échange que Paris est sa banlieue jette l’éponge et se retire du débat. Dans son commentaire de ma note précédente, Lupus écrit que "le temps d’une ville ne peut pas satisfaire l’impatience d’un blogueur", c'est vrai, mais aussi un blogueur ne peut pas influer sur ce temps, surtout lorsque ceux qui pourraient l’aider à le faire s’y refusent, comme les journalistes dans leur superbe ignorance, qui ne citeraient jamais un blog mais préfèrent le lire, s'en inspirer de temps en temps et jusqu’à parfois le pomper parfois... Bref, le débat reste aux seuls professionnels, politiques, experts et médias, les citoyens en sont exclus à commencer par les blogueurs. Et l’on s’étonnera de l’abstention électorale ;-)

Voilà c’est dit, Paris est sa banlieue va-t-il fermer ? Difficile à décider après plus de 5 ans. Mais ce qui est sûr, c'est que ce blog va changer, et que je vais petit à petit en reprendre possession, le faire évoluer, ouvrir peut-être une deuxième saison, une nouvelle série de "Desperate banlieusard", avec de nouveaux des photos des chats et du jardin, plus de nouvelles de ma mère et de sa maladie d’Alzheimer, plus de coups de gueule politiques, même s’ils ne concernent pas le Grand-Paris…

à suivre...

Jean-Paul Chapon

24.03.2010

Carte postale post-électorale, avec périphérique et entreprise 2.0, mais sans Grand-Paris ni métropole

peripherique.1269462907.jpg

Plus d'une semaine sans publier de note. Pas le temps, les lecteurs de Paris est sa banlieue commencent à connaître le refrain et à savoir le décrypter. Pas le temps, c'est vrai. Ma vie professionnelle évolue, se densifie et finalement me passionne. C'est une chance, et la passion passe du Grand-Paris à l'entreprise 2.0, avec des résultats plus rapides, malgré les difficultés énormes de cette véritable révolution culturelle, mais tellement facile à atteindre que la vaine tentative de faire bouger les immobilismes corporatistes de la vie (?) politique de la métropole parisienne.

Mais les lecteurs habitués de Paris est sa banlieue savent aussi que ces longues absences sont la marque de l'abattement et la tentation du renoncement. La réélection de Jean-Paul Huchon à la tête de la région Ile-de-France équivaut à un enterrement de première classe. La métamorphose un peu honteuse d'une Europe-Ecologie prometteuse et indépendante en parti des Verts supplétif résigné du PS (malgré les tentatives d'un Daniel Cohn-Bendit, ou encore de Stéphane Gatignon ou Eva Joly) nous ramène à la triste réalité politicienne. Entre le ridicule "rejet du Grand-Paris" (de Christian Blanc) par les électeurs qui n'en ont quasi jamais entendu parler, asséné par un Huchon tout regonflé comme une baudruche et le dernier communiqué acide et revanchard du maire de Paris Bertrand Delanoë qui veut que le gouvernement retire son projet de loi sur le "Grand-Paris" (le projet de métro de Christian Blanc, le toujours malgré les rumeurs et son silence secrétaire d'Etat au développement de la région capitale), bref devant autant de stupide mauvaise foi politicienne l'envie est violente de tout laisser là en plan et de fermer une bonne fois pour toute, malgré la frustration, Paris est sa banlieue. Je suis conscient que je ne suis pas de taille pour lutter, je n'ai pas les bonnes cartes en main, je n'ai aucun soutien, la presse ne relaie pas les blogs, et je ne fais pas partie de la bonne caste qui a le droit de donner son avis. Bref, un terrible ras-le-bol :-(

Alors, ce soir je n'ai ni le temps ni l'envie de faire le nécessaire débriefing de ces régionales. Et d'ici à la fin de la semaine, l'entreprise 2.0 me conduira un peu trop loin du Grand-Paris en me laissant trop peu de temps pour Paris est sa banlieue. Ce sera pour le week-end, peut-être, sous réserve de ma visite auprès de ma mère. Une fois de plus, les lecteurs de Paris est sa banlieue connaissent cette donnée si chère et si triste. Et la photo direz-vous ? elle fait partie de ces photos que j'aime prendre dans mes parcours du périphérique, d'Est en Ouest et d'Ouest en Est, quand je ne prends pas le RER, ni le métro. Et puis il y a toujours cette symbolique du "périph", de la frontière dure qui n'est pas encore près de tomber, ni dans les têtes, ni dans les faits.

à suivre ?

Jean-Paul Chapon

27.02.2010

Touche pas à mon Grand-Paris, ou le débat des Happy Few ;-)

Je n’aime pas réagir à chaud et encore moins sur un texte que je n’ai pas lu. Mais je ne peux pas m’empêcher de réagir non pas sur le contenu, non lu, mais sur cette nouvelle scène de la comédie du pouvoir qui se joue entre le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et le président de la république, Nicolas Sarkozy, sur l’air du Grand-Paris, avec pour choeur les journalistes. Vendredi, Bertrand Delanoë se fend d’un communiqué vengeur contre une interview de Nicolas Sarkozy dans la revue AA, l’Architecture d’Aujourd’hui. Le maire de Paris déclare : « le Président de la République a choisi de s’exprimer à nouveau sur l’enjeu du Grand Paris, à deux semaines du 1er tour des élections régionales et au moment précis où il convoque à l’Elysée les têtes de listes franciliennes de l’UMP pour « recadrer» leur campagne. Cette intervention directe dans la campagne contredit manifestement ses propos récents, quand il rejetait l’hypothèse même d’une telle immixtion. Il est particulièrement regrettable que ce changement de pied brutal se fasse en instrumentalisant la question majeure du Grand Paris. Depuis 2001, en effet, j’ai la conviction - et nos actes le prouvent - que ce dossier ne progressera qu’en cherchant à dépasser la logique un peu étroite des clivages partisans.

»

Le Parisien, Libération, Le Monde, le Figaro, tout le monde y va de son commentaire sur le débat entre les deux protagonistes, auquel s’est joint Jean-Paul Huchon.

Touche pas à mon Grand-Paris ! Il est amusant de voir Bertrand Delanoë s’irriter de ce qu’il qualifie d’instrumentalisation du Grand-Paris, parce que Nicolas Sarkozy en parle pendant la campagne des régionales, alors que son adjoint chargé du sujet, Pierre Mansat, se lamente de l’absence du Grand-Paris dans le débat des régionales en Ile-de-France. Amusant aussi de lire dans ce communiqué les états d’âme de Bertrand Delanoë, sur la condescendance de l’Etat vis-à-vis de Paris intra-muros. « Sur ce sujet décisif il serait temps que l’Etat rompe avec une forme de condescendance vis-à-vis de Paris – évoqué dans cette interview comme le "petit Paris", comparé à Venise et qu’il faudrait "réinventer", formules particulièrement inadaptées pour une Capitale qui a gagné 70 000 habitants en 10 ans, dont le PIB représente à lui seul 10 % de la richesse nationale et qui a engagé un formidable chantier de renouvellement urbain et de réalisations architecturales. » Allons, allons, Paris est sa banlieue qualifie souvent le Paris des 20 arrondissements de Petit-Paris, et n’est certainement pas le seul. Il faudrait plutôt que Bertrand Delanoë se demande pourquoi cette expression rencontre du succès. Mais amusant aussi de voir que le maire de Paris se console du fait qu’à en lire son communiqué et les reprises des journalistes, Paris-Métropole, le syndicat mixte d’études qui a succédé à la Conférence métropolitaine et qui rassemble une centaine de collectivités devrait devenir pour Nicolas Sarkozy « la préfiguration d’ "une future assemblée métropolitaine" » comme l’écrit Sibylle Vincendon dans Libération.

Mais voilà, pour savoir ce qu’à bien pu dire, ou plutôt signer Nicolas Sarkozy (Sibylle Vincendon précise que cette « démonstration d’érudition » est le résultat d’ « un entretien réalisé par écrit » ;-), et bien il faudra attendre mardi et ne pas se ruer comme je l’ai fait dans les quelques librairies référencées comme distributeurs de cette rare et précieuse revue. D’accord le communiqué commençait par « dans une interview à paraître mardi prochain », avertissement repris par la plupart des quotidiens, mais que j’ai sauté dans une lecture trop rapide. Et apparemment, je ne suis pas le seul, car à la librairie du Moniteur, on me dit que tout le monde leur demande la revue aujourd’hui. Je leur explique pourquoi, car eux en revanche n’ont pas lu le communiqué de Delanoë ni ses reprises dans la presse.

Alors ce soir, clap de fin pour une nouvelle scène de la comédie du Grand-Paris. Une scène qui a été réservée aux Happy Few, ceux qui savent et qui ont les choses avant, les politiques qui préparent leur scène et se renvoient la réplique, et la presse tel le coryphée antique qui vient expliquer l’action au public, passif, puisque comme le commun des mortels, il n’a pas accès encore et doit patienter (les abonnés sont peut-être servis plus tôt, mais c’est epsilonnesque) pour à son tour se faire une opinion. Mais pour eux, les Happy Few, surtout ne pas attendre, internet est déjà un danger qui les menace, et le temps est trop précieux pour rater une occasion, d'ailleurs le spectacle ne supporterait pas les longueurs. Et lorsque le public pourra s'informer lui-même, une autre nouvelle scène du spectacle aura déjà été jouée qui remplacera la précédente, et le public continuera à regarder ce spectacle que les acteurs, politiques et médias, continueront à donner entre eux.

Quant au débat sur le Grand-Paris, je ne sais plus, si on peut encore rêver l'ouvrir vraiment à tous un beau jour, et surtout à tous ceux qui sont concernés, les parisiens, grands et petits. Le rendez-vous des régionales est raté, alors que le Grand-Paris est un sujet central qui concerne directement quelques millions d'électeurs. Mais ouvrir un débat à tous ? Soyons sérieux et gardons notre identité française, celle des Happy Few ;-)

Jean-Paul Chapon

17.02.2010

Megalopolis mag, le journal de la génération Grand-Paris

megalopolis-1.1266436855.jpg C’est suffisamment rare pour être salué, et même deux fois salué. D’abord parce qu’avec Mégalopolis mag, ils relèvent un défi devant lequel beaucoup ont déjà renoncé, parfois frileusement comme le Nouvel Observateur qui a sabordé son supplément ParisObs, sans essayer de lui donner plus de chance, parfois honteusement, comme le JDD, qui profite des vacances pour revoir la formule, supprime le supplément et le remplace par 4 pages en fin d’édition pour un pseudo et affligeant JDD Paris. Bref eux, une équipe de jeunes journalistes issus de Science-Po, ont osé et lancé lundi 15 février Mégalopolis mag, le journal du très Grand-Paris. Salué deux fois, parce qu’en plus de relever le défi de lancer un journal sur Paris, grand ou pas, ils ont osé le papier. Et ils s’en expliquent dans leur édito d’ouverture. « D’autres nous opposeront que la presse écrite est morte. Et si c’étaient les journalistes qui l’avaient tuée ? Mégolopolis refuse ce constat d’échec et renoue avec des formats délaissés. Le reportage, l’enquête, le récit sont la clé du succès, parce qu’ils sont le gage de la presse de qualité. » Avec ce qui ne gâche rien, une approche intelligente des médias en jouant d'emblée la complémentarité papier et internet dès le premier numéro.

megalopolis-2.1266436954.jpg Mais comment faire un journal sur le Grand-Paris, sujet qui ne semble pas vraiment passionner les foules ? En fait, ce qui être la clé du succès de Mégalopolis, c’est que malgré un édito que ne renierait pas Paris est sa banlieue, « le Grand-Paris s’il n’est pas encore formalisé, existe depuis longtemps dans les faits. Les politiques ont un métro de retard sur les citoyens. Eux ont déjà investi la métropole. Comme l’étudiant d’Issy qui suit ses cours à Nanterre ou le jeune actif de Bastille qui travaille à La Défense. Nous sommes la génération Grand-Paris, celle qui étouffe de vivre dans une ville qui n’a pas grandi depuis un siècle et demi », Mégalopolis n’est pas le journal du Grand ou du Très Grand-Paris, malgré le sous-titre (c’est vrai qu’ils ont fait fort pour le numéro 1 question TRES Grand Paris, avec Jean-François Copé et Meaux ;-). Mégalopolis, c’est un journal qui traite d’un peu tout sous l’angle ou dans la perspective du Grand Paris, avec une vision urbaine qui donne le cadre. Des articles variés, intéressants, politique, culture, avec notamment un dossier sur les régionales (je n'ai pas osé faire le test ;-) et une interview à la fois tonique et désespérée de Philippe Dallier, une belle qualité d’écriture (ça compte !), une maquette claire et attrayante, un bonne dose d’insolence et d’humour. Bref une réussite que Paris est sa banlieue est heureux de saluer.

Un reproche tout de même, la périodicité bimensuelle, tant on aimerait pouvoir trouver le numéro 2 de Mégalopolis mag en kiosque dès lundi prochain.

Jean-Paul Chapon

07.02.2010

Le Grand-Paris absent ou au cœur de la campagne des régionales ?

Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris, en charge des relations avec les collectivités, se plaint, tant sur Facebook que sur Twitter que le Grand-Paris soit « totalement absent de la campagne des élections régionales en Ile de France ». C’est vrai et c'est faux, même s’il est aussi amusant de voir Pierre Mansat, un des fondateurs de la Conférence métropolitaine et de Paris-Métropole, le syndicat mixte d’études qui lui a succédé et que les lecteurs de Paris est sa banlieue connaissent bien, utiliser le mot Grand-Paris, qu’il a tant combattu pour imposer Paris-Métropole mais surtout devenir un héraut de la gouvernance que la Conférence métropolitaine comme Paris-Métropole évitent soigneusement depuis le début ;-)

tract-ps.1265571654.jpg D’un certain point de vue pourtant, Pierre Mansat à tort, si comme Philippe Panerai, on pense que « la carte d’un Grand-Paris plus juste et plus solidaire sera le plan de ses transports en commun ». Expérience faite ce matin, distribution de tracts à l’appui sur le marché de Fontenay-sous-bois. L’UMP propose un tract entièrement consacré aux transports, et le PS un petit journal dont une rubrique est consacrée aux transports : point commun entre les deux, une carte des futurs réseaux de transports. Le thème transport est abordé par le Front de gauche qui à l’instar d’Europe-Ecologie propose une zone unique tarifaire pour les transports collectifs mais au prix de la zone 1-2 (65 € pour Europe-Ecologie) et entre autres propositions soutient Orbival. Le Modem n’a pas de place à consacrer aux transports, avec un portrait pleine page de son très photogénique candidat Alain Dolium, que l’on retrouve aussi au verso ;-) Enfin pas de rubrique transports sur le tract du Front National qui parle agressions, émeutes et guérillas urbaine, bandes ethniques et drapeau français, et ne mentionne les transports franciliens que comme cadre du « viol d’une jeune fille en avril 2009 entre Poissy et les Mureaux ». Quant à Europe Ecologie et aux Verts, ils brillaient ce matin par leur absence sur le marché de Fontenay, mais on y reviendra bientôt sur Paris est sa banlieue.

tract-transports-grand-pari.1265571625.jpg Ce matin, ce sont les tracts PS et UMP, et plus spécialement leurs cartes qui ont retenu mon attention. Tout d’abord parce que c’est rare, même si c’est une bonne chose. Je continue à penser que ces cartes, au-delà des simples lignes de transports qu’elles représentent donnent une réalité à l’idée du Grand-Paris et finissent par la rendre concrète et familière dans l’esprit du grand-public. Alors, sans surprise, le tract PS propose au milieu d’une fouillis assez illisible de projets de prolongements ou de modernisation le tracé d’Arc-Express, la version de rocade de banlieue à banlieue à laquelle Jean-Paul Huchon, le président PS de la région, a fini par se rallier. Le tract UMP de façon logique, mais tout de même assez surprenante, ose un mix entre le Grand-Huit de Christian Blanc, le projet de double boucle de 130km de métro automatique, et de bouts d’Arc-Express avec notamment Orbival, la portion Val-de-Marne d’Arc-Express. Surprenant, car on sait Valérie Pécresse, la candidate UMP, mal à l’aise avec le projet du secrétaire d’Etat à la région-capitale , projet qui divise la majorité, et reçoit même l’hostilité du MEDEF comme le rappelle le JDD aujourd’hui.

Mais Pierre Mansat a aussi raison, si l’on dit que la question de la gouvernance du Grand-Paris est absente de la campagne des régionales. Et c’est d’autant plus étonnant qu’en ce moment même le projet gouvernemental de réforme des collectivités territoriales vient d’être adopté en première lecture au Sénat. Mais en Ile-de-France, si on dénonce d’un côté ou feint d’approuver de l’autre la création des conseillers territoriaux, le débat sur le statut et les compétences futures des métropoles, et notamment celui de la métropole parisienne semblent très loin aujourd’hui de cette campagne électorale, comme si la question n’avait d’existence qu’en tant que débat politique à l’Assemblée ou au Sénat, comme terrain d’affrontement entre partis politiques, en dehors de toute réalité locale concrète. Etonnant, mais surtout désespérant….

à suivre…

Jean-Paul Chapon

31.01.2010

Quand Est-Ensemble découvre le Grand-Paris, c'est pour mieux oublier Paris-Métropole ?

Pour compléter la note précédente "A propos du Grand-Paris, d’Orbival en Grand-Huit, de Val-de-Marne en Seine-Saint-Denis", un retour rapide sur un article de la Gazette des Communes, que j’avais oublier de citer et qui éclaire d'un jour presque cruel l'impuissance du syndicat mixte Paris-Métropole. Cet article intitulé, Est Ensemble ne veut pas être l’oublié du Grand Paris, explique que la nouvelle communauté d'agglomération - la plus grande d'Ile-de-France - qui rassemble depuis le 1er janvier 2010, 400.000 habitants en Seine-Saint-Denis (Bagnolet, Bobigny, Bondy, Le Pré-Saint-Gervais, Les Lilas, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin, Romainville) voudrait bien rencontrer le secrétaire d’Etat à la région-capitale pour discuter Grand-Paris.

L’article explique que « Son premier acte sera de solliciter un entretien auprès de Christian Blanc, le secrétaire d’Etat à la région capitale, pour «faire entendre la voix de ce territoire dans le Grand Paris».

Un acte fort et symbolique pour Bertrand Kern, élu sans surprise à la tête de la nouvelle agglomération Est Ensemble lors de la séance d’installation du 23 janvier, qui souhaite inclure ce vaste territoire de 3.850 hectares au nord-est parisien dans le débat sur le projet de loi. Il faut qu’on nous dise si notre territoire, qui, avec ses espaces fonciers disponibles, a des atouts économiques énormes, fait partie ou non du Grand Paris. Pour l’instant, nous sommes exclus des projets de transport du Métro Automatique de Christian Blanc par exemple, a dénoncé Bertrand Kern lors de la conférence de presse à l’Hôtel de Ville de Pantin le 25 janvier. »

La Gazette continue en expliquant que « les élus des neuf villes de Seine-Saint-Denis adhérentes (Bagnolet, Bobigny, Bondy, Le Pré-Saint-Gervais, Les Lilas, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin, Romainville) espèrent que la taille de l’agglomération –la première de l’Ile-de-France et la 5è en France-, avec ses 400.000 habitants, permettra de peser davantage, à l’instar de l’agglomération voisine, Plaine Commune. Désormais, on ne pourra pas compter sans nous, que ce soit dans les projets de transports du Grand Paris ou de la région Ile-de-France, a estimé Gilbert Roger, maire (PS) de Bondy et vice-président du conseil général de la Seine-Saint-Denis. Cette portion de l’est parisien a longtemps été laissé en déshérence. Plaine Commune a eu son Stade de France, nous avons aussi des atouts à faire valoir, a renchéri Daniel Guiraud, maire (PS) des Lilas, qui s’occupera des relations avec le Grand Paris au sein d’Est Ensemble. »

Intéressant d'une part de voir que désormais, plutôt que de vouloir le contrer, les élus veulent ne pas être oubliés par le projet du gouvernement. On passe de la dénonciation de l'exclusion que porte le projet, à la négociation pour ne pas en être exclu. Etonnant surtout dede voir tous ces membres de Paris-Métropole se retourner vers Christian Blanc, pour négocier et ne pas être oubliés. Et surtout les voir expliquer, qu'avec Est-Ensemble, ils vont pouvoir peser dans le débat, alors que l'on croyait que c’était Paris-Métropole qui était là pour aider ses adhérents à « peser d’avantage ». Un aveu qui tient presque lieu d'éloge funèbre. Et on me répondra peut-être que Paris-Métropole est un lieu de débat. Certes, et c'est bien le problème. Arrive un moment où il faut arrêter de débattre pour passer à l'action, et les élus d'Est-Ensemble semblent le découvrir avec le Grand-Paris...

Jean-Paul Chapon

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