03.03.2010
Grand-Paris et régionales : "On est favorable à une métropole parisienne... la carte des intercommunalités est dysfonctionnante !" Interview de Cécile Duflot, tête de liste Europe-Ecologie en Ile-de-France
Et en guise de sous-titre, cette déclaration de la tête de liste Europe-Ecologie en Ile-de-France : "Redonner à tout le monde, sa place dans la métropole !" Cécile Duflot répond à Paris est sa banlieue, sur la banlieue justement et le Grand-Paris qui finira peut-être par trouver sa place dans la campagne dans la dernière ligne droite.
Construction en zones inondables ? ne pas tenir un double langage. Pass navigo à 65€ ? un acte de solidarité auquel les parisiens sont sensibles sans repli égoïste. Le STIF ? il doit être un lieu d'impulsion et de coordination. Quant au bilan transport de la région ? On peut dire que l'Etat n'a rien fait, mais ça ne suffit pas, il faut aller plus vite et plus fort, une critique voilée de la gestion passée. L'urgence : 60 lignes de bus express, puis rapprocher les lieux de travail et de résidence, le maillage et le cadencement. Le Grand-Huit de Christian Blanc, une réponse du passé, comme les lignes de RER qui ont abouti a avoir La Défense à l'Ouest et les habitants à l'Est et des lignes A et 1 saturées. Le péage ? pas une solution adaptée, la circulation automobile a déjà diminué de 20% dans Paris, maintenant il faut s'occuper de la banlieue, où il y a des gens coincés dans leur voiture et des gens dépendants des transports en commun. Violence urbaines ? une ambiguïté phénoménale, avec d'un côté un discours très sécuritaire, mais en même temps on diminue le nombre de postes de fonctionnaires de police et de gendarmerie. Le tout sans oublier le retour de l'agriculture urbaine, que remise sur le tapis par certains architectes de la consultation sur le Grand-Paris.
Sur le Grand-Paris et surtout sur la gouvernance de ce Grand-Paris, Cécile Duflot se déclare favorable à une métropole parisienne. Pour elle le chantier essentiel, c'est la solidarité, il y a des inégalités aberrantes, et il faut faire évoluer les institutions sur un modèle métropolitain avec des élus au suffrage universel. La carte des intercommunalités est dysfonctionnante pour Cécile Duflot, et une prise de position contre les syndicats urbains. Elle appelle à une évolution avec fermeté mais en douceur, sans a priori et surtout en garantissant le maintien des services publics actuellement du ressort des départements. Cécile Duflot explique que Europe-Ecologie est la seule formation politique à avoir un programme de coopération inter-régionale. Quant à la réforme des collectivités du gouvernement, elle est stupide parce qu'elle va à l'encontre de la décentralisation.
Et la banlieue ! Cécile Duflot se sent profondément "banlieusarde", appartenant à cette banlieue qu'elle décrit comme un endroit vivant, innovant et en mouvement contrairement à ce que l'on a tendance à croire, un lieu d'où émerge une volonté de revanche aussi, dans le bon sens du terme. Ce n'est pas Paris est sa banlieue qui la contredira ;-)
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Tout d'abord une question liée à l'actualité et à la tempête Xynthia sur les constructions en zone inondable. Nicolas Sarkozy dans son discours sur le Grand-Paris du 29 avril 2009 proposait de "rendre constructibles les zones inondables avec des habitations adaptées". Les événements du week-end éclairent cette proposition d'un jour plus tragique. Qu'en pensez-vous ?
La première mesure que vous avez annoncée est le tarif unique des transports à 65€. D'un point de vue symbolique, c'est un message fort. Mais d'un point de vue concret comment ferez-vous si vous êtes élue et que direz-vous à ceux dont le tarif va augmenter. Et quid de l'effet ciseaux aux limites de la région ?
Que pensez-vous du bilan transport de la région ? Valérie Pécresse veut faire un audit du STIF ? Vous si vous êtes élue, que ferez vous du STIF ? Souhaitez-vous le transformer ? Arc-Express, Orbival, Grand-Huit ou société du Grand-Paris ? Comment vous situez-vous par rapport aux différents projets de transports en commun, notamment sur le Grand-Huit qui intéresse votre tête de liste dans le 93 Stéphane Gatignon ?
Place de la voiture. La limitation à 5O kmh sur le périphérique ressurgit, vous êtes pour ? Et le péage urbain ? Vous avez déclaré qu'il n'est pas adapté à la région parisienne, mais si on pense non pas à un péage à l'entrée de Paris, ce qui n'a pas de sens, mais dans les zones de l'hyper-centre, celles où le tarif du stationnement est déjà une discrimination avec par exemple tarif horaire de stationnement à 3,60€ en surface ou 28€ la journée en souterrain et où l'alternative en transport existe, par exemple le centre,le 8ème et 17ème, l'axe Neuilly-La Défense ? Et sur les autortoutes franciliennes qu'elle est votre position ?
Nicolas Sarkozy relance le Grand-Paris le grand absent paradoxal du débat des régionales alors que la question est pourtant centrale. Mais il a toujours le même absent, c'est la gouvernance. Et quitte à parler de métropole et de gouvernance, que pensez-vous du projet de réforme des collectivités territoriales ?
Luc Chatel a annoncé des états-généraux sur la violence en milieu scolaire en avril, c'est à dire après les régionales. La violence scolaire et la délinquance urbaine s'invitent sans surprise dans la campagne, peut-être moins fort que les autres années. Mais la violence existe à l'école et dans la ville. Comment jugez-vous cette situation qui pose un réel problème et que proposez-vous ?
Daniel Cohn-Bendit propose lui d'organiser des états-généraux de la banlieue. On a déjà beaucoup de choses, le plan Espoir-banlieue de Fadela Amara, dont il vaut mieux ne pas parler. Nicolas Sarkozy veut créer une agora de la métropole, qui pourrait s'appuyer sur Paris-Métropole, le syndicat mixte de Bertrand Delanoë... Pourtant, en banlieue ce sont des actions concrètes qu'il faut ?
Et pour finir, une question "libre". La banlieue, c'est quoi pour vous ?
La dernière question que je n'avais pas initialement décidé de poser s'est imposée naturellement lors de la conversation qui a suivi l'interview, et on a décidé de reprendre la caméra. Pour revenir sur la notion de métropole, une problèmatique nouvelle semble s'imposer, celle de l'agriculture urbaine, un thème intéressant développé par certains des architectes de la consultation sur le Grand-Paris.
Entretien enregistré à Paris, le 2 mars 2010
Jean-Paul Chapon
23.02.2010
Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, surtout dans le RER ;-)
"Suite à l'impossibilité de fermeture des portes, je demande à tous les voyageur de descendre du train. Le train va repartir sans voyageurs". C'est mardi soir, fin d'une journée de travail dans un RER qui sans être saturé est déjà très chargé, malgré cette période de vacances. Il est autour de 19h30. Sur le quai de la station Gare de Lyon du RER A, les annonces se multiplient jusqu'à un superbe, "les voyageurs doivent évacuer le train" ! Et voilà, le train repart, vide, avec ses portes qui ne ferment plus. Le haut-parleur continue d'annoncer les trains, pour Torcy, pour Marne-la-vallée et conclut sur "le prochain train pour Boissy est à Etoile", puis "à Auber". Je reprends un train et descends à Vincennes, changement sur le même quai en attendant de reprendre un train en direction de Boissy. Le quai est bondé, la rame qui arrive aussi. C'est une de ces équations régulières de la RATP, du STIF et des transports en Ile-de-France : soit x une rame pleine et y une autre rame pleine, comment faire pour que x + y = x et x + y = y avec x et y différents de 0 mais beaucoup plus proches de la saturation, ou comment faire rentrer les passagers de deux rames bondées dans une seule rame ? Le résultat, c'est une bousculade, un entassement, des mains qui essaient de s'accrocher qui au plafond, qui à son voisin ou sa voisine, des coups de coudes, de bras, de genoux, de mauvaise humeur, mais aussi de résignation. Jean-Paul Huchon, candidat PS à sa succession aux régionales se félicite de son bilan en matière de transports ? Grand bien lui fasse, mais dommage qu'il ne vienne pas dans le RER A dans de telles circonstances pour en convaincre les usagers !
Jean-Paul Chapon
21:42 Publié dans 1.2 - Les transports à Paris intra-extra muros, 4 - politique, politiques... | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : transports, rer, ratp, jean-paul huchon, régionales, ile-de-france, stif
26.09.2009
Paris-Métropole à Neuilly : querelle d'anciens technocrates et de modernes citoyens autour du Grand-Paris...
Et le 99ème membre de Paris-Métropole s’appelle… Il faudra un peu de temps à Jean-Yves Le Bouillonnec, le maire PS de Cachan et surtout président de Paris-Métropole, pour répondre complètement à la question d’une journaliste lors du point de presse qui suivait l’assemblée plénière du syndicat mixte d’études hier matin à Neuilly-sur-Seine. Après avoir remué les feuilles de ses dossiers, il finit par annoncer que la 99ème collectivité à rejoindre Paris-Métropole est La Queue en Bry, et il annonce que 3 autres doivent suivre, Bonneuil et une communauté dont il n’a pas le nom en tête. Etonnant, d’ailleurs tout était étonnant ce matin. Pas tant par le lieu tant symbolique de Neuilly-sur-Seine pour accueillir la préfiguration d'un futur Grand-Paris dont la ligne de construction est d'abord une vision solidaire de la métropole, Jean-Christophe Fromantin, le maire divers droite de Neuilly a déjà bien contribué à faire évoluer l'image de sa ville. Non étonnant, par le dit et le non-dit et les silences de Neuilly. La conférence de presse commence par un speech du président de Paris-Métropole, où l’on apprend que « les élus sont troublés », qu’il « va très vite y avoir maldonne », que l’ « on est dans une situation absolument étonnante », que « ni le Conseil d’Administration du STIF, ni celui de la RATP n’ont été consultés » sur le projet de transferts d’actifs, que si « les transports sont prioritaires », faisant référence au projet de Société de Grand-Paris de l’Etat, « il n’y a pas que les transports », et que « la stratégie du Grand Huit dont la pertinence peut être reconnue même si elle doit être largement amandée » et fait que « ce sont les 3/4 de la population (du périmètre de l’agglomération) qui seront exclus », que le « Grand-Paris façon Etat va faire une mille et unième couche dans le mille-feuilles », qu’il faut organiser des « ateliers » avec les citoyens notamment pour savoir à quoi sert le STIF et que « si l’Etat doit y revenir », il faut le définir à travers ces ateliers, et certainement à un moment ou à un autre qu’il faut « un partenariat ambitieux et efficace avec l’Etat », comme est titrée la résolution adoptée par Paris-Métropole hier matin… Et lorsqu’il s’arrête pour passer aux questions de la douzaine de journalistes présents, s’ensuit un long silence qui laisse la tribune perplexe.
un mille-feuilles technocratique supplémentaire qui dépossède les élus de leurs compétences
Du coup, après la première question, Jean-Christophe Fromantin, le maire de Neuilly hôte de cette matinée, reprend la parole, revenant sur la raison de tenir cette session dans sa ville, insistant sur les notions de cohérence et de cohésion territoriale pour construire la métropole, et appelant l’Etat à « ne pas jouer sans nous », parce que « Paris-Métropole représente une structure organisée et un projet moderne ». Moderne ? le mot fait rebondir Sibylle Vincendon de Libération, qui s’étonne du décalage entre la modernité du projet et le fait que l’Etat y aille à l’ancienne avec ses projets de loi et sa société du Grand-Paris. L’occasion pour Jean-Paul Huchon, le président de la région Ile-de-France qui pour une fois est resté dans la conférence de presse et n’a pas fait cavalier seul devant les journalistes avant la fin de la session comme à l’accoutumé (l’approche des régionales rend solidaire ;-), l’occasion donc pour Huchon de dénoncer « un mille-feuilles technocratique supplémentaire qui dépossède les élus de leurs compétences » et « dépossède le STIF de ses moyens », et de rappeler la ferme déclaration de Paris-Métropole appelant à l’Etat à un partenariat ambitieux et efficace. Le maire NC de Vincennes, Laurent Lafon appelle au passage les collectivités qui n’ont pas encore rejoint Paris-Métropole à le faire, « car c’est la meilleure façon de se faire entendre par l’Etat ».
" il serait dramatique que le débat qui s’est ouvert de façon aussi intelligente se termine en eau de boudin... "
Un jeune journaliste ose la question joker, pour savoir si à côté des transports et de la société du Grand-Paris, Paris-Métropole faisait avancer des études sur d’autres sujets comme la Gouvernance, ce à quoi Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris chargé des rapports Paris Banlieue, lui répond qu’il y a une échéance et une urgence avec le conseil des ministres du 7 octobre qui doit présenter le projet de loi. Puis après avoir rappelé qu’il ne faut pas que le Grand Huit fasse oublier les projets actuels, les urgences comme Arc-Express ou la ligne 13, il revient sur le travail des dix cabinets d’architectes dont le projet de société du Grand-Paris du gouvernement paraît effectivement assez éloigné : « il serait dramatique que le débat qui s’est ouvert de façon aussi intelligente se termine en eau de boudin, avec une société du Grand-Paris qui décide d’un trajet de transport validé par personne », et souligne qu’on oublie la crise énergétique, le logement… et que même "le MEDEF s’inquiète" des conditions du Grand-Paris.
vers une faille dans le consensus entre élus de Paris-Métropole, hors périmètre et sur le périmètre du Grand-Huit ?
Donc une nouvelle session dans laquelle, à côté de la condamnation de la méthode du gouvernement, de la perte de confiance affichée à son égard, il faut noter le retour des citoyens dont on appelle la participation, comme pour légitimer Paris-Métropole (une fois combien d'élus ont inclus la question du Grand-Paris dans leur programme électoral ?) et cesser de prêter le flanc aux accusations de corporatisme d'élus. La participation des citoyens, vieux serpent de mer pour Paris-Métropole. Ils devaient être inclus dans le débat si l’on s’en réfère au projet de lancement du projet à Vincennes il y a deux ans, mais ils ne le sont pas vraiment pour l’instant, si l’on excepte quelques débats locaux, où est cette participation, où sont les citoyens, les associations ou autres dans les travaux actuels ? Comment Paris-Métropole leur parle-t-il ? Donc on attendra les ateliers citoyens déjà annoncé au cours du débat de la Fête de l’Humanité, et cités à nouveau ce matin, en espérant que l’appel aux citoyens ne soit pas un effet oratoire pour essayer de sortir Paris-Métropole de l’impasse dans laquelle il s’engage de plus en plus.
Ah, j’allais oublier l’unanimité, le mot revient tout le temps, le consensus est fort dans Paris-Métropole, contre les attaques de l’Etat et du méchant Christian Blanc, le secrétaire d’Etat au développement de la région-capitale, et ses méthodes à l’ancienne. Pourtant, d’autres sons de cloches se font aussi entendre, mais pas dans l’enceinte de Paris-Métropole. On se souvient de la déclaration de Jacques Marsaud, directeur des services de Plaine-Communes, qui préfère le Colbertisme à la spéculation (même si les deux ne sont pas exclusifs…). Et il faudra surveiller l’évolution des positions des collectivités situées sur le tracé du Grand-Huit et dans les zones de développement, et bien sûr de leurs élus, y compris s’ils sont membres de Paris-Métropole. Et avec cet éclairage, on comprend aussi que l’inquiétude énoncée pour les 3/4 de la population hors périmètre, peut aussi révéler une inquiétude sur une ligne de faille qui fragilise le consensus entre élus de Paris-Métropole, hors périmètre et sur le périmètre du Grand-Huit…
à suivre…
Jean-Paul Chapon.
11:00 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grand-paris, paris-métropole, neuilly, pierre mansat, jean-paul huchon, laurent lafon, jean-christophe le bouillonnec, ratp, stif, christian blanc















