13.05.2010
Inaugurer une ligne de bus en banlieue, c'est moins glamour qu'un tram sur les maréchaux, ou le bruit des uns et le silence des autres
Ce matin, on peut lire dans Le Parisien le témoignage de la chauffeur de bus agressée à Aulnay. Elle raconte le crachat, puis les coups qui pleuvent, sa fille qui a tout vu, et la fille qui dit que « c’est difficile de voir sa mère se faire taper ». C’est dur à lire aussi, et c’est révoltant. Pourquoi cette agressivité et cette violence, pour un arrêt de bus, ou un détour ? Comment la société en arrive là et qu'espérer de ces jeunes qui n’ont pas d’autre schéma mental et social que la violence ? Alors on lit dans Libération du 11 mai par exemple que l’Etat a décidé pour répondre à cette violence et cette insécurité, de mettre en place « une police des transports dédiée à la sécurité dans les bus de Seine-Saint-Denis… », et le couplet habituel de la CGT « l’Etat continue de privilégier le court terme plutôt que de créer des unités de police territoriale dans les quartiers… » Et dans Le Parisien du 12, sur une double page, Brice Hortefeux, le ministre de l’intérieur campe une posture martiale sur double page. A propos du Tremblay-en-France et de la sécurisation des bus par la police il déclare : « On va faire de Tremblay un exemple ! On ne reculera pas d’un centimètre, nous resterons le temps qu’il faudra, nous prendrons toutes les mesures nécessaires, avec détermination et obstination. J’y suis déjà allé trois fois, j’y retournerai. Ce combat sera très dur, mais nous allons le gagner. Parallèlement, il faudra mettre d’autres moyens en place, comme la video-protection, afin de mieux assurer la sécurité des conducteurs de bus comme des passagers. » Mais pas de bus supplémentaires parmi les mesures envisagées.
Dommage, car la lecture de l'article que Libération consacre à l'attaque du bus d'Aulnay, sans donner raison ou même excuser l’attitude des trois jeunes filles, donne une clé qui permet peut-être de mieux comprendre une autre origine de cette violence. « Cet acte de violence pourrait être lié au changement de l’itinéraire du 610. Depuis près de trois semaines, à partir de 19 heures, les bus ne desservent plus la gare des Beaudottes, à Sevran, où plusieurs attaques contre des bus ont eu lieu récemment, notamment des caillassages. Selon la TRA, les trois passagères, qui voulaient se rendre à l’hôpital Robert-Ballanger, à proximité de la gare, auraient piqué un coup de sang contre la conductrice qui appliquait les consignes de sa direction. "La modification des itinéraires est une question très sensible", indique un responsable du CIF (Courriers d’Ile-de-France), une compagnie qui dessert le même secteur. "Quand le bus dépose des passagers à quelques centaines de mètres de l’arrêt habituel, cela passe. Mais, quand les gens doivent marcher deux kilomètres pour rallier la gare RER, ça provoque des réactions de colère et peut entraîner de sérieux problèmes pour les chauffeurs." » On pourrait aussi lire l'interview du sociologue Laurent Mucchielli dans Le Parisien du 11, "Il y a un processus de ghettoïsation qu'aucun gouvernement n'est parvenu à enrayer... L'amélioration de la vie dans les quartiers n'a jamais été une priorité malgré les discours..." Il ne s’agit pas ici d’excuser la violence, mais de comprendre que cette violence, répond aussi à une autre violence, celle de l’exclusion et de l’enclavement. J’entends d’ici les réactions et je m’attends à des commentaires violents, mais il est parfois confortable de juger, sans savoir ou subir. Et on pourrait d’ailleurs se demander pourquoi les attaques contre les bus ont lieu à certains endroits et pas à d’autres, pourquoi ces banlieues du 93 ou du 91, pourquoi ces cités et pas Neuilly ou le 7ème arrondissement de Paris… Fadela Amara, experte en banlieue, avec son plan Espoir-Banlieue qui patine pourrait peut-être apporter une réponse ?
Mais voilà, aujourd’hui la question des transports en Ile-de-France se résume à une bagarre entre un gouvernement de droite autiste et une région de gauche revancharde, un bras de fer stérile autour de deux projets, le Grand-Huit du Grand-Paris de le secrétaire d'Etat à la région-capitale Christian Blanc contre Arc-Express du président de la région Jean-Paul Huchon, alors que comme le demande le MEDEF, les deux projets devraient être combinés avec des arguments de bon sens, notant par exemple que le projet du Gouvernement « ne profite pas ou peu à l'hyper-centre de la région (sauf le prolongement de la ligne 14) ni même au coeur d'agglomération (75-92-93-94)…alors que celui-ci regroupe sur 5% du territoire francilien plus de 50% de la population régionale, 70% des emplois et enregistre 90% des déplacements de la région. »
Et il est visiblement aussi difficile d’apporter une réponse intelligente, libre de toute approche partisane à la question des transports, qu’il est difficile de le faire pour la gouvernance de la métropole, l’un et l’autre allant de pair. Il faut dire que dans les transports parisiens, au STIF par exemple, c’est le règne de l’idéologie mal placée ou de l'écologisme de façade, du culte du tram présentée comme la panacée des transports urbains à celui des navettes fluviales, comme le désastreux et inutile Voguéo, en passant par Vélib’ ! C’est ainsi qu’on peut lire dans Le Parisien du 12 mai que Voguéo, la navette fluviale entre Maisons-Alfort et la Gare d’Austerlitz à Paris, réussit le tour de force de transporter en moyenne 340 voyageurs par… jour et qu’en presque deux ans, il a réussi selon le STIF a transporter 290.000 voyageurs. Et 340 voyageurs par jour pour un coût annuel de 4,6 millions d’euros ça met tout de même (avec un calcul plus symbolique que sérieux) le passage à 37€ pour 20 minutes entre Maisons-Alfort et Gare d’Austerlitz. On peut lire d’ailleurs que pour faire progresser de 43% le nombre de passagers au cours des premiers mois de 2010(soit en moyenne 5 à 6 passagers par bateau selon le témoignage d’un usager ;-) , le STIF n’a pas hésité à faire passer la cadence de 20 à 15 minutes aux heures de pointe et à abaisser le tarif en rendant le trajet accessible au forfait 1-2 de Passe Navigo quand Maisons-Alfort est en zone 3. Mon bus 124 a lui une fréquence de 25 minutes aux heures de pointe… Plus de bus, plus fréquents, plus de lignes, une desserte plus serrée, voilà une réponse qu'il faudrait apporter aux plus vite en banlieue.
Avant de conclure, je voudrais tout de même dire ma déception vis à vis des Verts ou d’Europe Ecologie. Lors de la campagne des régionales, Cécile Duflot avait dit que si elle était élue, sa première mesure en matière de transports serait la mise en place en urgence de 60 lignes de bus express en banlieue. Il est peut-être temps de rappeler ces engagements et ne pas laisser une seule réponse sécuritaire à la question des transports, même s'il ne faut pas éluder ce point . Dans l’exécutif régional, le Vert Jean-Vincent Placé, est 2ème vice-président chargé des transports et de la mobilité, quant au Vert Pierre Serne, il préside la Commission Offre de Transport au STIF. Alors c’est peut-être le moment de se faire entendre, car l’isolement et l’enclavement sont aussi une violence, une violence faite par la société à une partie d’elle-même. Et qu’ils ne disent pas « on vient juste d’arriver », la chanson que Jean-Paul Huchon chante depuis des années. Une prise de position et de parole ne demande pas des années pour être audible. La droite s’en fiche, ne s’intéresse qu’à son Grand-Huit arc-bouté sur un projet, et pour le reste s’en remet au tout sécuritaire sans intelligence.
Mais il est vrai qu’inaugurer une ligne de bus de banlieue, c’est moins glamour que de le faire sur le tram des maréchaux ou sur Voguéo…
Jean-Paul Chapon
17:46 Publié dans 1.2 - Les transports à Paris intra-extra muros, 2 - Société, vous, moi, nous... et la banlieue aus, 4 - politique, politiques... | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : transports, banlieue, sécurité, aulnay, hortefeux, bus, enclavement, ghettoisation, ghetto, mucchielli
03.03.2010
Grand-Paris et régionales : "On est favorable à une métropole parisienne... la carte des intercommunalités est dysfonctionnante !" Interview de Cécile Duflot, tête de liste Europe-Ecologie en Ile-de-France
Et en guise de sous-titre, cette déclaration de la tête de liste Europe-Ecologie en Ile-de-France : "Redonner à tout le monde, sa place dans la métropole !" Cécile Duflot répond à Paris est sa banlieue, sur la banlieue justement et le Grand-Paris qui finira peut-être par trouver sa place dans la campagne dans la dernière ligne droite.
Construction en zones inondables ? ne pas tenir un double langage. Pass navigo à 65€ ? un acte de solidarité auquel les parisiens sont sensibles sans repli égoïste. Le STIF ? il doit être un lieu d'impulsion et de coordination. Quant au bilan transport de la région ? On peut dire que l'Etat n'a rien fait, mais ça ne suffit pas, il faut aller plus vite et plus fort, une critique voilée de la gestion passée. L'urgence : 60 lignes de bus express, puis rapprocher les lieux de travail et de résidence, le maillage et le cadencement. Le Grand-Huit de Christian Blanc, une réponse du passé, comme les lignes de RER qui ont abouti a avoir La Défense à l'Ouest et les habitants à l'Est et des lignes A et 1 saturées. Le péage ? pas une solution adaptée, la circulation automobile a déjà diminué de 20% dans Paris, maintenant il faut s'occuper de la banlieue, où il y a des gens coincés dans leur voiture et des gens dépendants des transports en commun. Violence urbaines ? une ambiguïté phénoménale, avec d'un côté un discours très sécuritaire, mais en même temps on diminue le nombre de postes de fonctionnaires de police et de gendarmerie. Le tout sans oublier le retour de l'agriculture urbaine, que remise sur le tapis par certains architectes de la consultation sur le Grand-Paris.
Sur le Grand-Paris et surtout sur la gouvernance de ce Grand-Paris, Cécile Duflot se déclare favorable à une métropole parisienne. Pour elle le chantier essentiel, c'est la solidarité, il y a des inégalités aberrantes, et il faut faire évoluer les institutions sur un modèle métropolitain avec des élus au suffrage universel. La carte des intercommunalités est dysfonctionnante pour Cécile Duflot, et une prise de position contre les syndicats urbains. Elle appelle à une évolution avec fermeté mais en douceur, sans a priori et surtout en garantissant le maintien des services publics actuellement du ressort des départements. Cécile Duflot explique que Europe-Ecologie est la seule formation politique à avoir un programme de coopération inter-régionale. Quant à la réforme des collectivités du gouvernement, elle est stupide parce qu'elle va à l'encontre de la décentralisation.
Et la banlieue ! Cécile Duflot se sent profondément "banlieusarde", appartenant à cette banlieue qu'elle décrit comme un endroit vivant, innovant et en mouvement contrairement à ce que l'on a tendance à croire, un lieu d'où émerge une volonté de revanche aussi, dans le bon sens du terme. Ce n'est pas Paris est sa banlieue qui la contredira ;-)
* * * * *
Tout d'abord une question liée à l'actualité et à la tempête Xynthia sur les constructions en zone inondable. Nicolas Sarkozy dans son discours sur le Grand-Paris du 29 avril 2009 proposait de "rendre constructibles les zones inondables avec des habitations adaptées". Les événements du week-end éclairent cette proposition d'un jour plus tragique. Qu'en pensez-vous ?
La première mesure que vous avez annoncée est le tarif unique des transports à 65€. D'un point de vue symbolique, c'est un message fort. Mais d'un point de vue concret comment ferez-vous si vous êtes élue et que direz-vous à ceux dont le tarif va augmenter. Et quid de l'effet ciseaux aux limites de la région ?
Que pensez-vous du bilan transport de la région ? Valérie Pécresse veut faire un audit du STIF ? Vous si vous êtes élue, que ferez vous du STIF ? Souhaitez-vous le transformer ? Arc-Express, Orbival, Grand-Huit ou société du Grand-Paris ? Comment vous situez-vous par rapport aux différents projets de transports en commun, notamment sur le Grand-Huit qui intéresse votre tête de liste dans le 93 Stéphane Gatignon ?
Place de la voiture. La limitation à 5O kmh sur le périphérique ressurgit, vous êtes pour ? Et le péage urbain ? Vous avez déclaré qu'il n'est pas adapté à la région parisienne, mais si on pense non pas à un péage à l'entrée de Paris, ce qui n'a pas de sens, mais dans les zones de l'hyper-centre, celles où le tarif du stationnement est déjà une discrimination avec par exemple tarif horaire de stationnement à 3,60€ en surface ou 28€ la journée en souterrain et où l'alternative en transport existe, par exemple le centre,le 8ème et 17ème, l'axe Neuilly-La Défense ? Et sur les autortoutes franciliennes qu'elle est votre position ?
Nicolas Sarkozy relance le Grand-Paris le grand absent paradoxal du débat des régionales alors que la question est pourtant centrale. Mais il a toujours le même absent, c'est la gouvernance. Et quitte à parler de métropole et de gouvernance, que pensez-vous du projet de réforme des collectivités territoriales ?
Luc Chatel a annoncé des états-généraux sur la violence en milieu scolaire en avril, c'est à dire après les régionales. La violence scolaire et la délinquance urbaine s'invitent sans surprise dans la campagne, peut-être moins fort que les autres années. Mais la violence existe à l'école et dans la ville. Comment jugez-vous cette situation qui pose un réel problème et que proposez-vous ?
Daniel Cohn-Bendit propose lui d'organiser des états-généraux de la banlieue. On a déjà beaucoup de choses, le plan Espoir-banlieue de Fadela Amara, dont il vaut mieux ne pas parler. Nicolas Sarkozy veut créer une agora de la métropole, qui pourrait s'appuyer sur Paris-Métropole, le syndicat mixte de Bertrand Delanoë... Pourtant, en banlieue ce sont des actions concrètes qu'il faut ?
Et pour finir, une question "libre". La banlieue, c'est quoi pour vous ?
La dernière question que je n'avais pas initialement décidé de poser s'est imposée naturellement lors de la conversation qui a suivi l'interview, et on a décidé de reprendre la caméra. Pour revenir sur la notion de métropole, une problèmatique nouvelle semble s'imposer, celle de l'agriculture urbaine, un thème intéressant développé par certains des architectes de la consultation sur le Grand-Paris.
Entretien enregistré à Paris, le 2 mars 2010
Jean-Paul Chapon
23.02.2010
Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, surtout dans le RER ;-)
"Suite à l'impossibilité de fermeture des portes, je demande à tous les voyageur de descendre du train. Le train va repartir sans voyageurs". C'est mardi soir, fin d'une journée de travail dans un RER qui sans être saturé est déjà très chargé, malgré cette période de vacances. Il est autour de 19h30. Sur le quai de la station Gare de Lyon du RER A, les annonces se multiplient jusqu'à un superbe, "les voyageurs doivent évacuer le train" ! Et voilà, le train repart, vide, avec ses portes qui ne ferment plus. Le haut-parleur continue d'annoncer les trains, pour Torcy, pour Marne-la-vallée et conclut sur "le prochain train pour Boissy est à Etoile", puis "à Auber". Je reprends un train et descends à Vincennes, changement sur le même quai en attendant de reprendre un train en direction de Boissy. Le quai est bondé, la rame qui arrive aussi. C'est une de ces équations régulières de la RATP, du STIF et des transports en Ile-de-France : soit x une rame pleine et y une autre rame pleine, comment faire pour que x + y = x et x + y = y avec x et y différents de 0 mais beaucoup plus proches de la saturation, ou comment faire rentrer les passagers de deux rames bondées dans une seule rame ? Le résultat, c'est une bousculade, un entassement, des mains qui essaient de s'accrocher qui au plafond, qui à son voisin ou sa voisine, des coups de coudes, de bras, de genoux, de mauvaise humeur, mais aussi de résignation. Jean-Paul Huchon, candidat PS à sa succession aux régionales se félicite de son bilan en matière de transports ? Grand bien lui fasse, mais dommage qu'il ne vienne pas dans le RER A dans de telles circonstances pour en convaincre les usagers !
Jean-Paul Chapon
21:42 Publié dans 1.2 - Les transports à Paris intra-extra muros, 4 - politique, politiques... | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : transports, rer, ratp, jean-paul huchon, régionales, ile-de-france, stif
16.12.2009
Grève du RER A, les mots pour rire de la région et les (quasi) silences des autres
Après une semaine de grève de RER A, grève apparemment reconduite aujourd’hui. Mon trajet quotidien aux « heures de pointe » via Auber me fait tomber sur une publicité du STIF et de la région Ile-de-France, qui prend une saveur toute particulière en cette période de grève avec un train sur deux aux heures de pointe, mais un trafic nul le reste de la journée, avec fermeture des gares en journée et le soir dès 20H00. Etrange logique, les transports ne seraient utiles qu’aux heures de pointe, tant pis pour les horaires décalés, notamment ceux qui finissent tard le soir, pour eux pas de service minimum. Etrange sensation entre le couvre-feu et l’isolement, comme ce week-end, où mes invités parisiens déclarent forfait, trop compliqué de venir à Fontenay et ensuite de rentrer. C’est l’occasion de voir à quel point notre vie, professionnelle, mais aussi sociale, on oserait sociétale est dépendante des transports dans une métropole comme Paris, le Grand-Paris. J’y reviendrai pour enfin parler du débat sur le projet du gouvernement Sarkozy, avec le Grand-Huit de Christian Blanc, la société du Grand-Paris et le débat à l’Assemblée.
Mais aujourd’hui, je préfère rester sur la grève et sur cette affiche. On comprend bien la colère de Jean-Paul Huchon, le président de la région Ile-de-France et à ce titre du STIF, l’autorité organisatrice des transports, colère largement dirigée contre la RATP et son président Pierre Mongin, accusé de ne pas savoir gérer le conflit. Il faut dire que lancer un nouveau train (il s’agit de nouvelles rames, pas de nouvelles lignes, il ne faut pas rêver) en plein mouvement de grève, c’est pas de chance. Et le slogan choisi, « Davantage de trains à tout moment de la journée », ne pouvait plus mal tomber et fait franchement rire, un rire bien jaune. Vraiment pas de chance pour Huchon dont le bilan régional en termes de transports est certainement le point le plus faible de son bilan et l’angle d’attaque principal de ses rivaux, à commencer par la candidate UMP, Valérie Pécresse. Et l’avez-vous remarqué ou entendu ce (quasi) silence étonnant de la part du gouvernement et du président de la République, habituellement si prompts à dénoncer la prise en otage des voyageurs par les grévistes ? Rien, ou alors bien peu et même plus dirigé contre la région et sa gestion des transports que contre les syndicats de la RATP. Amusant, à se demander même à qui profite le crime ou la grève, et certainement le pourrissement. Car au bout du compte, ce qui reste, c’est l’impression négative sur les transports dans la région.
à suivre…
Jean-Paul Chapon
19:28 Publié dans 1.2 - Les transports à Paris intra-extra muros, 4 - politique, politiques... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : greve, rer a, ratp, valérie pécresse, jean-paul huchon, régionales, élections, transports, christian blanc, grand-paris
09.12.2009
Paris-Copenhague, ou de la relativité des chiffres par temps de grève et de sommet
30 % des déplacements quotidiens à Copenhague se font à bicyclette contre moins de 2% à Paris. Trouvé aujourd'hui sur Twitter, et encore une fois, à comparer l'incomparable, l'enthousiasme du sommet peut conduire à écrire des choses stupides. Copenhage, c'est 1.1 millions d'habitants sur 88 km2, et la région compte 1.8 millions, Paris c'est 2.2 millions d'habitants sur 115 km2, mais en prenant seulement Paris et la petite couronne on arrive déjà à 6 millions d'habitants sur 760 km2 et pour la métropole on peut aller disons à 10 millions d'habitants sur 2700 km2, avec des distances de déplacements domiciles travail moyen de 9 km aller par jour. Deux autres chiffres, 23 millions de déplacements quotidiens mécanisés en Ile-de-France sur 35 millions de déplacements quotidiens. L'objectif de la comparaison Paris-Copenhague est-il d'avoir 7 millions ou 10 millions de déplacements quotidiens à vélo, bonjour la catastrophe urbaine ? dans une zone de 2700 km2 avec des distances moyennes de 9km ? Il faut arrêter de rêver au Paris d'Amélie Poulain et devenir enfin responsable. Au moment où le débat sur le projet de Grand-Huit du gouvernement Sarkozy tourne à l'affrontement politique, on devrait garder en tête ces chiffres. Certes le projet du secrétaire d'Etat au développement de la région-capitale, Christian Blanc est plus que critiquable. Mais pour autant on ne peut pas le balayer du revers de la main. Pourvu que le plan d'urgence régional - ligne 13, rénovation des RER A, B, C et D et Arc-Express pour faire court - plan plus que tardivement élaboré par Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France et à ce titre président du STIF, l'autorité organisatrice des transports de la région, soit respecté par le gouvernement.
Et puisqu'on est dans la relativité des chiffres, et à la veille d'une nouvelle grève du RER A, une autre comparaison. Les médias semblent enfin avoir retenu un chiffre, "le million" ! Normal, c'est un chiffre rond, facile à mémoriser et qui marque, et qui même d'une certaine façon flatte notre petit orgueil national, composante incontournable de l'identité française (et Paris est sa banlieue se flatte à son tour d'avoir activement participé à cet effort d'éducation des médias ;-) Le million, c'est le nombre de voyageurs transportés de façon quotidienne par la ligne A du RER, une ou la ligne la plus chargée du monde. On a les records qu'on peut, faute de construire le réseau qu'il faut. Alors depuis le début de la semaine, on entend sur les radios et télés, et on peut lire partout dans les quotidiens que jeudi sera une journée noire pour un million d'usagers de cette ligne de RER. Mais quitte à comparer, un million de voyageurs transportés par cette ligne A du RER, c'est comme si toute la ville de Copenhague délaissait ses vélos et était transportée par la seule ligne A du RER en une journée ! Un métro ou des vélos ? A méditer en période de sommet et de réponse écologique à la crise environnementale.
à suivre...
Jean-Paul Chapon
21:10 Publié dans 1 - Grand-Paris et Paris-Métropole, 1.2 - Les transports à Paris intra-extra muros | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : paris, copenhague, sommet, environnement, rer a, grève, vélo, transports, grand-paris, paris-métropole
















