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14.04.2010

Carte postale du Petit Paris, avec bonheur, égoïsme et grandes roues

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Pendant que quelques millions d’habitants du Grand Paris se demandent s’ils auront un jour "le bonheur" de pouvoir utiliser une ligne de rocade de métro de banlieue, le maire du Petit Paris, Bertrand Delanoë veut redonner aux parisiens "le bonheur" de se promener sur les berges de la Seine. Chacun ses priorités. Bertrand Delanoë veut donc comme le rapporte l’AFP « donner à Paris une occasion de bonheur » en embellissant les bords de Seine. Et comme s’il était honteux et n’osait assumer son projet, il propose de ne fermer à la circulation que la partie centrale de la voie côté rive droite, ainsi « une nouvelle promenade serait créée au bord de l'eau, du bassin de l'Arsenal à l'Hôtel de ville, avec des barges sportives, un café flottant » peut-on lire dans la dépêche AFP, même traitement rive gauche. Mais fermer 2 km ou tout, c’est la même chose. C’est interrompre cette voie qui faute de mieux permet de relier l’Ouest et l’Est du Grand Paris, en traversant le Petit Paris. Le bonheur c'est bien, mais une ville c'est mobile, ça vit et ça se déplace, et la possibilité de se déplacer, c'est un élément qui permet ce bonheur, au-delà des seuls loisirs et activités ludiques que Bertrand Delanoë veut installer sur les berges de la Seine. Et oser dire qu’il suffirait de reporter la circulation de cette voie sur le périphérique et sur les quais hauts, n’entraînant qu’une augmentation de 5 à 6 minutes comme on peut le lire ce soir dans Le Monde relève de la méthode Coué ou des manières d’arracheur de dents.

Les régionales à peine passées, on assiste au grand retour de l’égoïsme de la mairie de Paris et de Bertrand Delanoë. Certes, ce serait magnifique d’enlever des bords de Seine une autoroute qui défigure la ville. Mais pour autant il faudrait d’abord la remplacer et offrir une alternative crédible et penser à l’échelle de la métropole et pas à celle du Petit Paris. Mais que voit-on ? Un débat honteux entre droite et gauche autour des projets de rocades de transports, allant jusqu’au blocage le plus imbécile et navrant. L’intérêt partisan est bien supérieur à l’intérêt général aujourd’hui. Et dans la perspective d’un Grand Paris, n’y a-t-il pas d’autres urgences que de donner une occasion de bonheur à Paris ? C’est comment le bonheur de Paris vu du bonheur de Clichy-sous-bois ou de celui de Montfermeil, de Sevran, de Bondy ou de Gennevilliers, tous ces bonheurs de banlieue ? C’est la gestion du petit Paris et de ses priorités égoïstes ; on fait un tram des maréchaux, qui a l’air si éloigné et périphérique depuis les berges de la Seine et des fenêtres de l’Hôtel de Ville du Petit Paris, mais qu’il a l’air tellement central ce tram vu des arrêts de bus de Clichy-sous-bois. Alors partager, accepter l’idée de solidarité, oser le Grand Paris, ce sera pour une autre fois. Accepter,à gauche comme à droite de penser aux Grands Parisiens, à leur besoin urgent de transports, avant de penser au bonheur de Paris, et à la tranquillité corporatiste des élus, c’est une question que Bertrand Delanoë semble avoir oubliée depuis longtemps. Je ne parle pas de Jean-Paul Huchon, qui ne s’est jamais posé la question. Qu’il est loin le temps des audaces, de la création de Conférence métropolitaine. Paris Métropole ronronne, Pierre Mansat, l’adjoint de Bertrand Delanoë chargé des relations avec les banlieues est tout fier d’annoncer sur Facebook et Twitter qu’il y a désormais 109 collectivités adhérentes, et organise des débats. C’est bien. Les banlieues débattront et se compteront.

Alors Monsieur Delanoë, puisque vous placez le bonheur et les loisirs parmi vos priorités, pourquoi ne pas aller faire un petit tour à la Foire du Trône. Pas de risque c’est encore dans le Petit Paris, pas dans le Grand, pas en banlieue ; mais là, depuis le haut d'une des grandes roues et autres nacelles illuminées, vous pourriez voir le périphérique saturé, avant même qu’il ne serve d’alternative à la fermeture de la voie sur berge, et puis en tendant un peu le cou, en prenant garde à ne pas tomber, vous verrez peut-être aussi l’A4, saturée elle aussi. Il n’y a que le RER A que vous ne verrez pas. Mais à l’occasion, Annick Lepetit votre adjointe aux transports et Jean-Paul Huchon le président de la région et surtout du STIF, pourront vous y organiser une excursion. Et avec un peu de chance vous aurez un train à deux niveaux, avant même 2012 ;-)

Jean-Paul Chapon

27.02.2010

Touche pas à mon Grand-Paris, ou le débat des Happy Few ;-)

Je n’aime pas réagir à chaud et encore moins sur un texte que je n’ai pas lu. Mais je ne peux pas m’empêcher de réagir non pas sur le contenu, non lu, mais sur cette nouvelle scène de la comédie du pouvoir qui se joue entre le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et le président de la république, Nicolas Sarkozy, sur l’air du Grand-Paris, avec pour choeur les journalistes. Vendredi, Bertrand Delanoë se fend d’un communiqué vengeur contre une interview de Nicolas Sarkozy dans la revue AA, l’Architecture d’Aujourd’hui. Le maire de Paris déclare : « le Président de la République a choisi de s’exprimer à nouveau sur l’enjeu du Grand Paris, à deux semaines du 1er tour des élections régionales et au moment précis où il convoque à l’Elysée les têtes de listes franciliennes de l’UMP pour « recadrer» leur campagne. Cette intervention directe dans la campagne contredit manifestement ses propos récents, quand il rejetait l’hypothèse même d’une telle immixtion. Il est particulièrement regrettable que ce changement de pied brutal se fasse en instrumentalisant la question majeure du Grand Paris. Depuis 2001, en effet, j’ai la conviction - et nos actes le prouvent - que ce dossier ne progressera qu’en cherchant à dépasser la logique un peu étroite des clivages partisans.

»

Le Parisien, Libération, Le Monde, le Figaro, tout le monde y va de son commentaire sur le débat entre les deux protagonistes, auquel s’est joint Jean-Paul Huchon.

Touche pas à mon Grand-Paris ! Il est amusant de voir Bertrand Delanoë s’irriter de ce qu’il qualifie d’instrumentalisation du Grand-Paris, parce que Nicolas Sarkozy en parle pendant la campagne des régionales, alors que son adjoint chargé du sujet, Pierre Mansat, se lamente de l’absence du Grand-Paris dans le débat des régionales en Ile-de-France. Amusant aussi de lire dans ce communiqué les états d’âme de Bertrand Delanoë, sur la condescendance de l’Etat vis-à-vis de Paris intra-muros. « Sur ce sujet décisif il serait temps que l’Etat rompe avec une forme de condescendance vis-à-vis de Paris – évoqué dans cette interview comme le "petit Paris", comparé à Venise et qu’il faudrait "réinventer", formules particulièrement inadaptées pour une Capitale qui a gagné 70 000 habitants en 10 ans, dont le PIB représente à lui seul 10 % de la richesse nationale et qui a engagé un formidable chantier de renouvellement urbain et de réalisations architecturales. » Allons, allons, Paris est sa banlieue qualifie souvent le Paris des 20 arrondissements de Petit-Paris, et n’est certainement pas le seul. Il faudrait plutôt que Bertrand Delanoë se demande pourquoi cette expression rencontre du succès. Mais amusant aussi de voir que le maire de Paris se console du fait qu’à en lire son communiqué et les reprises des journalistes, Paris-Métropole, le syndicat mixte d’études qui a succédé à la Conférence métropolitaine et qui rassemble une centaine de collectivités devrait devenir pour Nicolas Sarkozy « la préfiguration d’ "une future assemblée métropolitaine" » comme l’écrit Sibylle Vincendon dans Libération.

Mais voilà, pour savoir ce qu’à bien pu dire, ou plutôt signer Nicolas Sarkozy (Sibylle Vincendon précise que cette « démonstration d’érudition » est le résultat d’ « un entretien réalisé par écrit » ;-), et bien il faudra attendre mardi et ne pas se ruer comme je l’ai fait dans les quelques librairies référencées comme distributeurs de cette rare et précieuse revue. D’accord le communiqué commençait par « dans une interview à paraître mardi prochain », avertissement repris par la plupart des quotidiens, mais que j’ai sauté dans une lecture trop rapide. Et apparemment, je ne suis pas le seul, car à la librairie du Moniteur, on me dit que tout le monde leur demande la revue aujourd’hui. Je leur explique pourquoi, car eux en revanche n’ont pas lu le communiqué de Delanoë ni ses reprises dans la presse.

Alors ce soir, clap de fin pour une nouvelle scène de la comédie du Grand-Paris. Une scène qui a été réservée aux Happy Few, ceux qui savent et qui ont les choses avant, les politiques qui préparent leur scène et se renvoient la réplique, et la presse tel le coryphée antique qui vient expliquer l’action au public, passif, puisque comme le commun des mortels, il n’a pas accès encore et doit patienter (les abonnés sont peut-être servis plus tôt, mais c’est epsilonnesque) pour à son tour se faire une opinion. Mais pour eux, les Happy Few, surtout ne pas attendre, internet est déjà un danger qui les menace, et le temps est trop précieux pour rater une occasion, d'ailleurs le spectacle ne supporterait pas les longueurs. Et lorsque le public pourra s'informer lui-même, une autre nouvelle scène du spectacle aura déjà été jouée qui remplacera la précédente, et le public continuera à regarder ce spectacle que les acteurs, politiques et médias, continueront à donner entre eux.

Quant au débat sur le Grand-Paris, je ne sais plus, si on peut encore rêver l'ouvrir vraiment à tous un beau jour, et surtout à tous ceux qui sont concernés, les parisiens, grands et petits. Le rendez-vous des régionales est raté, alors que le Grand-Paris est un sujet central qui concerne directement quelques millions d'électeurs. Mais ouvrir un débat à tous ? Soyons sérieux et gardons notre identité française, celle des Happy Few ;-)

Jean-Paul Chapon

09.02.2010

Carte postale de campagne, avec doute et lassitude

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... et dédicace amicale à Pierre Mansat ;-)

Les lecteurs de Paris est sa banlieue ne seront pas surpris, c'est chronique, et certains jours, certains soirs, on se dit que tenir un blog est si vain, tellement vain, que dans un acte de lassitude, de doute ou de colère, on effacerait tout. Le statut de blogueur est difficile et ingrat, surtout lorsque l'on s'intéresse à un sujet qui ne passionne pas les foules. C'est le cas de Paris est sa banlieue, qui depuis plus de 5 ans se bat pour la création d'un Grand-Paris, pas celui du projet du gouvernement, pas non plus le syndicat Paris-Métropole de la mairie de Paris, mais une vrai Grand-Paris, une vraie ville, une vraie collectivité territoriale, de plein droit, avec de vraies institutions, des représentants élus au suffrage universel, un vrai maire ou un vrai président, élu au suffrage universel direct. Une ville solidaire et démocratique, au-delà des frontières du passé, des fractures de l'urbanisme, symbolisées par ce périphérique, au-delà des égoïsmes et des baronnies locales, de l'émiettement inefficace des pouvoirs en des centaines de mini-municipalités absurdes, montées les unes contre les autres, d'intercommunalités montées les unes contre les autres, de départements montés les uns contre les autres. De classes sociales et de clan sociaux dressés les uns contre les autres, de ghettos en construction ou déjà bien cimentés, ghettos de riches contre ghettos de pauvres. Et malgré la note précédente, je partage ce soir la même tristesse et la même amertume que Pierre Mansat, qui désespère de voir le Grand-Paris et sa gouvernance entrer enfin dans la campagne des régionales en Ile-de-France. Mais qui dérangerait tant les équilibres de droite comme de gauche, que même les Verts qui semblent parfois avoir bien oublié Europe Ecologie ne s'y risqueraient pas. Ce soir, en rentrant du boulot, j'ai entendu sur France Info commenter un sondage, qui donnait dans les 19% (si je me souviens bien) faisant confiance aux politiques de droite, 16% à ceux de gauche, quelques pour cent d'indécis et surtout une majorité qui n'y croyaient plus, et voteraient peut-être Mère Denis, comme sur cette pub qui surplombe de façon opportuniste le périphérique. Ce soir, je crois finalement que je fais partie de cette grande majorité, et le 14 mars, je ne sais pas si j'irai voter aux régionales, ou si je m'abstiendrai pour la première fois de ma vie. Doute et lassitude...

Jean-Paul Chapon

07.02.2010

Le Grand-Paris absent ou au cœur de la campagne des régionales ?

Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris, en charge des relations avec les collectivités, se plaint, tant sur Facebook que sur Twitter que le Grand-Paris soit « totalement absent de la campagne des élections régionales en Ile de France ». C’est vrai et c'est faux, même s’il est aussi amusant de voir Pierre Mansat, un des fondateurs de la Conférence métropolitaine et de Paris-Métropole, le syndicat mixte d’études qui lui a succédé et que les lecteurs de Paris est sa banlieue connaissent bien, utiliser le mot Grand-Paris, qu’il a tant combattu pour imposer Paris-Métropole mais surtout devenir un héraut de la gouvernance que la Conférence métropolitaine comme Paris-Métropole évitent soigneusement depuis le début ;-)

tract-ps.1265571654.jpg D’un certain point de vue pourtant, Pierre Mansat à tort, si comme Philippe Panerai, on pense que « la carte d’un Grand-Paris plus juste et plus solidaire sera le plan de ses transports en commun ». Expérience faite ce matin, distribution de tracts à l’appui sur le marché de Fontenay-sous-bois. L’UMP propose un tract entièrement consacré aux transports, et le PS un petit journal dont une rubrique est consacrée aux transports : point commun entre les deux, une carte des futurs réseaux de transports. Le thème transport est abordé par le Front de gauche qui à l’instar d’Europe-Ecologie propose une zone unique tarifaire pour les transports collectifs mais au prix de la zone 1-2 (65 € pour Europe-Ecologie) et entre autres propositions soutient Orbival. Le Modem n’a pas de place à consacrer aux transports, avec un portrait pleine page de son très photogénique candidat Alain Dolium, que l’on retrouve aussi au verso ;-) Enfin pas de rubrique transports sur le tract du Front National qui parle agressions, émeutes et guérillas urbaine, bandes ethniques et drapeau français, et ne mentionne les transports franciliens que comme cadre du « viol d’une jeune fille en avril 2009 entre Poissy et les Mureaux ». Quant à Europe Ecologie et aux Verts, ils brillaient ce matin par leur absence sur le marché de Fontenay, mais on y reviendra bientôt sur Paris est sa banlieue.

tract-transports-grand-pari.1265571625.jpg Ce matin, ce sont les tracts PS et UMP, et plus spécialement leurs cartes qui ont retenu mon attention. Tout d’abord parce que c’est rare, même si c’est une bonne chose. Je continue à penser que ces cartes, au-delà des simples lignes de transports qu’elles représentent donnent une réalité à l’idée du Grand-Paris et finissent par la rendre concrète et familière dans l’esprit du grand-public. Alors, sans surprise, le tract PS propose au milieu d’une fouillis assez illisible de projets de prolongements ou de modernisation le tracé d’Arc-Express, la version de rocade de banlieue à banlieue à laquelle Jean-Paul Huchon, le président PS de la région, a fini par se rallier. Le tract UMP de façon logique, mais tout de même assez surprenante, ose un mix entre le Grand-Huit de Christian Blanc, le projet de double boucle de 130km de métro automatique, et de bouts d’Arc-Express avec notamment Orbival, la portion Val-de-Marne d’Arc-Express. Surprenant, car on sait Valérie Pécresse, la candidate UMP, mal à l’aise avec le projet du secrétaire d’Etat à la région-capitale , projet qui divise la majorité, et reçoit même l’hostilité du MEDEF comme le rappelle le JDD aujourd’hui.

Mais Pierre Mansat a aussi raison, si l’on dit que la question de la gouvernance du Grand-Paris est absente de la campagne des régionales. Et c’est d’autant plus étonnant qu’en ce moment même le projet gouvernemental de réforme des collectivités territoriales vient d’être adopté en première lecture au Sénat. Mais en Ile-de-France, si on dénonce d’un côté ou feint d’approuver de l’autre la création des conseillers territoriaux, le débat sur le statut et les compétences futures des métropoles, et notamment celui de la métropole parisienne semblent très loin aujourd’hui de cette campagne électorale, comme si la question n’avait d’existence qu’en tant que débat politique à l’Assemblée ou au Sénat, comme terrain d’affrontement entre partis politiques, en dehors de toute réalité locale concrète. Etonnant, mais surtout désespérant….

à suivre…

Jean-Paul Chapon

23.12.2009

Grève du RER A, les mots pour rire des uns et les silences des autres, suite et presque fin...

14ème jour de grève du RER A, je crois. Quand on aime on ne compte plus, surtout quand on ne s’en aperçoit pas. Etonnante grève que celle de cette ligne, la grève passée sous silence, la grève dont les grévistes, les syndicats en l’occurrence, ne sont pas dénoncés par les uns ou par les autres puisque les rares prises de paroles consistent en un match entre les candidats UMP et PS aux régionales de 2010. D’une part, l’UMP qui tire à boulets rouges sur la région, le STIF et son président, Jean-Paul Huchon accusé de « passivité » par Rama Yade porte parole de Valérie Pécresse candidate aux régionales en Ile de France. Et en face un Jean-Paul Huchon, un peu seul au combat, qui fustige la RATP « qui ne sait pas gérer un conflit social » et dénonce, à juste titre « une stratégie du pourrissement » de la part d’un inflexible Pierre Mongin, le président de la RATP soutenu par le Gouvernement qui ne veut pas intervenir malgré la demande faite par ledit Huchon au premier ministre François Fillon de nommer un médiateur.

ligne-1-franklin-roosevelt.1261571607.jpg Franklin-Roosevelt-ligne 1 le 22 décembre 2009 quand les personnels RATP jouent les anciens portillons du métro

Quant au Président de la République, Nicolas Sarkozy, ému par le sort des voyageurs de l’Eurostar et du RER C, mais là il s’agit d’incidents causés par toutes sortes de neige et de vapeurs, il n’a pas vu qu’il y avait une grève sur le RER A, puisque comme on le sait bien aujourd’hui, quand il y a une grève on ne s’en rend plus compte… Pourtant les usagers de la ligne 1 ou de la 9, devenues lignes de repli, eux s’en sont bien rendus compte en voyant affluer les voyageurs de la ligne A, sans parler des bouchons en banlieue… Mais on ne s’en rend pas compte surtout quand on n’en parle pas, ou si peu. Et il aura tout de même fallu attendre plus de dix jours de grève pour que les médias commencent à souligner l’étonnant silence de celui qui il y a un peu plus d’un an déclarait à propos de son intérêt pour cette même ligne A « Vous trouvez qu’une ligne de RER fréquentée par 1,1 million de personnes n’est pas digne d’un président de la République ? » Mais voilà, reconnaître qu’il y a un problème serait reconnaître que le service minimum, avec son demi-service assuré aux heures de pointe et l’absence totale de trains aux autres moments de la journée, et le quasi black-out du week-end ne sont pas des réponses à la hauteur pour « une ligne de RER fréquentée par 1,1 million de personnes » et surtout pour l’économie au sens large d’une métropole de 11 millions d’habitants.

Mais comment résister devant le bénéfice politique politicien que peut rapporter une telle grève, que bien peu attribuent aujourd’hui aux grévistes - on voit comme l’argument sur le temps de conduite des conducteurs du RER A a du mal à prendre – une grève que les usagers rangent directement dans le catalogue déjà très riche de reproches à faire aux transports publics de l’agglomération, des transports qui ne fonctionnent pas ou alors très mal, que l’on soit en grève ou pas en grève. Donc mauvaise gestion des transports, et la gestion des transports,c’est la région, le STIF et le candidat PS Huchon. La boucle est bouclée et l’avantage électoral se dessine… Et du coup, dommage que l'on n'eai pas ressorti une autre réponse de Nicolas Sarkozy lors de la même interview donnée sur RTL en mai 2008 : "Ok ! Le président de la République il doit s’occuper de la principale ligne de transports en commun. J’ajoute que la politique que nous mettons en mettre avec F. Fillon c’est une politique qui donne la priorité aux transports en commun. Comment puis-je être crédible sur la priorité aux transports en commun et laisser des joutes politiques politiciennes qui prennent en otage une ligne de RER ?" Sans commentaires ;-)

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Pourtant, cette grève a au moins un intérêt, si j’ose dire. Celui de replacer les transports publics au cœur de la métropole. Parmi les critiques contre la région, une sort un peu du lot, celle de Hervé Mariton qui après avoir salué le service minimum, se pose la question des heures creuses : « Rien pendant les heures creuses ; ce n’est pas suffisant sur une ligne stratégique. Mais au moment de la mise en œuvre de la loi, la région Ile-de-France n’a pas voulu, et le gouvernement n’a pas osé entrer dans les détails qui auraient permis de « prioriser » des lignes. On nous a rétorqué que l’Ile-de-France est tellement maillée qu’on ne peut pas définir de priorités ; or on peut raisonnablement considérer que la ligne A justifie un niveau de service minimum supérieur à d’autres.” Bien sûr, on peut discuter de la définition de ces priorités, et il ne faudrait passer par pertes et profits le droit de grève. Mais il faut aussi prendre en compte le fonctionnement de la métropole. Pierre Mongin dit que la grève à coûté 5 millions à la RATP (à se demander s’il n’aurait pas eu intérêt à mieux négocier pour ne pas perdre ces 5 millions). On peut aussi se demander combien elle aura fait perdre plus globalement à l’économie de la région. Il suffit par exemple de regarder la carte du RER A avec les zones commerciales desservies publiée par le Parisien au début du conflit, à ce titre intéressante, et encore est-elle incomplète, puisqu’on peut par exemple ajouter un grand-magasin à Nation, un centre commercial à Val-de-Fontenay… Cette carte qui arrive aussi après le débat sur le projet de métro de Christian Blanc, le Grand-Huit du gouvernement, donne une autre vision du rôle des transports en communs dans une métropole, au-delà du seul et fondamental rôle de transports domicile-travail. Le week-end dernier, sans RER ou presque, sans bus et sans voiture à cause de la neige, faisait ressentir de façon généralisée ce que peut être l’enclavement actuel de certains quartiers de banlieue. Alors il faudra certainement tirer des enseignements de cette grève, de la manipulation politicienne dont elle fait l’objet, mais aussi de l’impact qu’elle a sur le quotidien des usagers, sur l’effet de loupe qu’elle projette sur la vie de la métropole et son organisation. Quel sens par exemple donner à « heure de pointe » et quel sens donner à ligne « prioritaire » ? Pendant toutes ces journées, j’ai pris ma voiture pour aller me garer à Vincennes, pour être sûr qu’en cas de retour hors « heure de pointe » je puisse utiliser la ligne 1 et rentrer chez moi, même si le bus ne circule pas. Du coup un PV par jour. Où sont les parkings relais dont on nous rebat les oreilles depuis des années, ces parkings sensés permettre aux banlieusards de laisser leur voiture et prendre les transports en commun ? Beaucoup de questions, non pas à débattre, mais auxquelles il faut répondre et qu’il faut résoudre de façon concrète.

A ce propos, il y avait jeudi dernier, le 17 décembre le Forum de Paris-Métropole. Pas beaucoup de succès médiatique, mais un bon succès d’estime en termes de fréquentation. Qu’en dire ? Malheureusement pas grand-chose, si ce n’est des débats de plus. Encore et encore. Et à la fin, une conclusion de Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris, en charge des relations Paris-Banlieue, « il faut comme tous les autres chantiers, ouvrir le chantier de la gouvernance… » Il est grand temps.

Jean-Paul Chapon

11.10.2009

"Le passage d'une grande partie de Nanterre sous la coupe de l'EPAD anticipe ce que pourrait être la société du Grand-Paris" Pierre Mansat

"Paris-Métropole c'est trop lent" Pierre Mansat, adjoint du maire de Paris, Bertrand Delanoë, en charge des relations avec les collectivités et de Paris-Métropole accepte la critique. Pour lui, seul une intervention citoyenne, des citoyens absents du débat sur le Grand-Paris depuis le début, pourra faire sortir de la situation d'impasse dans laquelle on se trouve. Si comme Jean-Paul Huchon, il craint des risques d'affairisme et met en garde les naïfs qui préfèrent le Colbertisme à la spéculation, pour lui contrairement au président de la région Ile-de-France, tout n'est pas à jeter dans le projet gouvernemental du Grand-Paris, dont le tracé suit une partie de celui d'Arc-Express. Mais la vision qui sous-tend le projet n'est pas la même. Où sont les résultats des travaux des dix cabinets d'architectes, pour Pierre Mansat on est loin d'une métropole solidaire et d'une métropole de l'après-Kyoto. Enfin, Pierre Mansat administrateur de l'EPAD, déjaà engagé ailleurs, ne participera pas à la séance du 4 décembre au cours de laquelle Jean Sarkozy devrait être élu comme président. Et de mettre en garde "le passage d'une grande partie de Nanterre sous la coupe de l'EPAD" préfigure pour lui se que pourrait être la future société du Grand-Paris si elle voit le jour. Ce dont il doute tant il y a de mécontentement autour de ce projet. Un challenge pour Paris-Métropole reconnaît-il.

 

* * * * *

Le Grand-Paris, version projet gouvernemental, est-il un machin complètement ringard, comme le dit Jean-Paul Huchon, le président de la région Ile-de-France ? Tout est-il à jeter ?

Pour en revenir à cette question de démocratie, Bertrand Delanoë dans sa lettre à François Fillon qualifie la société du Grand-Paris de "mastodonte technocratique" qui constitue un recule pourl a démocratie locale. Mais en fait de démocratie locale, personne ne la pratique dans le débat sur le Grand-Paris, pas plus le gouvernement, que la région ou même Paris-Métropole ?

Mais du coup, est-ce qu'on ne touche pas les limites de l'orientation prise par Paris-Métropole ? Je ne parle pas de la Conférence Métropolitaine qui a mis le Grand-Paris a l'ordre du jour en jetant des bases, mais Paris-Métropole est inaudible, jà part quelques intervenants toujours les mêmes, le président de la région, le maire de Paris et quelques grandes gueules à droite et à gauche. Cela veut-il dire qu'il manque une gouvernance, et clairement un gouvernement de la métropole avec des institutions fortes et démocratiques pour en faire un interlocuteur valable face à une initiative comme celle de la société du Grand-Paris ?

Toujours dans cette lettre de Bertrand Delanoë, quand il écrit "la métropole a besoin d'un souffle, d'une ambition et non d'un recyclage improbable d'outils étatiques utilisés dans les années 1960", c'est bien écrit, c'est beau, mais ça paraît en décalage avec l'action du gouvernement et son tempo rapide, et surtout avec les attentes des habitants de la métropole telles qu'elles apparaissent dans les sondages, aspiration à du concret, à des transports qui fonctionnent et cela rapidement. Et on commence à voir des élus, y compris de Paris-Métropole, sur l'hypothétique tracé du Grand-Huit de Christian Blanc se mettre à travailler avec lui. On entend parler de discussions et partenariats, un peu comme la ville de Paris l'avait fait à l'époque avec les villes de banlieues sur des projets concrets. On n'est pas en décalage avec ce genre de déclaration du maire de Paris ?

Est-ce que tu reprends à ton compte les soupçons d'affairisme dénoncés par Jean-Paul Huchon dans une interview au Monde sur la mise en place de la société du Grand-Paris ?

Il y a une annonce qui prend un relief particulier dans le contexte de l'adoption du texte sur la société du Grand-Paris par le Conseil des ministres, c'est celle de Jean Sarkozy, le fils du Président de la république, qui devrait devenir administrateur puis président de l'EPAD ?

Interview enregistrée vendredi 8 octobre 2009 à l'Hôtel de Ville de Paris

Jean-Paul Chapon

03.10.2009

Carte postale du Grand-Paris, avec Nuit Blanche métropolitaine et incinérateur dans la Ville

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nanterre_simulterrasses.1254565780.jpg Visiblement, Libération a du mal à concevoir la culture hors d’une certaine branchitude parisienne, un Libération qui publie aujourd’hui les cartes détaillées des trois parcours parisiens intra-muros de l’édition 2009, et renvoie dans une petite note de bas de page sur www.paris.fr et www.macval.fr pour les « neuf villes de banlieue, sept de province, Bruxelles et Malte » qui organisent aussi une Nuit Blanche. Il aurait d’ailleurs été plus simple de renvoyer directement sur le site de la Nuit Blanche, mais Libération ne l’avait peut-être pas…

saint_denis_nouveau_visuel_cry_dit_lab_au_2.1254565748.jpg Alors, au-delà des trois parcours de l’intra-muros, au-delà du périphérique, il y aura le parcours de Paris-Métropole, Arcueil, Aubervilliers, Clichy-la-Garenne, Gentilly, Les Lilas, Nanterre, Romainville, Saint-Ouen l’Aumone et Saint-Denis, sans oublier cet après-midi le MAC/VAL à Vitry-sur-Seine pour le lancement de cette Nuit blanche 2009, dont l’organisation avait été confiée aux conservateurs du musée, Alexia Fabre et Franck Lamy, par Christophe Girard, l’adjoint à la culture du maire de Paris, Bertrand Delanoë. Ce qui fait dire à un autre adjoint au maire de Paris, Pierre Mansat, en charge des rapports Paris-Banlieue, « Nuit Blanche prend, cette année, une dimension toujours plus métropolitaine. De nouveaux espaces deviennent le théâtre et l’objet de la création artistique. En changeant d’échelle, en élargissant son horizon, Nuit Blanche retrouve sa vocation: agir sur les spectateurs comme un profond stimulant, interroger leur rapport à la Ville. »

Paris est sa banlieue s’associe donc à cette Nuit Blanche à dimension métropolitaine, et paradoxalement, comme Libération ne mentionne qu’un événement parisien ;-) Mais je le fais avec plaisir parce que Mattéo Galan, l’organisateur de ce projet s’est adressé à Paris est sa banlieue, et les habitués de ce blogue, qui ont déjà vu et entendu les notes sur Gavin Bryars ou le Portsmouth Sinfonia, ou encore Patti Smith, ne seront pas surpris de ce choix. Il s’agit de Transe en Chaire, à l’église luthérienne de la Trinité dans le 13ème arrondissement de Paris. Mattéo Galan explique que son projet « est basé sur l'ostinato et l'improvisation, et la transe qu'ils provoquent (mantras, musiques rituelles ou prières psalmodiées, basses techno, par exemple). Des musiciens improvisent et jouent des phrases écrites toute la nuit, en se relayant et s'interpellant de différents endroits dans l'église. Le projet part de la simplicité, du dépouillement et du recueillement, pour aller vers la complexité harmonique et rythmique, la transe, la rapidité, puis retourner vers l'équilibre enfin. Un ostinato est diffusé en continu, pendant qu'une installation géante diffuse un magma sonore composé de chants et prières rituelles, et vibre comme une chair vivante aux fréquences diffusées. »

Vous demanderez sans doute aussi pourquoi une photo de l’incinérateur d’Ivry pour illustrer cette carte postale ? Peut-être parce que pendant longtemps, la Nuit Blanche en banlieue se résumait à ces illuminations industrielles, comme cette étrange et sublime monstruosité architecturale ? Peut-être parce qu’à chaque fois que je passe devant cet incinérateur je ne peux m’empêcher de l’admirer une forme d'horrible beauté, tout en me demandant si un incinérateur à ordures au cœur d’une métropole peut-être admirable ? Une façon de s’interroger sur « le rapport à la Ville » comme dirait Pierre Mansat…

Jean-Paul Chapon

26.09.2009

Paris-Métropole à Neuilly : querelle d'anciens technocrates et de modernes citoyens autour du Grand-Paris...

jean-yves-le-bouillonnec-25.1253952137.jpg Et le 99ème membre de Paris-Métropole s’appelle… Il faudra un peu de temps à Jean-Yves Le Bouillonnec, le maire PS de Cachan et surtout président de Paris-Métropole, pour répondre complètement à la question d’une journaliste lors du point de presse qui suivait l’assemblée plénière du syndicat mixte d’études hier matin à Neuilly-sur-Seine. Après avoir remué les feuilles de ses dossiers, il finit par annoncer que la 99ème collectivité à rejoindre Paris-Métropole est La Queue en Bry, et il annonce que 3 autres doivent suivre, Bonneuil et une communauté dont il n’a pas le nom en tête. Etonnant, d’ailleurs tout était étonnant ce matin. Pas tant par le lieu tant symbolique de Neuilly-sur-Seine pour accueillir la préfiguration d'un futur Grand-Paris dont la ligne de construction est d'abord une vision solidaire de la métropole, Jean-Christophe Fromantin, le maire divers droite de Neuilly a déjà bien contribué à faire évoluer l'image de sa ville. Non étonnant, par le dit et le non-dit et les silences de Neuilly. La conférence de presse commence par un speech du président de Paris-Métropole, où l’on apprend que « les élus sont troublés », qu’il « va très vite y avoir maldonne », que l’ « on est dans une situation absolument étonnante », que « ni le Conseil d’Administration du STIF, ni celui de la RATP n’ont été consultés » sur le projet de transferts d’actifs, que si « les transports sont prioritaires », faisant référence au projet de Société de Grand-Paris de l’Etat, « il n’y a pas que les transports », et que « la stratégie du Grand Huit dont la pertinence peut être reconnue même si elle doit être largement amandée » et fait que « ce sont les 3/4 de la population (du périmètre de l’agglomération) qui seront exclus », que le « Grand-Paris façon Etat va faire une mille et unième couche dans le mille-feuilles », qu’il faut organiser des « ateliers » avec les citoyens notamment pour savoir à quoi sert le STIF et que « si l’Etat doit y revenir », il faut le définir à travers ces ateliers, et certainement à un moment ou à un autre qu’il faut « un partenariat ambitieux et efficace avec l’Etat », comme est titrée la résolution adoptée par Paris-Métropole hier matin… Et lorsqu’il s’arrête pour passer aux questions de la douzaine de journalistes présents, s’ensuit un long silence qui laisse la tribune perplexe.

un mille-feuilles technocratique supplémentaire qui dépossède les élus de leurs compétences

j-y-le-bouillonec-j-p-huc.1253952172.jpg Du coup, après la première question, Jean-Christophe Fromantin, le maire de Neuilly hôte de cette matinée, reprend la parole, revenant sur la raison de tenir cette session dans sa ville, insistant sur les notions de cohérence et de cohésion territoriale pour construire la métropole, et appelant l’Etat à « ne pas jouer sans nous », parce que « Paris-Métropole représente une structure organisée et un projet moderne ». Moderne ? le mot fait rebondir Sibylle Vincendon de Libération, qui s’étonne du décalage entre la modernité du projet et le fait que l’Etat y aille à l’ancienne avec ses projets de loi et sa société du Grand-Paris. L’occasion pour Jean-Paul Huchon, le président de la région Ile-de-France qui pour une fois est resté dans la conférence de presse et n’a pas fait cavalier seul devant les journalistes avant la fin de la session comme à l’accoutumé (l’approche des régionales rend solidaire ;-), l’occasion donc pour Huchon de dénoncer « un mille-feuilles technocratique supplémentaire qui dépossède les élus de leurs compétences » et « dépossède le STIF de ses moyens », et de rappeler la ferme déclaration de Paris-Métropole appelant à l’Etat à un partenariat ambitieux et efficace. Le maire NC de Vincennes, Laurent Lafon appelle au passage les collectivités qui n’ont pas encore rejoint Paris-Métropole à le faire, « car c’est la meilleure façon de se faire entendre par l’Etat ».

" il serait dramatique que le débat qui s’est ouvert de façon aussi intelligente se termine en eau de boudin... "

pierre-mansat-25-09-09.1253952231.jpg Un jeune journaliste ose la question joker, pour savoir si à côté des transports et de la société du Grand-Paris, Paris-Métropole faisait avancer des études sur d’autres sujets comme la Gouvernance, ce à quoi Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris chargé des rapports Paris Banlieue, lui répond qu’il y a une échéance et une urgence avec le conseil des ministres du 7 octobre qui doit présenter le projet de loi. Puis après avoir rappelé qu’il ne faut pas que le Grand Huit fasse oublier les projets actuels, les urgences comme Arc-Express ou la ligne 13, il revient sur le travail des dix cabinets d’architectes dont le projet de société du Grand-Paris du gouvernement paraît effectivement assez éloigné : « il serait dramatique que le débat qui s’est ouvert de façon aussi intelligente se termine en eau de boudin, avec une société du Grand-Paris qui décide d’un trajet de transport validé par personne », et souligne qu’on oublie la crise énergétique, le logement… et que même "le MEDEF s’inquiète" des conditions du Grand-Paris.

vers une faille dans le consensus entre élus de Paris-Métropole, hors périmètre et sur le périmètre du Grand-Huit ?

jean-christophe-fromantin-2.1253952293.jpg Donc une nouvelle session dans laquelle, à côté de la condamnation de la méthode du gouvernement, de la perte de confiance affichée à son égard,  il faut noter le retour des citoyens dont on appelle la participation, comme pour légitimer Paris-Métropole (une fois combien d'élus ont inclus la question du Grand-Paris dans leur programme électoral ?) et cesser de prêter le flanc aux accusations de corporatisme d'élus. La participation des citoyens, vieux serpent de mer pour Paris-Métropole. Ils devaient être inclus dans le débat si l’on s’en réfère au projet de lancement du projet à Vincennes il y a deux ans, mais ils ne le sont pas vraiment pour l’instant, si l’on excepte quelques débats locaux, où est cette participation, où sont les citoyens, les associations ou autres dans les travaux actuels ? Comment Paris-Métropole leur parle-t-il ? Donc on attendra les ateliers citoyens déjà annoncé au cours du débat de la Fête de l’Humanité, et cités à nouveau ce matin, en espérant que l’appel aux citoyens ne soit pas un effet oratoire pour essayer de sortir Paris-Métropole de l’impasse dans laquelle il s’engage de plus en plus.

Ah, j’allais oublier l’unanimité, le mot revient tout le temps, le consensus est fort dans Paris-Métropole, contre les attaques de l’Etat et du méchant Christian Blanc, le secrétaire d’Etat au développement de la région-capitale, et ses méthodes à l’ancienne. Pourtant, d’autres sons de cloches se font aussi entendre, mais pas dans l’enceinte de Paris-Métropole. On se souvient de la déclaration de Jacques Marsaud, directeur des services de Plaine-Communes, qui préfère le Colbertisme à la spéculation (même si les deux ne sont pas exclusifs…). Et il faudra surveiller l’évolution des positions des collectivités situées sur le tracé du Grand-Huit et dans les zones de développement, et bien sûr de leurs élus, y compris s’ils sont membres de Paris-Métropole. Et avec cet éclairage, on comprend aussi que l’inquiétude énoncée pour les 3/4 de la population hors périmètre, peut aussi révéler une inquiétude sur une ligne de faille qui fragilise le consensus entre élus de Paris-Métropole, hors périmètre et sur le périmètre du Grand-Huit…

à suivre…

Jean-Paul Chapon.

 
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